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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 13:06

A Québec, le lien qui unit les français de la maison mère et les autochtones est tellement bizarre, que j'ai surtout tendu l'oreille. De toute manière, question bestiaux,  orignal ou caribou, je ne les ai cotoyés qu'au musée (ou "biodôme", ou "centre historique sur les trappeurs", "idem sur  les draveurs", "la traite des fourrures" ou encore "la culture amériindienne"), alors...

 

J'ai pourtant bel et bien partie comme cela : 

 

 

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Ce qui est tout à fait conforme au Canada d'été, et j'ai commencé le séjour par rencontrer Félix, qui lui  ressemblait un peu à ceci :

 

 

 

 

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C'est-à-dire sacrifiant un peu, beaucoup, passionnément au mythe de l'"homme des bois" canadien.

 

Et peu importe que l'Etat ait cédé les concessions d'exploitation à des trusts A VIE, n'est-ce pas, et que le déboisement s'effectue à un tel rythme que l'ampleur du  bouleversement écologique subconséquent ne peut être clairement déterminé. Autour de leurs centaines de millers de lacs, les canadiens laissent en bordure des lés de forêts, de 10 km de profondeur, assez pour masquer les dégâts du déboisement intensif. La "drave", catastrophique pour les rivières et leur faune, a été certes interdite depuis les années 90, bien entendu à cause des impératifs économiques et non écolos - il se trouvait que l'industrie papetière était en crise, voilà tout. Bon, ma vilaine oreille entendait tout cela, et d'autres tristesses aussi, comme ces bélougas de  la baie  du Saint Laurent qui, quand ils sont ramassés morts, doivent être traités comme des déchets toxiques, tant la pollution ambiante est élevée. Mais j'étais en vacances : je repoussais résolument ces informations en arrière-plan, et tendais toujours l'oreille, à ce drôle de français martelé, chantant et revendiqué, que Félix et les autres pratiquent assidûment.

 

Plus qu'assidûment, d'ailleurs : ce n'est plus une langue, c'est une déclaration...

 

Il faut dire qu'hommes des bois ou autres, les québecquois sont bien conscients d'une chose : c'est que "le Canada est la cinquante et unième étoile du drapeau des Etats-Unis", dixit un autre "homme des bois", Christian,  un soir auprès du Lac Edouard. Toute forme de résistance culturelle est donc la bienvenue. 

Sauf, évidemment, en ce qui concerne le mode de vie - résolument américain, hélas, dès que vous êtes en ville. Allez donc acheter une pomme sur la rue du Mont-Royal, à Montréal. Vous devrez vous débarrasser de son emballage plastique. La manière d'user et d'abuser de l'énergie électrique est également assez sidérante pour quelqu'un "de l'aut'bord" - mais quand on songe à la prodigieuse ressource hydro-électrique dont ce pays bénéficie...

 

Comme il bénéficie, aussi, des paradoxes et avantages de son puissant voisin. Les Québecquois que nous avons rencontré nous ont bien laissé entendre leur commisération, à propos de notre manière recroquevillée, peureuse et imbécile d'accueillir nos immigrés. Eux sont tranquillement persuadés que le melting pot, hautement pratiqué à Québec pour le plus grand bénéfice de tous, puisque la population vieillit, est assez simple à confectionner. Fichez donc dans la marmite toutes les différences, touillez en exigeant la présence de deux ingrédients indispensables : la pratique du français et l'acceptation du système législatif, parsemez de réussite économique et débarrassez-vous donc des sinistres Hortefeux ou Besson, devenus du même coup parfaitement indigestes. J'étais bien d'accord avec cette opinion de nos grands cousins sur notre lamentable posture, mais ne pouvais m'empêcher de renifler les dessous de bras de cette "réussite économique". Aucun québecquois ne montre, dans son discours, la moindre faiblesse là-dessus. Tous vous assurent que leur situation financière est florissante, comme si d'avouer une difficulté était la faire exister, et la nier,  l'empêcher. Par exemple, dans les divers gîtes et autres auberges où nous avons dormi, tous nous ont assuré que leur  "petite affaire" était rentable, que leurs carnets de réservation était plein... même quand le gîte était plus qu'à demi vide. Du coup, leur lucide critique de la France se doublait paradoxalement d'une beaucoup moins lucide expression d'opulence, comme si celle-ci était acquise tout naturellement, sans hégémonie économique particulière - et en oubliant l'état du monde, des autres mondes (certes un peu éloignés d'eux...)

