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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 13:34

Paul Edel est incontestablement un stendhallien, au point que les goûts de l'un sont si mêlés aux goûts de l'autre qu'on ne sait les démêler, comme la poule de l'oeuf. Par exemple :  est-ce parce que Paul Edel aime passionnément l'Italie, et Rome, qu'il comprend à demi-mot les impressions stendhaliennes sur ce pays, où est-ce en lisant Stendhal, jeune homme, qu'il commença à vouloir ressentir le symptôme de ce dernier,  et marcher  sur ses traces ? 

 

En tout cas, Paul Edel, parlant du "Journal" de Stendhal, laisse transparaître par tous les bouts sa fraternité intellectuelle et sa ressemblance émotive avec l'auteur de Lucien Leuwen, ou de la Chartreuse de Parme. J'ai parfois parlé, via internet, avec Paul Edel, de ce Stendhal qu'il place au-dessus de tout. Et si je respecte et sa connaissance de cet auteur, et sa passion pour lui, je n'ai jamais pu ressentir ce que lui ressent... Je me souviens d'une discussion à propos d'une scène, la plus célèbre peut-être, du "Rouge et du Noir" : celle où, dans le jardin, Julien Sorel livre un combat contre lui-même, pour oser prendre la main de Madame de Rênal. Paul a toujours affirmé que ce passage exprimait, dans une recherche stylistique voisine de la perfection, les tourments psychologiques (et sociaux, car Madame de Rênal, toute aimante, simple et bonne soit-elle, est quand même la femme du patron, et une aristocrate, de province certes mais cependant) universels, propres aux jeunes hommes face aux exigences du désir.

 

Je n'ai, moi, jamais ressenti cela en lisant cette scène. Je sais qu'à chaque fois que je le dis, Paul sursaute et commence à m'engueuler, sérieusement même. Mais je n'arrive à lire cette scène qu'ironiquement, comme si le narrateur se moquait de ce Julien, qui a besoin d'en appeler à Napoléon, à l'art de la guerre et au devoir qu'implique le courage, pour prendre une main légère, insouciante - que l'imbécile va d'ailleurs broyer, puisqu'à la fin du roman, tout doucement, sans le décorum qu'une Mathilde de la Mole mettra à prendre le deuil de Julien, Madame de Rênal mourra, plus sûrement encore de la mort de Julien que des maladroits (là encore, maladresse...) coups de pistolets de son ex-amant. 

 

J'en étais restée là, un peu honteuse et rouge de joues, devant l'impétuosité de Paul voyant tout un monde dans une scène que je jugeais, moi, caractéristique d'un abîme profond entre les sexes, comme dévoilant malgré la volonté de son auteur le pernicieux d'une société machiste...Je me suis tue, bien sûr, parce qu'il vaut mieux écouter Paul Edel parlant de Julien Sorel que de se lancer dans une diatribe féministe anachronique. 

 

Mais pourtant, quand je lis ces lignes du Journal de Stendhal, écrites le 1er août 1801 (Beyle a donc déjà 18 ans), je me dis qu'il n'est peut-être pas possible, tout bonnement, pour moi, de pouvoir m'identifier à Julien prenant la main de Madame de Rênal. Ectoutez ça :

 

"13 thermidor, année 1801", journal de Stendhal

 

(il cite d'abord le passage d'un livre d'une certaine Adèle de Senange) :

 

"L'homme insouciant ne s'attache ni aux choses ni aux personnes" ; mais il jouit de tout, prend le mieux de ce qui est à sa portée, sans envier un état plus élevé, ni se tourmenter des positions plus fâcheuses : lui plaire, c'est lui rendre tous les moyens de plaire, et n'étant assez fort ni pour l'amitié ni pour la haine, vous ne sauriez lui être qu'agréable, ou indifférent". 

