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Clopinou va donc entrer au GIGN !
Non, je veux dire au CPGE, mais d'après lui, c'est pareil : la "classe préparatoire aux grandes écoles" qu'il va intégrer est l'équivalent, pour l'éducation nationale, du corps d'élite de la gendarmerie nationale... Et les efforts à faire pour y entrer, et pour y réussir, seraient du même ordre, quantitativement parlant...
IL y a eu cependant comme l'ombre d'une déception qui a flotté dans l'air, à l'annonce des résultats : Clopinou ne sera pas à Henri IV, son tout premier choix sur la liste qu'il avait déposée, mais à Jeanson de Sailly.
Bon, je dois bien admettre que je n'y connais rien - j'ai cru au départ que c'était une sorte de catastrophe qu'il n'ait obtenu que du "second choix", mais il paraît que non. Toujours d'après Clopinou, Jeanson de Sailly serait parfait pour ce qu'il veut faire : à savoir la filière économie débouchant sur HEC puis l'ENA ensuite (Rien que ça ? Rien que ça.). Il est sur liste d'attente à Henri IV, mais, même si une place se libérait, il préfèrerait son affectation actuelle - les taux de réussite à la sortie des "prépas", dans la filière économie, sont équivalents dans les deux établissements, et il espère rencontrer moins de "grosses têtes qui se la pètent un max" à Jeanson de Sailly qu'à Henri IV.
Il va quand même passer le concours de Science Po Paris (il a eu d'excellents résultats au "concours blanc" organisé par l'institut politique de Lille, avec un "16" exceptionnel, paraît-il, en "questions contemporaines"), mais, dixit le Clopinou : "'j'irai décontracté, parce que même si je l'ai, je préfère Jeanson de Sailly - et puis tu sais, il n'y a que 39 élèves dans la classe, ça va ressembler au lycée quoi..."
Dont acte.
C'est vraiment un curieux moment : comme l'aboutissement de quelque chose, et en même temps un départ quasi-définitif. Clopinou décide désormais seul de son destin, remplit ses dossiers d'inscription, gère "comme un grand" son futur parcours. Bien entendu, je ne peux m'empêcher de continuer à trembler pour lui (et s'il échoue ? Et s'il est rebuté par une trop grande différence de niveau entre les "autres" et lui ? Et si la modestie - relative, certes, mais enfin comparée à ce que ça doit être dans le 16è arrondissement,... - de nos revenus faisait obstacle ?, etc.), mais c'est fait : ce n'est plus ma vie, mais la sienne, et je ne suis plus actrice mais spectatrice.
Mais l'ai-je vraiment été, actrice ? J'écoute Clopinou, j'apprends à toute vitesse (par exemple le mot "filière d'excellence" ne veut pas dire que l'enseignement est excellent, ce que je croyais naïvement. Eh ben non. C'est juste l'euphémisme employé pudiquement pour dire qu'on filtre les prétendants sur leurs résultats. Le tamis de la sélection, quoi..), et je me demande comment on en est arrivé là. Ni Clopin ni moi n'avons ce type d'ambition sociale. Et si, en sortant de la maternité, on m'avait demandé ce que ferait mon fiston, une fois adulte, j'aurais bien sûr, automatiquement, répondu "il fera ce qu'il voudra", mais je n'aurais pu m'empêcher de rêver à des vies de créateur, d'artiste, de vagabond des étoiles...
Et me voici en face d'un mince jeune homme très déterminé, qui, sans aucun complexe, affirme son envie d'avoir de l'argent dans la vie (même s'il s'écrie devant le programme d'analyse économique qu'on lui présente un "ça va être passionnant ça !" sorti droit du coeur;.)
Objectif thune, donc, alors que, dans ma génération, on la dédaignait plutôt : nous, on a marché dessus...
Mais enfin... Nous y voilà, et bien entendu : Clopinou fait ce qu'il veut.
Et en attendant... En attendant, le nichoir à chouettes, installé l'année dernière par Clopin à l'arrière de la grange, a trouvé des locataires - qui, du coup, sont bien logés. Clopinou le sera-t-il aussi bien, dans ce grand Paris si effrayant ?

ps : je ne sais pas vous, mais moi je trouve la photo prise par Clopin absolument sensationnelle. Voilà, c'est dit.