Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 17:27

IL y a comme une petite atmosphère, à Beaubec, aujourd'hui. L'installation de la chaudière à granulés (un bijou, plus de 90 % de rendement, notre saison de chauffe nous coûtera moitié moins qu'aujourd'hui, elle ouvre droit à une prime fiscale  et... c'est écolo en plus) devrait commencer - mais un problème de tubage dans le conduit de cheminée est apparu. Ce n'est plus du granulé, c'est le gros grain de la contrariété qui agite Clopin, pendant que la maison pue  le goudron à plein nez, qu'on bute sur les tuyaux et les fils, et que Clopin écoute à peine ce qu'on lui dit.

 

D'ailleurs, on ne lui dit pas grand'chose, parce qu'il vaut mieux passer au large pendant ces moments-là. J'ai  vécu un assez grand nombre de chantiers dans cette maison pour  connaître , mieux que personne, les limites de la patience et la concentration de Clopin. Pendant la canicule, par exemple, il avait entrepris de refaire le carrelage de la cuisine. Nous avons eu droit à quelques bons moments de découragement, qui s'expriment assez violemment à chaque fois. Disons que lorsque j'entends les mots "putain de bordel de merde, mais c'est pas vrai ça, putain mais je me fais rien chier là", je sais que nous entrons dans la zone  orange-rouge. Je suis l'aiguille de l'humeur de Clopin, aussi bien que sur un baromètre, et je peux vous dire précisément que nous entrons dans une zone de turbulences... 

 

L'orage n'est pas loin, mais bon,  il faudra bien  qu'avant le 4 mai,  la solution soit trouvée. Le coût du chantier n'étant que la bagatelle de 16 000 euros, j'aimerais autant ne pas avoir à ouvrir le parapluie. 

 

Allons, une petite chanson pour passer la crise !

 

22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 15:31

"Mais, dès que je fus arrivé à la route, ce fut un éblouissement. Là où je n'avais vu, avec ma grand'mère, au mois d'août, que les feuilles et comme l'emplacement des pommiers, à perte de vue ils étaient en pleine floraison, d'un luxe inouï, les pieds dans la boue et en toilette de bal, ne prenant pas de précautions pour ne pas gâter le plus merveilleux satin rose qu'on eut jamais vu et que faisait briller le soleil ; l'horizon lointain de la mer fournissait aux pommiers comme un arrière-plan d'estampe japonaise ; si je levais la tête pour regarder le ciel entre les fleurs, qui faisait paraître son bleu rasséréné, presque violent, elles semblaient s'écarter pour montrer la profondeur de ce paradis. Sous cet azur, une brise légère mais froide faisait trembler légèrement les bouquets rougissants. Des mésanges bleues venaient se poser sur les branches, indulgentes, comme si c'eût été un amateur d'exotisme et de couleurs qui avait artificiellement créé cette beauté vivante. Mais elle touchait aux larmes parce que, si loin qu'elle allât dans ses effets d'art raffiné, on sentait qu'elle était naturelle, que ces pommiers étaient là en pleine campagne, comme des paysans sur une grande route de France. Puis aux rayons du soleil succédèrent subitement ceux de la pluie ; ils zébrèrent tout l'horizon, enserrèrent la file des pommiers dans leur réseau gris. Mais ceux-ci continuaient à dresser leur beauté, fleurie et rose, dans le vent devenu glacial sous l'averse qui tombait : c'était une journée de printemps."

 

Marcel Proust, "Sodome et Gomorrhe" (copié pour Dexter, dont je n'arrive décidément pas à ignorer le moindre des  désirs !)

 

 


21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 11:50

Je crains bien que le projet qu'une certaine amie réalisatrice avait fomenté pour ce printemps ne tombe "dans le lac", celui de Lamartine pardine (*)  ! Il s'agissait de filmer  nos  pommiers, arrières- petits-fils de ceux décrits par Marcel Proust dans Sodome et Gomorrhe . Or, si les pommiers sont là,  l'amie, elle,  n'y est pas, et il est à craindre qu'elle n'arrive trop tard. Les mariées auront ôté leurs robes, secoué leurs pétales et seront déflorées... Mais pour l'instant :

 

 

get-attachment-10.aspx-copie-1.jpeg

 

 

Le printemps explose, littéralement, et l'on en oublie les risques de sécheresse (mais vu tout ce qu'on oublie des malheurs de  cette terre si incroyablement pressurée, maltraitée, la sécheresse n'est qu'un avatar supplémentaire...). Je crois que j'ai bien fait de choisir ce printemps-ci pour échapper à mon triste bureau. Je m'en mets plein les mirettes !

