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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 16:16

Dire que j'ai  été accrochée à l'Hôpital et ses fantômes, que j'ai vibré à Breaking the Weaves, et que j'ai retrouvé, dans les scènes d'usine de nuit de Dancer in the Dark, très précisément des sensations vécues, que je trouvais si bien exprimées... Si on m'avait dit que Lars Von Trier me donnerait aussi la gerbe, je ne l'aurais pas cru, malgré le balancement de sa caméra, sensé reproduire les mouvements de l'oeil humain, et qui donne à ses films, parfois, comme un tangage légèrement nauséeux (déjà...)

 

Et pourtant, le voici qui tient des propos qui le flétrissent, "grave", comme dirait Clopinou. Et cette satanée humanité  fait que, lorsque l'un de ses membres parle comme ça, la flétrissure rejaillit sur tous. Me voici, nous voici, de nouveau éclaboussée(s). 

 

Bon, alors on va se calmer, là. Parce qu'entre les queutards et les  nazillards, je ne sais plus où donner du sac à vomi, moi.

 

 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 15:02

Ca y est, nos billets d'avion sont achetés, les aléas sont jactement posés : nous irons au Canada de fin juin à fin juillet. Echapperons-nous ainsi à la sécheresse caniculaire promise à la France  pour cet été ? 

 

Nous allons d'abord nous poser chez le Grand Frère de Clopinou, qui travaille à Montréal en qualité d'ingénieur informaticien dans les jeux vidéos, ce qui le transforme, pour le dit-Clopinou, en une sorte de mélange de Brahma, Confucius, Einstein et Mahomet réunis. 

 

Et puis nous partirons à la conquête du pays...

 

Entre nous, je ne me serais jamais imaginée partant au Canada. C'est trop grand pour moi, vu d'ici, et j'ai peur des moustiques, il faut bien l'avouer...

Mais en fait, ça me plaît bien d'aller là-bas. J'irai voir les caribous, et "les rafales de feuilles poudrer le derrière des chevreuils" et surtout j'irai voir un peu les grands espaces. Certes, c'est à l'automne qu'il paraît qu'ils sont le plus majestueux. Mais même en été, je sens que cela va me plaire. Et puis je demanderai à Clopin de chanter LA chanson, enfin, la chanson qui m'a définitivement convaincue de m'intéresser à lui, le jour où il l'a chantée devant moi, avec trois accords et demi de guitare et une voix légèrement sourde... Ah, nostalgie, quand tu nous tiens :

 

15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 18:58

Bien entendu, il faut ne pas trop s'avancer, laisser la justice faire son travail, etc. Cependant, cependant, imaginez une seconde que toute cette sale histoire soit vraie... Eh bien, moi, je pense à la "femme de chambre", pas celle de Mirbeau, qui déjà balançait pas mal, mais à toutes ces femmes corvéables à merci, dans les hôtels du monde. 

 

Si le procès qui va inévitablement se tenir  pouvait leur permettre, à toutes, de recouvrer leur fierté... Ce serait comme si le bruit de leurs pas multipliés résonnait enfin bien plus fort, dans les couloirs d'hôtel, que les désirs déshonorants des hommes de pouvoir. Si les murmures devenaient des paroles, les paroles des chansons, et la voix des femmes plus forte : alors là, oui, ça aurait servi à quelque chose, toute cette lamentable et sordide histoire.

 

15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 10:31

C'est reparti : le Clopinou a (encore) des problèmes avec la "vie scolaire" (la surveillance, quoi) de son lycée. On ne compte plus les épisodes de ce feuilleton, depuis deux ou trois ans. Du Boudin glissé dans le lit du voisin aux petits pains coincés dans les lattes des rideaux de la cantine, de la Bière bue à 10 h du matin derrière le gymnase à la fuite éperdue devant la pionne après l'ouverture du wc où Clopinou soutenait la tête de son pote Kévin en train de dégueuler, tripes et boyaux,  la dite-bière de 10 heures du mat', de l'incident dit du "Pense-Bite", à savoir l'agenda couvert de magnifiques et fort nombreuses esquisses artistiques déclinant disons un même objet érectile, façon "arts appliqués", du carnet de correspondance déchiqueté en petits morceaux (et pourquoi, au fait ? - OH, c'est juste que j'avais écrit des conneries dans le cahier d'espagnol de Kévin  et la prof l'a topé alors il s'est vengé...) qu'il fallut racheter, mon fils multiplie les heures de colle. "M'en fous, comme ça, j'avance mon boulot, et pis je les emmerde au fait", résume, bougon et magnifiquement détaché des petites contingences disciplinaires, celui qui, par ailleurs, multiplie les résultats scolaires faramineux, nous remplissant son père et moi, du sentiment étrange d'un certain rapetissement (le dernier 20/20 en économie, coef 7 au bac, nous saisirait presque d'effroi...) 