 

Je n'aimais pas beaucoup non plus cette manière fort américaine - et très fatigante à cause du recours incessant au calcul mental - d'afficher tous les prix "hors taxe", n'est-ce pas. Le prix de chaque objet est ainsi scindé en deux : celui que vous payez au vendeur, affiché clairement,  celui qui revient à l'Etat, que vous ne connaîtrez qu'une fois passé en caisse, à moins de prendre le temps d'appliquer 12,5 % d'augmentation (par exemple, cela évolue suivant la nature de l'achat) à tous les chiffres rencontrés sur les étals. Cette critique implicite de l'impôt, qui devient douloureux à chaque achat, a certes le mérite de la transparence. Mais il me semble tant relever de l'idéologie du capitalisme le plus poussé qu'au lieu d'y voir la saine réaction du contribuable mettant les choses au clair, j'y discernais, moi, l'égoïsme du libéral, qui se fiche bien des droits à la retraite ou au système de santé de tous, du moment que sa petite entreprise à lui ne connaît pas la crise... 

 

La vigilance affichée, la revendication culturelle intense, des Québecquois par rapport aux anglophones de leurs pays est certes fort attachante - d'autant que la langue qui en résulte est imagée, forte, populaire, et assez miraculeuse. Mais, toujours en tendant l'oreille aux propos des uns et des autres, j'ai entendu que ce combat amène les quebecquois à nous trouver, nous les français restés à la maison mère, mous de la chique et quelque peu traîtres à la cause. Comment, nous disait-on, acceptez-vous tous ces mots anglais qui s'abattent sur vous, vos enseignes, vos publicités voire vos monuments, alors que nous nous battons pied à pied ? Les meilleurs français du monde, c'est donc nous, conluait-on philosophiquement, en nous tapotant gentiment l'épaule, comme à des ancêtres un peu chenus en train de perdre la boule, façon Bettancourt, en bradant leur patrimoine. 

 

Voire. Certes, les Québecquois réussissent ce tour de force d'imposer la pratique du français partout, et ont éradiqué l'anglais qui les submergeait, il y a trente ans à peine. Mais bien souvent, ils n'opèrent qu'une traduction littérale, en mot à mot, de tournures américaines. Ils vont ainsi conjuguer un verbe américain à la mode française - le meilleur exemple est peut-être cette "drave", toute droite issue du "drive" américain, mais il en existe des centaines d'autres. Et ce procédé constant ne recrée pas vraiment une langue  "à la française". Cette évolution ne leur est pas sensible, ce n'est qu'à nos oreilles délicates qu'elle résonne. Eux, robustes et fiers, continuent de se plaindre de notre mollesse. Je n'ai pas osé leur avouer que nous avons, hélas, bien d'autres chats à fouetter... 

 

J'ai surtout entendu, bien évidemment, le vent dans les arbres, le bruit de l'eau, partout, l'explosion végétale, l'appel des bébés castors attendant le retour de leur mère, le souffle du panache des rorquals et... le bruissement imperceptible mais cuisant des moustiques. Pendant que je tendais l'oreille, Clopin, avec son avidité coutumière, ouvrait l'oeil... Et dès que j'ai un moment, je me propose de partager avec vous certains de ces clichés. Ceci complètera mon propos du jour, que je crains fort relever, lui aussi, de certains "clichés". Mais ces choses entendues sont les premières à m'avoir frappées, alors je vous les livre telles quelles. 