 

get-attachment-11.aspxget-attachment-9.aspx-copie-1.jpeg

 

 

 

get-attachment-8.aspx-copie-1.jpeg

 

 

 

get-attachment-7.aspx-copie-2.jpeg

 

 

Ce que je ne peux pas vous envoyer, évidemment, c'est la senteur de tout ceci, le lilas mélangé à la glycine, l'herbe qui, en ondulant, forme l'arrière-plan du tout, jusqu'aux fourrures des chats qui ramènent toute la volupté des odeurs de jardin... J'ai du mal à rentrer à l'intérieur de la maison, me mettre à mon labeur, alors j'écris dans ma tête, me promettant de simplement "recopier"...

 

Clopin, lui, n'a évidemment  pas ce genre de soucis. IL va devoir refaire tout un pan de torchis, jamais touché depuis 150 années, environ, et qui ressemble désormais à la peau d'une très vieille sorcière. Tenez :

 

get-attachment-3.aspx-copie-4.jpeg

 

 

Voici ce qui l'attend : 

 

get-attachment-6.aspx.jpeg

 

et qui va lui demander un certain savoir-faire (mais là-dessus, je lui fais confiance !)

get-attachment-4.aspx-copie-6.jpeg

 

Je dis bien "là-dessus", car on ne peut faire totalement confiance à Clopin, je suis désolée de vous l'apprendre. Aujourd'hui,  je lui en veux... Oh, je me doutais bien qu'il me dirait "non" !  Mais enfin, et sans doute pour avoir la paix, il m'avait promis-juré qu'après la sortie du documentaire "la Bergère et l'Orchidée (d'ailleurs, au fait, vous pouvez commander le DVD au prix de 16 euros, destiné à soutenir les vaillantes associations qui l'ont fait naître), il m'avait promis, donc, d'en faire UN exemplaire, unique, pour moi toute seule quoi.

Cet exemplaire unique aurait compris la "vraie" musique, celle que j'ai dans la tête depuis le départ du film,  alors qu'il m'a fallu faire avec une musique libre de droits, pas vraiment vilaine mais... si décevante par rapport à ce dont je rêvais... J'aurais eu ainsi, sur un rayon de ma bibliothèque, "ma" bergère et "mes" orchidées, batifolant au son des guitares et des flûtes de Gabriel Fauré. Mais l'inflexible et débordé Clopin trahit sa parole en révélant sa vraie opinion, à savoir que mes divagations, certes sont bien gentilles, mais lui courent en l'occurrence sur le fayot (qui donne généralement une autre sorte de musique il est vrai !)

 

Bah, je me consolerai en fermant les yeux, d'abord, et en la susurrant, "ma" musique ...

 

 

(* Lamartine : "ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours, laissez-nous savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours". T'as raison, mon garçon.) 

 

post scriptum : le second chapitre de Vies de Jim a été enregistré sur le site dont je me sers comme cahier de brouillon. Mais que ceux qui n'aiment pas les brouillons n'y aillent pas ! S'ils  sont néanmoins intéressés,  qu'ils me le disent : je les préviendrai quand j'aurais fini...

 

 

18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 18:56

J'ai décidé de publier, sur le site qui me sert de cahier de brouillons, le premier chapitre (repris et raccourci) de mes "Vies de Jim". 

 

Je me rends compte que je suis absolument incapable d'avoir une quelconque objectivité sur ce premier bout de  texte, ce tout début. Je pense que l'implication avec la vie réelle (Jim n'est pas que le héros imaginaire de cette nouvelle, c'est un ami malade), et que les relations affectives que j'ai longtemps entretenues avec lui m'empêchent, encore plus que d'habitude, d'avoir un quelconque recul sur ce que je fais.

 

Or, quiconque se pique d'écrire, ou de produire des textes, sait bien que la difficulté est là. On pourrait se dire qu'il suffit de brider ses émotions, et d'utiliser les mots, simplement, pour se faire comprendre. Mais c'est évidemment un piège grossier. Il ne faut pas brider ses émotions mais s'en servir en les transformant en littérature. Ou du moins en essayant. 

