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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 13:59

Aïe. Il m'est difficile de le reconnaître, mais là je vais avoir du mal à me disculper à mes propres yeux.

 

D'habitude, c'est bien facile, bien commode : j'accuse les autres... Si je n'avance pas plus que cela dans mes projets, c'est bien entendu à cause de cette satanée vie quotidienne, qui m'astreint au travail, au ménage, à l'intendance et à la cuisine, plus à l'attention donnée à celui-ci ou réclamée par celui-là. Si mon carnet de travail repose bien tranquillement sur mon bureau, vierge de toute ouverture,  CE N'EST DONC PAS MA FAUTE. Et je peux oublier tranquillement  la liste de mes projets classée en trois catégories :

- "au pied de la porte " (pour les trucs urgents),

- "au bout du quai" (pour le moyen terme)

- et "à l'entrée du cimetière" (pour les projets chimériques mais néanmoins à envisager avant ma mort). 

 

Sauf que là, j'étais seule, n'est-ce pas. Seule, et avec une immense plage de temps devant moi. Un sablier à la taille de la baie des Veys. Une clepsydre contenant tous les lacs de Forges-les-Eaux. Aucune excuse pour ne pas avoir - au moins - biffé deux lignes de la catégorie "au pied de la porte", n'est-ce pas ?

 

Et puis voilà. Le sablier et la clepsydre, je ne sais même pas comment, ne contiennent plus chacun qu'un quart environ de leur contenu. Et je n'ai rien foutu. Rien :

 

- je n'ai pas, contrairement  ce que je m'étais engagée à faire, établi la comptabilité de l'association "Beaubec Productions" de l'année 2010,  alors que le facteur m'a gentiment apporté ce matin même  la feuille d'imposition à remplir, me rappelant brutalement à mes devoirs.... Or, il me faut établir un compte administratif, un grand journal, des notes de frais et un bilan financier. Techniquement, c'est facile à faire. Mais voilà : je ne connais la version d'excel que sous word, et il faudrait que je me farcisse excel sous Mac, ce qui me fatigue d'avance...

 

- je n'ai pas non plus, lâchement, sélectionné des textes pour les amis qui m'ont demandé de participer à une randonnée avec pauses littéraires. Savez-vous ce que j'ai fait ? J'ai  honteusement triché. Snif.  J'ai demandé (et reçu) de l'aide à  Jacques Barozzi, écrivain rencontré chez Assouline, et  qui  publie  de délicieux petits livres déclinant des thèmes comme le jardin, le cinéma, le café même, en les illustrant de morceaux littéraires. J'ai donc juste  repéré dans son "goût de la marche" les passages qui serviront à distraire mes amis, lors de leur prochaine randonnée pédestre, culinaire et culturelle. Bien sûr, j'ai trouvé tout ce qu'il me fallait chez Jacques. Mais le remords, hein, le remords...

 

- je n'ai même pas encore lu en entier les articles dont je suis chargée de faire un résumé synthétique, pour le bulletin de l'association de défense de l'environnement à laquelle je suis sensée adhérer. Je dis bien "sensée", parce que le militantisme et moi, ça fait deux, n'est-ce pas. M'enfin, rédiger une synthèse, normalement je sais vous faire ça vite fait bien fait, un doigt dans le nez et un pied en l'air, et avec ça Meudame ça sera quoi ? Donc, rédiger un papier sur les méfaits de l'extraction du gaz de schiste, ça ne devrait pas me prendre plus de quelques grains de sable, quelques gouttes d'eau quoi. 

 

Alors, je vous pose la question. Pourquoi, mais pourquoi donc n'ai-je pas trouvé le moyen de faire autre chose que d' enjamber le tas de trucs déposés "au pied de la porte", en faisant mine de ne pas le voir  ?

 

Et  les paquets  du "bout du quai", mmmh ? Par exemple, ECRIRE LE TITRE DES CHAPITRES DES VIES DE JIM, au lieu de les composer mentalement dans mon lit le soir et de les oublier le lendemain matin en me réveillant... - vous entendez bien, je ne parle pas de commencer à écrire le livre, non, ou même de noter de ci de là les phrases qui me viennent à ce sujet, juste dresser une liste (une de plus...). Même pas foutue de le faire...

 

Quant à ce qui m'attend "à l'entrée du cimetière", alors là j'ai comme un rire nerveux qui me gagne. Parce que, si j'ai beau jeu d'accuser les autres, ces infernaux, et la vie, si quotidienne, je sais bien au fond de moi qu'il serait plus important que je m'occupe de ce que j'ai déposé là-bas, plutôt que de récurer le frigo en râlant "parce que Clopin ne ne le fait jamais". Pour de vrai, je choisis sciemment de nettoyer un frigo qui ne m'a rien demandé - ça me permet de prétendre  que je ne suis pas paresseuse...

