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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 20:54

(merci Nicole Garreau !) 

 

 

 

 

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SCOOP : LE PAPE A ENFIN AUTORISE LES PRESERVATIFS !!! (même pour les poireaux !) 

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 18:14

J'm'en vais, mon cabas à la saignée du bras, voter Martine Aubry dimanche prochain. Non que je sois socialiste, hein. M'enfin c'est la seule du lot qui a exprimé une intention claire de sortir du nucléaire. Et puis j'appartiens, peu ou prou, au "peuple de gauche"...

 

Donc, j'aimerais assez que l'on cessât de sonner les Martines...

 


4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 10:16

Déjà que j'attends avec une certaine appréhension son discours sur l'écologie - parce qu'il y aura sans doute là un hiatus pour l'hédonisme, qui est la théorie philosophique qui me plaît le plus, et dont Michel Onfray s'est fait le chantre, ce qui n'est pas sans m'inquiéter.. Mais alors, sur le féminisme, il n'est pas piqué des hannetons non plus notre philosophe !

 

Sa dernière chronique du mois d'octobre 2011  présente un "nouveau féminisme" (qu'il aurait, lui, Michel Onfray, déjà défriché dans son livre "le souci des plaisirs"), qui se définit ainsi   :

 

"Sonya Barnett (qui) fonde ainsi un nouveau féminisme   a voulu réagir au lieu commun supposant que le viol des femmes est provoqué par leur tenue. Autrement dit : le criminel sexuel n’est ni responsable, ni coupable, en revanche, le décolleté ou la jupe courte d’une femme, si. Sonya Barnett est une lectrice attentive de La salope éthique, un magnifique titre oxymorique qui n’est pas traduit en français. Cet ouvrage de Dossie Easton & Janet Hardy a été publié en 1997. Best-seller, il est « devenu le manifeste des partisans d’une sexualité libre, déculpabilisée et morale ».

 

 

La salope éthique est amoureuse, mais elle vit des relations multiples. Pour éviter l’inévitable souffrance du partenaire, elle met en place une éthique de la prudence qui évite autant la transparence sartrienne que le silence petit-bourgeois. Elle suppose une pragmatique concrète, par exemple, une vie de couple, mais dans des appartements séparés. Ce texte se propose de réhabiliter le plaisir sexuel qui fait des vagues même, et surtout, parmi les féministes dont certaines sont prudes, communient dans la haine des hommes pensés comme des agresseurs sexuels par principe, méprisent les jeux amoureux entre égaux des corps sexy, ludiques et joyeux, etc."

 

Avant de présenter ce "nouveau courant féministe" (? euh, nouveau, sûrement pas, si j'en crois mes souvenis, m'enfin...), Michel Onfray commence sa chronique par une charge ironique sur, je cite :

 

"Quelques bourgeoises qui s’ennuient à Paris ont décidé de se dire féministes comme sur un coup de tête on va prendre un thé et manger des macarons chez Ladurée. Entre deux bouchées sucrées, on brise des lances et on refait le monde : « inadmissible que le masculin l’emporte sur le féminin… dans la grammaire ! Faisons donc la révolution » disent ces dignes descendantes de Louise Michel ! Désormais on parlera de professeure, d’auteure, de réalisateure, de sénateure, et passim. Nouvelle lubie, il y a peu, il s’agissait d’en finir avec « Mademoiselle ». Nouvelle révolution… Ce féminisme médiatique fait honte aux femmes – en même temps qu’il doit faire la joie des hommes : tant qu’ils n’ont que ce genre d’adversaires, ils peuvent continuer à dormir sur leurs deux…"

 

Eh bien, vous savez quoi, Michel Onfray ? Je vous trouve un peu court, jeune homme. Comme on ne peut dialoguer directement avec vous, je m'en vais simplement égrener ici même quelques réflexions, basées sur une réalité vécue par votre humble servante.... Et qui fait que je ne peux vraiment pas apprécier ce texte provocateur, si bien dans votre manière... Vous me direz que c'est parce qu'il touche précisément son but qu'il m'irrite, et que lorsque Michel Onfray tape sur des cibles qui ne me concernent pas directement, mon adhésion lui est bien plus facilement acquise ? Eh bien, il n'empêche qu'à mon tour, j'ai envie de dire deux-trois évidences, histoire de les rappeler. 