 

Et le rigolo de l'histoire, alors là c'est vraiment fendant, c'est que vous n'êtes jamais vraiment sûr d'y arrriver. Enfin, moi, je suis dans le brouillard complet. Un jeune écrivain, comme Stoni, a au moins la ressource de compter les sous qui lui proviennent de son activité : ça, c'est du concret, cela peut s'évaluer. 

 

Mais la valeur de ce que je fais, moi, ahah ! Laissez-moi rigoler (en fait, je ne rigole pas du tout, et mon brouillon n'est qu'une tentative pour éviter le bouillon, comme expliqué ci-dessous).

Car je suis capable d'ordre, de mesure, et je sais parfois m'organiser. Mais là, je dois me contenter, pour l'instant, de brouillonner. Dans Vipère au Poing, le surnom d'Hervé Bazin est "Brasse-Bouillon", à cause d'une chute dans une rivière. Je suis aujourd'hui "brasse-brouillon", à cause du temps qui file et qui m'irrite, et va provoquer ma chute presque certaine !

 Tout le week-end, j'ai ainsi été coupée en deux. Une part de moi était sagement assise à écouter une assemblée générale, certes indispensable mais ennuyeuse à souhait, ou encore, chez des amis, à admirer un pommier en fleur, à goûter un agneau excellent, et à régler des comptes assommants (comment commercialiser le film, tu parles d'un exercice toi !). Et pendant tout ce temps-là, ça "brasse-bouillonnait" dans moi.

Je dois aussi avouer que le site où je mets en ligne mes brouillons n'est pas terrible terrible, à mon goût. On y croise certes des gens sympathiques, et dont certains sont doués, mais l'ensemble n'a pas la cohérence d'une collection éditoriale digne de ce nom (enfin, c'est mon point de vue hein). Néanmoins, on peut recueillir quelques appréciations, qui, parce qu'elles émanent d'inconnus qui s'intéressent aux livres et pas à vous, peuvent être précieuses (ou ridicules, notez, m'enfin je dis ça juste pour le jeu de mots). On verra bien, de toute manière le temps m'est si terriblement compté qu'il faut que je trouve une solution. 

 

Ah oui, mon cher JC me conseille de glander. Mais je sais bien qu'il ne dit cela que pour justifier sa propre paresse, honte à lui ! (car je n'aime pas qu'on mette ses dons sous le boisseau, et c'est le principal reproche que j'ai fait, et ferai, à ce Jim dont j'ai si imprudemment commencé à raconter l'histoire...). Evidemment, je pourrais aussi solliciter Paul, ou Pierre, ou d'autres à qui je pense, j'en ai tout le temps si terriblement envie !  Mais ça, je n'oserai jamais, et je crois que je fais bien. Je suis si petite, par rapport à certains talents, qui eux sont si grands...

 

Allez, continuons, tiens. Demain, promis, juré, le second chapitre sera brouillonné ! 

 

 

(ah oui, ce que j'ai écouté aujourd'hui. Ceci, qui va bien avec la précipitation de mes doigts sur le clavier, tenez !)

 

 

 

 

Published by clopine - dans Vies de Jim
commenter cet article
16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 10:45

J'ai effacé les deux premiers chapitres de "Vies de Jim". 

 

C'était mauvais.

 

Certes.

 

Mais j'ai fait ça.

 

CA !!!! 

 

EFFACER LES DEUX PREMIERS CHAPITRES DU LIVRE QUI EST LA SEULE VERITABLE  JUSTIFICATION DE CE TEMPS LIBRE QUE JE M'ACCORDE ET QUI EST LIMITE A SIX MOIS (QUATRE MAINTENANT)

 

TOUT LE MONDE S'EN FOUT MAIS LA, LA,  j'EN SUIS MALADE

 

J'AI ENVIE DE... DE...  

 

(et le lien ne marche pas, of course... vous allez sur "YOU TUBE", vous tapez BILLY ELLIOTT TAP DANCE et là vous aurez une chance de voir la marmite qui bout). 

