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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 11:37

Ma réminiscence d'hier au soir n'avait pas goût de madeleine, mais un net parfum d'angoisses scolaires, quand, sur fond d'odeur de papier, de mines de crayon et de crissement de craie sur le tableau noir, j'attendais avec anxiété la note de mes devoirs, pendant leur distribution. Il y avait deux méthodes : de la meilleure note à la pire, ou l'inverse. Mais quelle que soit la méthode employée, l'attente était toujours pénible, et les mains, moites...

 

Hier au soir, bien sûr, il n'y avait ni tableau noir, ni papier, ni crayon. Juste une bonne douzaine de militants de l'A.R.B.R.E. , autour de la grande table de la cuisine, en train de regarder la toute première version du film "des racines et des haies".

 

Soit 42 minutes (pour le moment) de l'histoire collective de la défense du bocage brayon, film documentaire commandité par... L'A.R.BR.E., et réalisé par BEAUBEC PRODUCTIONS, avec la participation active de votre servante...

 

Je pense que tous les réalisateurs et tous les scénaristes du monde, des plus modestes aux  géants les plus prestigieux, doivent ressentir la même chose, quand ils montrent leurs films à leurs producteurs : à savoir comme une boule au ventre, qui roulerait très lentement : le film va-t-il "leur" plaire ? Est-ce qu'il fonctionne ?

 

Engoncée dans mon gros peignoir jaune, je m'étais carrément cachée derrière la porte, pour m'interdire d'influencer quoi que ce soit (n'étant pas membre du bureau de l'A.R.B.R.E., en plus),

 

J'ai regardé et écouté nos commanditaires regarder et écouter.

 

Leur attention était retenue, c'est clair.

 

Bon, ce public-là est a priori plutôt bienveillant, et le film parle d'eux, en fait. Mais cependant : nous avons délibérément fait des choix  audacieux : pas de voix off explicative, la place entière aux images, pas de désignation de qui apparaît à l'écran (on "déduit" que c'est un Maire ou un agriculteur, ou un militant qui parlent, ils ne sont pas "identifiés"), et en plus, cette première version n'est pas "fignolée" (plans de coupe non intégrés, vues de haut encore à faire, etc).

 

Est-ce que ces choix étaient  les bons ? Est-ce que la musique du 18è siècle fonctionne ? Est-ce qu'on sort de ce film avec de l'espoir dans les poches, ou bien accablés par le destin ? Etc.

 

42 minutes à attendre que la note tombe !

 

Mais ça valait ça : elle est si bonne que du coup, ma moyenne (et mon moral) remontent ! Bien sûr, ce n'est qu'un petit film, m'enfin, pour un petit pays comme ici, tout cela est fortement encourageant. Comme une "mère porteuse" contente d'avoir "livré le bébé", je suis remontée en douce m'enfouir sous une couette qui m'a paru bien chaleureuse, pendant que Clopin recueillait remarques, questions et encouragements..

 

Je suis donc rassurée : ne restent plus qu'à affronter... L'écran taille "cinéma", et le "tout-public". En fait, j'ai hâte, comme j'avais hâte, à l'école, de lire les remarques et commentaires qui entouraient ma note...

 

Une belle aventure, pas vrai ?

 

12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 15:17

(Attention : l'article du jour fait dans l'autosatisfaction !)

 

Clopin s'est mis à cravacher sur "des racines et des haies", parce que les échéances se rapprochent à toute vitesse. Je suis toujours là, évidemment, mais mon rôle est moins crucial que par le passé, et puis il y a des relais sérieux : copain de l'A.R.B.R.E. à même de cerner les messages "importants" et à rapprocher certaines scènes, technicien du pôle image qui ne laisse rien passer niveau montage final, et dont la méticulosité dépasserait presque celle de Clopin, c'est dire...

 

C'est un peu la même chose que lorsqu'un enfant entre au Collège. Jusque là, on le tenait par la main, et puis voici qu'il vit de sa propre vie.