 

UN - le féminisme en France ne s'est pas borné à un "coup de tête de bourgeoises parisiennes", mais a été un mouvement en profondeur, une lutte qui a tenté vaille vaille de s'organiser, une bataille du pavé, un mouvement qui a enfin fait surgir l'idée, occultée par  tous jusque là, que le "privé est politique", et qui a forcé le gouvernement de l'époque (la fin des années 70) à prendre des mesures concrètes, notamment législatives et  sanitaires. J'en étais. Je me souviens d'avoir détalé devant des CRS qui, bourgeoises ou pas, femmes ou pas, nous bombardaient de gaz lacrymogènes, pendant que dans le palais de justice de Rouen se déroulait le procès du professeur Duval, sinistre calottin anti-avortement. J'ignore absolument la boutique "chez Ladurée", et je m'en tape.. Quant à la lutte sur la féminisation du vocabulaire, non seulement elle permettait de "'mettre au jour" le continent noir de la présence féminine au monde, mais encore elle n'était qu'un volet mineur d'une constestation bien plus profonde, radicale, et changeant le monde à tout jamais.  Mes souvenirs de luttes féministes sont d'une bien autre portée, et Michel Onfray m'insulte en rapetissant cette époque au dérisoire qu'il décrit.

 

 

DEUX - Les thèses de Sydney Barnett, pour séduisantes qu'elles soient et remarquablement conformes à mes propres aspirations (et à une certaine époque de ma vie), doivent cependant être tempérées. Car elles font l'impasse, à mon sens, sur les différents "temps" qui rythment la vie d'une femme, telle qu'elle se construit, et dont une Simone de Beauvoir tenait compte, elle. Non, on n'est pas simplement, dans une vie de femme, éternellement en proie à la question du rapport à sa sexualité : on existe en tant que petite fille, en tant que mère aussi, en tant que personne âgée. Le discours de Barnett est bien trop étroit pour rendre compte, philosohiquement, de l'expérience d'être une femme au milieu du monde. 

 

TROIS - Là, nous touchons le grotesque. Afin de démontrer que ce n'est pas la mini-jupe ni le décolleté qui provoquent les viols (et, excusez-moi, mais on a pas attendu Mme BARNETT pour le savoir, l), des manifestations, je recite l'article d'Onfray " une « Marche des Salopes » (qui)réunissait au Canada, puis dans soixante-dix villes du monde entier, des défilés de femmes avec minijupes, talons aiguilles et décolletés." ont été organisées. 

 

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j'ignore réellement qui a organisé ces "marches", si chaleureusement saluées par MO; Je les trouve, moi, bien pauvres, indignes, imbéciles : car la véritable liberté des femmes commencent par la liberté de mouvement. De tous temps, les "modes" féminines cherchent à entraver leur liberté. Pour moi, le talon aiguille, les tenues trop ajustées, l'incroyable spohistication et la platitude, la normalisation outrée, le code rigidifié à l'extrême  de la "beauté occidentale" sont exactement de la même nature que les pieds mutilés des chinoises, que l'obésité entretenue des femmes de harem, que toutes ces sortes de "féminité"  imposées, et qui, comme par hasard, RESTREIGNENT TOUS LA LIBERTE DE MOUVEMENT.... Dans quel monde vivent donc ces femmes, qui font semblant de choisir librement ce qui est en fait le symbole même de leur asservissement aux fantasmes masculins de domination ? Quelle victoire, de croire qu'on revendique une liberté sexuelle authentique, en arborant les accessoires des poupées Barbie ! Et, encore une fois, quelle réduction de la vie des femmes à une période d'activité sexuelle intense, alors qu'être une femme, c'est subir, encore aujourd'hui, non seulement des tenues qu'il conviendrait de brûler plutôt que d'afficher (et là encore, Onfray devrait se souvenir des filles qui brûlaient leurs soutifs... ), mais une série de discriminations, allant du berceau à la tombe