 

Bon, et pour finir, il y a en plus les invitations, auxquelles je ne sais pas dire non. Je louvoie, tergiverse, essaie de faire comprendre que non, ça ne me fait rien de rester seule au contraire, que j'en profite pour "faire des tas de trucs" (mais lesquels, bon dieu, lesquels ????) et que oui, ça serait gentil de se voir mais peut-être pas maintenant... Je n'y arrive pas. C'est une loi de la vie : y'a toujours des nuisibles qui, armés de leur bon sentiment pour vous, viennent se taper l'incruste, parce qu'ils n'arrivent pas à imaginer la solitude comme autre chose qu'un châtiment divin qui vous tombe dessus et qu'ils vous plaignent secrètement... Et en plus, le remords vous accable encore, d'avoir tant envie de les envoyer au diable ... Parce que cette dernière phrase "des nuisibles qui viennent se taper l'incruste", franchement, j'en ai honte...

 

Et pendant ce temps-là, et ce temps-ci, où je viens déverser mon désarroi sur ce blog qui ne m'a rien demandé non plus, les gouttes tombent, et les grains glissent. 

 

Et si je perçais la clepsydre, et laissais malencontreusement tomber le sablier ???

 

 

2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 10:31

Je dois définitivement être une fille étrange, puisque j'ai des goûts bizarres. Tenez, par exemple, j'aime Eric Chevillard, ce qui m'a conduite, ce matin, à répondre à un article torchonné par le Figaro Magazine .   J'ai poussé l'effort jusqu'à m'inscrire pour pouvoir protester, c'est vous dire, mais je pense que mon commentaire ne franchira pas la modération (vu qu'il est tout, sauf modéré justement).

 

Donc je vous le recopie ci-dessous, au moins, les visiteurs de ce blog pourront savoir ce que je pense des attaques anti-Chevillard (non mais !) :

 

"l'article du Figaro raconte n'importe quoi; D'abord, faudrait peut-être se renseigner : Désiré Nisard n'est pas imaginaire (hélas, il a beaucoup sévi !) Ensuite, c'est vrai, Chevillard excelle dans l'exécration, mais l'article se garde bien de dire qu'une de ses cibles favorites est le justement exécrable Alexandre Jardin (qu'on devine sous-marin périscopal de ce torchon d'article). Enfin, moi qui lis et le blog et les romans de Chevillard, je peux vous assurer que les uns ne cèdent en rien aux autres.

 

Mais à quoi bon tenter de rectifier des propos aussi débiles que ceux de cet article ? Le Figaro Magazine ne PEUT PAS, pour des raisons évidentes, apprécier quelqu'un comme Chevillard : celui-ci, athée, profondément de gauche, véritable écrivain et profondément intelligent, ne peut que déplaire au public du Figaro, journal  conçu pour un public réactionnaire,  et porte-parole de la vieille garde libérale. Remercions donc plutôt l'auteur du torchon, puisqu'il trace ainsi une ligne fort claire entre les imbéciles qui adopteront sa position et ceux qui aiment et aimeront Eric Chevillard.

 

Clopine Trouillefou"

 

Pour vous faire comprendre les "raisons évidentes" de l'attaque du Figaro, tenez, je vous recopie aussi un des derniers messages journaliers d'Eric Chevillard - c'est ce genre de  notation qui me donnent envie de lui sauter au cou ! : 

 

"L’élargissement des pédophiles ayant accompli leur peine fait naître une inquiétude légitime chez les parents de jeunes enfants. D’un autre côté, on ne peut refuser la liberté à un criminel parvenu au terme de sa condamnation. La société aurait pourtant bien un moyen de se prémunir contre la récidive. Il suffirait qu’un signe désigne ces pédophiles à notre vigilance. Obligeons-les par exemple à porter une soutane."

(Eric Chevillard, sur son blog l'autofictif, il y a quatre jours). 

 

J'ai sursauté d'autant plus fort que j'ai justement acheté Dino Egger (le dernier livre de Chevillard) hier après-midi :


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Et j'ai également acquis celui de Pierre Assouline, Vies de Job :

 

 

9782070125395.jpg

 

 

 

 

 

 Encore une étrange chose, que je lise ce dernier livre, tout empreint d'une quête spirituelle qui est à mille lieues de ma personnalité ! Et le pire, c'est que ça m'intéresse vraiment beaucoup. C'est écrit comme un texte religieux, en petits versets numérotés -  et il y a un humour certain à chaque paragraphe, même si ce n'est pas de la franche rigolade hein, soyons clair ! 