 

Ce film, c'est pareil. Clopin, sournoisement, a obtenu de moi, petit à petit, tout  ce dont il avait besoin : note d'intention, définition écrite du sujet du film, sorte de "scénario" (normalement, pas de scénario pour un documentaire, mais j'ai cependant dû écrire une "trame" serrée !), description des plans et des séquences,  jusqu'aux plans de montage, toute seule comme une grande ! 

 

 

Si on ajoute que j'ai participé à la plupart des tournages, que j'ai accepté, malgré ma répugnance, à ce qu'on voit à l'image mon corps vieilli et épaissi, (et en plus j'étais vraiment  fringuée n'importe  nawak pendant les prises, parce que je n'avais pas conscience que j'allais apparaitre à l'écran !) , que j'ai choisi les musiques alors même que Clopin et son pote avait mis une grosse pression là-dessus ("la musique, c'est elle qui va rythmer l'image, faut pas se planter, et il la faut pour lundi"... ben voyons ! ) et que j'ai négocié les droits musicaux, avec un succès complet : c'est GRACIEUSEMENT que Deutsh Grammophon et Harmonia Mundi m'ont cédé les droits de Tharaud et Minkovski, excusez du peu !), ben franchement mon colon, je le dis ici tout haut mais je le pense tout bas  un peu quand même : c'est bien moi qui ai "tenu la main" du projet-gamin jusqu'à la porte du collège...

 

 

Pourtant,  me voici "toute chose", et je crois que je sais pourquoi. J'ai relu mes premières notes : Clopin a suivi fidèlement mon cahier des charges. Je voulais un mouvement de caméra  "en hauteur" qui partait des mains et allait vers les frondaisons ? je l'ai eu... Je voulais un final "choral" avec enfants plantant une haie ? Il  y est, etc. etc.

 

Mais je ne reconnais rien, parce que ce n'est plus moi qui fait vivre le film avec des mots écrits sur du papier, mais Clopin à sa table de montage, avec ses rushes. Ca fait une drôle d'impression, labyrinthique : les plans imaginés devenus réels, les mots s'effaçant complètement devant les images. Si vous ajoutez qu'au fur et à mesure, bien évidemment, le montage prévu se modifie et se transforme, que Clopin rajoute ici un prologue de toute beauté, là des images animalières qui étaient prévues, certes ("les plans de petits animaux vivant dans les haies" étaient déjà notés dans la toute première version !) mais non définies, et qu'on ajoute ceci, que l'on retranche cela, vous obtenez un très étrange sentiment. Celui d'avoir participé à la mise au monde d'un bébé qui n'est pas le vôtre...

 

C'est cela : je suis comme une "mère porteuse", pour ce film. Je reconnais bien, ici ou là, les intentions que j'ai voulu donner - mais c'est bien le film de Clopin, ce sont SES images et l'histoire, (encore une fois bonne ou mauvaise, là n'est pas la question), qui est racontée ici est SON histoire, pas la mienne.

 

Ce sentiment de "mère porteuse" n'est pas du tout douloureux, je l'avais pourtant craint mais  au contraire ! Ce que je vois à l'écran est si complètement "nouveau" que je ne peux, honnêtement, revendiquer quoi que ce soit dans le genre "droit parental". Pour de vrai, je le trouve super, le film de Clopin, et pour un peu, j'en pèterais de fierté qu'on soit arrivés, à Beaubec Productions, petit pays, à réaliser un truc pareil.

 

Evidemment, au fur et à mesure que le travail avance, et il avance bien ! Mes craintes augmentent et ma lucidité vacille. J'ai l'impression que telle partie est bien trop longue, que "les gens vont s'ennuyer", qu'il y a "des redites", alors même que je suis bien placée pour savoir qu'à un certain degré de visionnage, on ne "voit" plus rien. Quand vous avez regardé une centaine de fois cinq minutes de rushes, vous n'êtes plus capable, pour de vrai, de ressentir ce qu'un spectateur lambda va éprouver. D'où l'importance, pour nous, d'associer certains potes, et de tenir compte de leurs réactions...

