bavardages, causeries, conversations, colloque, conférence, discussion, échange de vues, propos, causerie babillage, causette, palabre, commérage, conciliabule, jacasserie, parlote et autres considérations
Il faut que je commence à penser au Canada : nous partons à la fin du mois. Je suis partagée entre l'envie de ne rien savoir, de ne rien entendre, d'arriver là-bas comme la neige blanche l'hiver, et d'attendre de voir les marques de ce pays s'inscrire sur moi comme sur une page. Et puis l'envie de lire les guides et les récits, d'écouter les chansons et le chant de la langue... de me préparer au choc (car c'en sera forcément un).
Je crois que la première fois que j'ai eu envie d'aller au Canada, ce fut à cause de Joni Mitchell. Personne, à part moi, n'aime beaucoup cette chanteuse à la maison, et surtout, personne n'aime que je l'écoute comme j'écoute beaucoup de choses, en boucle quoi. Mais c'est parce que mes proches ont toujours peur que je me laisse aller à la complaisance qui accompagne si souvent la dépression, et que question dépression et désenchantement, Mitchell se pose là, c'est vrai !
Mais pourtant, "ils" ont tort de ne pas l'écouter comme je le fais. Car de sa belle voix pure et qui peut être si douce en disant des choses si dures, Joni Mitchell lance toujours des traits de lumière, même dans la pire obscurité. Dans la chanson "a case of you", une des plus noires de l'album - la femme dit en substance à l'homme "je pourrais boire un tonneau de toi, je serais encore debout sur mes pieds", et si l'homme lui dit "je suis aussi fidèle que l'étoile du nord", elle réplique "fidèle dans la nuit, je ne vois pas à quoi ça sert, si tu me cherches, je suis au bar".... - il y a un rayon d'espoir tout de même : la carte du Canada, accrochée au mur...
Oh Canada...