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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 15:43

 

 

 

Il faudrait tout dire, ou rien... Et dabord, vous inviter à cliquer sur cette "blanche biche" à laquelle aujourd'hui, je ne résiste pas (et pourtant, oui oui oui, je suis d'accord avec vous, c'est un poil (de biche) trop sentimental) Mais...

 

Un de mes tout premiers amants était un guitariste folk, passionné, au point que j'ai eu l'impression de le quitter une seconde fois quand, quelques années plus tard, j'ai acheté un saxophone alto... La mode des guitaristes folk avait un peu passé, déjà. On entendait beaucoup moins parler de Renbourn, Grossman, l'inévitable Dadi aux incontournables tablatures, Bert Jansch et autres as du "picking". Mais j'avais intégré, par imprégnation d'éponge ni plus ni moins, l'accord des cordes mi la ré sol si mi, l'art du médiator (pas le médicament...)  et celui du bottleneck,l'avantage du capodastre et la difficulté des barrés, le prix d'un jeu de cordes neuves (39 francs de l'époque, si je me souviens bien, ce qui n'était pas rien), et , si j'étais incapable de pratiquer, mon oreille s'était habituée pour toujours à ce style de jeu, comme vous avez pu vous en rendre compte si vous avez écouté le Loup Italien mis en illustration de l'article d'avant-hier...
De tous, et ils étaient une tapée les guitaristes folk à la fin des années 70, mon préféré était Pierre Bensusan, à cause de sa douceur. C'était cette même douceur qui faisait faire la fine bouche à mon amant - qui reconnaissait quand même la virtuosité d'un morceau comme de "Tilport à Fublaines", mais trouvait exagéré qu'on se lance  à chanter la "Blanche Biche", quand on était affligé d'un zozotement persistant. 
 Or, c'était précisément ce zézaiement qui me faisait craquer, joint à la tignasse brune, au menton frappé comme une médaille d'un poinçon vigoureux, et  à des yeux qui autorisaient, à mon avis, à regarder toutes les biches du monde, même en chuintant ! 

 

 

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D'autres amants, plus tard, m'ont fait découvrir bien d'autres chemins musicaux. Jim, surtout, a enlevé le cérumen qui bouchait mes oreilles, et les empêchait de discerner Beethoven de Berlioz (j'étais partie de loin, faut dire). Mais à chaque fois que j'ai du vague à l'âme, quand Allain Leprest meurt, que mon frère Jean n'est plus que cendres répandues sur une poignée de cailloux, que mon avenir reste toujours cette énigme glaçante et que ma paresse m'empêche de progresser dans mes ambitions, c'est la guitare "pickée", accompagnée d'une voix d'homme, égrenant les notes du folklore européen en les enrobant de variations aussi légères que les volutes de fumée bleue, qui me reviennent à l'âme. 

D'habitude, je me remets dans le droit chemin bien vite, j'oublie cette période et le nasillement de Yacoub (ah ! "Landry, petit village", quelle scie !) ou bien  cantonne ce dernier artiste  sévèrement,  là où il excelle (à savoir la chanson historique par exemple, avec ces "plaintes de La Tulipe à la Marquise de Pompadour" ( *) , qu'on dit écrites par Voltaire, et qui à mon humble avis est un texte magnifique et fort bien porté par l'ex-leader de Malicorne), et je fonce vers Haendel ou Schubert...
Mais aujourd'hui, outre qu'overblog a changé visiblement les marges de ma page d'écriture, et que je m'autorise à n'avoir pas le courage de chercher à modifier cet état de choses, je m'accorde du gros sentiment, voire du lacrymal. Zoé m'y encourage, et il faut bien reconnaître que Zoé a très souvent raison...


(*) : voici le morceau en question :

 

 

22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 14:21

Je voudrais remercier tous ceux qui, ici ou ailleurs (facebook) m'ont envoyé une petite pensée - et toutes ensemble, elles ressemblent à un parterre de fleurs, aux pétales veloutées, tel que ma mère en plantait, autrefois, avec ces myosotis, qui signifient, comme chacun sait : ne m'oubliez pas...

 

 

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 12:10

La crémation de mon frère (je ne supporte décidément pas les crémations), le voyage éreintant , les mauvaises nouvelles de "Jim", la pauvreté de mon imagination, mon mécontentement devant mon image, la fuite du temps et les corvées ménagères : je ressens une grosse fatigue, comme notre pêcher, qui croule tant sous les fruits qui le garnissent qu'il s'en fait du mal. Les branches cèdent, tombent, au risque de gâter la récolte, aboutissement d'une saison laborieuse. 