 

Je crois que je vais quand même rester un petit peu à la porte du collège, histoire de voir, à travers les grilles,  le projet-gamin vivre sa vie et se développer comme un grand. Echec ou succès, après, c'est une autre histoire. Mais l'avoir porté jusque là, déjà, c'était chouette. Non. C'était bien.

 

 

 

 

13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 14:57

Mais j'espère qu'il vous ouvrira l'appétit ; c'est fait pour !

 

Bon, alors si vous le souhaitez, vous pouvez me laisser votre impression perso à vous tout seul hein,  en m'envoyant un mail à : clopinetrouillefou@gmail.com.

 

 

Et à bientôt (très ! promis !) pour le VRAI film !

 

 

  BANDE ANNONCE DES RACINES ET DES HAIES

 

 

 

(faut cliquer)

 

10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 11:59

Grosssssse engueulade avec Clopin, hier, autour du film. Il a soupiré ce matin que " les engueulades, c'était déjà le cas pour la Bergère, mais que cette fois-ci c'était encore pire avec les Racines, et que dans ces conditions, on bazarderait "tout" après le film."

 

Tout, ça signifie l'association Beaubec Productions, le matos, et l'envie de cinéma qui va avec.

 

J'en frémis encore, mais comment faire, puisque nous n'arrivons pas à nous respecter mutuellement  ? Dès que j'ouvre la bouche, j'ai l'impression qu'il tente de me la faire fermer... Et dès qu'il me demande quelque chose, il a l'impression de devoir quémander,  en me flattant en prime...

 

L'équation  devrait être néanmoins fort simple, : le film, c'est lui ; mais il a besoin de moi.

 

Oui, mais ça ne marche pas comme ça. Le film, c'est lui, ça, OK. Mais le "besoin de moi" est beaucoup plus discutable. Je ne suis pas assez idiote pour me croire irremplaçable, et les services que je peux rendre (le scénario, la musique) pourraient tout aussi bien être le fait de quelqu'un d'autre, voire de n'importe qui. 

 

C'est un peu le même problème que "les chantiers beaubecquois" : à savoir que l'intendance est indispensable, et c'est bibi qui s'y colle. Mais je pourrais aisément être remplacée !  Alors que restaurer une toiture, construire une maison ou poser un parquet de chêne, ce n'est pas à la portée du premier quidam venu...

 

Je souffre donc, ce que Clopin ne peut et ne veut pas comprendre, de sa trop grande compétence à lui. C'est paradoxal, puisqu'il a réellement besoin de moi... Mais je suis persuadée que si je n'existais pas, la maison serait à peu près identique à ce qu'elle est maintenant, et que les films  seraient tournés eux aussi, avec le même résultat !

 

C'est sans doute cette conviction qui guide certaines de mes réactions, incompréhensibles et pénibles pour Clopin. Par exemple, ce qu'il appelle "mon besoin maladif de reconnaissance", qu'il ne circonscrit d'ailleurs pas qu'au film mais à tous les compartiments de ma vie.

 

A-t-il raison ? Oui et Non, comme souvent. Il se trompe quand il croit que c'est le besoin de reconnaissance "sociale" qui me guide. Mais il est vrai que j'ai besoin d'une certaine  "reconnaissance" : la sienne. Voilà. Je voudrais qu'il me soit reconnaissant des efforts que je fais pour  lui. Car pourquoi en faire, s'il ne m'en est pas reconnaissant ?

 

Ce n'est pas "mon" film, au sens où, quand j'écris une nouvelle, c'est "ma" nouvelle. Ici, ce qui me guide, c'est l'envie de faire quelque chose pour lui, et avec lui. Ca ne veut pas dire que je me moque du film, hein, puisqu'il traduit des préoccupations que je partage désormais avec Clopin. Mais ça veut dire que ma première motivation est notre relation à lui et moi, pas la production d'un documentaire (de plus... ) sur le bocage !!! 