 

(suite plus tard) 

26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 00:12

Je suis un peu inquiète pour ma "grande" soeur, celle qui est "toute petite". Déjà, l'année dernière, à la même époque, elle était venue se poser un peu à la maison, comme une hirondelle qui aurait trop volé. Et une année plus tard, comme une sorte de rendez-vous troublé et fatigué, la voici qui semble de nouveau être à bout d'ailes...

 

Je soupire en pensant à elle, et je l'engueule, dans notre correspondance, en lui demandant d'être "un peu plus féministe". Je ne sais pas si elle comprend bien ce que je j'entends par là. Ce n'est pas une histoire de militantisme, non, ni de droits objectifs à conquérir ou à défendre - c'est autre chose encore. J'ai lu, il y a bien longtemps, un livre proprement terrifiant de Simone de Beauvoir, qui s'appelait "la femme rompue". Il s'agit du désarroi de l'héroïne, qui avait bâti une vie sur une image disons "traditionnelle" d'épouse et de mère, et qui se retrouve, à l'orée de la vieillesse, non pas jetée au rebut mais tout simplement mise hors d'elle-même. Quiconque avait des yeux pour lire concluait qu'il est essentiel, pour une femme, de préserver à toute force une forme d'indépendance, la première, et la plus essentielle à mes yeux, étant l'indépendance économique. Bien entendu, les "hommes" de la vie de ma soeur ne sont pas précisément des salauds machistes, et comme elle est un bloc d'énergie inépuisable, ce sont souvent eux qui lui sont redevables. Elle n'est pas à la rue... 

 

Mais pourtant, comme sa vie serait plus simple, si elle possédait ces quelques "guinées" dont parle si précisément, et si justement, Virginia Woolf dans une "Chambre à Soi", guinées qui sont à elle, Virginia,  et qu'elle n'a pas à demander... Il faudrait à ma soeur une chambre à elle, comme à nous toutes. Un endroit dont elle seule disposerait, qu'elle fermerait à clé et n'ouvrirait que selon sa volonté. Il faudrait une chambre comme celle-ci à chacune d'entre nous - comment, autrement, pouvoir discuter de sa propre vie sans que la dépendance ne vous oblige, un jour ou l'autre, à baisser les yeux ? 

 

Ma soeur, jeune fille, était bien jolie - et elle possède encore, indéniablement, une beauté souriante, de celle qui brille surtout quand elle est irradiée par un sentiment de bonheur et d'estime de soi.

(tenez, la preuve ! ) 

 

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Je l'ai toujours admirée pour cela, et voici que je crains que les chagrins et les doutes ne viennent brouiller cette image. Mais que faire pour l'aider, alors que j'ai bâti ma propre vie sur la conviction que mon indépendance financière seule me permettait d'exister vraiment, et que j'étais prête à faire beaucoup, comme me lever tous les matins pour partir vers un travail pénible, à seule fin de me garantir l'usage de ma liberté ? Ma soeur, comme dans les chansons de Moustaki, a tout de suite trahi cet impératif, pour les beaux yeux de ses geôliers... Je voudrais bien la savoir en sûreté quelque part - elle pourrait ainsi voleter tout à son aise, et même errer un peu, sans craindre le bâton de la réalité de la condition féminine. Qu'importe si le nid est petit, mal chauffé ou étroit : un nid à soi est  en fait indispensable...  même pour les hirondelles. 

 

 

25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 10:42

Les piscines sont gratuites à Montréal. 

 

Je suis désolée, mais pour l'instant, je ne trouve rien d'autre à dire sur mes vacances québecquoises. Ca va sûrement me venir, notez. Mais tout ce qui s'est passé hors les villes (Montréal, Tadoussac, Québec) ressemblait  tant à du Pocahontas  disneyen que j'ai comme une retenue, compréhensible certes mais qui m'étonne un peu. 

 

Bah, je n'ai qu'à accepter un peu ma propre désinvolture - c'est l'été, après tout, malgré la pluie qui met Clopin en rogne et empêche mon linge de sécher, n'est-ce pas Paniss ? 