 

Le livre d'Assouline me fait le même effet que la musique post-moderne, dite  "répétitive". Je sais qu'à part Jim, qui me la fit découvrir, pas grand'monde autour de moi n'apprécie PHil Glass ou Terry Riley. Mais c'est cependant, vraiment, à Steve Reich que "Vies de Job"  me fait penser. Le morceau "Theillim" (titre d'un psaume de la bible...) précisément me renvoie au livre  (le lien est en bas de page). J'aime vraiment beaucoup ça , dans la solitude évidemment parce qu'à part bibi, ça fait hurler tout le monde à  la maison. 

 

 

D'où me viennent donc ces goûts bizarres ? Longtemps, mon ignorance les a recouverts de son épaisseur. Là, je suis sérieuse : on associe souvent l'ignorance à un manque, un vide, alors que c'est tout le contraire. C'est quelque chose d'aussi épais que du ciment, l'ignorance. A vingt ans, j'en avais les oreilles bouchées, comme par le plus consistant des cérumen. Ce sont mes amis qui ont commencé à fragmenter la couche, en me faisant écouter, par exemple, Debussy - mais j'étais bouchée, c'est vrai, à l'émeri. De même, j'ai dû attendre longtemps avant  que tombent  les écailles de l'ignorance qui m'aveuglaient, et m'empêchaient de m'intéresser à la peinture. Et c'est Clopin qui m'a permis de "voir" le monde autour de moi d'une certaine manière, d'en apprécier la beauté, de remarquer l'harmonie passagère des images sans cesse recomposées de la réalité. Sans lui, je ne voyais rien ! Et  quant à mon intelligence, seigneur ! Je lutte encore, tous les jours, pour user la couche de certitudes épaisses et d'ignorance crasse qui me recouvre l'esprit...
Mais cependant, j'ai toujours su qu'une bibliothèque, même celle d'une athée militante comme moi, doit contenir le texte de la Bible. Et j'ai fait mon miel, véritablement, des passionnantes  séries de Mordillat sur le sujet, comme l'excellent "corpus christi" (encore un goût bizarre, tout mes proches écarquillaient les yeux et ne comprenaient pas que je "me tape des trucs de ce genre" ) - je ne suis donc pas  insensible aux leçons de la parabole de Job, véritablement décryptée par Assouline et appliquée à son propre cas, en quelque sorte..
Bon, il faut bien que je m'accepte telle que je suis, avec mes goûts bizarres, non ?  Je m'en vais donc continuer mes lectures, bien au chaud...
 (bon l'adresse exacte du lien, me dit-on, est celle-ci: 
http://www.deezer.com/fr/#music/result/all/steve reich tehillim part 1)
(désolée de vous obliger à vous débrouiller sans moi, mais en fait, je n'y arrive pas bien...)
un tout dernier essai :

 

 

 

1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 13:43

Je vais quitter la maison, cet après-midi, pour la Ville - mais je ne pourrais pas échapper au temps pourri, qui sévit là-bas comme ici -  et là, j'en ai ras la casquette de mon "pays sage". Aux chiottes, oui !  Je bute dans ce temps de merde  à chaque pas, quand je tape à grands coup de sabots de caoutchouc contre le rebord de la source, pour faire tomber la boue qui me colle aux pieds, ou que je m'encolère en levant le nez vers les arbres, secoués par un vent froid, désagréable, qui vient chercher  mon  cou jusque sous mon écharpe. Je m'irrite aussi de la lumière laiteuse ou grise, mais en tout cas poisseuse, qui  me colle aux yeux et réduit tout à une bande de terre mitée de petits pavillons mesquins,  arrosée de rus couleur marron tendance pisseuse. Le jardin aligne encore ses poireaux, seuls debout dans la désolation,  mais ils font triste mine - quant aux choux de Bruxelles, on dirait des quilles de guingois, porteuses de pustules peu appétissantes... 

 

Sortir par ce temps pourri (et je connais la chanson, hein. Ca peut durer jusqu'à mi-mai) est une sorte de sacerdoce, or je n'ai aucun goût pour le sacrifice. Bon, j'emmène quand même le chien, parce que lui il s'en fout,  le chien, du temps. Ce qui lui plaît, c'est de débusquer les lapins et de faire la course avec eux, décrivant de splendides trajectoires dans le champ, la queue horizontale, les oreilles rabattues pour améliorer l'aérodynamique... Il rentre les pattes crottées et la langue pendante, ravi et penaud à la foi (parce que les lapins, ça court vite quand même) et me regarde en trouvant tout cela charmant... 

  

Pendant que mois je renaude, et  rêvasse à des pays bleus et or, à des rivières paresseuses, à une goutte de sueur qui descend doucement le long d'un torse bronzé...

 

Bon, réagissons. 