 

Le malentendu est donc complet.Le bocage tourne au blocage !!!

 

 

Bon, je griffe et maugrée, mais je vais quand même le finir, ce p... de film à la c...   Et je prends la résolution ferme et définitive de ne plus parler de ma posture, de  mon rôle dans l'aventure - à condition cependant que Clopin m'écoute un peu plus, quand je tente de suggérer une modification ...

 

A part ça, y'a des FÔTES dans "Soumission". Houellebecq mélange l'adjectif "laîque" avec le nom commun "laïc" ! Franchement, y'a pas de correcteur chez Flammarion ?

 

 

2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 09:32

5 : 59 s'affiche sur le réveil de ma table de nuit, et je me réveille enfin, la bouche mauvaise. Mes larmes d'hier ont ensemencé ma nuit, et mes rêves tout entiers  ont tourné autour du film - c'était tout sauf plaisant.

 

Clopin me reprochait (il le fait aussi "pour de vrai", pas que dans mes cauchemars) le prix que coûtaient les droits musicaux : une minute de Rameau peut, effectivement, se révéler exorbitante pour notre plus que modeste budget. Je lui répliquais sèchement que les images animalières de son pote P. valaient aussi leur prix, bien pesé, et la discussion s'envenimait...

 

Dans mon rêve, j'avais pourtant le dernier mot : j'allais chercher, je ne sais où, des partitions que je rapportais sur la table de la cuisine, et que je laissais claquer en tombant, devant un Clopin raide comme la justice. Voilà, disais-je avec une joie mauvaise, tu vas arrêter maintenant, tu vois bien qu'avec ça, on peut faire ce que l'on veut...

 

Dans mon rêve, j'avais obtenu de Jim qu'il transcrive l'air de Rameau que nous avons en vue pour le film, et qu'ainsi des partitions de clarinette et d'accordéon étaient juste disponibles, à la disposition de nos potes du Mans, qui pourraient ainsi les jouer tout à  loisir...

 

(Je tiens à faire remarquer que ce rêve est parfaitement cohérent ; après tout, Jim avait  obtenu son prix de Conservatoire en composition grâce à un septuor de clarinettes, et il jouait de l'accordéon, entre autres... Ecrire des transcriptions pareilles l'aurait très certainement amusé, voire passionné, et il l'aurait fait "les doigts dans le nez", j'en suis absolument certaine !!!)

 

"Ma" musique, celle que j'ai choisie pour le film, était ainsi sauvée...

 

Clopin se levait en bougonnant et quittait la cuisine, mais j'avais gagné la partie (tion, ahaha !) : je filai donc voir Jim, toute contente...

 

Il m'ouvrait sa porte comme autrefois, mais hélas : il se mettait à pleurer en m'expliquant qu'il ne pouvait plus faire de la musique... Et l'angoisse, l'impuissance,  envahissaient mon rêve, et mon coeur.

 

5: 59 : un mauvais jour se lève. Foin des rêves et des désirs.  Les droits musicaux pour une minute de Rameau sont exorbitants, et Jim, enfin, celui qui était Jim pour moi,  n'est plus là, seule sa pauvre carcasse continue de déambuler, mal soignée, dans les couloirs de l'EPAHD de Rouen, pendant qu'Aldo Ciccolini (Jim m'avait fait écouter ses interprétations de Satie) vient de s'éteindre lui aussi...

 


 

 

 

1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 21:24

Je suis, ma parole, à l'image de cette neige qui tombe et fond aussitôt, de cette blancheur qui n'arrive pas à sublimer le gris, de cette menace qui n'en est pas une : je n'arrive à me réjouir de rien de ce que je fais (de bien).

 

Je devrais pourtant être contente : Clopin "s'y est mis", et les premières images du film sont à la hauteur de nps espérances, je trouve. Le prologue, surtout, est si percutant qu'à mon sens, il faudrait avoir les yeux bouchés pour ne pas en voir la beauté. Et, un bonheur n'arrivant pas seul, Clopin me suit  dans mes choix musicaux (pour l'instant !)

