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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 19:01

Il faut que je commence à penser au Canada : nous partons à la fin du mois. Je suis partagée entre l'envie de ne rien savoir, de ne rien entendre, d'arriver là-bas comme la neige blanche l'hiver, et d'attendre de voir les marques de ce pays s'inscrire sur moi comme sur une page. Et puis l'envie de lire les guides et les récits, d'écouter les chansons et le chant de la langue... de me préparer au choc (car c'en sera forcément un). 

 

Je crois que la première fois que j'ai eu envie d'aller au Canada, ce fut à cause de Joni Mitchell. Personne, à part moi, n'aime beaucoup cette chanteuse à la maison, et surtout, personne n'aime que je l'écoute comme j'écoute beaucoup de choses, en boucle quoi. Mais c'est  parce que mes proches ont toujours peur que je me laisse aller à la complaisance qui accompagne si souvent la dépression, et que question dépression et désenchantement, Mitchell se pose là, c'est vrai ! 

 

Mais pourtant, "ils" ont tort de ne pas l'écouter comme je le fais. Car de sa belle voix pure et qui peut être si douce en disant des choses si dures, Joni Mitchell  lance toujours des traits de lumière, même dans la pire obscurité. Dans la chanson "a case of you", une des plus noires de l'album - la femme dit en substance à l'homme "je pourrais boire un tonneau de toi, je serais encore debout sur mes pieds", et si l'homme  lui dit "je suis aussi fidèle que l'étoile du nord", elle réplique "fidèle dans la nuit, je ne vois pas à quoi ça sert, si tu me cherches, je suis au bar".... - il y a un rayon d'espoir tout de même : la carte du Canada, accrochée au mur...

 

Oh Canada... 

 

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 13:15

Il y a des malheureuses qui, après vingt ans de mariage et trois enfants, surprennent leur homme avec un autre mâle dans le lit autrefois conjugal, la valise prête sur le palier  avec l'étiquette "Rio de Janeiro, aller simple" collée dessus,  et dedans la pile de "Gay Luron" sortie du placard : faut pouvoir assumer (même si, en fait, mieux valant tard que jamais, cela finit par bien se passer...). Il y en a d'autres qui, abusées, croyaient que leur époux était un bon père tranquille, un peu mou, alors qu'il était un héros de la Résistance et planquait des radios libres dans les géraniums (ce qui prouve que ce n'était pas elles qui arrosaient les plantes, mais bon, passons.). Il existe aussi des naïves qui croient que leur mari n'a pas un sou, alors qu'en fait, le PMU et le Loto Sportif ne survivraient pas sans ses versements, aussi réguliers que pharaoniques, à la Caisse de la Centrale des Jeux...

 

Et puis il y a celles qui, sans le savoir, vivent auprès d'un vampire. 

 

Comme moi. 

 

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Oh, vous pouvez chercher  les petits trous (du côté droit) le long de mon cou : en vain. Quelques soupçons de bisous appuyés,  peut-être, l'ombre d'un suçon,  et encore... D'autre part, mon  compagnon  mange fort abondamment de l'ail, peut fixer un crucifix droit dans les yeux sans autre effet que  le renouvellement de  sa cotisation au Comité de Défense de la Laïcité, et supporte fort bien la lumière du soleil, à condition de ne pas se lever avant neuf heures-neuf heures et demie tout de même. 


Il est donc naturel que j'ai mis tant de temps à me rendre compte de la triste réalité. Quelque chose comme vingt-trois ans, déjà, hélas... Et c'est le hasard des conjonctions, à savoir une pause dans ma vie professionnelle et une retraite anticipée dans la sienne, qui m'a fait découvrir le pot aux roses. 

 

Mon homme est un suceur de temps. Du mien, plus précisément, mais aussi de tous ceux qui ont le malheur de s'approcher de lui sans se méfier, et sans avoir pris les  quelques précautions indispensables. Partagez avec lui quelques bons moments, commencez à vous intéresser à ses préoccupations, contemplez  donc la manière qu'il a de conduire sa vie : vous êtes déjà quasiment foutu(e). Sans vous  en rendre compte, ce type va s'emparer de votre agenda, inscrira une petite chose à faire à telle heure, un rendez-vous à tel autre, une course urgente que vous devrez faire pour lui, et puis, de fil en aiguille, de la belle aube au triste soir, il commencera à vous pomper, une heure par ci, une journée par là... Si vous le laissez faire, vous n'aurez bientôt plus, devant vous, qu'une poignée de secondes misérables, qu'il trouvera encore le moyen de lorgner en salivant un peu ! 