Cette description de l'indifférence ne pouvait évidemment que faire bouillir Stendhal, mais voici ce qu'il lui oppose :

 

"Ces principes ne pourront jamais être les miens : ils sont diamétralement opposés à tout ce que je suis. Mais je crois que je serais bien plus heureux, si je pouvais m'en approcher un peu. Je ne plairais pas si fort, mais je serais plus généralement goûté, et l'un vaut bien mieux que l'autre. D'ailleurs, pour peu que je fusse amoureux, mon caractère reprendrait bien vite le dessus.

 

Je suis ainsi que beaucoup d'autres embarrassé lorsqu'il s'agit d'enfiler pour la première fois une femme honnête. Voici un moyen très simple. Lorsqu'elle est couchée, vous la baisotez, vous la branlez, etc. ; elle commence à y prendre goût. Cependant la coutume fait qu'elle se défend toujours. Il faut alors, sans qu'elle s'en aperçoive, lui mettre l'avant-bras gauche sur le cous, dessous le menton, de manière à l'étouffer. Pendant ce temps, il faut prendre le vit entre l'index de la main droit et le grand doigt tous deux tendus, et le mettre tranquillement dans la machine. Pour peu qu'on y mette de sang-froid, cela est immanquable. Il faut cacher le mouvement décisif dd l'avant-bras gauche par des giries. C'est Percheron qui m'a donné ce moyen et il y est expert.

 

Ce passage fort cru du Journal de Stendhal, qui aurait dû me faire tomber les bras, ne m'a au contraire aucunement étonnée. Parce que la fameuse scène, où Paul découvre tant de vertus, me semble comme l'application romancée et cachée de cette opinion de jeunesse.(un peu à la manière de Klimt, qui cachait une peinture quasi pornographique sous d'admirables mosaïques dorées).

 

Vous me direz qu'il ne s'agit là que d'une "recette"', comme toutes ces fariboles que les bidasses échangent, à propos des femmes, dans leurs infectes chambrées. Mais je crois sincèrement que Stendhal vivait dans un temps où, effectivement, l'acte sexuel se rapprochait du viol. Cette phrase effarante "la coutume fait qu'elle se défend toujours", qui ignore complètement les risques pris par une femme, en ce temps-là, la grossesse en premier lieu,  ben tiens, puis les maladies, et enfin l'opprobre sociale, est d'un égoïsme masculin que ne peut excuser la jeunesse de son auteur. Il réfute l'insouciance du caractère peint par Adèle de Senanges, pour y substituer une sorte d'inconscience, d'objectivation de l'autre, de mépris de sa proie, de guerre des sexes, qui jette, enfin à mon sens, une lumière si crue sur le "Rouge et le Noir", qu'on peut se demander comment un gentilhome de l'aune de Paul Edel peut y voir un "admirable tableau".

 

Je continue pourtant la lecture de ce journal, où tout m'étonne. D'abord, la qualité de soldat mêlée à une sorte de carrière littéraire, ponctuée de soirées au théâtre et de recherches de "bonnes fortunes". Rien de ce qui m'a happée, dès les premières pages, de la correspondance de Flaubert, à savoir les interrogations idéalistes et pragmatiques à la fois d'un auteur fou furieux de son oeuvre, rien de tout cela n'existe dans ce journal. Je continue, pourtant, mais tout va devenir plus compliqué, je le sens. Car Paul, que j'ai la prétention de tenir pour un de mes amis, va me traiter de folle, si je lui dis le fond de ma pensée, à savoir que je commence à détester un certain Henri Beyle, dit Stendhal... (tout en sachant mettre dans mes lectures les distances qu'il faut, pour pouvoir les apprécier. Je veux dire que je ne juge pas Cosette du pas de ma porte, mais que je sais faire les quelques pas qui sont indispensables, aujourd'hui, pour réduire la distance avec l'époque de Victor Hugo. Alors, oui, je peux comprendre l'époque de Stendhal, les outils existent pour ça. Mais accepter cet homme, si éperdu soit-il, dans ce tréfonds inconscient de braconnier des sentiments, impassible devant l'autre réduit à un objet, là, j'ai du mal...) 