 Vite, à l'intérieur, une bonne tasse de thé, comme Clopin n'est pas là je m'autorise à la poser près de l'ordinateur (de toute manière, il est trop loin de moi pour pouvoir l'empêcher, alors je me venge, fallait pas ah fallait pas, je ne fais que des bêtises, des bêtises quand tu n'es pas là, tralàlà), le chien à mes pieds, le chat  dans mon giron, et c'est parti pour la chanson la plus chaude que je connaisse. 

 

 

(encore heureux qu'on y va, vers l'été, quand même...)
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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 19:15

Alors, il s'agissait de remanier le gouvernement.Vous vous souvenez ? C'était il n' y a pas si longtemps :  une priorité,  mais on nous disait  que ce n'était pas simple à faire. La preuve : les journaux et la télé ne parlaient plus que de cela. Et que je te suppute, et que je te suppute. (et quand je dis "pute", enfin, bref). 

C'était le feuilleton de l'été, pas moins. Fillon, Borloo, Borloo, Fillon... Ca a duré, mais alors, duré, pour aboutir à un espèce de pet foireux. 

On prenait les mêmes et on recommençait.

Tout ça pour ça ? Ben ouais. Des heures, oui, avec analyses, commentaires, et patapati et patapata. On avait vraiment l'impression que c'était ac'h'ment compliqué. Qu'il y avait le caractère de l'un, la susceptibilité de l'autre, le moelleux de la langue du troisième passée sur les semelles pleines de merde  du premier, enfin, plein de trucs super importants à prendre en compte...

Et pis là, vous avez vu ? Deux-trois dictateurs foutus (enfin) à la porte là-bas, et d'un coup, zou, le ménage fait ici, vite fait bien fait, ça a pas pris des plombes, allez, hop là, toi tu vires de là toi tu 'y mets, mais oui, c'est ça c'est ça, tu me remercieras plus tard...

 

Ben moi je vais vous dire. Ca persiste de plus en plus, la certaine impression d'avoir été pris pour des cons...

 

(et pendant ce temps-là,  chez les Arabes.. Si ça pouvait se passer comme ça.... soupir) 

 

PS : j'ai l'impression que le lien, ben il marche pas. Je retente le coup autrement  :

    
27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 12:23

(Attention, cet article contient des images susceptibles de choquer ceux qui sont choqués par tout ce qui bouge. Mais au moins, ils ne pourront pas dire qu'ils n'étaient pas prévenus...)

 

Alors, d'habitude, le pré du Bas respire une atmosphère paisible et bon enfant, où les bêtes vaquent gaiement à leurs occupations. Comme ceci :

 

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Mais évidemment, ce n'est pas toujours aussi idyllique. Par exemple, nous séparons souvent le grand mâle reproducteur de l'ânesse, afin de contrôler les naissances.

 

Le pauvre Dagobert, dans le champ du haut, passe ainsi certains mois à "se la mettre sur l'oreille" (qu'il a fort conséquente) "pour se la fumer plus tard", comme dit notre copain Joseph (qui a un don certain pour l'image parlante). 

 

Et puis, à la date dite, il retrouve enfin son Eurydice, c'est-à-dire Quenotte de la Brande, authentique Grande Noire du Berry. Ca le rend tout joyeux :

 

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Parce que Quenotte lui fait un effet terrible. Mais alors là, un effet.... terrible. 

 

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J'avais demandé à Clopin d'être présent lors de leurs retrouvailles, parce que, sans manquer de largeur d'esprit n'est-ce pas, je trouve tout cela très impressionnant. Pour parler franc, comme on croirait que Dagobert, tout soudain, possède une cinquième patte, et que parfois les deux ânes partent en courant pour jouer à attrape-moi si tu peux (et Dagobert peut toujours...), je me méfie un peu. J'ai raconté ici, dans le récit de "ma soeur âne", la cruauté qui s'empare parfois de lui. Et souvent, au moment de l'accouplement, même quand l'ânesse bave abondamment et mâche du chewing-gum pire qu'une groupie de Tokyo Hôtel, Clopin est obligé de l'entraver ou de lui mettre une muselière, pour qu'il ne morde pas l'ânesse. Les amours équines sont rudes, dirons-nous... 

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Mais, comme la nature est bien faite, quand les chaleurs sont passées, tout s'apaise. En tout cas, ça leur donne faim, je peux en témoigner. Faut voir comment le râtelier est vidé, le soir...

 

 

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(mais il s'en passe quand même de belles, dans le pré du Bas !)

 

Published by clopine - dans Vies de Bêtes
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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 08:16

Comme tous les ans vers la même époque, me voici à l'orée d'une semaine de solitude, (9 jours en fait, si je compte bien), ce qui me remplit toujours de sentiments contradictoires.