 

Ce monstre  va cependant  essayer de se réfréner, car si la vie d'un vampire n'est pas exempte de soucis, ni de danger, il a un coeur quand même, (même un coeur au pieu, d'ailleurs, ce qui est bien embêtant pour un vampire).  IL essaie donc de se restreindre,  car  moralement parlant, il sait que  c'est discutable et  puis il vous aime bien au fond. Mais c'est plus fort que lui. Comme DSK ne peut s'empêcher de  "séduire", comme le grand-beau-puissant mâle chef de la tribu qu'il est...  de "draguer",  comme un malade... ou de se comporter tout simplement  comme le dernier des saligauds  (nous rayerons les mentions inutiles après le délai légal de présomption d'innocence), ben Clopin, lui, vous aspire les dernières secondes de votre temps libre comme ça, zwwipp, aussi naturellement que  vous sifflez un diabolo-grenadine avec des glaçons  à la terrasse du Bar des Fleurs, un jour de grande chaleur. 

Il faut donc s'approcher de lui avec prudence. D'abord, et avant tout, avoir la conscience pure. Non, ce n'est pas parce que vous refusez de sacrifier toute votre matinée à appliquer le torchis derrière le mur de la salle de bains que vous êtes une paresseuse. Si le moindre doute vous effleure là-dessus, vous êtes cuite : il vous avalera toute crue (ahaha). Donc, un front haut, et un regard clair ! Ensuite, un agenda en béton. Remplissez-le soigneusement à l'avance, même avec des obligations bidons, hein, sinon, vous allez vite fait bien fait passer du dégermeage des pommes de terre d'hiver au pelletage de quelques seaux de gravier, en passant par le remplissage de la déclaration d'impôts commune et quelques petites courses à Leroy Merlin, sans avoir le temps de dire "ouf". Enfin, planquez-vous le plus possible. Au besoin, munissez de boules quiès, pour éviter d'entendre les retentissants "CLooopiiiinne" qui, à intervalles réguliers, vous avertissent que votre vampire préféré, en manque,  est en train de rôder autour de vos plages horaires, assoiffé de votre temps libre et tout prêt à foncer dessus...

 

Vous me direz que l'autre solution serait de devenir à votre tour le même genre de vampire, et de sauter sur tout ce qui s'approche de vous, un réveil dans la main gauche et une liste de trucs urgentissimes à faire dans la main droite... 

 

Mais je ne mange pas de ce temps-là, moi : Vade Retro, Corveas ! 

 

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 12:14

Décidément, j'aime vraiment beaucoup François Morel.

 

 

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 09:34

Je viens de finir, environ dix ans après tout le monde me semble-t-il, la lecture du tome 1 de Millenium, de Stieg Larsson.

 

 

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Ce fut et c'est encore un succès phénoménal de librairie, d'autant plus si l'on considère la difficulté à lire les noms suédois (presqu'autant que  les noms russes chez Dostoïevski) et les références tout aussi suédoises qui parsèment le texte. Et puis, il n'est pas en poche, donc il coûte cher. Et pourtant.

 

C'est là qu'on touche du doigt l'universalité de la littérature : quand elle vous permet d'avaler plus de 600 pages peuplées  de bleds dont vous ne retenez pas les noms, de musiques et de livres inconnus de vous, de plats que vous ne mangerez jamais (à part quand les héros font de la bouffe française, en prenant bien soin de le faire remarquer) et de références historiques dont vous vous êtes rarement préoccupé, comme l'extrême-droite suédoise pendant la période nazie. Suprême difficulté du livre : fort contemporain, il fait la part belle à l'informatique, avec des passages pointus sur le pourquoi du comment de tel ou tel programme, de tel équipement mac, etc. Mais là, j'ai fait comme pour les explications financières chez Balzac : j'ai sauté par-dessus, pieds joints, lisant sans chercher à comprendre. Non sans remarquer, pourtant,  que l'informatique en question a déjà bougé, depuis l'écriture du  livre - les réseaux sociaux genre twitter et facebook n'y sont pas encore utilisés par l'auteur, et le héros est le rédac'chef d'une revue papier, qui aujourd'hui serait bien évidemment sur la Toile. 

 

Tel quel, le bouquin est cependant largement contemporain, et fort facile à lire. Je crois que c'est la simplicité lumineuse de l'écriture qui le rend ainsi universellement accessible, en plus d'une intrigue principale qui doit tout à Agatha Christie (celle des dix petits nègres plus spécialement : un endroit clos, des suspects possibles réduits en petit nombre, et un tour de passe-passe), d'un héros à la Nestor Burma (un sacré bon coup au plumard, quoi), et en prime d'un climat aussi angoissant que le scénario du silence des agneaux (tueurs sexuels en série à la pelle). Vous touillez le tout, et vous voilà accroché pour de bon, malgré une héroïne féminine, certes  géniale haker, mais moins crédible que le  héros masculin, fort bien campé lui, au contraire. Je prédis donc à ce livre  une longue carrière populaire, et un nombre d'exégètes à peu près aussi grand que pour Simenon, avec lequel  l'auteur  partage le goût des personnages secondaires soignés (en plus de tout le reste décrit ci-dessus), et l'écriture à "ligne claire". Quant au   foisonnement des retournements de situation, il fait  invinciblement penser aux géniales séries américains contemporaines, comme "Breaking Bad" par exemple... (et je m'en vais lire les deux autres).