 

Ah ! Je suis sûre que Paul va hausser les épaules, et traiter de "giries", justement, de médiocres jérémiades, mon incompréhension de la beauté de la "prise de main", comme on prend la Bastille, de Madame de Rênal. Mais franchement, à la lueur précisément du Journal, je dois bien l'avouer, : je fais un pas en arrière, voire j'ai envie de tourner le dos, et de fuir. Ce qui, je m'en enorgueillis je crois à juste titre, n'est pas souvent mon habitude...

 


 


 

 

 

5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 16:57

Cela fait longtemps que je considère les oies comme des animaux ayant le sens de la géométrie. Il suffit de lever la tête, quand les sauvages vous passent dessus : l'angle du "v" ne varie pas, la synchronisation du groupe est parfaite. Mais même nos oies domestiques, grosses dames à l'allure empruntée d'une cour française du 17è siècle, ont elles aussi ce sens inné de la géométrie. L'équidistance entre elles, quand, en file indienne, elles se dirigent, en  se dandinant, vers  la mare, tombe fort souvent juste, au centimètre près.

 

Mais je peux vous annoncer qu'elles ont AUSSI le sens de l'arithmétique. Cette année, ayant pondu leurs oeufs sur l'ilôt du milieu de la mare (et non dans la grange aux moutons, remplacée car un certain petit bâtiment tout neuf), ellles ont  pu goûter  une paix si royale que 6 petits oisons sont nés. Oh, bien sûr, le premier jour, le couple de buses qui volaient très haut dans le ciel a pris sa part, et il ne reste plus désormais que 5 boules grises et jaunes, tendant leur cou bien droit, pour faire comme leurs mamans. 

Tout cela est d'ailleurs fort bien réglé, comme si nous étions à la légion romaine. Les déplacements se font en bon ordre :

 

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   Les guetteurs sont particulièrement vigilants, et les exercices (entretien du matériel plumitif et apprentissage de la mare) vont bon train. Mais avant-hier, exactement comme au Capitole,  les oies ont donné l'alerte, et le vacarme fut si assourdissant que même une oreille humaine, c'est-à-dire distraite et ne comprenant rien,  dut s'y intéresser. 

 

 J'ai bien sûr tout de suite pensé aux buses, et me suis dit qu'elles avaient dû recommencer leur razzia. Mais pas trace de rapace dans le ciel... Je me suis approchée des oies : au lieu de cinq petites têtes, il n'y en avait plus que trois. Les oies ne cessaient pas leur jacassement, et avaient un comportement tout-à-fait particulier, qui prouvait qu'elles savent parfaitement compter : comme partagées entre la défense des trois restants, et une attirance invincible pour un certain pommier. Je me suis approchée : il y avait un trou au bas du pommier, et les deux petits, tombés dedans, jacassaient faiblement en tendant leur cou vers moi. Je me suis agenouillée et j'allais plonger la main pour récupérer les petits, quand je me suis sentie agrippée, assaillie, en tout cas en très mauvaise posture. Deux oies (je présume que c'était le jars et la mère) étaient perchées sur chacune de mes épaules, toutes voilures dehors, et tendaient vers moi "leurs longs cous terminés par des becs"... qui me semblaient fort durs.

 

Allais-je m'envoler, dotée de ces quadruples ailes, comme les archanges soutenant l'échelle de Jacob ? Je risquais surtout d'être pincée, et mordue sévèrement. Je me suis retrouvée par terre, un cou d'oie dans chacune de mes mains, en train de les écarter du mien, de cou...

 

J'ai appelé Ti' punch, jamais loin de moi, à la rescousse. Celui-ci, comme à son habitude, a commencé à rassembler les oies, en jugeant d'instinct la limite à ne pas franchir. Il court à toute vitesse autour d'elles, en cercle,  les fixe sévèrement, mais se garde bien de s'y frotter réellement !  Il m'a cependant permis de me redresser, puis de sortir les deux oisons de leur trou, et de les rendre enfin à leurs gardes attentives. Elles et moi avions trouvé le temps long ! 


 Elles se sont calmées lentement, et ont ramené leurs immenses ailes (enfin, quand je les avais sur le dos, je les trouvais imenses) derrière leur dos, et se sont remises à marcher, un peu  à la manière de Jean-Paul Sartre fonçant, les mains croisées,  pensif, vers le café de Flore...