 

(ou bien vous essayez ça : http://www.youtube.com/watch?v=p6Cm0A0iuA8   )

 

ET REMERDE TIENS 

 

15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 10:44

 

Je voudrais répondre au commentaire (comme d'habitude délicieusement agaçant) de JC, et comme je sais que certains visiteurs ont du mal à suivre les fils de discussions, je le reproduis partiellement ici : 

 

"Jetant un second coup d'oeil, angle différent, sur les photos de l'amie Clopine, il m'est venu une pensée tout aussi objective qu'une précédente question sur l'humidité du bâtiment (restée sans réponse). La volonté de poser un potager devant la facade principale, les bêbêtes sur la prairie gazonnante, le côté pimpant du lieu, ... tout cela me faisait songer au Petit Trianon de notre bonne reine, jouant à la fermière !"

 

 

Donc, une fois de plus, ce brave JC joue les Fouquier-Tinville, et  c'est par pure bonté d'âme que je m'en vais lui répondre.

 

D'abord, la jolie chaumière reproduite sur les photos de Clopin est le résultat d'environ trente ans de labeur, et d'à peu près autant de discussions enflammées autour du rapport au monde qui nous entoure, et de la manière de, sinon le construire, du moins l'envisager. L'argument de Marie-Antoinettisme a bien entendu été lancé à la figure bien des fois  lors de ces infinies discussions épiques (je m'étais même amusée, un jour, à calculer le prix de revient d'une patate issue du jardin potager biologique, rapporté au salaire horaire des fonctionnaires qui habitent là, afin de confondre Clopin en l'accusant de vivre dans un luxe dépassant tout ce que le seizième arrondissement de Paris peut offrir comme joyaux ), mais la réponse à cette accusation est bien simple, et inattaquable  : si ce mode de vie-là n'est que théâtre, eh bien,  que faire d'autre ? MMh ? Vivre comment ? Avec quelles énergies ? Celle  des centrales nucléaires, pardine ? 

 

 

 

De plus, cette maison a servi d'exemple, certes (premier chauffe-eau solaire de la région, première centrale photovoltaïque, installation prochaine d'un poêle à granulés à haut rendement, sérieuse réflexion autour du choix de l'électroménager, etc.) mais elle ne veut surtout pas être une sorte de vitrine de khmers verts. Et, vous pouvez me faire confiance, j'y veille salement. Vu que je ne supporte pas la vertu, quand elle est imposée, et que l'hédonisme repose sur une prise de conscience collective (mais je ne vais pas vous refaire tout le toutim, zut alors), qui repose sur la tolérance et l'indulgence individuelle...

 

 

 

Bon, pour l'humidité, la maison est en torchis, ce qui la rend saine (mais il faut la chauffer, ben tiens, comme toutes les maisons que je connais, et elle est de plain-pied. Le sol du rez-de-chaussée est carrelée (briqueterie de Saint-Samson la Poterie, excusez du peu) et là encore, le savoir-faire de Clopin y est pour quelque chose.

 

 

 

Mais je ne vois pas là de quoi rougir, et je n'en ai aucune envie. Parce que nous tentons de vivre en préservant ce que tant d'autres saccagent, il serait de bon goût de battre notre coulpe ? Ben merdalors ! 

 

 

 

Plus qu'en reine d'opérette, je vis dans un milieu rural, parfois frustre, parfois indécent (40 % de votes FN par chez moi), parfois dur aussi (pas toujours facile de vivre à Beaubec quand on est une fille, et le féminisme ne fait pas toujours bon ménage avec l'écologie, mais j' ai déjà parlé de ces contradictions-là),  : or, quand on est pauvre, on vit souvent dans la laideur absolue. La nature, même roundupisée par les agriculteurs du coin, reste gratuite à notre vue, les bêtes, si silencieuses dans leur résignation, entourent ma demeure et m'apportent ce que la ville n'offre qu'aux nantis : une certaine forme de beauté. 

 

 

 

Et s'il faut absolument me donner un nom qui qualifie ma vie de théâtrale, puisque c'est ce que vous insinuez JC, préférez donc le prénom simple d'une paysanne, façon Molière. Oui, je suis une Marie, en Toinette. Est-ce une raison, ô vous qui écrivez en rouge, de la même nuance que  celui qui giclait des guillotines d'antan, pour venir chez moi, et me couper la tête ? 

 

 

 

(et les photos sont de Clopin, au fait. J'attends de voir les vôtres ?) 

 

 

PS : ah oui, le bateau... c'était notre ancienne girouette, remplacée par celle de la photo que vous pouvez voir en haut à droite. Comme nous l'aimons beaucoup, nous la plantons dans notre jardin, puisque, voltairien dans l'âme, Clopin est persuadé qu'il faut cultiver ce dernier.