 

En prime, la trilogie a été remise à l'éditeur et pouf, l'auteur est mort.

 

Je ne sais si c'est cette coïncidence qui me le ferait (presque) ranger sur l'étagère intérieure où j'ai remisé la Conjuration des Imbéciles de Toole, le Mars de Fritz Zorn voire le Jules et Jim de Henri-Pierre Roché - ce dernier en trichant un peu, car il n'a pas écrit qu'un seul livre mais deux. M'enfin comme il les a écrits très très tard, juste avant de mourir,  il est lui aussi marqué par l'ombre de la faucheuse, penchée sur son épaule pendant qu'il écrivait.... Vous me direz que je peux aussi  y fourrer, sur cette étagère de "livres uniques écrits avant le dernier souffle", Radiguet ou Alain-Fournier, et que ça se trouve, il y en a encore plein d'autres. Vous aurez raison. 

 

Cependant, cette ombre de la mort accompagnant la main de l'écrivain, la recouvrant presque entièrement, comme s'appliquant à ses doigts et écrivant avec eux,  me frappe plus singulièrement pour ces trois-là, Toole, Zorn et Roché. Elle  est partout chez Zorn puisque son livre est là pour expliquer pourquoi il a "évidemment" chopé le cancer, affleure chaque page de la Conjuration des Imbéciles, livre sidérant, et accompagne le "testament" de Roché (père putatif de notre Hessel devenu national). Je me demande si c'est elle qui n'a pas chargé la trilogie suédoise de cette densité particulière, qui fait qu'on l'avale tout rond. Comme si, consciemment ou non, un auteur pouvait pressentir l'urgence à rendre compte de son époque, ou de lui-même, ou de ses amours...

 

Comme Chet Baker interprétant "my funny Valentine" quinze jours avant sa propre disparition (je l'ai entendu ce matin sur France Mu, j'en avais les larmes aux yeux)  ?

Oui, en quelque sorte.  

 

26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 11:08

Il est  difficile d'être à la fois écolo et d'aimer regarder les matchs de tennis (comme bibi).

 

Parce qu'à Roland Garros, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais c'est la terre qui est toujours battue.

 

 
25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 10:31

Engueulade, ce matin, avec Clopin, à propos de l'éditorial de Bernard Maris dans Charlie Hebdo de cette semaine. (ce serait mieux si vous pouviez le lire, sinon, zappez donc cette page, vous n'allez rien biter !)

 

Tout me fait tiquer, dans cet édito.

 

 L'opinion sur la justice américaine, d'abord. Certes, certes, je crois Onc'bernard sur parole quand il m'explique qu'in fine, DSK sera mieux traité là-bas qu'ici, car la justice américaine est une justice d'argent. Mais enfin, il oublie quand même qu'en France, il n'y aurait même pas eu de procès, parce que la femme de ménage n'aurait pas PU porter plainte.

 

Et si on me demande de le prouver, je renvoie à cette statistique sur les "mains courantes" des commissariats : les femmes qui viennent porter plainte sont réduites à déposer sur les mains courantes, car les flics refusent d'enregistrer leurs plaintes. Résultat : 10 % seulement des 175 000 agressions sexuelles sont jugées, en France.  Ca me paraît quand même essentiel, et plaider pour la justice américaine, non ? Parce que, même si la suite du cours de la justice américaine va permettre que DSK  s'en tire grâce à son pognon, il y aura eu procès, donc possibilité de faire entendre l'oppression subie par les femmes.Mais Onc'B est muet là-dessus. 

Onc'Bernard fait aussi de la philo dans son article. IL remet en cause la "moralité" dans son ensemble ; à trop vouloir l'utiliser comme symbole de la gauche, cette dernière se prend les pieds dans le tapis et donc c'est la droite qui, tirant les marrons du feu, récupère la mise, le symbole, et la cagnotte, prenant une posture morale qui lui va comme un tablier à une vache (j'essaie de condenser sa pensée, là). Il cite Woolf et les "immoralistes" du groupe de Bloomsberry, en lutte contre les valeurs victoriennes. En gros, il dit "mieux vaut pas de morale du tout, ou une morale de "réalité", qu'une morale d'idées, qui peut se retourner contre vous et être utlisée par ceux-là même qui s'en moquent". 

 

Bref, onc'b dénonce une attitude de faux-cul de la droite, ce que, dans la bible, on appelle le pharisianisme. OK.  Mais sa manière de le faire est profondément déplacée, à mon sens, et puis, quel méli-mélo cet édito !

 

D'abord, il devrait se renseigner. Si quelqu'un défend Nafissatu Biallo, ce n'est pas la droite, réellement, concrètement,  mais les féministes ou les défenseurs des noirs, et d'une. La droite, elle, va effectivement hypocritement en profiter. Mais là n'est pas la question, à mon sens !