 

 

 Et tout a repris son cours normal. J'étais pourtant furieuse contre mes oies. M'attaquer, alors que je venais à leurs secours ! J'allais les traiter de dindes, mais ce n'était pas assez fort : je leur  ai donc crié dessus l'insulte suprême, pour une oie défendant avec tant de constance sa progéniture. Je les ai traitées de buses, et les ai plantées là. 

  

 

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      Le train-train a repris, autour des cinq petits. Mais cependant, en remontant vers la maison, j'avais encore la sensation du long cou flexible et chaud des deux oies, dans mes mains. Cela me faisait penser à l'antiquité grecque... Car, si mes oies, au lieu d'être agressives, avaient déployé leurs cous dans le but de me caresser, j'aurais pu me prendre pour une Léda, séduite par un cygne olympien, perfide et amoureux.

 

Bah, de nos jours,  là comme ailleurs, tout s'affadit et se vulgarise. Chez les Grecs, les belles se laissaient séduire par les  cous blancs et sinueux des beaux cygnes sacrés. Mes contemporaines achètent, sur le catalogue de La Redoute, de vulgaires canards de plastique, sensés leur donner de la volupté : grandeur, et décadence ! 

 

(Bon, il n'est pas exclu que je puisse me venger de ma frayeur et de mes bleus... Noël arrivera bien un jour, pas vrai ? ahahah !) 

 

( mille excuses Paul Edel, mais vous devrez attendre pour écouter ici un morceau de Fauré ou de Frank. Aujourd'hui, ce sera un petit bout du carnaval des animaux de Saint-Saëns : le moyen de faire autrement ?)

 

 

Published by clopine - dans Vies de Bêtes
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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 10:51

et pour cela, préfère l'impair".

 

Bon, Rimbaud parlait de versification, et non de la musique sur un blog, mais ce sera pourtant le sujet du jour. 

 Je commets peut-être, effectivement, un "impair", (une bourde, quoi)  en postant des musiques d'accueil disons "automatiques", qui s'entendent dès qu'on ouvre la page, ici même,  et puisque Lavande et Aline m'en donnent l'occasion, je vais m'en expliquer.

PARCE QUE...

 

Un visiteur attentif pourrait constater que je mets une musique disons d'accueil,  uniquement  sur les articles de la rubrique "je dis ça je dis rien" . Ce n'est donc  pas un hasard.

 

La rubrique "je dis ça je dis rien" me sert à poster des réactions à l'actualité politique, ou à expliquer mes choix de vie, bref à exprimer mes idées en matière de gestion ou de vision du monde . Or, si je crois être ouverte à ce monde qui m'entoure, si j'y réagis voire même tente de le transformer (comme une goutte d'eau douce pourrait tenter de dessaler l'océan, mais le dérisoire peut, s'il dépasse l'individuel et devenir collectif, se transformer en force), je ne me considère nullement comme une "parole autorisée" dans ces domaines-là. Je me méfie, au contraire, de l'expression des opinions : voyez où elles peuvent conduire, quand elles sont assises sur des convictions qui vous empêchent d'écouter. 

 Avec le temps, le doute m'envahit de plus en plus, parce que l'histoire démontre que les opinions des hommes découlent souvent de passions souterraines, inconscientes, incontrôlées : en un mot, de pulsions parfois meurtrières, quoi. 

 

Ce qui ne veut absolument pas dire que je ne possède pas de convictions politiques, ni que je ne fais pas des choix dans ma vie étayés par ces convictions, hein. Mais je préfère être prudente dans l'affirmation de mes croyances, et je m'accorde, en plus, le droit de pouvoir en changer, si cela me chante !

 

Quand je prends , rarement donc, la parole sur ces sujets, c'est généralement que je suis poussée par une émotion qui explique cette prise de parole. Sinon, je m'abstiens. Or, cette émotion est le contraire d'une réflexion politique efficace, j'en suis parfaitement consciente. La réflexion politique doit être raisonnable, tenue en laisse par l'intelligence, distanciée et appuyée sur la connaissance, et non l'émotion. C'est pour cela que j'intitule précisément cette   rubrique "je dis ça je dis rien", et que je l'illustre d'une musique automatique.