 

QUATRE : la pensée de Michel Onfray est ici si pauvre, et le "nouveau mouvement" auquel il rend hommage  est si réducteur et si auto-complaisant, sans compter le contresens complet sur le mot "féminité" (qui ne se réduit ni à une paire de talons aiguilles ni à une apparence fondée sur ce qu'il y a de plus pauvre dans l'esthétique occidentale, si normatée, si indigente !) , que cela me navre - pauvres revendications d'une  saloperie "étique", oui, ignorant que la beauté et la force des femmes vont bien au-delà des colifichets de la mode occidentale, et d'une soi-disant "saloperie" (c'est-à-dire appétit sexuel) assumé. De la petite fille qui a osé réclamer un divorce à dix ans, à la splendide beauté des saris indiens (par exemple),  des vêtements qui laissent toute la liberté de mouvements aux femmes contrairement aux talons aiguilles (*) et aux burkas, Onfray passe décidément à côté des vraies problématiques de la lutte des femmes. 

 

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(*) : et pour détaler devant des crs, je déconseille formellement les talons aiguilles et tutti quanti...

 

 

 

 

3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 12:09

 Des films de Jane Campion,   qui m'ont bien évidemment attachée corps et âme à l'oeuvre de cette femme, "un ange à ma table" reste l'un des plus fascinant. C'est sans doute à cause de lui que les livres de Janet Frame foisonnent à ce point sur mes étagères -  le film est en effet une très fidèle adaptation de l'oeuvre de l'écrivaine, diagnostiquée à tort comme schyzophrène au début de sa vie. "Un ange à ma table" est en tout point remarquable, mais la scène la plus frappante, qui m'a marquée plus que je ne saurais dire, n'est pas écrite dans  le livre - et éclaire en trois plans la douleur de l'absence. 

C'est le moment où l'héroïne revient dans sa maison natale, commence à ranger et trier les affaires, et tombe sur les chaussures de son père défunt. Figurez-vous qu'internet me permet de l'inscrire ici, cette scène qui, pour une fois,  me voici  obligée de l'admettre,  m'apparaît comme au-delà des mots (ce que je rencontre rarement !)  - elle est ici très fugitive, mais, malgré sa rapidité,  sa force me semble rester intacte. Contrairement à moi, qui n'en sort certes pas intacte !!! 

 

 

 

 

 


2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 21:27

La chronique de Michel Onfray d'octobre 2011, lue à l'instant,  me fait mousser le cervelet à tel point, les idées y arrivent en se bousculant et jouent tant des coudes que je n'en peux mais. Ce dimanche a été ensoleillé, amical et piscineux, copieux et libationneux à souhait : bref, fatiguant. . Tant pis pour les salopes éthiques : je m'en vais me coucher. 

 

N'empêche que, dès demain, à l'heure où blanchit la campagne, je m'en vais essayer de trier un peu tout cela...

 

bonne nuit à tous et toutes

 

Clo

 


 

30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 09:49

Aïe ! Le prof de philo, qui jusqu'ici avait une sacrée cote aux yeux du jeune homme nommé Clopinou, vient d'un seul coup d'un seul de déchoir, à savoir qu'il a un peu désespéré Billancourt, dirons-nous. 

 

Ca a déclenché une assez jolie tempête dans un verre d'eau, avec un Clopinou qui me brandissait sa copie sous le nez, mi-vexé comme un pou, mi-abattu. 

 

En fait, d'après ce que j'ai compris, le prof a noté toute la classe, comme un seul homme, entre 10 et 13. Clopinou, habitué à caracoler en tête, s'est retrouvé ainsi dans le peloton. Le premier du peloton, certes, avec son 13. Mais dans le peloton quand même. Or, il est plutôt habitué aux échappées... 