 

Onc'B nous dit ensuite, si j'ai bien compris son propos quelque peu embrouillé , c'est que la justice ne devrait pas s'appuyer sur la morale, et que la gauche ne devrait pas non plus s'approprier un moralisme désuet et qu'elle n'est pas en demeure de porter, puisqu'elle a des "richards" dans son camp. En gros, Onc'B assimile toute la gauche au PS,  et renvoie la morale aux calendes grecques. Ben je ne suis pas d'accord non plus, et de deux. D'abord, toute "la gauche", ce n'est pas le seul PS, et si un combat doit avoir un sens, c'est bien d'être vertueux, au moins pour celui qui le soutient. Moi je suis pour la morale en politique... De plus,  les féministes soutiennent une femme, pas Bécassine (ah là là, ce vocabulaire...), qui est agressée parce qu'elle est femme, point.

 

Je trouve que le fait divers DSK a un mérite, un seul : il fait s'écailler le mince vernis de "féminisme" des partis - de gauche comme de droite. Le sexisme ne doit pas être traité sous l'angle de la bataille droite-gauche : ça fait belle lurette qu'on sait qu'il est partout. 

 

Autrement dit, au lieu de s'enfoncer dans un propos philosophique bidon sur la morale et la justice, ramenées sous l'angle de vue des combats de nos partis politiques, Onc'B devrait plutôt comprendre que la seule chose à tirer de l'affaire DSK, c'est de faire comprendre que le même mécanisme joue quand Simone Weil se fait insulter par son camp et que Nafissatu est traitée de domestique troussable par Jean-François Kahn. Il faut  profiter du fait divers pour souligner l'omniprésence du sexisme. Le reste, on s'en tape... 

 

A mon sens.

 

Mais voilà que  Clopin n''est pas d'accord, et me dit que je suis "caricaturale", et que je "fais semblant de ne pas comprendre le propos d'Onc'B". 

 

Ben merde. 


Ce sont les gros machos de Charlie Hebdo (qui manque d'ailleurs cruellement de signatures féminines, on n'y trouve même plus de dessins de Catherine, et Luce Lapin la ferme dès qu'on sort de la défense des animaux) qui sont caricaturaux, je trouve. Ne tirer  de l'affaire DSK que ce long éditorial abscons et finalement dérisoire , c'est démontrer qu'en réalité, le sort des femmes, on s'en fout un peu, pas vrai ? 

 

Bon, je suis en colère, mais je vais sûrement me calmer.

 

PARLONS D'AUTRE CHOSE ! 

 

 

Il fait trop beau, le jardin respire, le chat ronronne, j'ai reçu une très belle photo de mon pote Gérard... Voilà qui devrait atténuer mon agacement ! 

 

Gérard est un de mes plus anciens copains. Fils d'immigré espagnol arrivé en Normandie à cause de Franco, issu d'une famille nombreuse comme la mienne, il habitait une des maisons de mon quartier d'enfance, et nous avons fréquenté les mêmes écoles, les mêmes jardins, la même piscine municipale, les mêmes commerces. Tout comme moi, lui  ou un de ses frères allait tous les jours, une boîte à lait à la main, après l'école, à la supérette du quartier du Stade, à Bernay, dans l'Eure...

 

 Je l'ai toujours admiré, parce qu'il est le symbole, pour moi, de la liberté et de la fidélité à soi-même. Il  s'est toujours mis en danger parce que sa personnalité est profondément libre et créatrice, ce qui l'a placé bien évidemment, directos,  chez les marginaux. 

Après une licence en sciences économiques (études payées par la Poste, mais Gérard a soigneusement loupé le concours final),  il est parti en Irlande apprendre le violon, puis a fait du théâtre au Canada, du spectacle de rue partout,  a joué avec celui-ci et celle-là, a monté un one man'show, a rejoint une troupe italienne, s'est fâché avec elle, est devenu clown,  puis redevenu violoniste, et désormais fait la manche à Paris et parfois à Barcelone, dans le métro ou comme ici près du Louvre. Mille fois sur le métier il a remis son ouvrage, et a toujours gardé la gouaille et le sourire de celui qui , tant qu'il peut, éprouve son talent et préserve sa liberté.
Je suis très contente de cette photo, parce que, s'il est plutôt petit et clopine un peu (reste de polyo enfantine), Gérard a toujours eu une beauté physique certaine, aussi originale chez lui que tout le reste. Je voudrais bien que tous mes vieux potes, même ceux qui, finalement, sont restés sagement chez eux (j'en suis, hein), soient restés aussi beaux que lui ! 
Et c'est en son hommage que je m'en vais écouter Kevin Burke, son maître à jouer. Si jamais vous l'entendez, ô Parisiens qui venez sur ce petit blogounet et flanez près du Louvre, garnissez  d'un peu de sous sa boîte à violon ouverte à vos pieds  : mon pote Gérard, c'est un mec bien...
 