 

Je suis partie du 17è siècle - normal, pour une histoire bocagère, rurale, française ! Et je compte bien arriver à mes fins, à savoir utliser en alternance  Rameau et Couperin. Certes, pas au clavecin - ce serait le mieux, mais c'est comme l'orgue : les oreilles contemporaines ne peuvent hélas vaincre tous leurs préjugés à la fois. Cependant, déjà, des  transcriptions piano, guitare, voire une curieuse adaptation des Indes Galantes avec hautbois, harpe et violon - nous avons là,  vraiment, tout ce qu'il nous faut.

 

Les tout premiers essais m'ont enthousiasmée, et je devrais être satisfaite. Bé non. Est-ce parce que je suis, depuis si longtemps déjà que j'en perds le souvenir, bancale, claudicante, sûre de rien et surtout pas de mon lendemain ? Est-ce à cause du climat tendu de la maison, de ces reproches trop vivement émis, trop durement reçus ?

 

Je voudrais  me détacher de ce film, je crois qu'il en est temps. Il appartient avant tout à Clopin, et c'est un mauvais service que je nous rends en ressentant ces images trop intensément,  comme je le fais.

 

Certains pas de côté ne se font pourtant pas en sautillant légèrement : et me voici aussi lourde qu'un sillon d'hiver, encombré d'une neige fondante et glacée.Rien de fort agréable, quoi - et c'est tristement ironique, mais ce que je viens d'écrire est  AUSSI la première image de notre film !

26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 09:57

La Mairie de Mesnil-Lieubray est une demeure en brique, simple, d'un étage,  alignée le long de la route. Sa "salle du Conseil" n'est pas bien grande : la lourde table ovale,  les dix  chaises qui y prennent place, et le fauteuil à accoudoirs du Maire,  occupent quasiment tout l'espace.

 

C'est dire que l'équipe renforcée de BEAUBEC PRODUCTIONS, qui a investi les lieux lundi après-midi, s'est retrouvée serrée.

 

D'autant qu'en plus des trois personnes de l'équipe "technique", Clopin,  Jean-Michel, qui avait bien voulu servir de perchman, et votre servante,  nous disposions de pas moins de deux "photographes de plateau", qui ont en plus donné le coup de main  : la Présidente de l'ABD (association brayonne dynamique) et le Secrétaire de l'A.R.B.R.E. (association rurale brayonne pour le respect de l'environnement). Excusez du peu !

 

Après avoir installé les projecteurs, la caméra sur son socle mobile, le micro sur le costume de Monsieur le Maire, la perche et les câbles,  après l'arrivée des conseillers municipaux,  assis sagement sur leurs chaises rapprochées de le grande table, pendant que Clopin leur tournait autour, comme un dresseur de lions au cirque, ce fut  fait  :  la salle du Conseil était (presque) métamorphosée en plateau de cinéma. Un tout petit plateau, certes, et il fallait faire attention à la grande perche, qui prenait tant d'espace qu'il fallait se garder d'être cognés, mais un vrai plateau  tout de  même.

 

La faute, ou plutôt la cause, tenait surtout à Jérôme GRISEL, Monsieur  le Maire de Mesnil-Lieubray. Beaubec Productions le connaît bien, depuis l'aventure de la Bergère et l'Orchidée, aventure  à laquelle il a bien voulu participer. Et s'il a encore une fois accepté d'être présent  à un de nos tournages, il a en prime, ce coup-là, embarqué tout son conseil municipal avec lui !

 

La gageure a été tenue : nous avons engrangé de précieuses images, retraçant  l'histoire  de la commune Mesnil-Lieubray, de son engagement, dès 2009, en faveur des haies, des mares et des arbres remarquables de son territoire. C'est une démarche  ma foi exemplaire, que le film doit absolument relater...