 

Pourquoi s'arrêter en si bon chemin, se demande certainement Clopinou. Et si je soupire et tente de le tancer, je dois avouer qu'hélas, je n'arrive pas toujours à dissimuler une certaine envie de rire devant l'inventivité de l'arsouille. IL ne s'agit (je le dis ici, hein, pas devant lui) que de peccadilles, rien de grave à mon sens... L'enfance n'est pas si loin de lui, des morceaux en  restent encore accrochés ici ou là, comme les  bouts d'une écharpe en train de se dénouer. Et puis, on est pas sérieux quand on a dix-sept ans, n'est-ce pas ? 

 

Le dernier épisode est exactement du même tonneau que les autres. Clopinou, ayant accumulé trois retards la semaine dernière, a dû s'expliquer. Ce qui a déclenché sa fibre créatrice. Il a ainsi garni le carnet de correspondance, par avance, d'excuses  variées destinées à justifier ses  retards futurs (!)... excuses qui vont de "j'ai été agressé par un écureuil devant le lycée" à " désolé, mais je n'appartiens pas à votre établissement", à "manif monstre ce matin à Beaubec-la-Rosière, nous lutterons jusqu'au dernier", et devant lesquelles j'ai  bien du mal à ne pas sourire. Mais la  Vie Scolaire manque un tantinet de sens de l'humour, (que je reconnais, perso,  partager avec mon fils). Qu'ils punissent  Clopinou, soit, c'est de bonne guerre, ça vaut bien une colle. Qu'ils tentent de lui faire baisser les yeux  en lui assénant que  son humour est débile et vraiment pas drôle, voilà qui relève, par contre, de l'opinion. 

 

D'un autre côté, l'engin leur en fait voir de telles couleurs... 

13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 10:36

 

 

Le gazon synthétique permet aux enfants de se rouler par terre sans se salir, dans les haltes-garderies : les parents sont contents. Il est résistant, il économise l'eau puisqu'il permet de se passer d'arrosage, on peut supprimer des postes d'aide-jardinier grâce à lui : adieu la tondeuse. Et toujours vert, n'est-ce pas. Il est si intrinsèquement, si essentiellement, si complètement anti-vivant qu'il conviendrait de recourir beaucoup plus fréquemment à son usage.

 

Ainsi  pourrait-on, afin de réparer les dégâts subis par l'environnement, utiliser cette admirable matière pour en couvrir les sarcophages de béton (qui tout de suite seraient plus pimpants) des centrales nucléaires abîmées. Au lieu d'apercevoir des sortes de cercueils gigantesques, le passant verra ainsi, de loin, de jolis mamelons. Toujours verts, n'est-ce pas.

 

Il y aurait ainsi une sorte d'adéquation entre le minuscule et l'infini : du plus petit brin d'herbe synthétique à la plus considérable des catastrophes, le génie humain démontrerait toute sa vivacité  à tuer durablement la prétention absurde du vivant à se passer de lui. 

 


13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 08:10

J'ai écrit récemment que le Japon ne m'attirait pas du tout - en fait, je le pense un peu, à cause de qu'on admire  communément chez ce peuple : cette obstination à se relever de tout, qui perso me fait plutôt penser à une acceptation de l'inacceptable, m'enfin bref. 

 

Mais pourtant, je me suis réveillée ce matin avec le nom de Kurosawa sur les lèvres. J'ai vu, il y a déjà pas mal d'années, son film "Rêves", et je n'ai jamais oublié l'image des jeunes filles transformées en cerisiers en fleurs, et  la séquence du mariage des Renards, glissant et s'arrêtant, masqués, dans la forêt. J'avais pensé, à l'époque, que c'était là du pur luxe, presque voisin du caprice : faire un film pour exposer ses rêves, dépenser tant d'argent, tant d'énergies, pour que le tissu éphémère du rêve existe réellement (enfin, le plus réellement possible), cela me semblait si démesuré que c'en était presque déplacé, presqu'impudique en quelque sorte.