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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 15:29

N'attendez pas de moi que je vous résume les positions entendues hier, au rassemblement organisé par "Osez le féminisme" et "la Barbe". Un seul tour sur l'un de leurs sites vous en apprendra plus long que tout ce que je pourrais dire.

Sachez que nous étions 3 000 sur une place qui doit en contenir 2000 tout au plus, mais que j'ai trouvé que c'était quand même dérisoire : nous aurions dû être beaucoup plus, pour effacer la honte des paroles émises ces derniers jours, par certains (la palme, pour ma part, à Jean-François Kahn !) L'organisation était bien entendu défaillante : une sono insuffisante, des prises de parole peu perceptibles, et fort peu d'ouvertures vers l'avenir. Cependant, l'essentiel du boulot, à savoir dénoncer ce qui a tant choqué nos oreilles la semaine dernière, a été fait. Il faudrait que ce salutaire coup de gueule ait des suites - mais  c'est une autre paire de manches, qu'il faudra retrousser (de préférence aux jupes des domestiques, ahaha). 

 

J'ai trouvé les copines de "La Barbe" très jolies, et très drôles ainsi grimées. Elles sont jeunes, et pleines d'énergie. Moi, cela me faisait un peu drôle de me retrouver là, trente ans après mes premières manifs féministes. Comme si rien n'avait changé, et que le vernis superficiel de cette société se craquelait de partout,  pendant que  le bon vieux machisme laissait apparaître le bout de son gland (si j'ose dire). 

 

 

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J'ai surtout, comme à chaque fois que je m'y risque, pris notre capitale en pleine poire. C'était pourtant dimanche, l'agitation n'y était donc pas paroxysmique comme en semaine, les fourmis ne couraient pas partout, dans tous les coins. IL y avait même de grands pans de rues fort calmes, avec leurs magasins fermés. Mais je ne sais si c'est l'asphalte ou la circulation, il me semble manquer d'air tout de suite, dès que je sors de Saint-Lazare.  C'est que, depuis que je suis née me semble-t-il, l'endroit est toujours encombré de travaux, de tranchées de voirie, zébré de rubans protecteurs rouges et blancs. Je n'ai jamais vu, me semble-t-il, la scuplture des horloges d'Arman, avec ses aiguilles  affolées épinglées, saisies au vol  comme la femme de Loth, autrement que les pieds dans du sable, des pavés défoncés, des panneaux de chantier et des nuées noires de voyageurs slalomant parmi tous ces obstacles. 

 

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Mais si je suffoque un peu, à Paris, c'est aussi  que tout m'étonne, tout me distrait :  avec plus d'une heure devant moi, j'ai réussi à être en retard au lieu du rassemblement :  mais le moyen de ne pas lever cent fois les yeux, pour contempler ces immeubles à cinq, six étages, et à divaguer sur ce que cela doit faire, de vivre sous un toit de Paris, sous ces zincs  gris clairs qui doivent surchauffer sous le soleil ardent,  comme celui d'hier ? Comment ne pas rester un peu éberluée devant les devantures du Printemps ou des galeries Lafayette ? Une devanture, pour quelqu'un comme moi, c'est un endroit où l'on expose ce qu'on pourra acheter dans le magasin. A Paris, c'est une sorte d'endroit fort vide, ce qui le rend immense, où des objets-"concepts" s'affichent comme dans une galerie d'art moderne. Je regardais, étonnée, un cactus en bouchon de bouteilles d'eau, une forêt en cartons peints, ou encore un crocodile en balles de tennis. Un mannequin, un seul, hein, pas deux, était dressé dans  chaque décor, flottant presque discrètement dans l'espace. Comme si on se fichait bien de lui... Et ce n'était même plus un mannequin traditionnel, mais d'étranges statues noires, stylisées, portant des vêtements comme si c'était la dernière de  leurs  préoccupations C'était fort beau, j'en conviens, mais cela ne ressemblait pas à ce que j'appelle  un magasin. Des citations mystérieuses étaient peintes à même les vitres, et je ne savais trop quelle attitude adopter : regarder chaque détail, comme au musée ?  Ou tenter de me projeter dans cet univers, si peu fait pour moi ? Et pas un prix d'affiché, n'est-ce pas (je croyais naïvement que c'était obligatoire). Notez que cela valait peut-être mieux : car quand les prix, quelques boutiques plus loin, sont apparus, ils étaient proprement renversants : 980 euros,  indiquait sans honte l'étiquette d'une sorte de boléro torsadé, tel que j'en enfilais à ma poupée Barbie dans les années 70. La moindre paire de chaussures, faite de trois brins de cuir tressés, dépasse instantanément les 500 euros, sans rougir d'elle-même. Mais comment font les pauvres, à Paris ?