 

La musique est pour moi le moyen ultime, le plus direct, le plus iconoclaste aussi, d'exprimer des émotions. Je me sens parfaitement capable d'illustrer mon indignation devant un propos fasciste par une musique de Wagner, par exemple. (et l'usage de la Chevauchée des Walkyries dans Platoon me prouve que Kubrik est bien d'accord avec moi là-dessus, sur le pouvoir de dévoilement de la musique...). Plus que par les mots, j'entends ici que mes visiteurs (que j'aime tant...) ne puissent pas "y échapper", puisque j'écris sous le coup d'une émotion dont je n'ai pas pu m'échapper moi-même. (et puis, après, je remets le silence, une fois le coup de l'émotion passé). 

Vous allez trouvez que c'est bien tortueux, bien torturé, et bien compliqué pour quelque chose d'aussi dérisoire qu'une page de ce pauvre petit blog. Mais, comme le dit Aline, je suis ainsi, et ce blog est le mien. Même si, en règle générale, je suis plutôt d'accord avec l'opinion de Lavande : il vaut bien mieux proposer qu'imposer...

D'ailleurs, à ce propos, tenez, allons, voyons, que vais-je bien proposer en conclusion de tout cette explication un brin alambiquée ?

 

Ceci, peut-être, un brin alambiqué aussi (mais pourtant...) :

 

 

 

2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 19:13

Quand on supprime quelqu'un comme Ben Laden (pour lequel je n'éprouve bien évidemment aucune sympathie), on supprime aussi la possibilité d'un procès... Et donc, c'est un peu de justice qui meurt, en même temps que le criminel. 

 

Or, franchement, vous trouvez qu'on en a à revendre, de la justice, dans ce bas monde ? Qu'elle est inépuisable ? Qu'on peut se permettre de la gaspiller, comme une vulgaire énergie fossile ?

 

A moins qu'on ne la réserve, comme le reste, pour les pays nantis ? 

 

 

2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 12:53

Hier, première des randonnées printanières organisées par  TRESORS DE JARDIN : l'occasion de retrouver le goût des simples, car Xavier et Sarah, qui organisent ces promenades, préparent à chaque fois un repas champêtre sur le thème des  humbles plantes des talus, qu'on piétine si souvent alors qu'on peut les utiliser en cuisine, voire même en pharmacie...

 

 

 

 

 

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Leurs saveurs sont inusitées, certes, mais c'est là tout leur charme. Je ne vais pas vous dévoiler les plats concoctés par "trésors de jardin", d'abord parce qu'ils étaient très nombreux sur la table de pique-nique, et ensuite parce que je ne me souviens plus de leurs compositions exactes ! Mais chaque bouchée était une découverte, il y avait comme une première saveur, puis le "consistant" du plat, et enfin, pour certaines crèmes, comme un dernier goût, venu de plus loin encore que les deux premiers, et qui s'attardait dans votre bouche. Tous ces goûts à l'unisson, comme une réminiscence de temps très anciens, où les paysans mangeaient les soupes de plantes, qui les faisaient "tenir"... Quelle cuisine étonnante et comme déjà vécue pourtant, déjà sentie : évidente...  Sans rire (car on ne rit pas avec la nourriture), c'était bon, "simplement" bon. 

 

 

 

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Et puis, le goût des plantes sauvages s'accompagne  de celui de leurs noms : ils sont aussi   savoureux à prononcer que les plats dont on en tire parti. La Grande Berce, la Consoude, l'achillée mille-feuilles, les boutons de pâquerette à la saumure, l'humble plantain (à goût de champignon...), les pensées mêlées à la mâche, l'égopode et l'aspérule odorante, la lierre terrestre... Comme si l'on mangeait tout un herbier ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

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C'était donc un vrai bonheur que cette journée, il faisait bon,  la lumière était belle,  les randonneurs bavards et paresseux à souhait, le jardin où nous avons mangé planté de sculptures très étonnantes (des mobiles d'osier très hauts, évoquant comme des signatures blanches  sur le ciel bleu, réminiscences de Calder ?), l'âne vif et le chien infatigable. Je n'ai qu'une envie : recommencer, mais il faudra attendre juin pour cela... Et je serai, à cette occasion, impliquée encore d'avantage dans le projet (mais chuuut... C'est une surprise....).