 

Et tout le monde, Mesdames et Messieurs les Conseillers, Monsieur le Maire, tout le monde a "joué le jeu". Même la secrétaire de Mairie, qui avait quelques fortes réticences (ce qui se comprend, parce que donner son image, c'est donner un peu de soi),  a eu la gentillesse de participer !

 

Que tous ici soient remerciés de leur bonne volonté, et de leur confiance en nous. L'aventure continue, et nous permet de progresser et de diversifier nos tournages : humainement, techniquement, et "pour la bonne cause", nous voici engagés dans un chemin passionnant !

 

 

 

5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 08:49

Perduville (pas pour tout le monde) : nous sommes ici aux confins de Bray et de Caux, et c'est par l'intermédiaire de Dittmar que nous allons filmer M. Pochon, éleveur de Salers.

 

Je dois l'avouer : j 'étais un peu réticente à l'idée de ce tournage. Les images s'accumulent tellement ! Et notre plan de tournage a tant de retard ! Une nouvelle interview "non prévue" venait, à mon sens, se surajouter à ce que nous avions déjà engrangé, et n'était pas nécessaire...

 

J'avais tort. M. Pochon possède une élocution claire et précise qui conforte son propos. Et sa démonstration est diablement efficace, d'autant qu'il ne mâche pas ses mots.

 

Car à Perduville comme ailleurs,  les aberrations ne manquent pas. M. Pochon vit là depuis ses six ans, et, jeune adulte,  il y a racheté une ferme pour y installer son élevage. C'est donc peu de dire que sa parole est légitime, et qu'elle est sincère. Il a tout vu depuis quarante ans : les mares comblées, les haies arrachées,  les chemins communaux supprimés par les élus mêmes qui en avaient la garde... Et le bocage à tout jamais perdu, au fur et à mesure que les petites parcelles, les pâturages entourés de haies, cèdent la place à d'immenses cultures d'un seul tenant, d'où l'eau s'écoule en ravines et vient inonder les fonds de terrain...

 

Et puis ce dédain de certains agriculteurs pour ce qui les fait vivre, pourtant, au premier chef : cette terre qu'ils exploitent sans merci, cette nature qu'ils nient du haut de leurs trop puissantes machines agricoles...

 

En prime de ce tournage, la lumière était extraordinaire. Quand nous sommes rentrés, elle frappait les haies le long du chemin, dorant les feuilles rousses et enflammant les baies rouges, translucides qui ponctuent la charmille : une oeuvre d'art...

 

C'est aussi ça, je trouve, le charme des documentaires : la possibilité des pas de côté. Evidemment, le risque est de s'éparpiller ( et je suis la première concernée), mais enfin, c'est le prix à payer.

18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 15:31

Je n'aime pas, mais alors pas du tout, sentir mes larmes monter sous un reproche de Clopin : et c'est ce qui m'arrive, quand j'estime que le reproche est injustifié, ou que Clopin me trahit.

 

Hier, c'est pourtant moi qui, sans le vouloir, l'ai "trahi" de cette manière-là.

 

Sans doute parce que la journée avait été rude. La matinée avait été occupée comme les autres, mais dès que je suis rentrée à la maison, j'ai dû gérer le temps. J'ai avalé une bouchée, et puis je me suis mise à la tarte aux pommes, et  à la préparation des légumes du soir. A peine le temps de défourner mon gâteau (j'ai mis de la cannelle dans la compote à la crème qui me servait de fond de tarte, et j'ai doré à l'oeuf les rondelles de pommes finement coupées, au-dessus d'une pâte feuilletée maison. Tu m'étonnes qu'il n'en soit pas resté une miette...), j'ai dû partir assister Clopin dans le premier tournage de la journée, à Beauvoir en Lyons.