 

Ah oui, je voudrais aussi expliquer à AC (voir commentaires d'hier) que, d'après moi, l'expression latine exacte est "verba volent, scripta nolent", qu'on traduit couramment par "les paroles volent et les écrits restent".

 

Si j'ai condensé, paradoxalement,  en "verba nolent", c'est que j'avais en tête que les choses ont changé - à cause d'internet of course, là comme ailleurs. Sur internet, les écrits volent aussi, désormais, et n'ont que peu d'importance - éphémères et inconsistants, voilà ce qu'ils sont devenus. Il faudrait qu'un Eric Poindron s'en persuade, ça le calmerait,  c'est ce que je voulais dire. Mais ma désinvolture, évoquée ci-dessus,  m'a conduite à ne pas chercher à m'exprimer clairement, j'ai balancé ma formule et basta, je prie mes visiteurs de m'en excuser, je vais faire des efforts, promis.  

Et puis, je voudrais dédier une petite pensée triste à Amy Winehouse. Dès que j'ai entendu cette chanteuse, il y a deux ou trois ans,  comme tout le monde je crois, j'ai ressenti cette ombre mortelle  qui la recouvrait et qui a fini par l'emporter. J'ai regardé quelques uns de ses clips, hier, en sa  mémoire. Ce qui m'a frappé, c'est l'absence absolue d'un quelconque élément féminin autour d'elle. Elle est seule, fragile et déchirée, au milieu d'hommes, de musiciens - dans des univers si profondément masculins (jusqu'à ses tatouages, qui ressemblent à ceux de taulards plutôt qu'aux gracieux entrelacs des chanteuses habituelles), que j'ai l'impression qu'elle n'a jamais eu d'amies  ; sans compter qu'elle fait référence à son père, plutôt qu'à sa mère, dans ses chansons. C'est trop tard, bien sûr, mais si elle s'était aussi entourée de filles - cela aurait peut-être pu lui sauver la vie, qui sait

 

 

PS : merci pour le "manent", Nicéphore ! Promis, je ferai plus attention... soupir...


23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 21:37

 

Bon, Eric Poindron se fend d'un commentaire disons exacerbé, (voir le titre ci-dessus et se reporter ci-dessous), je le publie .. et on oublie, voilà voilà voilà, déjà que tempus fugit alors si les verba nolent en plus,  on est pas sorti de l'auberge  et je n'ai pas que ça à foutre.  

 

Disons que ce n'est pas ça qui va me faire remuer les poils des jambes - ça me rappelle juste une soirée au Canada, ambiance feu de bois  : il s'agissait de se passer un  "bâton de parole", en signe d'écoute et de  prise de parole. Clopin trouvait ça très bien, le bâton de parole... Celui de notre "moniteur" était fort long, muni d'une tête de castor au bout et agrémenté de petits morceaux de fourrures divers, tout amuleté quoi. Clopin admirait et l'objet, et son usage, quand je lui ai fait remarquer les limites de la chose. Parce qu'attraper un "bâton de parole", c'est bien, mais si c'est pour se faire traiter de tous les noms,  ça peut très vite se transformer en bâton tout court qu'on fait péter sur la gueule du gros connard de voisin. M'enfin, je dis ça je dis rien.

 

J'ai à la fois envie de raconter ici mon voyage à  Québec, et en même temps... pas... On verra. Je prends mon temps, et mon élan (ce qui vaut mieux que prendre son caribou, vous en conviendrez). 

 

 PS : Ah oui, mes lessives ! Leurs limites s'arrêtent aux vêtements de Clopin, je tiens à le signaler à Monsieur Paniss. Oh, ce n'est pas par féminisme (malgré quelques  heures très longues à discuter des tâches ménagères, dans mon jeune temps, avec certains garçons de ma connaissance) que je m'abstiens de  laver ses chaussettes en même temps que les miennes. C'est qu'il a eu la malencontreuse idée, un jour, de critiquer ma manière de procéder, et surtout de m'inviter à considérer qu'il n'avait besoin de personne pour s'occuper (convenablement, s'entend) de ses affaires à lui tout seul d'abord. Je l'ai tout simplement pris au mot. Et je m'interdis même l'ombre d'un sourire, quand parfois, un peu penaud, il vient me demander un petit service, genre repassage de chemise. Je le laisse cependant, dans ce cas, méditer sur ma grandeur d'âme...