Si je suis honnête, je dois reconnaître que ma solitude est toute relative. Je suis entourée de plumes, et de poils. Cette simple responsabilité, d'habitude assumée par Clopin,  va suffire  amplement à me distraire de moi-même. Songez qu'il y a là 7 ou 8 poules, 1 coq, 4 oies de Guinée, 4 moutonnes à tête noire, 2 ânes, 3 chats et 1 chien, (et un certain nombre de souris et d'araignées, mais ces dernières se fichent de moi comme d'une guigne), bref, une vingtaine de bêtes tout de même, qui vont donc dépendre entièrement de mes soins, pendant toute l'absence de ma famille partie si loin de moi. (bon, je pourrais, si j'étais méchante, rajouter en prime mes deux beaux-parents, si âgés qu'il faut bien penser à eux. Mais comme ils sont encore remarquablement valides pour leur âge, j'aurai mauvaise grâce à les ajouter à ma liste de bêtes à nourrir !!!)

 

 De plus,  le fait d'être seule face à nos bêtes alourdit cette solitude qui, sinon, serait un peu trop légère, et ce n'est pas désagréable d'avoir quelques devoirs à accomplir.  J'aime bien être  maître à bord :  c'est  cependant  un (tout petit) défi, que j'aime à relever.

D'autant que cette année, pour la première fois, je vais devoir chercher le foin dans la nouvelle étable. Ce qui signifie  déplier un escalier un peu trop lourd pour moi,  pousser une trappe en bossuant le dos, attraper de lourds ballots de foin, les jeter par terre,  manipuler le cutter,  nettoyer la boue et ...  penser à fermer les lumières. Je n'ai pas d'appréhension, non, je suis une grande fille et bien moins maladroite qu'il n'y paraît, mais cependant il est bien commode, d'habitude, de me reposer entièrement sur Clopin, et de me contenter, en allant vite car je n'aime pas les veuves noires qui détalent sur le mur de torchis du poulailler, de relever les oeufs,  ou  de demander à l'homme de vider les cendres du poêle et de  ramener les brouettes de bois pour chauffer la maison (ce que Clopin résume sobrement en soulignant aimablement que j'ai donc, la plupart du temps,  "le cul dans le beurre"...).

 

Ces tâches inhabituelles font donc  partie du charme de cette période solitaire, qui  est acceptée, même plus :  désirée. Il faut avoir vécu une enfance encombrée de bruit et de fatigue nerveuse, dans la promiscuité d'une famille nombreuse, puis avoir soi-même choisi une vie familiale,  pour goûter les  plaisirs simples et délicieux de la solitude :  se ficher bien de savoir si le frigo est plein ou vide, ne plus dresser les menus des repas (tâche menée sinon dans l'indifférence générale. Tous les jours, je pose la question : "que souhaitez-vosu manger ?" Tous les jours, je ne reçois en retour que les regards flous de ceux qui sont  bien  déterminés à  me laisser  résoudre ces menues questions d'intendance...) mais se contenter d' ouvrir une boîte de conserve  surtout ni bio, ni diététique,  lire à table (ah ! Lire à table ! Coincer le livre contre le verre, tourner la page à la pointe du couteau, poser confortablement ses pieds sur une chaise, et baîller ouvertement, si le coeur vous en dit...),, prendre sa douche à n'importe quelle heure et laisser traîner gaiement ses chaussures au pied du lit, ce qui est d'habitude formellement interdit. Petits  plaisirs égoïstes, certes, mais savourés à leur juste valeur...

 

Pourtant, pourtant, cette plage annuelle de solitude, que je recherche et apprécie, contient encore une autre sorte d'inquiétude, plus sourde que la simple responsabilité de la maison ou des bêtes. Je ne m'y engage, année après année, qu'avec circonspection. Plus exactement, je suis à la fois excitée, curieuse, dans l'expectative et l'envie  de connaître ce temps qui s'ouvre devant moi comme des portes dans un couloir, et en même temps un peu rebutée. Je n'y renoncerai pour rien au monde, mais je reconnais là comme une peur enfantine, quelque chose que j'ai ressenti très profondément, et qui me ramène aux prodiges et enchantements de l'enfance. 

 

Si je vivais,  enfant, dans une maison trop petite, où j'étais sans arrêt bousculée par ces "autres" qui ne sont qu'une partie de nous-mêmes, j'avais pourtant de temps en temps accès  à ce monde magique où la curiosité, l'effroi et le devoir se mélangent pour vous en apprendre un peu plus long sur vous-même. 