Je parle des pauvres, hein, et non des mendiants, affalés entre les boutiques de luxe, avec les chiens dormant près d'eux, dans l'indifférence du va-et-vient piétonnier. J'ai même vu, ô aberration, des chats tenus en laisse, avec de mieux apitoyer le passant. Cette violence imbécile envers des animaux qui, par définition,  ne peuvent supporter d'être entravés ne me laissait pas indifférente, mais comment en faire la remarque au maître fracassé  de la bête ainsi malmenée, alors que les chaînes invisibles qui le retiennent à même le pavé sont encore plus insupportables pour lui que pour le petit félin martyre ? 

 

 

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J'ai préféré quitter les grands boulevards, même si je sais, grâce à Montand, qu'il y a "tant de choses, tant de choses, tant de choses à (y) voir", et je cherchais un refuge et un parcours,  dans mon "Guide de Paris". C'est encore une fois ce bon vieux Victor (dont on fêtait l'anniversaire de la mort, précisément hier) qui m'a soutenue... Réminiscence de Valjean déchiffrant les plaques de rues, avec Marius sur son dos, et aussi des lieux cités dans  Notre-Dame de Paris. Plus rien ne ressemble à rien, dans ce Paris livré aux voitures, aux touristes et à l'argent, mais pourtant, je réussissais à m'y retrouver, arpentant la rue Rambuteau ou la place Etienne Marcel, me sentant presque chez moi, dans les rues de petite et de grande Truanderie. Merci, Victor, de tout coeur...

 

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Je n'étais pas la seule à marcher sur ses traces : on avait beau être dimanche, il y avait foule aux terrasses. Des familles passaient, avec des petites filles en tricycle, des garçons qui sautaient les chaînes délimitant les voies piétonnes. Des couples, des trios, toutes les couleurs de peaux, tous les accents s'attablaient rue Montorgueil, et partageaient l'apéro. En revenant vers Saint-Lazare, j'ai balancé devant une ardoise qui, alléchante, proposait pour  quatorze euros quatre-vingt dix centimes, (ce qui restait raisonnable),  des moules, des frites, et un verre de vin blanc. Le vin blanc frais, surtout, m'attirait, qui aurait coulé dans mon gosier aussi brûlant que le zinc des toitures, en y apportant un peu de la fraîcheur dieppoise... J'étais donc là, à détailler l'ardoise, quand le serveur m'a contournée, portant sur sa main et son avant-bras deux exemplaires de la "formule" à quatorze euros ( quatre-vingt quinze). Mon dieu ! A quoi venais-je d'échapper ! En regardant les assiettes, j'avais vu, dans de fort petites coquilles, des moules minuscules et recroquevillées, d'à peine la demie de l'ongle de mon auriculaire : une pitié. Les frites, grosses, plates, grasses à souhait, entouraient d'inappétence les malheureuses desséchées, comme de gros barreaux épais enferment de minces et pâles prisonnières. Ainsi, c'est ainsi qu'à Paris on fait ripaille ? L'air avait beau sentir l'ail, avant tout, puis l'huile brûlée et la pomme de terre, mon estomac ne pouvait admettre payer si cher, si peu... "Je vous la laisse, votre truanderie", me disais-je en fuyant...

 

D'autant que c'était la fin de la journée, et que Paris se débraillait. Je ne sais à quelle heure les employés de voirie passent, mais les mégots, les emballages de papiers, les rebuts de toute cette humanité attablée devant de mauvais plats jonchaient le sol. Si l'on cherchait, sur les balcons, à se rafraîchir l'oeil avec les fleurs des jardinières, on tombait sur des pancartes, demandant à ce que les vélos ne soient pas accrochés là, "les fleurs sont fragiles ici", prévenait-on...

 

J'en étais persuadée d'avance ! 

 

Pourtant, les vélos étaient ce qui me plaisait le plus, dans ce Paris dominical. Les jeunes filles qui en usaient semblaient toutes si jolies, et les "vélibeurs" (je ne sais comment on dit, à Paris), souriaient, détendus, pédalant gaiement, et causant entre eux. IL me semblait que tout le vert, tout le printemps, toutes les haies et tous les buissons  disparus sous le pavé gris-noir renaissaient là, dans les jupes  qui dévoilaient les genoux des jeunes filles, dans les sourires des cyclistes, petites fleurs blanches poussant  comme les sylvettes de ce curieux bois qu'est Paris le dimanche. 

 

 

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IL n'y manquait que Clopin, pour faire les photos dont j'aurais eu envie... Bah, on trouve quand même un peu de tout, sur internet. Et puis la Capitale en vaut la peine, non ? 

 

 


21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 14:59

Je vais y aller : j'ai pris mes billets, c'est décidé. En fait, si je m'agitais sur ce blog, si j'allais chez Maître Pierre pour parler, encore et encore, de l'Affaire, c'était bien parce que je n'arrivais pas à avaler (sans jeu de mots merci !) tout ça, et surtout les paroles dites par-dessus. Savoir qu'une, puis deux, puis plusieurs voix se sont élevées contre tout ce que j'entendais, tout ce traitement insensé où l'on escamotait la dignité de mon sexe (la palme revenant sans conteste à Jean-François Kahn et son "troussage de domestique") m'a confortée, mais j'ai besoin, comme un exutoire, de plus encore.