 

 

22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 11:56

En attendant que je rassemble mes esprits, suffisamment du moins pour en sortir quelque chose sur mon récent voyage à Québec, me voici assaillie,  dès l'aéroport,   par une photo de vacances du couple présidentiel, attendant au soleil et dans tous les kiosques à journaux un heureux événement. 

 

Voici au moins une raison de me réjouir de mon époque. 

 

Le congé parental étant dorénavant mixte, il nous sera possible de l' accorder à l'heureux père, vers le mois de mars 2012, et de proposer son allongement jusqu'à l'entrée au cours préparatoire du bambin ou de la bambine. Voire au-delà, n'est-ce pas. Bien au-delà...

 

(sinon, sachez que mon dos ressemble fort précisément à une pelouse parsemée de taupinières légèrement sanglantes et croûteuses. Ne vous récriez pas d'horreur : la cause de ce désagrément, pourtant largement mis en garde dans les guides de voyage mais auquel je n'ai pas échappé,  ne compte pas moins de 53 espèces au Canada. 53 moustiques piqueurs différents ! Est-ce ma faute si je suis tombée sur celui qui porte le nom, pourtant si plaisamment révolutionnaire, de "brûlot" ? Pouvait-il en être autrement ?)

 

Bien à vous tous et toutes. J'aimerais bien savoir ce que vous en avez fait, vous, de ces jours passés si vite - mais je me doute qu'entre les bagages à boucler, les derniers jours de travail ou la paresseuse contemplation du calendrier d'été, vous n'aurez guère de temps à m'accorder. Tant pis pour moi : allons entamer les lessives du retour...

Published by clopine
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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 22:23
BISES A TOUS ET TOUTES  A BIENTOT
BZZZZZ BZZZZZ BZZZZ
(elles ne sont pas seulement dans l ontario, mais aussi au Mont Tremblant, a Chicoutimi et bien ailleurs... pique et pique et ratatam !0 
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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 09:56

Je ne sais sur quelle chaîne est passé ce documentaire, je ne l'ai pas vu, mais "eux" l'ont vu, et  il a eu un effet dévastateur : Clopinou et ses copains ont décidé de partir en "commando de survie" trois jours... dans la Forêt de Lyons. 

 

Bon, la forêt de Lyons, c'est pas l'Amazonie, nous sommes d'accord. Mais ça n'a pas empêché Clopin de s'inquiéter : quid des gardes forestiers ? De l'interdiction de faire du feu dans une forêt domaniale ? De la nuit froide et humide, fort capable de vous ficher une bonne bronchite ? 

 

N'allez pas croire que Clopin est un père-poule : la relation à son fils est toute empreinte de la rudesse beaubecoise, qui n'épargne ni les femmes, ni les enfants d'abord... En vrai, Clopin s'inquiétait pour notre voyage : nous partons  lundi pour le Canada. Entre la perspective d'aller récupérer son fils à la gendarmerie, celle de le voir malade à la veille du départ ou tout  autre désagrément, Clopin ne balançait pas vraiment, et aurait souhaité que le "stage survie" n'ait tout bonnement pas lieu. 

 

Je m'inquiétais beaucoup moins. D'abord, j'arrivais difficilement  à réprimer comme une grande envie de rire, quand Clopinou m'assurait que cette aventure allait le "détacher des choses matérielles". Bravo, fils, pensé-je in petto... Profites-en pour  te détacher de ton penchant pour les tee-shirts "à marque", ta montagne de jeux vidéo, ton addiction aux écrans et autres menues choses matérielles qui  t'étouffent, comme ça, depuis que tu es né, genre les douches quand je veux, le frigo rempli et la maison à ton entier service.