 

"Labor improbus omnia vincit", m'a-t-on appris. Mais on m'a appris tant de conneries...

 

Je crois bien que pour la première fois de ma vie, j'attends l'automne. Et l'apaisement paradoxal  d'un abandon à la tristesse,  qui  l'accompagne si souvent.  

 

16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 19:25

Mon frère aîné vient de mourir. Chaque famille a sa propre histoire, son propre écheveau d'émotions, de sentiments, d'attachement ou d'éloignement. Dans la mienne, celle de mon enfance veux-je dire, il n'y avait guère deux personnes plus éloignées l'une de l'autre que ce frère aîné-là et moi-même. 

 

Je vais pourtant aller à son enterrement.

 

Je ne sais vraiment  presque rien de ce frère aîné, très aîné (il avait vingt ans de plus que moi, et nous avons cessé toute communication directe il ya environ trente-huit ans, après un incident disons domestique)

 

Mais je suis ainsi faite qu'une de mes principales contradictions me pousse à aller à cet enterrement. Pourtant, j'ai décidé, il y a bien longtemps, que les liens familiaux ne devaient à aucun prix empiéter sur la liberté, notamment de conscience, d'aucun membre d'une famille. Et que les liens du sang, puisqu'on les appelle ainsi, n'entraînaient aucune devoir de "commerce", dans le sens de relations. J'ai refusé, nettement, les cérémonies familiales, les noëls obligatoires, les mille et une obligations qui sont la contrepartie, généralement acceptée, de la chaude serre où les émotions familiales s'épanouissent.

 

Mais pour moi, tout, et surtout les principes, s'évanouissent devant la mort. 

 

Nous sommes tous, devant elle, des frères humains - et il n'est pas question que j'endurcisse mon coeur, plus que de raison. 

 

Mon frère s'appelait Jean, et vivait près de Royan. 

 

Post scriptum : mais il est vrai que les frères (imaginaires) que l'on se choisit meurent, eux aussi. 

 

 

15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 15:10

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 15:00

 Mais pourquoi donc entends-je comme l'écho de la voix de Kafka, et vois-je comme une ruelle de Prague, dans ceci :

 

 

 

, qui n'a pourtant, a priori, rien à voir ?

 

(mais parfois, quand on ne voit rien, c'est là qu'il se passe quelque chose : un ange, peut-être, qui traverse un couloir);

13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 12:47

Je m'aperçois, en feuilletant les pages de ce blog, que je n'ai même pas célébré ici la Gloire de Clopinou - un comble, alors qu'il a quand même réalisé un joli exploit cette année : figurez-vous que ce jeune homme, qui classe la culture sur une échelle de 1 à 4  (la note minimale étant attribuée à la littérature, devancée par la bande dessinée, puis par le cinéma, et enfin, sur la plus haute marche du podium, les Jeux Vidéo brillent de tous leurs feux), qui lit plus que rarement, à mon grand désespoir,  mais a l'art d'attraper au vol les enseignements qui passent à sa portée, n'a certes pas démérité. Bon, quand on a Paul Edel qui se fend d'une explication de texte sur Stendhal, ici même, on peut passer pour privilégié... 

 

Cependant, cependant, je n'aurais osé croire qu'à l'épreuve de dissertation française (Clopinou a dédaigné le commentaire de texte, "trop fastidieux" à ses yeux !), dont le sujet était le rapport entre l'histoire et la littérature, il allait obtenir un 19/20 éclatant. 

 

Me voici, de fierté, devenue presqu'aussi grosse que le boeuf... Et Clopinou aura bien mérité lui aussi sa marche triomphale, (vers une mention au baccalauréat, of course...), pas vrai ? 

 

Allez, je m'autorise ici un petit mouvement de fierté maternelle... Et quand je dis "petit mouvement"....

 

 

12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 14:11

Je les cherche depuis hier, mais rien n'y fait : j'ai beau tout bouleverser dans les piles qui garnissent de ci de là ma chambrette, je n'arrive pas à remettre la main dessus. 

 

Et cela m'irrite.