 

J'ai besoin de la rue, d'un rassemblement, d'un signe, d'une solidarité. J'ai toujours aimé les manifs, sentir les pavés sous mes pieds et les autres à mes côtés, je vais régulièrement à celle du 1er mai, je participe aux actions antinucléaires et aux grandes actions sociales et j'ai beaucoup, beaucoup manifesté pour le féminisme, fin des années 70 début 80. La plus belle affiche de ce mouvement auquel j'appartenais (et qui se faisait, au passage, pas  mal malmener par les gros bras de la CGT dans les cortèges...) était bleue, sur fond blanc. On y voyait une silhouette de femme, le poing levé, et dans ce poing, reposait un quartier de lune. Le slogan était plutôt concis : "la rue, la  nuit, femme sans peur" - une revendication qui rappelait que la liberté de circuler n'est pas forcément sans danger, pour les femmes. La liberté de travailler non plus, visiblement. 

 

Je vais y aller. Je voudrais que le lieu de rassemblement soit plein de femmes de tous âges, pas seulement du mien, qui a connu le combat, mais aussi des jeunes, surtout des jeunes femmes, et des jeunes hommes aussi. Je voudrais que toute cette sordide affaire serve à quelque chose, mais je vais y aller pour me réparer moi. Car les insultes, les propos égrillards, les "y'a pas mort d'homme", et les "tout ça pour un coup de queue" m'ont éclaboussée au passage. 

 

Et plus nous serons nombreux (ses), mieux cela vaudra. Je vos joins une très belle chanson, qui se termine par "moi, je ne peux plus bouger", et s'adresse aux hommes. Je crois bien que je vais essayer, pour ma part, de bouger un peu, encore...

 


 

20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 16:40

S'il vous plaît.

S'il vous plaît, quoi, merde.

On ne vous demande pas Jaurès, hein. Encore moins Mitterrand. Surtout qu'au fond, pour le dernier, il vous aura fait plus de mal que de bien...

Ce qu'il faudrait, ô vous Socialistes de France, ce serait que, dans vos rangs, il y ait UN ou UNE candidate issu(e) du "peuple". Oui, oui, je dis bien "issu(e) du peuple". Et pas issu(e) du sérail, ou de l'ENA, ou de chez Papa-Colonel...

Quelqu'un qui aurait connu la condition ouvrière, tenez, ce serait pas mal, c'est un exemple et pourquoi pas un bon début.. Je ne dis pas "qui aurait manié le balai et la wassingue dans des hôtels", hein, faut pas pousser non plus... Mais quelqu'un qui aurait connu un peu de fins de mois difficile, un peu d'attente à l'ANPE ou à Pôle Emploi, un peu de paroles de "chef " se déversant sur lui, un peu de métro et d'autobus, un peu de réveil qui sonne à 6 heures et quart, un peu de "pas de place à la crèche et pas de sous pour payer un baby-sitter", un peu de galère et un peu de combats, de vrais combats, hein, quand tu te manges ta hiérarchie et le mépris des collègues, un peu de "comment je vais m'y prendre pour payer les traites", un peu de "j'ai peur d'aller voir mon banquier et le Crédit Agricole me harcèle et me force à faire de la merde" et un peu d'heures supplémentaires sinon les vacances, hein, je me les mets où je pense...

Quelqu'un qui, quand on lui présente d'un côté le plus riche directeur du monde et de l'autre une femme de ménage, ne se sente pas automatiquement de la même caste que le premier. Quelqu'un qui ne soit PAS Jean-François Kahn, tenez, vous voyez (un peu) ce que je veux dire ?  

Quelqu'un qui ne soit PAS germano-pratin, quelqu'un qui ne ferme pas sa gueule quand elle subit une agression sexuelle parce que Maman, "haut cadre du parti socialiste", lui conseille de la fermer sinon pour la brillante carrière de journaliste-écrivain ça risque de faire tache (parce qu'on va quand même pas s'en faire pour les autres, hein, on ne va penser qu'à sa gueule et laisser l'autre obsédé continuer, ça c'est une valeur socialiste, ça Madame, le "je pense qu'à ma gueule"...) , quelqu'un qui ne nage pas dans l'aquarium de l'aisance et des beaux quartiers.  

Mais il est vrai que les Salengro (syndicaliste étudiant en 1914, quand ça vous valait la tôle) ou les Bérégovoy (CAP d'ajusteur), ben vous les soutenez pas vraiment, vous autres, au Parti Socialiste Français, c'est le moins que l'on puisse dire. Pas assez "caviar" pour vous... Pas assez bobos...