 

Perso (mais chut, faut pas le dire), je savais bien qu'un jour ou l'autre, dans les études ou dans les amours, on se prend des râteaux, et qu'il faut savoir les surmonter. Mais je ne peux le faire à la place du Clopinou, qui, marchant de long en large, ressassait son dépit. 

 

Il   gémissait  : "tu te rends compte, j'ai mis mon maximum et je n'ai qu'un point de plus que X, qu'est une grosse nulle de chez nulle".  "ça  sert à quoi, que j'ai fini sur une super citation de Rabelais, alors que X elle a raconté un truc minable sur les "S" qui devraient être en "L" et même que j'avais parlé de la subjectivité et que je suis sûr que X elle ne sait même pas ce que ça veut dire et le prof il a même pas VU que j'avais soigné les phrases, et que ça coulait bien et que j'avais déroulé un raisonnement mais alors ça sert à quoi de se casser le cul si le prof il le voit même pas ?"

 

Il s'accablait : "En plus j'étais à mon maximum je te jure j'étais vraiment à mon maximum et le texte je l'avais parfaitement compris et le prof il me note  que je l'ai juste "assez bien appréhendé" assez bien tu te rends compte "assez bien" ! et il est sincère le mec ça veut dire qu'à ses yeux je ne suis 'qu'assez bien" quand je donne tout... Alors si c'est comme ça j'ai vraiment aucune chance d'y arriver et donc ma vie elle est foutue là. (comprenez : je n'aurai jamais 17 de moyenne générale au premier trimestre...)

 

Il se révoltait : "Mais qu'est-ce que c'est que cette matière à la con où les profs ils notent comme ils veulent y'a même pas de barème on croit rêver là on ne sait même pas sur quoi ils jugent parce que pour mettre 12 à X faut vraiment avoir de la merde dans les yeux X son rêve c'est de passer à la Star'ac et sa moyenne gé l'an dernier c'était 8 et elle fait vingt fautes d'orthographe par mot,   alors tu vois de toute manière dans ces conditions ça veut dire que je ne comprendrai jamais rien à la philo et c'est tout "

 

Il me mettait dans le coup : "Quant à toi si tu crois que je ne le savais pas que tu voulais que j'aime la philo ben autant te dire que tes rêves bleus de me voir prof de philo tu peux carrément les oublier et t'asseoir dessus moelleux hein, parce que 13 seulement alors que je me suis déchiré ben c'est honteux ou alors je suis un con, voilà je suis un con, et d'abord je ne me casserai plus jamais le cul pour une matière aussi débile et tu m'as carrément menti en me disant que ça allait être le pied et la philo ça sert à rien qu'à baisser les notes et voilà." 

 

J'ai pris ça avec calme. N'avasi-je pas pressenti le coup arriver ? Ici même, certains de mes visiteurs, pleins de bienveillance, n'avaient-ils pas tenté de pondérer mon enthousiasme, en me remettant gentiment à ma place ? Le prof de Clopinou, tout bêtement, n'avait-il pas fait exactement de même ? X avait fait l'effort de trouver des exemples dans sa vie quotidienne,  X avait "pensé par soi-même", Clopinou avait étalé de la culture générale : le prof en avait certainement tenu compte. Et puis il ne voulait décourager personne, c'est pour ça que les notes étaient très rapprochées, et on ne POUVAIT PAS avoir une excellente note en tout début d'année voyons. Et même si dans l'autre terminale ES il y en avait une qui avait eu 15,  ça ne voulait pas dire que son 13 à lui était nul à chier, enfin, voyons, voyons.  Et puis une classe de terminale S, j'en étais désolée mais c'était la vérité, ben pour un prof de philo c'était... un peloton, un peloton ignorant qu'il fallait entraîner pour le Tourmalet et, qu'il le veuille ou non, Clopinou allait devoir en passer par un peu d'humilité (ce qui, pensais-je in petto, ne pourrait pas trop lui faire de mal...). Peut-être, tout simplement, le prof avait-il vu ce qui était un peu vrai : à savoir que le  Clopinou se la pétait un peu ?