 

 

 

 

 

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C'était une journée candide, oui, voilà le terme qui convient. C'est pour moi tout le charme de ces randonnées : en cheminant parmi elles, et puis en mangeant   ces simples, c'est la candeur de la terre qu'on avale un peu,  en même temps,  pour qu'elle vous tienne au corps ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 09:14

Une journée sans homme sur une page de ma vie, un peu comme  une phrase sans parenthèse ! 

 

Je me sens comme ces insectes, fabuleux éphémères, qui n'ont qu'une seule journée  devant eux,  et commencent par danser leur métamorphose.

 

Vite, profitons-en... folâtrons  à tout va... D'autant qu'il revient ce soir, et que j'aurai plaisir à le retrouver, of course.

 

Mais en attendant :

 

 

 

 

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 16:16

Est-ce l'atmosphère débilitante de ce sarkozysme rampant dans lequel je vis ? Toujours est-il qu'une idée désolante  m'est venue : à l'heure de notre mort, nous ne faisons finalement que décliner notre identité. 

 

28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 09:21

J'entends ce matin sur France Cul que Régis Jauffret, sans doute ulcéré par le monde de l'édition "classique" à la suite du procès entourant son dernier livre, s'est rangé sous la bannière portée haut par François Bon, (écrivain internautique précurseur du genre), ... et poste désormais de courts aphorismes sur twitter. 

 

(ah oui, pour info, dire que le livre de Jauffret, "Sévère",  est passé au tribunal à cause de son infernale odeur de soufre. Il s'agit du meurtre d'un riche banquier par sa maîtresse, sur fond de sexualité sado-maso, dans l'odeur de latex des accessoires de ce genre de plaisir-là, entre deux safaris en Afrique où on tue de la bête sauvage tant qu'on peut. Evidemment et comme d'hab', comme le fait divers dont est tiré le roman est vrai, le Juge est convoqué pour tâter la plume de l'auteur, des fois que cette dernière soit tenue par Satan (la bite). 

 

Perso, je ne manipule pas bien  Face Book (le "fil de discussions" m'emplit toujours de stupéfaction, car les discussions y sont particulièrement hachées et qu'il faut cliquer pour voir les commentaires, détachés les uns des autres en quelque sorte, et en plus les gens ne se parlent pas vraiment on dirait...) et encore moins twitter, parce que ce dernier vous impose un nombre de signes fort petit; La concision est certes une vertu, mais qu'on vous l'impose par la technique, donc par la force des choses, c'est déjà plus emmerdant à mon sens... Bon, Jauffret doit voir ça comme une "contrainte" oulipienne.

 

Mais ce qui m'a le plus étonnée, c'est que le journaliste n'a pas mentionné Chevillard. Or, les aphorismes quotidiens sur internet, c'est bien lui, si je ne m'abuse, qui a inauguré le genre ? Le court billet de ce matin était donc  mal documenté, ce qui m'a fait sursauter. 

 

Or, je n'aime pas sursauter le matin. (ou alors, autrement). 

Quel monde injuste, et  comme  en plus il pleut sur les lilas, rien d'autre à faire que de retourner à nos écrans, et d'écouter quelques chansons cherchant la chaleur... 

 


26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 14:34

C'était donc le lundi de Pâques, à Beaubec. Bon, les enfants sont maintenant trop grands pour les chasses aux oeufs (ouf, parce c'était struggle for life là-dedans, généralement le plus petit rentrait bredouille et en pleurs, les autres avaient tout raflé avant lui), mais nous trouvons néanmoins quelques autres motifs de réjouissance.