 

Aujourd'hui, j'ai complètement changé d'avis. Après tout, filmer ses rêves, c'est ce que tous les peintres et dans une moindre mesure quelques écrivains ont tenté de faire, non ? Et si je pouvais matériellement le faire, je m'y mettrai illico, tant mes rêves sont en ce moment "fantastiques", changeants, prégnants au possible. Les filmer me permettrait sans doute d'y répondre, car il me semble que mes rêves m'interrogent sans relâche et sans répit, angoissants et attirants à la fois. Mes rêves changent, car si, pendant des années, ils ont gardé les mêmes trames, les mêmes "motifs" en quelque sorte, en ce moment ils me surprennent chaque nuit. Et je les trouve si beaux, si étrangement beaux et colorés, que je voudrais les conserver pour pouvoir les regarder à mon aise. Ils sont si décousus que les mots ne peuvent rien pour les retenir, il faudrait une boîte à images, un bocal à rêves, quoi, qui me permettrait de les affronter posément...

Déjà que je suis portée à la divagation, le jour, voici que je me mets  à dériver, la nuit. Où donc vais-je m'arrêter ? C'est peut-être ma manière à moi de vieillir, et aussi de culpabiliser. Parce que je devrais travailler sur le texte que j'élabore en ce moment, et qu'en réalité, je n'avance pas. La faute à mon incurie, bien sûr, en premier lieu, mais aussi à cause de la vie quotidienne à côté de Clopin. Celui-ci multiplie les activités, les travaux, les efforts, comme s'il ne pouvait accepter de perdre la moindre seconde de sa vie, et je n'arrive pas à résister à son rythme. Au lieu de rester "ferme sur les prix" et d'appliquer le programme élaboré au commencement de mes six mois de congés, je passe mon temps, dirait-on, à courir derrière les talons de Clopin, à répondre à ses besoins et à partager ses activités. C'est ma faute, bien entendu, mais c'était tellement prévisible (toutes les maisons où j'ai vécu ont ainsi été des maisons ouvertes, avec allées et venues des uns et des autres,  occupations diverses et sollicitations de l'extérieur) que j'aurais dû veiller jalousement à mon emploi du temps. 

 

Me voici à la moitié de mon temps, et je ne fais que papillonner, (et rêver la nuit..).

 Du coup, j'ai accepté une proposition que l'on m'a faite, pour mes Vies de JIm :

 C'est une nouvelle maison d'édition "sur le net" qui va se créer en juillet et qui, pour amorcer la pompe, contacte des gens comme moi. Il s'agira de vendre des textes via le net, sans aucun passage par le papier. J'ai dit "oui", sans aucun engagement de leur part (le texte devra d'abord passer par un comité de lecture, comme chez un éditeur classique), ce qui, concrètement,  m'oblige à supprimer mes brouillons placés chez In Libro Veritas. Bah, ces brouillons  n'éveillaient guère d'intérêt (pas plus de 100 lecteurs), je les supprime sans regret. L'intérêt principal de la chose est qu'il y a une contrainte de temps, ce mois de juillet où je vais devoir remettre mon texte : ainsi je suis tenue à livrer un résultat, dans une durée donnée.

 

Ma volonté est si faible que j'ai besoin de ce corset d'obligations - sinon, je vais continuer à tranquillement confectionner des repas, aider Clopin à tuber des chaudières, papoter de ci- de là, composer des bouquets de roses et de seringas, vivre agréablement un fort doux printemps, dormir en panavision, et ne rien faire du tout...

 

 

 


12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 12:01

Pour m'amuser, à cause de l'humeur folâtre que ce printemps volé me procure ces jours-ci, je vais sur la République des livres et j'y lâche une bonne grosse énormité, que je tâche de rendre amusante. J'exagère même le gros clin d'oeil qui, dans les films comme ceux des Marx Brothers, grands spécialistes, avertissait le spectateur que ce n'était pas "pour de vrai". 

 

Par exemple, aujourd'hui, j'ai pastiché le dictionnaire des idées reçues de Flaubert, vous savez "toutes les anglaises sont rousses", ou "censure : on a beau dire, est bien utile", etc. 

Eh bien, on a pris mon propos  au pied de la lettre !!!! Wouarf.

 

Décidément, ce printemps est vraiment divertissant. Même le matin, tenez, le tout petit  matin, vers 7 heures et quart, quand je promène mon chien sur l'avenue Verte. Pas une bagnole de croisée en venant, et juste le chien et moi, pendant la balade traditionnelle d'une demie-heure, entre les bouquets d'arbres, les marguerites et les petits oiseaux (plus quelques lapins). 

Je suis donc là, je marche en respirant lentement, et pof ! Je pense à Cergy-Pontoise, et je me mets à rigoler...

 

C'est parce que, quand je vais à Paris, je passe par Cergy-Pontoise. A partir de Cergy, l'autoroute s'élargit. C'est une cinq, voire une six voies qui fonce vers Paris. Une six voies bourrée à ras bord de bagnoles qui, à cette heure matinale, roulent toutes dans la même direction. Chacune avec un seul être humain à son bord. Des milliers de bagnoles qui roulent... et qui vont bientôt s'arrêter, à cause du bouchon (y'en a toujours un). 