 

Je réprimais donc violemment ces mesquines petites pensées, et écoutais patiemment le Clopinou tenter d'évaluer, avec son pote L.,  "objectivement" n'est-ce pas,  "leurs chances de tuer une bête, genre lapin". La réflexion "objectivement, zéro", qui m'était venue spontanément sur le bout de la langue, n'a pas franchi mes lèvres...  Je n'ai même pas protesté quand Clopinou  a emprunté le couteau à pain (le plus long de la maison, et qui semble effectivement redoutable, avec ses dents de scie) "si jamais une laie défendant ses marcassins nous fonce dessus, comme ça je pourrais au moins lui percer le bide". Au moins, fils, au moins... 

Je me suis contentée de vérifier que Clopinou avait bien son téléphone portable sur lui, et de planquer la carabine à plombs qu'il avait bien entendu envisagé d'emporter. Et ce soir-là, je me suis endormie paisiblement à mon tour (voir chapitre précédent). 

 

Ca n'a pas loupé : le lendemain, à 7 heures (j'avais défendu qu'on m'appelât avant), je pus aller récupérer mon fils, légèrement boueux. 

Le "détachement des choses matérielles" avait fort bien marché, mais sur une durée disons réduite progressivement  à deux jours au lieu de trois (sur le coup de 23 heures), puis à une journée et demie (au moment de se coucher sur le tas de fougères coupées avec le couteau à pain, et qui étaient fort humides), puis, depuis l'aube frisquette et après avoir entendu "des tas de bruits là-dedans,  comme le  "brâme des cerfs" (en juin ???)",   à une nuit tout court. Nuit tout court qui avait semblé  cependant bien longue à Clopinou et ses potes : ils avaient difficilement  patienté depuis cinq heures du matin, avant de m'appeler, à 7 heures pétantes...

 

Après une bonne douche, un copieux petit déj' et avant d'aller s'écrouler dans son lit, Clopinou a cependant tiré un bilan positif de son expérience : il a mangé de la limace, cuite au bout d'un bâton.

 

Waouh. (j'avais donc eu tort : ils avaient attrapé une bête, finalement). 

 

Il a survécu...

 


 

 

 

 

 

 

 

24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 11:46

Ouf, l'année est finie : plus de convocations à la Vie Scolaire pour Peccadilles à Sanctionner...  Clopinou, en vacances, est pour l'instant invisible, (sorties avec ses copains obligent), mais il nous laisse des petits mots sur la table, comme celui-ci, qui nous a fait tant rire que je le partage avec vous :

 

"Je suis rentré à pied très tôt ce matin. Là, je dors paisiblement."

 

 

 

 


24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 10:19

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches... comme disait Verlaine, et comme les voit Clopin ! 

 

 

 

 

 

 

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 10:26

J'aimerais parfois passer la nuit dehors, sous les étoiles. Ou bien dans le grenier à foin, la porte ouverte, à regarder le jardin nocturne et à épier le moindre mouvement. Et si un lapin a une insomnie, gare à lui... Au petit matin bleu, je traverserai la cour pour arriver devant l'énorme château, 30 mètres de haut, plus de  mille fois mon volume...

 

 

 