 

Clopinou a enfin mis son dépit à feu doux, et  pris une résolution. IL  "tenterait encore le coup" (à savoir, il mettrait  toute son énergie et toute son intelligence en oeuvre) pour le second devoir. Mais si le prof persistait à ne pas le trouver à la hauteur, eh bien... Adieu, veaux, vaches, cochons, couvées. Il "ferait de la merde", c'est-à-dire qu'il n'en ferait pas plus que X, hein, "en dix minutes il te torcherait ça" et basta. De toute manière, la philo, dans ces conditions....

 

(et c'était reparti pour un tour, et patali, et patala).

 

Bon, j'ai sauvé les fiches, même si P. trouve qu'elles ne valent pas un pet de lapin, j'ai été commander "introduction à la philosophie" de Karl Jaspers sur internet, je laisse Clopinou se démerder... Mais j'irai quand même allumer  un cierge (virtuel)  à Sainte Rita, quand le rendu du deuxième devoir va arriver. 

Et puis quoi ? Y'a d'autres boulots que prof de philo dans la vie, pas vrai ?  

 


29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 08:26

Bon, alors je ne vais pas vous faire ici tout un pavé sur "Terre de Liens", sachez juste qu'il s'agit de redistribuer les cartes d'attribution du foncier agricole - j'ai adhéré et contribué, par ma modeste obole, à ce qu'un jeune agriculteur ouvre une ferme bio dans le Nord, de toute manière si vous voulez en savoir plus vous n'avez qu'à cliquer ici. 

 

Sauf que la manifestation prévue  samedi prochain, là :

 

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m'interpelle quelque part, pour parler comme dans les années 80. Pour des motifs purement égoïstes, voire égocentriques, bien sûr. M'enfin une marche qui se déroule entre l'Abbatiale de Bernay et Brionne, avec halte à Serquigny, comment vous dire ? On va dire que pour moi, c'est plutôt ciblé... C'est ça : je suis une sorte de coeur de cible, là. 

 

Quand j'étais petite fille, et que j'accompagnais tous les samedis matins ma mère au marché... ah, faut vous expliquer un peu, d'abord, ce qu'il en était :

 

A Bernay, le  marché, éclaté, se déroulait à quatre endroits différents, dont le plus remarquable se situait dans les halles en face de l'église Sainte-Croix. C'est là qu'on vendait les animaux vivants :  les volailles, les lapins, voire les cochons. Ma mère évitait généralement de passer par là , surtout quand mon frère D. nous accompagnait. Mon frère ne supportait pas de voir les animaux en cage, je surenchérissais, et nous ramenions ainsi, à la maison, un certain nombre de bestioles diverses, obtenues par toutes sortes de pressions allant des machoires serrées de la douleur intense (mon frère D.), aux yeux brillants de larmes et aux soupirs soi-disant étouffés (votre servante). Ma mère, qui avait le coeur sensible et était bon public de nos jeux de scène (d'autant que ces derniers reposaient sur la plus parfaite sincérité), avait la faiblesse d'y souscrire. Et nous voilà parcourant les rayons où de braves fermières, assises derrière leurs cages, vendaient placidement leur basse-cour, tentant "d'en sauver au moins quelques uns"... Cela ne nous a jamais empêché, notez bien, de nous battre pour déguster le poulet dominical, chacun convoitant le blanc et dédaignant les ailes...

 

Les poussins, les lapereaux, les chatons évidemment (mais ces derniers étaient donnés), la faune envahissait la maison... Je me souviens d'un lapin blanc qui passa ainsi un certain temps sur le tas de charbon, dans la cave (ainsi, il éloignait un peu les trop grands risques de tripotage, car de blanc qu'il était, il vous couvrait les mains d'un noir charbon), d'un nombre approximatif de poussins (au grand plaisir des chats du voisinage), de tas de bestioles que ma mère, résignée, se contentait de cantonner dans le jardin (mais nous les ramenions dans nos lits, dès qu'elle avait le dos tourné). 