Je reconnais, dans cette toute première matinée passée seule, pendant que ma famille court les routes, l'exact sentiment que je ressentais en regardant le film qui m'a le plus marquée Il me semble en effet (toutes proportions gardées au niveau de l'âge, et du physique, n'est-ce pas !) être la Belle arrivant dans le château enchanté, où elle devra affronter non pas 20 mais une Bête (et laquelle !), et surtout elle-même. J'ai adoré ce film, et je crois que Cocteau a magnifiquement décrit le mélange de sentiments contradictoires qui submergent une fille ordinaire, quand elle doit pour la première fois parcourir un territoire de solitude. 


Tenez,  ceci, en quelque sorte :  

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

(et puis, comme le miroir de la Belle qui réfléchira pour elle, n'ai-je pas ce blog, où je me réfléchis ?)

Published by clopine - dans Vies de Bêtes
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 13:55

Jolie surprise, ce matin, au courrier - comme un écho de mon billet d'hier, qui faisait état de mon penchant pour la poésie.

Je vous raconte : 

 

J'avais recommencé à sauter de blog en blog, comme on le fait quand on joue à remonter un ruisseau de haute montagne, d'une pierre à l'autre, et j'étais arrivée chez Savina, puis, de là, au Roseau Penchant.

 

Du coup, pour apporter ma pierre à l'édifice, j'avais commis un petit poème sur ce pays de Bray, découvert grâce aux (beaux) yeux bleus d'un autochtone et où je demeure désormais....  J'ai envoyé le texte sans, bien entendu, faire attention à la date limite de participation. (Moi, faire attention à une date limite ? Respecter scrupuleusement une consigne ? Ne pas déborder dans les marges ?  Notez que j'aimerais bien, hein, savoir faire tout ça, ça doit tellement simplifier la vie (*). Mais voilà. Je ne suis pas daltonienne, c'est déjà ça, et dois accepter mes étourderies )

 

Eh bien, le charmant animateur du Roseau Penchant, qui a dû,  à distance,  deviner le genre d'énergumène  que je suis, m'a proposé de citer malgré tout un bout de mon petit poème, sur un des supports que le Roseau Penchant propose.  Bien qu'arrivée après tout le peloton, et même n'ayant pas participé du tout à la course, ni franchi la ligne de départ,  j'ai donc  une petite place, non dans la voiture-balai, mais dans la marge, sur le bas-côté. Je trouve ça vraiment gentil, et puis, la marge, ça ne me va pas si mal que ça !

 

Du coup, je vous copiecolle le poème en question, qui devait illustrer le thème du "paysage". 

Le voici :

L’EAU DOUCE (la vie en Bray)

Bien loin de l’île de Corfou
Plus doux que l’andalou sauvage
Sans les rivages des Vanuatu
Ni les danses des Lotophages

Où es-tu, mon pays  sage
Que nul ne  connaît vraiment
A part trois noms et deux villages
A deux pas de Paris, pourtant

Tu sembles las comme un visage
D’aïeul ayant tant vécu
Collines douces sentes herbues
Aulnes et frênes éperdus
Quand une feuille ride le ru

Là, le lait le miel coulent tant
Qu’on se croirait à Canaan
Mais si le ciel s'y repose
C’est qu’il y pleut, ma foi, souvent

Le Pays de Bray est une mousse
Que l’eau mille fois éclabousse
Mais c’est pour toi, mon pays sage
Que je demeure fille d’eau douce

 

Et ce qui me fait plaisir, c'est que l'auteur du Roseau Penchant me dit  bien connaître ce pays, et s'y être promené souvent. 

 Par ici, ou par là, pourquoi pas ? 

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Ce genre de petite aventure plaisante compense bien des aspects déplaisants du web. Et m'incite à poursuivre mes divagations...

 

Clopine 

 

 

 

(*) : sans vouloir trop évoquer ma vie professionnelle, sachez cependant que je suis capable de suivre une formation très sérieuse, et demandant pas mal d'efforts, avec de longs déplacements, pendant une année entière. Tout cela pour passer un concours dont la date était marquée en rouge dans mon agenda. La date du  concours, n'est-ce pas... Mais pas la date limite du dépôt du dossier d'inscription (une simple formalité), que j'ai bien entendu joyeusement laissé passer... Reculant ainsi, pour mieux sauter, de quelques trois années l'épreuve fatidique...

24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 10:26

Je ne sais pas vous, mais plus je vieillis, plus je suis sensible à la poésie.

 

Cela m'étonne, tant ce genre désuet ne se prolonge guère, aujourd'hui, que dans les vers des rappeurs et des slameurs - et je n'apprécie  ni Eminem, ni le Grand Corps Malade, tout en reconnaissant leur pertinence, et en comprenant le goût qu'ils peuvent susciter... Mais mes pas me portent vers le classique Bordas, plus que vers les petites scènes obscures des rues et des bars.  