 

Je suis  plongée dans la relecture des aventures malheureuses du beau Lucien de Rubempré, "au derrière fait comme celui d'une femme" (c'est Balzac qui le dit, entre autres conneries pas piquées des hannetons - mais malgré tout, le talent de Balzac est si éclatant que je lui pardonne plein de choses),  et voilà que Lucien  s'apprête à faire la connerie de sa vie, c'est-à-dire aller perdre son âme dans le milieu littéraire parisien  : au lieu de suivre l'exemple du vertueux d'Hartez, il s'acoquine avec le loustic Lousteau et s'en va dîner  chez Finot, sa perte est proche - misère ! 

 

Un peu comme si, de nos jours, au lieu de fréquenter sagement la République des Livres, l'impétrant allait  sniffer de la coke sur le capot d'une voiture aussi parisienne que reconnue...

 

Bref. 

 

Je veux donc tourner la page, et pour  poursuivre avec délices les mésaventures de Lucien, il me faut le tome deux de l'édition de poche : et là, patatras ! 


Vous vous rendez compte ?

 

J'ai perdu mes Illusions ! 

 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 12:03

En ce moment, je divague pas mal sur les images. Clopin me regarde d'ailleurs d'un air inquiet : il est plutôt pragmatique, et si je ponds des scénarios nécessitant trois cent personnes pour réaliser une  scène, il risque de freiner des quatre pieds...

 

Mais il devrait se rassurer, car mes élucubrations passent toujours, d'abord, par de simples mots. Je les trouve bien plus rassurants, bien plus réels même, que ce que l'on peut faire dire aux images. Tenez, ce petit film (comme par hasard, il dure quatre minutes !) est un très bon exemple de la manipulation possible. Certes, c'est admirablement filmé, dans ce style que les frères Cohen ont inauguré et qui devient la marque de notre décennie cinématographique : à savoir des cadrages géométriques, des couleurs primaires qui jouent  sur les oppositions, de lents mouvements de caméra qui font ressortir la structure physique des objets filmés (ici les épis de blé), le tout nappé de références si bien incrustées dans nos rétines  qu'elles fontionnent à tous les coups - Hitchcock en tête, bien évidemment, mais  "shining" ou encore l'exorciste" ne sont pas loin non plus, dans le traitement de la montée du suspense. La pirouette finale m'a emportée dans des abîmes de perplexité : j'ai eu envie de courir me réfugier dans ces bons vieux mots, qui ne vous jouent pas des tours pareils, eux... 

 

Allez, je vous la joins, cette vidéo qui devrait nous faire à tous froid dans le dos. Non à cause de ce qu'elle montre (encore que), mais à cause de ce qu'elle prouve : l'imprégnation de notre inconscient par ces foutues images, aussi menteuses que des miroirs !

 

 

10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 14:39

Ca y est, je me sens rentrée. Il m'aura fallu pas loin de deux semaines, cependant, pour digérer mon dernier voyage, si près si loin - quand on pense que la famille de Féllix Leclerc est partie, voici quelque trois cent ans, de Dieppe (soit à 30 bornes de chez moi), et qu'il m'a fallu faire tout ce périple pour comprendre vraiment la signification de la fameuse chanson de l'alouette en colère...

 

Mais voilà, je suis rentrée, et il me faut vaincre mon inertie vacancière afin de me remettre à mes travaux. J'ai deux fers au chaud : mes "Vies de Jim", qui, à la cuisson de mon pauvre cerveau, ont réduit considérablement. Le roman envisagé au départ se transforme en simple nouvelle. Une grosse nouvelle, mais un tout petit roman. En fait, je ne sais pas faire long... même pour rendre compte d'une vie... L'autre fer est la note d'intention-synopsis-élucubrations autour d'un nouveau petit film documentaire, de quatre minutes. Mais là, je dois encore rassembler mes esprits, si souvent égarés...

 

Et les quatre boules de poils, me demanderont les visiteurs attentifs aux titres de ce blog ? Eh bien, elles sont le résultat des amours illicites de notre chien, dont la disparition nous avait tant inquiétés il y a quelques mois. Le résultat de ces amours-là est un quatuor de chiots, tous plus attachants les uns que les autres. Clopin va tenter de les photographier, si leurs maîtres nous concèdent leur droit à l'image... Et je dois me contraindre à ne pas craquer, devant ces tout-petits 'Punchs, qui semblent aussi sympa que leur bonne pâte de géniteur ! 

 

 

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