 

Ce matin-là, il s'agissait de sortir de la maison, pour l'entreposer dans le hangar trente mètres plus loin, la vieille cuisinière "Gatine", un monstre de quelques 350 kilos avec bouilleur en fonte et fort peu d'angles de prise. Quand je suis arrivée, quatre grands costauds s'affairaient là autour. Ils avaient déjà renoncé à faire ripper la chose sur le carrelage, et à remonter l'allée empierrée du jardin. Tout juste pouvaient-ils, en unissant leurs forces, soulever de quelques millimètres la bête, pour la poser sur des rouleaux eux-mêmes posés sur des bastaings posés au sol, en parallèle, et avancer ainsi, centimètre par centimètre... Trente mètres, ça fait long avec cette méthode... 

 

Si vous ne visualisez pas la scène, c'est très simple. Pensez à tous ces moments glorieux où, partout dans le monde, nos andouilles d'ancêtres ont entrepris de déplacer des choses très lourdes d'un endroit à un autre, pour des motifs particulièrement constestables et d'ailleurs inconnus, se groupant à plusieurs gros costauds et suant considérablement, d'abord sous l'effort physique, ensuite pour trouver la meilleure méthode pour faire avancer la chose, en l'occurrence ça pouvait être une pierre qu'il s'agirait de lever, la statue d un dieu, un  obélisque, ou tout simplement une p... de b... de m... de Gatine.  

 

Je fus  même convoquée à la manoeuvre. Sans doute parce que j'avais évoqué devant eux, en riant finement,  la plaisante coïncidence entre la date précise de nos menus travaux  et les voyages terrestres des  statues de l'île de Pâques, l'un  des costauds, Clopin pour ne pas le nommer,   me fit aimablement remarquer qu'au moins,  dans ces temps-là, toute la  tribu s'y mettait, ELLE...

 

J'émis quelques doutes scientifiques. Il aurait bien entendu fallu vérifier auprès des sommités anthropologiques de l'Université pour avoir une certitude, m'enfin, si les costauds trimballaient les Moaïs, ( ça c'était sûr),  mo(a)i je privilégiais la thèse audacieuse que, pendant ce temps-là,  les Pascalines  se rassemblaient simplement sur le côté de la route,  poussaient  de grands "ah" et "oh" histoire de prouver leur admiration devant les pectoraux qui passaient, préparaient l'apéro pour quand ce serait fini,  priaient  un certain nombre de dieux, dont le Docteur Pelloux du Grand Chiffre Sacré du 112,  pour que ça se passe bien, et bornaient là leur contribution.

 

 

Mais on me dit d'arrêter  mes spéculations intellectuelles, de me souvenir fissa qu'une féministe était plutôt pour le partage égalitaire des tâches ménagères,   et de venir aider   à déplacer ces s.... de p.... de M... de rouleaux (de printemps), qui  pétaient les uns après les autres. Je le fis de bonne grâce, et de toute manière, quand je poussais ou tirais la chose, il ne se passait absolument rien de plus que quand les quatre costauds le faisaient tout seuls. Sauf que l'ambiance changea légèrement. Disons que bizarrement, l'atmosphère plutôt virile qui régnait jusque là se teinta d'un doigt de grivoiserie. On entendait Clopin s'exclamer sans arrêt ": "Clopine, mets-la à fond, à fond je te dis  !  ", ou encore :  "Clopine, viens-là, et attrape-moi les rouleaux".  Quand on en arriva à : "Clopine, oh, tiens-le bien"... les trois autres costauds commencèrent à me regarder du coin d'un oeil rigolard...

 

Bon, je ne suis pas prude à l'excès,  c'est le moins que l'on puisse dire, et je n'ai jamais craché sur le morceau de saucisse de Morteau qu'on pouvait mettre dans mon assiette.. Mais, l'avouerais-je ? Je préfère quand c'est Guesh Patti qui chante, hein ! 

 

 

26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 14:32

Je suis contre la réouverture des maisons closes, parce que, si on les a fermées, c'est que même leurs portes étaient dévergondées. 

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