 

C'était vraiment un petit théâtre, que ce marché devant le porche de l'église, dans la représentation hebdomadaire était ponctuée triomphalement par l'arrivée de la calèche de Monsieur de Broglie, qui sortait son attelage tous les samedis. Une belle voiture légère, un cheval nerveux, luisant et magnifique. Je me revois encore, une main dans celle de ma mère, mon frère D. à côté portant une cage dans laquelle trois poussins piaulaient à qui mieux-mieux, admirant l'hobereau (car il jouait à en être un) descendant de son "tilbury" (c'est ainsi que notre mère nommait sa calèche) devant l'église. Ce qui m'impressionnait le plus, c'étaient ses gants blancs, et cet air affable de celui qui vient en voiture à cheval pour son plaisir, n'est-ce pas, puisque possesseur d'une superbe DS(entre autres) les autres jours de la semaine. 

 

Ma soeur aînée fut nommée institutrice à Serquigny. Le premier jour où nous allâmes voir comment elle était installée dans son logement de fonction, nous avons suivi une route qui longeait les grasses prairies, les cours d'eau qui affleuraient la terre, signalés par la double rangée de têtards... C'était un paysage rural qui respirait la prospérité, et j'entends encore la voix de ma mère nous signalant qu'à gauche, qu'à droite, ces champs-là appartenaient tous  à la famille de Broglie, et que nous allions bientôt passer devant les grilles fermant le chemin qui montait au château. "Quelle âme est sans défaut" ? Disait Rimbaud. Je ne garantis certes pas la mienne, mais je me souviens de n'avoir pas aimé le son révérencieux de la voix de ma mère, parlant des De Broglie (prononcer "debreuille"). Pas plus que mon frère D. ne souffrait de voir un poussin dans une cage, je ne supportais d'entendre ma mère ainsi respectueuse,  justifiant une supériorité "naturelle" de cette famille-là. 

 

C'est peut-être à cause de ce tilbury, de ces gants blancs, de ce sourire planant au-dessus de la foule inférieure et tétanisée des ploucs du coin, de la voix de ma mère flûtant son respect, que j'ai une furieuse envie d'aller marcher pesamment, le plus pesamment possible,  de Bernay à Serquigny puis Brionne, pour réclamer une autre distribution du foncier agricole ? 

 

 

LIEN VERS TERRE DE LIENS ET LA MANIFESTATION DU 30 SEPTEMBRE...    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 12:40
Il a tant et tant plu : on se disait qu'il n'y aurait aucune trève, aucun répit, entre cet été-là, qui portait si mal son nom, et les mois noirs, qui endeuillent le pays dès novembre. Et puis... Une journée de soleil, puis deux... Les fruitiers qui cassent sous leurs branches surchargées, jusqu'aux rosiers qui refleurissent... Quant aux asters, dont c'est la pleine saison, ils déclinent en mauve et jaune, éperdument, le mot "profusion".
Nous ne sommes pas les seuls à tourner nos têtes vers ce tardif soleil. Quand je pense que cette année, je n'ai pas eu besoin d'attacher au plafond de la cuisine ces hideux rubans de glu, où viennent périr les mouches. Quand au joli globe que l'on place d'habitude en fin de table, les soirs d'été, et qui dissimule sous sa sensuelle courbe un piège mortel pour les hymenoptères, c'est bien simple : je ne l'ai même pas sorti de l'armoire. 
C'est vous dire que les insectes aussi ont besoin de se rattraper, et, les bougres, ils n'y manquent pas ! Le bruyant  buisson d'asters est aussi ardent  que celui qui parlait à Moïse. Et les papillons, si rares au mois d'août, en ont fait leur base principale de ravitalllement, dans l'été finissant.
Il fait si beau que si je ferme les yeux, le bourdonnement du buisson me rappelle la chaleur de l'Espagne. Les couleurs des papillons, quand je les rouvre, me renvoient aux tenues andalouses, et leur envol ressemble aux frémissement de mantilles dentelées... Je suis si gourmande de ces plaisirs-là que j'ai été chercher la caméra, l'ai plantée devant Clopin et l'ai sommé de recueilir l'instant fugitif, empli de ces plaisirs, histoire de les prolonger et les partager un peu. 
Hélas, pour inclure une vidéo sur ce blog, il faut le compresser et utiliser  daily motion, et donc perdre 50 % de la qualité des images. Ce qui désoblige Clopin, si attentif à la définition des images, même si ma myopie, elle, s'en accommode. Bon, vous pouvez toujours cliquer ici pour voir un peu mieux les images, notez...
Et puis, il s'agit  d'un simple plaisir sensuel, n'est-ce pas : ne le boudons pas, tant pis s'il n'est que l'ombre du bonheur ! 
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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 16:41