 

Voilà. Je deviens cruelle et misanthrope, parce que ce matin, pendant que je promenais paisiblement mon chien, que je n'allais même pas gagner ma vie, je pensais à toutes ces voitures, et ça me remplissait d'une sorte d'envie de rire, mais alors, là, franchement, quand on y pense deux secondes sérieusement, franchement, l'autoroute de Cergy Pontoise vers Paris à 7 h 15 -7 h 30 du matin, c'est à quand même d'un comique...

 

Ou bien ça peut donner envie de pleurer, notez... 

 

Comme chez Assouline, en fait. Pauvre République des Livres, qu'est-elle devenue ? (et puis, en même temps, que mes détracteurs soient si bêtes, c'est... carrément rigolo... Ou bien très triste...  Allez savoir...)

 

11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 15:21

Le DVD  "La Bergère et l'Orchidée" n'est  pas complètement achevé : il y manque le "visa d'exploitation", qui lui-même conditionne la diffusion du film et la vente dudit DVD. Entre l'envoi du dossier au CNC, et les différentes démarches à accomplir, il va falloir patienter un peu avant de faire faire les copies. Ah, du coup, je m'instruis, certes. Les demandes d'immatriculation, les contrats de cession de droits et de co-production, le CNC et le RATC  commencent à ne plus avoir de secrets pour l'association "Beaubec Productions". Mais c'est long... et fastidieux ! 

 

Certes, d'ores et déjà, deux nouvelles projections sont programmées, l'une le 17 mai à Gournay-en-Bray, l'autre le 15 juin à Forges-les-Eaux. Mais nous (enfin, surtout moi) aimerions bien pouvoir envoyer aux amis ou connaissances lointaines le DVD, ou le vendre à qui voudra. Or, nous n'en avons pour l' instant que quelques uns, de ces Dvd,  les équivalents des "exemplaires d'auteurs" pour les livres ; une fois que chaque participant du film reçoit son exemplaire (c'est la moindre des choses, non ?), il en reste si peu que je n'ai qu'UN SEUL DVD à ma disposition.

Je n'ai pas eu longtemps à me poser la question, pour savoir à qui je vais offrir cet unique exemplaire, sans visa officiel mais avec toute ma reconnaissance. C'est bien entendu à Rémi Mauger que je vais l'envoyer. 

 

Car, si je suis bombardée "conseillère artistitique" sur la pochette, c'est bien parce que le documentaire de Rémi Mauger, "Paul dans sa Vie", m'a durablement impressionnée. En le voyant, il me semblait déjà, à l'époque, que Clopin partageait avec Rémi Mauger cette sensibilité de documentariste,  qu'ils appartenaient tous deux à cette "école", ce courant  qui comprend de très grands aînés, comme Agnès Varda par exemple, mais aussi des réalisateurs moins connus mais tout aussi passionnés. Ariane Doublet, Philippe Henry l'animalier... Si j'ai pu aider Clopin en quoi que ce soit, c'est bien en tentant d'être à ses côtés pour  qu'il exprime, à son tour, cette sensibilité si particulière, si reconnaissable. 


A l'époque de la sortie de  "Paul dans sa Vie", déjà,  j'avais écrit à Rémi Mauger, pour le remercier de son film  que, mentalement, j'appelais "l'éloge de la rumination". Nous avions un peu communiqué, lui et moi... Disons qu'on a pas mal échangé.  Et à force de ruminer, quelques années plus tard et en suivant ses traces, voici que, grâce à Clopin,  j'ai participé à La Bergère et l'Orchidée.  

Car c'est en suivant son chemin, en pensant constamment à lui, que j'ai  joué mon modeste rôle, dans la production de ce petit film.

 

C'est donc bien le moins que le premier (et unique, ahaha) exemplaire en ma possession lui revienne : je le remets, en quelque sorte, à qui de droit ! 

 

 

 

 

10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 14:07

 

 

- Ouah, le problème est toujours le même n'est-ce pas : le jury est-il vraiment compétent ? Pour ma part, cette année, je sais que la sélection ne sera pas à la hauteur. Pensez, à Beaubec Prod', si on est au courant...  ON n'a même pas voulu leur envoyer notre film "la Bergère et l'Orchidée", qui pourtant fait un véritable tabac, que dis-je un tabac ? Un Cannes, à bis, oui...