Putain merde de chierie de connerie, on est à la veille d'un scrutin où la tête de l'extrême-droite s'est carrément incrustée dans la fenêtre, où les épaules ont passé le chambranle, et où les bras, pour l'instant encore gentiment appuyés sur le rebord, sont prêts à agripper les montants, pour que tout le reste entre dans la pièce, d'un joli saut cambré...

Et ce qu'on voit partout, ce que l'image du parti socialiste renvoie, ce sont de bon gros bourgeois, si semblables à ceux d'en face n'est-ce pas, qui font des "oh", qui font des "ah". Personne pour qui on aurait envie de voter... Personne à qui s'identifier, même dans la différence

Je suis sûr qu'en fouillant bien, dans vos rangs poussifs, en écartant les éléphants et les rombières, on doit bien en trouver un, ou une, pourtant. Quelqu'un de bien, veux-je dire. Quelqu'un qu'on pourrait croire quand il parle de "l'intérêt général", et qui puiserait dans les Idées du Parti Socialiste ce qu'il y reste de générosité, de courage, de partage et d'altruisme. 

Quelqu'un qui saurait nous donner envie, à nous, les petits, les sans-grade...

Parce que sinon, ô camarades socialistes, c'est une pastèque (*) qui vous le dit : on est plutôt mal barrés.

Allez, là, écartez-vous, fouillez bien... En province, mais oui, pourquoi pas... Dans la Base, vous savez, celle qui vous sert de marchepied et que vous entourloupez si souvent.

Voyez le désarroi de ceux qui pensent, que, pour sauver le second tour de l'élection présidentielle, il convient de signer des accords avec vous. Ils en sont à espérer un miracle : un candidat socialiste qui pourrait incarner la Gauche de ce pays...

 

(*) : voir définition ici 

 

 


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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 09:17

IL semble que les auteurs de "La Conquête" aient oublié la force formidable du processus d'identification. Base de la création romanesque, ce processus joue aussi en plein, encore plus d'après moi, au cinéma. Vouloir rendre compte de la montée au pouvoir de Sarkozy enchante le lecteur du Parisien, réjouit celui du Figaro, et plonge dans l'expectative celui de Libération. C'était pourtant à prévoir : quand on dresse le portrait d'un homme, ses défauts les plus éclatants deviennent des faiblesses humaines, ses victoires deviennent les vôtres, et ses peines sont ressenties de l'intérieur.

 

Un des défauts les plus évidents de notre Président est le traitement qu'il fait du langage. Le mot fait droit pour un Président, un candidat à l'élection doit en être convaincu, et dans la bataille qu'il engage, le slogan de Match "le poids des mots, le choc des photos" prend un sens forcément politique. Or, un film qui nous montre les coulisses va rapetisser les dérapages sarkozystes en la matière (et quand je dis "dérapages !)  au quotidien de chaque spectateur. Qui n'a pas piqué sa crise, au petit déjeuner ? L'identification va donc jouer en plein, en la faveur du sujet du film...

 

Cécilia Sarkozy est une pouffiasse arriviste imprégnée des valeurs de sa classe sociale,  qui s'est tapé Jacques Martin vieillissant, barbote dans le blinbling et n'a, en aucune manière, les qualités humaines et réflexives d'une Danièle Mitterrand (par exemple). Mais le film va forcément enclencher  une identification positive : ce sera la femme qui se rebelle et s'en va...(retrouver un autre sac d'or, m'enfin bref).

 

La vie politique de Sarkozy est orientée par une politique de communication à l'américaine, c'est-à-dire où l'on demande aux gens de s'identifier à un homme, non à des idées. Faire un film qui est en plus une 'succes story" (puisque chacun en connaît la fin, le héros gagne et obtient ce qu'il désire) ne peut en aucun cas permettre une quelconque réflexion, une quelconque mise à distance, du spectateur. Tout juste pouffera-t-il, comme on pouffe aux Guignols de l'info (qui ont, au passage, rendu Chirac diablement sympathique....). 

 

Le film ne fait donc, inévitablement, que flatter le sarkozyste dans le sens du poil. Quelles qu'aient été les intentions du réalisateur, celui-ci a juste oublié que l'on s'identifie au héros dont on contemple les aventures, les péripéties, les vicissitudes et les victoires.

 

Et moi, franchement, je n'ai aucune envie de m'identifier à Monsieur Sarkozy. Que l'individu réel soit minable ou héroïque, peu me chaut. Ce que je sais, c'est qu'il est le défenseur, le promoteur et l'indéfectible soutien d'une classe sociale qui se sert des lois de la République pour défendre ses intérêts bien compris. Mais ça, comment une historiette anecdotique pourrait-elle le faire comprendre ? 

 

Post-Scriptum : Je me rends compte que mes désillusions ne me rendent pas plus cynique pour autant. Juste plus triste, un peu. Pour un film sensé comique... Ben c'est raté d'avance. La misanthropie me gagnerait-elle ?

 


 


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