On fait des fiches. Des tas de fiches. Une par texte lu, une par auteur. On pille Wikipédia, sans vergogne. On se permet de remettre en cause la théorie de l'inconscient freudien, en s'appuyant sur Alain (à ma droite) et Sartre (à ma gauche). On a probablement raison, contre sa mère, dans l'interprétation de phrases spinoziennes telles que "d'où vient que, des choses accomplies, ils veulent toujours savoir les causes finales, et rien qu'elles, et quand on les leur a dites, ils sont contents : ils n'ont plus alors raison de douter". On n'arrive pas bien à prononcer "Leibniz", mais on le préfère secrètement, car plus simple à comprendre, que Descartes.

Bref, on s'amuse comme des petits fous. Et en prime, on se passe en boucle les Monthy Python (merci Dexter) :

 

 
22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 10:46

Entendu hier à la radio : une grève des personnels de l'hôpital d'Evry. Figurez-vous que les travaux de construction du nouvel Hôpital, "confiés" au groupe Eiffage, se révèlent fort mal menés, d'où des contribuables franciliens du sud fort malmenés, d'où des personnels sanitaires en colère, d'où des grèves, d'où, in fine, encore un peu plus de souffrance dans ce bas monde....  

Bon, je ne vais pas revenir sur cette enième affaire, mais simplement en profiter pour revenir à cette curieuse dénomination : le PPP, ou partenariat public-privé, qui dans le naufrage général de l'affaire d'Evry, apparait comme un des responsables.

 

Or, si vous interrogez n'importe qui sur ce qu'est un PPP, je vous défie de recevoir une réponse un tant soit peu cohérente.  

 

Le problème, c'est l'ignorance absolue des français, leur indifférence voire leur mépris pour les mécanismes d'administration générale de notre  beau pays. A part les plaintes pour des réglementations toujours plus lourdes, et ressenties comme absurdes (plaintes souvent justifiées, certes) , les exemples (nombreux) d'inefficacité et l'unanime récrimination (soigneusement entretenue par le gouvernement actuel) contre ces privilégiés de fonctionnaires qui ne regardent que la pendule quand ils arrêtent de ne rien faire, je défie quiconque de me dire comment, pourquoi, et à qui reviennent les différentes tâches qui permettent de réguler un pays. 

 

Et pourtant : " Le premier objectif de la gouvernance est d’apprendre à vivre ensemble et à gérer pacifiquement la maison commune "

 

Dans cette perspective, les PPP sont une aberration, pire encore : une faillite du système administratif français, qui, malgré les railleries et les insuffisances, avait largement démontré sa solidité... Avant que l'hyperlibéralisme ne vienne, armé de ses gros sabots, piétiner ce qui fut, depuis Colbert, une des forces et non la moindre de la cohésion nationale : à savoir une administration efficace et soucieuse de l'argent public. 

 

Le PPP n'est rien d'autre, en fait, que la manière de détourner la législation qui encadre les marchés publics. Bon, pour ceux qui n'y comprennent que pouif ou qui s'en battent le noeud, les marchés publics, c'est ce qui permet aux représentants du peuple, élus démocratiquement, de procéder à des achats. Tout simplement.