 

Bon, je crois pourtant que la poésie ne peut mourir , car tout un chacun a un rapport maternel à  cette forme de mise en mots, comme à sa propre  langue. Perso, à 5 ans et demi, j'avais (péniblement) écrit mon tout premier poème - chef d'oeuvre impérissable, tout droit sorti des comptines enfantines de la maternelle supérieure. Ca disait ça :

 

"Trois petits oiseaux 

tout jaunes

dans trois petits nids

Le premier dit

"Je suis le canari".

 

J'avais vaguement eu l'intention de poursuivre la description des deux derniers oiseaux, mais je manquais cruellement de rimes en "i", alors, épuisée, je m'étais arrêtée là, ouf. Tel quel, mon poème avait cependant déclenché l'enthousiasme de ma mère, qui était bonne cliente de mes productions  : cela m'avait disposée favorablement au monde poétique.

J'y ai eu accès comme tout le monde,  scolairement, entre certains poèmes "choisis" de Prévert, Hugo, Rimbaud ou Verlaine, et aussi grâce aux alexandrins des tragédies raciniennes. Ca n'était certes pas désagréable, mais de là à vous faire monter les larmes aux yeux...

Cependant, très tôt, j'ai aimé Apollinaire. Tout me séparait pourtant de lui, et surtout l'érudition ébouriffante que je lui prêtais. Quand je lisais "la Chanson du Mal Aimé", je butais sur les Cosaques Zaporogues (et google n'existait pas encore !), l'époux royal de Sacontale et tous les mots précieux, rares, dont il parsème ses poèmes. Ce contraste entre l'absolue simplicité de ses chansons, d'une part ("Sous le Pont Mirabeau coule la Seine" : allez faire plus simple, vous), la modernité de ses sujets (il écrit parfois de façon si prosaïque ce qu'il vit, et n'oublie pas de célébrer, sans cesse, la vitesse des automobiles, les prouesses techniques, les temps nouveaux qui arrivent,) de l'autre, et enfin, les archaïsmes dont il parsème son écriture, ce contraste  me rendait encore plus humble devant lui. 

Si l'on m'avait demandé  quel était le plus grand de nos érudits, j'aurais sans hésité cité Apollinaire, puis Hugo. 

Comme j'ai personnellement un "problème" avec l'érudition, disons comme le grand regret de ma vie est de ne pas avoir été une érudite, j'ai fait ce que font tous les autodidactes. J'ai beaucoup lu... Mais sans ordre, sans méthode, guidée uniquement par mon goût  Et aujourd'hui, quand je me "frotte", par exemple chez Assouline, à d'authentiques savants, bardés de diplômes, passant leur vie à ça, je suis partagée entre le respect, l'admiration devant leurs analyses savantes, mais aussi l'étonnante constatation que j'ai beaucoup appris, mine de rien, et que je ne suis pas une si mauvaise lectrice..

Sans en avoir les bases, j'ai acquis, je crois, les "rudiments de l'érudit" (c'est joli, ça, non ?)  - et c'est pourquoi, toute proportions gardées évidemment, je me suis retrouvée complètement dans cette notation d'Apollinaire, qui me le rend encore plus cher :

 

"Quoi qu'on dise, je ne suis pas un grand liseur, je ne lis guère que les mêmes choses depuis mon enfance et je ne me suis jamais adonné à la lecture d'une façon méthodique, et si je suis lettré, ce que je crois, c'est plutôt par un goût naturel qui me fait bien sentir l'intensité de vie et de perfection d'un ouvrage soit d'art, soit de littérature, soit d'autre chose, c'est plutôt par une sorte d'intuition, dis-je, que par l'étude. (...) Je suis comme ces marins qui dans les ports passent leur temps au bord de la mer, qui amène tant de choses imprévues, où les spectacles sont toujours neufs et ne lassent point (..)"

Apollinaire, lettre à Henri Martineau, 1913. 

Je ne saurais vous dire le bien que  m'a fait la découverte de cette notation, "sincère dans son ensemble" reconnaît sobrement le biographe, Pascal Pia. 

Du coup, je suis bien moins intimidée devant les messieurs savants, et les belles dames arrogantes, de la République des Livres. Je me souviens des vers de Guillaume, mon ami, mon frère !,  sur le Paon :

 

Raoul-Dufy-IMG_0023.jpg

"Quand il fait roue, cet oiseau

Dont le pennage traîne à terre

Apparaît encore plus beau

Mais se découvre le derrière"

 

et je ris sous cape...

 

Clopine

 

PS : au fait, voilà, j'ai enlevé toutes les pubs potentielles, tous les bandeaux overblog, tous les "référencements",  bref, tout ce qui pourrait faire connaître ce blog autrement que par le bouche à oreille. Ce n'est pas ça qui va faire grimper mon "blogrank" ou mon classement "wiki", quant aux sous, oublions !