 


 

 

 

 

 

 

Published by clopine - dans Vies de Bêtes
commenter cet article
13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 19:12

IL faut donc sauver le soldat Paul Edel de la mélancolie, et faire oublier à Dexter les fâcheuses impressions ressenties à la lecture de nos échanges. De plus, je voudrais bien convaincre Paul que la Vie Parisienne ne m'attire pas tant que cela, j'en ai même un peu peur, enfin elle me fait le même effet que le collant suspendu au plafond qui attire les mouches, l'été. Brrr, malgré la chaleur ! 

 

Comme nous sommes au printemps, je ne vois qu'une solution. Faire participer mes fidèles visiteurs aux semailles adoucies de cet avril. 

 

Il faut savoir que le jardin potager, à Beaubec, ou la serre, ne sont pas éloignés de la maison, contrairement à l'habitude :  souvent,  les propriétaires des petites maisons les planquent derrière une haie ou à l'écart, pour laisser devant leur porte les jardins d'agréments, les rosiers, les iris et les pelouses rases...

 

Mais pas à Beaubec. Dès le départ, Clopin a planté le jardin  pile poil au beau milieu du chemin, juste devant l'habitation - et ce n'était pas un hasard. J'ai l'habitude de dire que ce potager n'est pas simplement un jardin de légumes... C'est en fait une déclaration, aussi sérieuse que les pancartes qui avertissaient l'étranger, dans les villes des westerns, qu'ici les armes à feu étaient autorisées...

 

Eh oui. Clopin déclare qu'ici, sur ses terres, les productions matérielles, ménagères et potagères auront la place d'honneur. Que l'asticot fouisseur de terreau vaut bien la rose, et que les semis, s'ils sont un petit pot pour lui, sont de grands bonds nourriciers pour l'humanité...

 

 

 

Sur la première photo, prise de l'intérieur de la serre, on aperçoit d'ailleurs le terrible gardien des lieux sacrés : notre chien, tous crocs dehors, tenant en respect l'étranger indésirable.  (bien entendu, en vrai, Ti'Punch gémit de plaisir pendant que M. D., le voisin, lui gratouille le bide en lui sussurant : "c't'un bon chien, ça, pôv'tiite bête...)

 

 

 

get-attachment-10.aspx.jpeg

 

 

 

 

mais le jardin de Clopin, c'est aussi ça :

 

 

 

 

get-attachment-5.aspx-copie-2.jpeg

 

 

 

et ça (une déclaration, vous dis-je !) :

 

 


get-attachment-9.aspx.jpeg

 

 

 

Bon, il faut dire que le printemps en met un coup un peu partout autour de la maison, alors je vous envoie un petit florilège germinalier ! 

 

 

 

 

get-attachment-8.aspx.jpeg

 

 

 

 

 

get-attachment-3.aspx-copie-3.jpeg

 

 

 

 

 

 

get-attachment-4.aspx-copie-5.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

get-attachment-2.aspx-copie-5.jpeg

 

 

 

(vous admettrez que je fais tout ce que je peux pour vous sortir du marigot parisien !)

 

 

Published by clopine - dans Vies de Bêtes
commenter cet article
12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 19:56

Paul Edel, que les visiteurs de ce blog connaissent bien, m'inquiète. Je ne sais comment l'assurer que son talent l'autorise à être écouté avec une attention extrême. 

 

Je voudrais lui dire aussi que, même si lui en a fait le tour, même si, de par sa provenance provinciale et son intelligence, qui lui a toujours dévoilé la vraie nature du milieu littéraire parisien, ce fameux milieu est néanmoins paré de quelques paillettes, pour ceux qui ne le fréquentent et ne le fréquenteront jamais, comme les magasins de joyaux de la place Vendôme et les collections de Gaultier... Il est un peu normal que Paul Edel, qui lui connaît tout ce monde à fond,  soit, pour quelqu'un comme moi, une "référence" à laquelle j'en appelle pour en savoir plus . Et je ne voudrais pas d'ombre entre nous, mais comment faire ?

 

Nous sommes si différents - lui pétri d'érudition, connaisseur extrême de Stendhal et du romantisme français et allemand, et moi dilettante... Mais justement, si le web n'a qu'une vertu, c'est bien d'être un shaker culturel...