 

Nous avons filmé un couple d'habitants bien désemparés : ils sont victimes de pratiques illégales et dégueulasses, de la part d'un agriculteur visiblement "tout-puissant", Maire de la Commune. Non seulement ce dernier ne donne pas l'exemple, c'est le moins que l'on puisse dire, mais encore fait-il tout céder à son intérêt. Un chemin communal bordé de haies bornait des propriétés qui, par le jeu des échanges et rachats, sont désormais son bien, et il a intérêt à n'en faire qu'une seule plaine ? Qu'à cela ne tienne ! On s'appropriera le chemin communal, on rasera les haies, et en avant l'agriculture industrielle ! Quant aux décharges sauvages, c'est également le premier magistrat de la Commune qui semble en être  l'auteur : excusez du peu.

 

Le couple désemparé qui habite au milieu de tout cela a pris un peu trop ouvertement fait et cause contre ces pratiques scandaleuses : le voilà désormais victime de tout l'attirail de petites vengeances, de mesquineries (le colis des vieux non monté jusqu'à la maison, etc.) qu'un puissant agriculteur, soutenu par ses pairs qui lui ont renouvelé par trois fois son mandat, peut exercer sur plus faible que lui. C'est juste dégueulasse, et les pauvres gens "trinquent", dans l'incapacité qu'ils ont à pouvoir relativiser : elle, surtout, est raidie dans une exaspération qui risque de  nuire à sa santé. Espérons que nous pourrons les aider. En tout cas, les images vont désormais pouvoir témoigner de l'"avant" et de l''après".

 

Je n'en avais pas fini pour autant. A peine rentrée, j'ai préparé la collation pour la quinzaine de personnes que Clopin allait filmer le soir-même : une réunion du Bureau des commanditaires de notre film , l'association l'A.R.B.R.E. 

 

Clopin et les deux potes partis pour préparer la salle sont revenus avaler rapidement, le concombre du jardin et  la potée aux choux et aux saucisses que j'avais préparée ; et nous revoilà revoili partis pour le tournage proprement dit.

 

J'étais fatiguée, mal à l'aise (je ne sais pas trop quelle est ma place à l'A.R.B.R.E., je ne fais pas partie du Bureau et suis juste la Clopine du Clopin), j'ai voulu partir, ce qui a fait bondir Clopin : "ton départ était juste une trahison", m'a-t-il dit ce matin...

 

Je pense que mon passage à vide provient aussi de ma prise de conscience du travail considérable que va me coûter le film. La copine qui avait bien voulu se charger du dérushage a finalement, à cause de soucis de santé, déclaré forfait. Oh, chaque chose a son bon côté : le dérushage implique une prise de notes manuelle. Or, ma pratique quotidienne  de l'azerty a rendu mon écriture manuscrite pratiquement illisible, parce que mon cerveau, inconsciemment, cherche à la rendre aussi rapide qu'au clavier ; comme je tape plus vite que mon ombre...

 

Là je suis obligée de ralentir mon écriture, parce que je n'arrive tout bonnement plus à me relire ! La bonne chose est que cela va m'obliger à plus d'attention et de patience. La mauvaise, c'est que c'est tout simplement un travail colossal !

 

Ce travail exigeant pourrait être un challenge pour moi : encore faut-il que Clopin me fournisse de l'énergie, et ce n'est pas en nous disputant comme ce matin que ce sera le cas. Déjà, la Bergère et l'Orchidée avait vu le jour dans une atmosphère quelque peu orageuse entre nous : est-ce  le prix à payer pour que notre collaboration fonctionne, entre moi qui suis plutôt chargée des mots et lui, de l'image ? 

 

Nous devrons faire preuve de patience, or, ce n'est certes pas notre qualité première, j'en ai bien peur...

 

Heureusement, le grand beau soleil de ce matin a dissipé un peu les tensions  de la veille. D'autant que c'est le temps des récoltes :

 

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Allons, tirons  notre énergie de ces bons légumes, et mettons notre mouchoir par-dessus le reste : c'est le mieux à faire !

13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 15:17

Suite du journal de tournage de notre film "les racines et les haies" ICI (faut cliquer !)

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