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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 08:34

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(pour Rose)

 

"Je ne suis pas très expansive, mais les gens ne se trompent pas là-dessus parce que je leur donne à manger... Je ne leur dis pas que je les aime, je ne les embrasse pas, je ne suis pas quelqu'un de tendre, alors je fais à manger pour les autres...

 

A Neauplhe, souvent, je faisais la cuisine au début de l'après-midi. Ca se produisait quand les gens n'étaient pas là, qu'ils étaient au travail, ou en promenade aux Etangs de Hollande, ou qu'ils dormaient dans les chambres. Alors j'avais avec moi tout le rez-de-chaussée de la maison et le parc. C'était à ces moments-là de ma vie que je voyais clairement que je les aimais et que je voulais leur bien. La sorte de silence qui suivait leur départ je l'ai en mémoire. Rentrer dans ce silence c'était comme rentrer dans la mer. C'était à la fois un bonheur et un état très précis d'abandon à une pensée en devenir, c'était une façon de penser ou de non penser peut-être - ce n'est pas loin - et déjà, d'écrire. Lentement, avec soin, pour que ça dure encore, je faisais la cuisine pour ces gens absents pendant ces après-midi-là. Je faisais une soupe pour qu'ils la trouvent prête au cas où ils auraient très faim. S'il n'y avait pas de soupe prête, il n'y avait rien du tout. S'il n'y avait pas une chose prête, c'est qu'il n'y avait rien, c'est qu'il n'y avait personne. Souvent les provisions étaient là, achetées du matin, alors il n'y avait plus qu'à éplucher les légumes, mettre la soupe à cuire et écrire. Rien d'autre.

 

 

LA POTEE

 

Mettre à l'eau froide un jambonneau demi-sel préalablement lavé à l'eau froide. Poivrez. Ne pas saler. Faire cuire une demi-heure et ajouter un petit chou après l'avoir fait bouillir pendant 5 minutes dans une première eau, coupé en 4 morceaux, et des poireaux, des carottes, des navets, du céleri-rave. Et de l'ail, du thym, du laurier, des clous de girofle, et une petite saucisse de campagne. Ca doit cuire 3 heures en tout et dans cette recette-ci, le jambonneau ayant cuit 1/2 heure, il reste 2 heures 1/2 de cuisson. Vous mettez beaucoup d'eau et vous êtes tranquille pendant 2 heures 1/2. Petit à petit l'odeur merveilleuse se répand dans la maison fermée, fermée parce que c'est un plat d'hiver. Quand c'est fini vous n'êtes pas obligée de manger ce plat. Il faut que vous le sachiez : rien ne vous oblige à en manger. Vous pouvez aussi bien aller vous coucher. Vous vous réveiller vers minuit. Vous allez au frigidaire, vous buvez un grand verre de lait glacé. Vous retournez dans votre lit, vous vous rendormez, vous souriez d'aise tellement se rendormir est toujours délicieux.

 

LE STEAK

 

Ca se rate toujours comme la tragédie. Mais à des degrés différents. Et comme pour la tragédie on peut toujours essayer. Les meilleurs morceaux c'est l'entrecôte, l'araignée, la bavette, et pour ceux qui l'aiment, l'onglet. Il faut faire griller le beefsteack après avoir enduit le grill de graisse de boeuf (demandez-en un morceau à votre boucher) ou de lard. Pas de beurre cuit. Il faut le faire brûler, flamber même (au feu de bois) et le manger avec un beurre d'anchois ou un beurre d'échalottes. Le meilleur je crois avec le beefsteack, c'est une purée de pommes de terre.

 

LES PETITS PATES DE LA GRAND-MERE DE MICHELE MULLER

POUR LES PIQUE-NIQUES A L'ILE SAINTE MARGUERITE ET LA PROMENADE EN MER

 

250 g de veau haché pas maigre.

250 g de boeuf haché.

 

Mélanger la viande avec de l'oignon râpé en quantité moyenne, un oeuf entier ou deux, du pain trempé dans du lait chaud, malaxé et essoré ensuite. Ajoutez de la ciboulette hachée et de l'estrafon. Du sel et du poivre. Mélanger le tout.

Faire des pâtés plats de taille moyenne. Laissez refroidir jusqu'au lendemain matin.

Dans le bateau attention de ne pas les mettre au soleil. Et dans l'île attention au sable qui gâche tellement de pique-niques chaque année. Empêchez les enfants de se battre avec. Et les chiens de trop s'approcher. Si vous les mangez à la maison, les servir froids. Vous voyez le genre de ces pâtés, discrets, fins, il faut chercher le goût. Moi, je ne mets jamais d'ail parce que tout ce qui se fait à l'ail devient uniformément des plats à l'ail. Ces pâtés se mangent très facilement. C'est très très bon, simplement. "

 

(extraits du livre "la cuisine de Marguerite", interdit de publication par son exécteur littéraire, Yann Andréa, au motif que "ceci n'est pas de la littérature (!!!) , mais en réalité c'est que ce livre témoigne d'une vie heureuse à laquelle lui, Andréa, n'a pas pris part, parce qu'il est arrivé quand l'enfant avait grandi, et que l'alcool avait détruit cette vie-là, et que la maison chaleureuse avait été fermée, et qu'on ne prenait plus le bateau pour les pique-niques à l'île Sainte Marguerite en mangeant les petits pâtés de la grand-mère de Michèle Muller.)

 

(pour la bande à Passou : OUI, le titre du billet du jour fait référence à Magritte  mais NON, il ne s'agit pas de la polémique que j'ai délibérément créée hier sur la RDl, pour me venger un peu de Bouguereau. Rien à voir avec les pipes simoniennes, quoi. ahaha. Mais tout avec la littérature, puisque des gens comme Andréa peuvent décreter que les textes ci-dessus n'en sont pas. )

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