 

Bon, je ne vois qu'une chose. Lui offrir un coktail... Celui-ci est joyeux, (peut-être trop, mais faut ce qu'il faut...) et s'il pouvait adoucir son amertume...

 

11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 14:49

 

Je crois qu'un jour, Philippe Djian a dit à Stéphan Eicher, au moment de sortir l'album "déjeuner en paix",  "tu vois, avec ça, nous sommes condamnés à la réussite". Je pense qu'il l' a dit avec un grand sourire ...

 

Toute proportions gardées, évidemment, je crois qu'on aurait  pu dire exactement la même chose à Clopin, samedi dernier,  vers 2O heures. Et pas seulement parce que le cinéma de Gournay-en-Bray refusait du monde... Ni parce que la nervosité,  palpable  certes mais contrôlée, du réalisateur du film "La Bergère et l'Orchidée" l'empêchait de finir son assiette  et son verre d'amontillado, partagés avec le reste de l'équipe à la petite pizzeria qui jouxte la salle, tant il sautait de l'installation de l'antique cabane de berger (installée sur le trottoir devant le cinéma comme une preuve vivante de ce passé si proche encore, à portée de main) au comptoir du cinéma, à l'installation des micros pour le débat, tout le toutim quoi.

 

 

get-attachment.aspx-copie-4.jpeg

 

 

 

 

 

get-attachment-1.aspx-copie-6.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ca, pour contrôler, Clopin contrôlait ! Mais si l'on sentait que la soirée allait être profitable à tous, c'était  tout simplement parce qu'il faisait beau, que l'atmosphère était bon enfant, que le public était parsemé d'amis et que Jeanne, oui, Jeanne la Bergère est arrivée, simple et radieuse comme à son habitude. Tous les ingrédients du succès étaient donc réunis ...

 

 

 

 

Et le succès arriva.

 

Plus de quarante personnes restèrent dehors, et durent revenir le lendemain (en tout, plus de 400 personnes ont donc fait le déplacement, ce qui, pour Gournay-en-Bray, est quand même une sorte d'événement !. La salle était vraiment comble :

 

get-attachment-2.aspx-copie-3.jpeg

 

Et, ce qui m'a le plus impressionnée, c'est l'attention extrême avec laquelle les spectateurs ont regardé le film. Ils ont souri, et un peu ri, exactement aux endroits prévus, mais à aucun moment donné leur attention ne s'est décrochée, et j'en étais vraiment baba Je m'étais "blindée", d'avance, contre les toux, les bruits divers, les entrées et les sorties, les conversations entre potes, l'indifférence ou l'incompréhension (écrire et se ramasser des avis désolants ou carrément méprisants   aide bien à se blinder d'ailleurs,  j'étais prête à puiser dans mon expérience en la matière, ahahah)...

 

Or, le film a été regardé avec une concentration  extrême, très étonnante. . Je crois que les spectateurs, sans êtres "émus" outre mesure  bien sur, ont cependant  ressenti cette beauté qui émanait  du  beau portrait tendre que Clopin a dressé de Jeanne,  et que c'était bien leur pays, et en arrière-plan, comme un  message d'espoir de changement de nos pratiques mortifères qui étaient exposes là, même à la lumière d'un projo pourri... 

 

Ce film n'est qu'un tout petit caillou, il prend sa place dans une vaste mosaïque: les films comme  ceux de Coline Serreau (solutions locales pour désordre global) ou de Laurent Chevallier (la pépinière du désert) et tant et tant d'autres tentent de montrer le chemin. Mais il est en parfaite cohérence avec ce qu'est Clopin, ce qu'il fait depuis des années, et son mode d'expression à lui. IL émane de lui. Cependant, si  ce  petit documentaire local est ainsi  lumineux (enfin moi je le trouve tel) c'est, non seulement  grâce à la beauté des images de Clopin, à  la cohérence de son propos et de sa vie,  et au  travail collectif (votre humble servante y a mis un petit peu la patte, voire même le menton, et deux autres copines ont sacrément porté le tout !...), mais surtout par la présence de Jeanne. 