 

 

 

 

 

 

 

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- De toute manière, regardez la photo de Télérama de cette semaine. Ouah, si j'ose dire. Un cabot en couverture... Si l'événement, c'est ça, "la vie d'un cabot",  ils pouvaient s'adresser directement à moi. De toute manière, un chien qui, a cinq ans, n'a pas dressé ses maîtres à le considérer comme une vedette, ben il a raté sa vie, pas vrai ? (à la cantonade : "comment ça, y'a un os ? où ça ? Où ça ? Oh et puis, tant pis, hein... Fait trop chaud pour se stresser du cul...) 

 

 

 

 

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Published by clopine - dans Vies de Bêtes
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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 11:42

Pour cause d'installation d'une chaudière (attention, hein, pas "n'importe quelle" chaudière, la Chaudière de Clopin, donc une sorte de prototype de ce qui se fait de mieux en matière d'économies, d'énergie et d'écologie. Un joyau, quoi !!!), j'ai dû, afin d'aider à l'accès aux tuyaux, vider les étagères qui entourent mon bureau. Je ne suis installée à Beaubec que depuis 1999, la poussière n'a donc eu que 12 ans pour s'accumuler entre mes livres - si péniblement rapportés de la petite maison de Rouen, où j'ai dû laisser un bon tiers d'entre eux. 

 

IL y a douze ans, donc, les livres couraient tout autour de ma chambre suivant un ordre alphabétique rigoureux. Aujourd'hui, quelle misère. L'ancien ordre ne fait que me remplir de remords - voici des livres de Stendhal, par exemple, recouverts de gris, et dont j'ai même perdu le souvenir, juste à côté des Woolf ! Et je me rends compte que  pour un livre que l'on lit, et qui vous accompagne toute votre vie, tant  d'autres sont enveloppés, dans un coin de votre cerveau, d'épais manteaux de toiles d'araignées, grignotés de poussière, dont seul le titre, et le nom de l'auteur, s'agitent encore faiblement. Quand donc ai-je lu ce "Lamiel" oublié, et dont la couverture m'est presque restée dans la main ? Pourquoi aucun mot du "De l'Amour" du même Stendhal ne me vient aux lèvres, quand je replace le livre, juste dépoussiéré du plat de la main, au milieu des autres ? Et encore, c'est parce que j'ai parlé ici même, hier, du Rouge et du Noir que j'ai remarqué ceux-là. Sinon, combien ai-je manipulé de livres, dont je ne me souviens plus ?

 

Bah, peut-être l'essentiel est-il dans les livres qui ne garnissent pas ces foutues étagères - pas l'ombre d'un Coehlo, ni d'une Angot; Pourquoi alors ce besoin de rassembler autour de ma chambre ces pages qui se défont doucement, qui tombent, inutiles, et ne font que marquer ma propre dégradation, ainsi que la leur ? Jim, lui, collectionnait à peu près tout, pour dresser entre la mort et lui un rempart d'objets marqués de son identité. Moi, j'ai longtemps considéré que mon goût de la lecture allait me préserver à jamais de l'ennui, que je pourrais perdre à peu près tout dans ma vie, sauf l'envie de lire. 

 

Mais quand je vois ces milliers de pages, qui toutes m'ont livré leurs mots, et que je considère que seule une infime poignée d'entre eux parvient à m'éclairer, pendant que je laisse la nuit envahir les autres, même cette assurance devient trouble. Aujourd'hui, pourrais encore affirmer, avec tout cet orgueil de  l'autosuffisance, que j'aurais toujours les livres comme amis ? Quand je vois comment ils s'effilochent, matériellement et dans ma mémoire...

Et quand je vois le temps de plus en plus restreint  que je leur accorde, j'en blêmis. Oh, je lis toujours, bien sûr, mais dorénavant, c'est l'écriture qui  prend le plus clair de mon temps. Même si je n'écris pas "pour de vrai", mon esprit sans arrêt vagabonde et échafaude des phrases, des idées à demi exprimées, de vagues considérations. Et quand je vois ce que je croyais être mes remparts devenir  si fragiles, si dérisoires, si abandonnés, même cette modeste occupation me paraît pathétique. Combien de livres aurais-je dû lire, pour éviter qu'ils ne m'abandonnent eux aussi ? 

 

 

Bon, à part ça, j'ai remis mes livres sur mes étagères, et je m'en suis tirée avec une bonne irritation nasale, la poussière aidant, et un peu d'odeur goudronnée qui me poursuit.  VIvement que cette foutue chaudière fonctionne. Au moins, j'aurais chaud  l'hiver prochain, s'il me vient l'idée de relire un peu de ma bibliothèque.

 


 

 

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