 Mais en fait, je me dis que cela n'a aucune importance - et je crois que j'ai raison. La notoriété m'irait comme un tablier à une vache, je crois bien. Petit soupir quand même, mais baste ! Il faut savoir qui on est, en fait. Et je suis une inconnue, tout bonnement.  


23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 21:17

Pas eu le temps d'écrire un article, aujourd'hui. Pas grave : je m'en vais jouer avec vous à la catapulte.

 

C'est un jeu que j'aime bien.

 

Il consiste à mélanger des trucs a priori pas mélangeables : des torchons avec des serviettes, des autodidactes avec des diplômés, des gros et des maigres. Vous secouez et vous regardez ce que ça donne.

 

Prenons, si vous le voulez bien, un exemple concret.

 

De la musique française dans ce qu'elle a de plus pur, de plus aristocratique presque. Débarrassée de l'insupportable Chopin des excès du romantisme, tout en ayant gardé l'âme inquiète de celui-ci. Vous avez bien entendu reconnu Fauré :

 

       

(par exemple, on peut lire Anatole France en écoutant Fauré. Ca va bien ensemble...)

 Et puis vous ajoutez l'instrument le plus éloigné de tout ça. Le truc invraisemblable, qui vous ramène tout droit aux cours d'école aux films en noir et blanc de Georges lautner, à la tronche de Bernard Blier ou de Ventura. 

Vous secouez.

Ca donne ça.

 

(à écouter en lisant du Simenon)

et ben, vous savez ?

 

Moi, j'aime bien... M'enfin, je dis ça, je dis rien. 

 

 

22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 15:25

Je voudrais répondre à mon dernier visiteur, qui s'interroge : "pourquoi n'est-il pas possible d'agrandir les photos" ?

 

En fait, les photos publiés sur ce blog sont à 90 % celles de Clopin, mon compagnon, qui les vend, vu qu'il est un semi-pro de l'image... Certaines d'entre elles sont disponibles, moyennant quelques sous (ça ne dépasse pas quelques euros), sur le site Fotolia. C'est ici ! (Une arnaque, certes mais qui permet de financer un peu de matos !!)  D'autres, non pubiées sur Fotolia, doivent faire l'objet d'une demande ici-même ! 

 

Ce problème de sous , qui peut paraître mesquin, ne l'est pas tant que ça. Il y a une sorte de "reconnaissance" de ce que vous faites, liée à l'obtention d'argent, même si cet argent ne vous nourrit pas, et qu'il vous faut une occupation professionnelle officielle, ou simplement alimentaire, à côté. Mais tant que vous n'êtes pas rétribué, on dirait que ce que vous produisez n'a pas de valeur. Enfin, c'est l'opinion commune, mais personnellement je n'y adhère pas. 

 

Je diffère profondément de Clopin à ce sujet, qui trouve toujours que je me "fais avoir", et me pousse sans arrêt vers une rétribution quelconque qui, d'après lui, me donnerait  cette  reconnaissance sociale (par exemple, quand j'apprends que tel de mes articles sur Proust est utilisé dans un site d'université, pour un public d'étudiants, sans que quiconque m'ait demandé mon avis. Là, je dois dire que j'ai un peu tiqué, parce qu'il s'agissait d'une université quand même, et qu'il aurait suffi qu'"ils" me le demandent pour que je dise oui, et gratos of course). Perso, je n'arrive pas à croire que monnayer mon (petit) don pour l'écriture donnerait plus de valeur à cette dernière. Je n'y crois pas, c'est tout : je cherche juste à m'amuser, surtout que le net, immense, vous fait croiser gratuitement, je le souligne, des petits moments merveilleux, et des écritures bien plus splendides que la mienne !

 

Mais Clopin fait ce qu'il veut, pas vrai ? Et ses raisons sont parfaitement recevables.  

 

Je me demande ce que "les autres", les vrais de vrais, ressentent quand ils voient leur travail (parce que c'en est) diffusé à des milliers d'exemplaires, gratoche,  sur le Net : pensent-ils que c'est une sorte de vol ? Sont-ils furieux ou flattés, ou simplement généreux ? Ma naïveté foncière me pousse à croire qu'ils sont simplement contents, et qu'ils savent bien, au fond, que des filles comme moi sont aux anges quand elles tombent sur des amusettes, qui passaient par là :

 

 

(et au fait, pour votre gouverne, sachez que le titre de la vidéo correspond vraiment au titre du morceau de Couperin. Les titres de Couperin sont d'ailleurs, tous, de pures merveilles. Et j'aimerais bien savoir si un livre, un article, existe et nous en explique leurs origines...)

 

Bon les derniers réglages seront sans doute pour ce soir. J'ai hâte, pas vous ?

 

Bises à tous, merci de votre présence 

 

Clopine

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