 

Ah, Jeanne... La voici qui marche, comme elle le fait depuis toujours :

 

 

 

 

get-attachment.aspx-copie-5.jpeg

 

 

 

 

 

 

Suivie par ses moutons, comme un seul homme :

 

get-attachment-1.aspx-copie-8.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est que cette femme crève l'écran, tout simplement. Pensez à cette vie, que tant d'entre nous trouveraient si pénible qu'ils n'auraient de cesse de la fuir, et que pourtant elle a parcouru en en faisant son miel, en étant visiblement sereine, épanouie, (je n'ose dire 'heureuse", car ce sentiment-là est trop intime pour être partagé), mais disons que la générosité de Jeanne, et sa joie de vivre,  éclatent à chaque plan du film.

 

 

 

get-attachment-7.aspx-copie-1.jpeg 

 

Je crois que c'est surtout à elle qu'il faut dire "merci" (avant de foncer voir le film, of course !)

 

D'ailleurs, à ce sujet, "voir le film", il va falloir que les vaillantes productrices et Beaubec Productions se mettent d'accord. Je veux dire que ça va être un peu compliqué de diffuser le DVD, à prix coûtant, sans faire de bénéfice, tout en contrôlant un peu ce qu'on en fait (pas question de le laisser entre n'importe quelles mains de professeur de lycée agricole, par exemple, car il sous-tend un message qui prend le contre-pied de l'enseignement de l'agriculture, dans ce qu'elle fait de pire depuis quarante ans...)

 

De plus, ce film est issu du monde associatif, il est SANS BUT LUCRATIF. (et là aussi, c'est un soulagement, de savoir qu'on peut faire quelque chose de pas trop mal, d'assez propre, de bien quoi, avec si peu. Trois francs, six sous, et de la gratuité, ce mot obscène pour tant de gens et qui dévalue instantanément n'importe quel travail : eh bien ici, c'est l'inverse. Encore un contre-pied !)

 

Donc, nous allons étudier sérieusement le problème, puisque d'ores et déjà des demande de diffusion fusent ici et là. Vous serez tenus au courant, vous les visiteurs de ce blog que j'espère bien avoir appâtés !!! 

 

(mais c'est quand même sympa, de travailler "gratis", avec juste le remboursement des frais essentiels, acquisition de matériel ou autres). Je crois que si j'étais un "vrai" producteur de cinéma, un "vrai' distribiteur, une "vraie" vedette (mais Jeanne en est une sans le savoir !), et un "vrai" critique de cinéma, j'aurais le même sentiment que celui de Joni Mitchell, écoutant un joueur de saxo s'éclatant à un coin de rue, "for free"... 

 

(bref, toute cette histoire est passablement planante....

 

get-attachment-2.aspx-copie-4.jpeg

 

 

 

 


 

8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 18:33

J'ai trouvé cette image chez Isabelle, et depuis, je n'arrête pas de la regarder.

 

Elle me plaît infiniment.

 

Moi qui n'ai jamais su comment me couler dans le moule, qui ai été désignée comme "particulière" depuis ma naissance, qui aurai tout donné pour "être comme les autres", qui ai dû affronter l'ange et la bête (et en plus ma psychiatre !)  pour commencer un peu à me ressembler moi-même, qui ne sais jamais comment me faire accepter, et qui sais en plus d'où ce sentiment persistant d'être superfétatoire  provient (d'une vilaine petite histoire si banale qu'elle n'en est même pas intéressante), je ne saurais dire  combien  cette image m' est réconfortante...

 

Parce que l'unicité, que j'ai si longtemps crue monstrueuse, peut être, finalement, pas si vilaine, avec son museau pointu...

 

Comme je suis sûre que certains de mes visiteurs ont eu eux aussi ces étranges sentiments, et parfois ces mauvaises nuits, je leur offre à mon tour la visite de ce subtil goupil ! 

 

(Et puis, ce n'est pas si grave, après tout, si l'on meurt sans avoir été "dégoupilé". Y'aura qu'à marquer : deux buts à Zorro, sur ma tombe)

 

 

 

 

 

 

renard-et-meute.jpg

 

 

bon je dois bien l'avouer, je n'ai pas trop le moral, là, ce soir...

 


 

 

 

 

Published by clopine - dans Vies de Bêtes
commenter cet article

Présentation

  • : Clopine..Net !
  • Clopine..Net !
  • : bavardages, causeries, conversations, colloque, conférence, discussion, échange de vues, propos, causerie babillage, causette, palabre, commérage, conciliabule, jacasserie, parlote et autres considérations
  • Contact

Livre paru...

      Disponible sur amazon.com

1-2couv recherche finie

Livres à paraître...

Book-1 Carte*-copie-1

Archives