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J'en ferai lentement le tour, pour constater qu'il est bien gardé. Mais en fait, je grimperai facilement , grâce au ceps noueux de la vigne éléphantine qui orne sa façade. J'arriverais ainsi, au premier étage, devant un canal en zinc, parfois rempli d'eau comme un ruisseau. Marchant sur les bords, je parviendrai à l'immense baie vitrée qui donne sur la chambre de ma Géante. Là, je me mettrai à crier "Ouvre-moi, c'est le matin, je suis petite et j'ai froid". Il faudrait parfois que je crie longtemps, mais finalement, ma Géante viendrait m'ouvrir. Elle mesure dans les 6-7 mètres, dix fois ma taille, et le matin, sa tête est embroussaillée de cheveux,  comme une canopée. Sitôt la fenêtre ouverte, elle retournerait se coucher, tombant comme ça poum, lourdement,  dans son lit et s'enroulant dans sa couette. Elle est un peu paresseuse, ma Géante...  De loin, on dirait le Mont-Blanc, couché sur le flanc. Moi, j'aurai sauté souplement dans la pièce, et j'hésiterai un peu. Je sais qu'il est inutile de descendre à la cuisine : sans ma Géante, je ne peux ouvrir la porte du grand frigo où l'on garde ma nourriture. Alors, sans aucune crainte, je marcherai vers le lit, et s'il le faut, je n'hésiterai pas à me hisser du pied, ou de la main, en prenant appui sur l'épaule, la tête ou le cou de ma Géante. Je sais d'expérience qu'elle ne se fâche jamais avec moi. Au contraire, elle ouvre son lit, dévoilant ainsi, sous la couette, son corps allongé en colimaçon, sur le côté, son giron creusant ainsi dans les draps une grotte sombre que je  m'empresserai  d'aller explorer. Ca sent la Géante là-dedans, mais ça ne me gêne pas : pour moi, elle a une odeur de Doudou. Et puis elle est si rassurante : je ne risque rien d'autre que sa grosse main sur ma tête, à me gratouiller  les cheveux. Je m'allongerai tout près d'elle, contre son flanc, et j'étendrai mon bras : je poserai ma main, si petite à côté de la sienne, sur son poignet, là où l'on entend par en-dessous battre son coeur. Je pencherai ma tête , je fermerai les yeux à demi, et pousserai un gros soupir, en rêvassant vaguement à ce que ça doit être, la vie d'une Géante, et en m'étonnant de notre vie commune, à nous deux si dissemblables et pourtant si intimes à la fois...

 

Bien sûr, n'étant qu'une femme, je ne pourrai pas ronronner. Mais à ce détail près, ce programme est suivi, par les petits matins frisquets de l'été, par mon si gentil chat Victor Mowgli... 

 

 

 

 

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Ah, ce que ça doit être bien quand même, des matins de chats... Mais  revenons à nos moutons. Comme je suis partageuse, je vais vous confier mon astuce du jour. A savoir comment faire une tarte aux framboises sans crème ni lait (le nôtre, fermier, est si crémeux qu'une épaisseur d'un pouce surmonte le liquide). 

 

Bon, vous avez bien les oeufs, le sucre, la pâte sablée disposée dans le moule... Et à côté, le grand bol rempli à ras bord de framboises (c'est une année à fruits rouges). 

 

Le four est à bonne température, vous savez qu'il vous faut d'abord faire cuire la pâte avec l'appareil, pour ne placer qu'en fin de cuisson, en garniture, les framboises qui empliront la pièce de leur odeur délicieuse (mais il ne faut pas qu'elles cuisent trop, surtout. Juste le temps d'imprégner l'appareil déjà cuit, pas plus). 

 

Mais comment confectionner l'appareil, sans l'indispensable ingrédient lacté, mmmhhh ? 

 

ahahah. 

 

Eh bien, vous vous souvenez que, dans le congélateur, il y a un reste de crème glacée à la vanille...  Voilà, le tour est joué : vous remplacez la crème nature par la crème glacée, et vous battez votre appareil ainsi : 2 oeufs, disons l'équivalent de cinq cuillères à soupe de sucre de canne (je ne mesure presque plus jamais les ingrédients, je fais tout au pif maintenant), et cinq cuillères à soupe de glace à la vanille. 

 

Après, vous procédez comme d'habitude. Eh bien, cela donne une SUPER TARTE AUX FRAMBOISES ET A LA VANILLE, et vous permet d'arborer un sourire modeste devant le succès. 

 

Alors qu'en fait, vous aviez oublié d'acheter de la crème, étourdie que vous êtes (mais cela, vos convives ne sont pas obligés de le savoir !)

 

Bonne journée à tous mes visiteurs (et même aux autres, ne soyons pas chiens, puisque nous sommes un peu chats...), et plongeons dans l'aquarium, pourquoi pas ?

 

 

 

 



 


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