 

 Prenons quelques exemples. Un Maire, un Président de Conseil Général ou Régional, de Communauté de Communes, de SIVOM, ou tout autre organisme public, est missionné par son organe délibératif pour acheter du Papier Toilette pour les chiottes où ses fonctionnaires vont se soulager, une voiture  pour son Directeur Général des Services (bling bling, hein, la bagnole,  sinon ce dernier va aller se vendre au privé, non mais) , de construire une maison de retraite, une crèche, ou un hôpital. 

 

Il devra en passer par des marchés publics, c'est-à-dire par une mise en concurrence des différents  architectes qui vont pouvoir lui dessiner son futur hôpital, ou des différents vendeurs de papier cul pour ses chiottes. Mise en concurrence réglementée, cette réglementation se voyant tous les six mois modifiée d'une manière ou d'une autre (délais rallongés ou raccourcis, seuils définissant les différentes procédures augmentés ou rabaissés, bref, cuisine interne visant souvent à essayer de suivre les recommandations européennes ou simplement à donner de plus en plus de pouvoir aux élus, en diminuant le rôle d'arbitre et de contrôle de l'etat). 

 

Je sais, vous allez me demander mais pourquoi bon dieu fichtrebordel de merde je m'intéresse à tout ce fatras... C'est que ce fatras, voyez-vous, restait quand même le garant d'un principe à la fois simple, rationnel et rassurant.

 

A savoir que l'argent du bon peuple était géré par les représentants de ce bon peuple. (1,2,3)

 

Oh, ce n'était  pas que ces représentants brillassent par leur pertinence, leur efficacité, leurs compétences voire leur honnêteté, hein. C'est que c'était tout simplement eux qui prenaient les décisions d'achat, dans le cadre de la réglementation des marchés public. Les célèbres "Commissions d'Appel d'Offres", c'étaient eux. Les Maîtres d'Ouvrages Publics, c'étaient eux. Une fois que l'organe délibératif avait pris la décision de pourvoir les chiottes de PQ ou de construire un hôpital, il y avait forcément des élus, démocratiquement élus, qui se réunissaient, écoutaient les rapports d'appel d'offres établis par leurs fonctionnaires, embauchaient les cabinets d'étude, les architectes, signaient les marchés avec les maçons et les  devis des fournisseurs, bref, GERAIENT LA BARAQUE.

 

C'en était évidemment trop pour un régime libéral. Voyons, voyons, le système français imposait déjà que celui qui signait les devis (l'élu qui, en Commission d'Appel d'Offres, choisissait le maçon pour rénover le mur de l'école qui se pétait la gueule) ne soit pas  le même que celui qui payait la facture (le Trésorier Municipal, mandaté pour le faire, c'est ce qu'on appelle la séparation entre l'ordonnateur et le comptable, un des principes fondamentaux de l'utilisation de l'argent public).

 

 C'en était trop.

 

Et hop. Afin de ne pas avoir à suivre la réglementation des appels d'offre, et de contourner le principe de la séparation de l'ordonnateur et du comptable, on a inventé, en 2007, le PPP. Pas de Pitié pour le Public, quoi.

 

On supprime tout cet ennuyeux et rébarbatif dispositif, pour que l'argent aille où il doit aller : dans la poche des copains du privé...

Faut construire un hôpital ? On décide que c'est urgent, et compliqué. Tellement urgent que les délais légaux des appels d'offres (laisser sept semaines aux entreprises pour soumettre un devis, entre autres) sont bien trop longs. Tellement compliqué que les élus sont incapables de disposer des services compétents pour les aider à prendre leurs décisions (aucun fonctionnaire ne saura leur expliquer pourquoi le PQ moltoné triple épaisseur est plus moelleux mais donc plus cher que le PQ fleur de cuvette en papier recyclé gris).  

 

A la place, les élus vont signer un Partenariat Public Privé qui leur ôtera tout pouvoir décisionnel. Ce ne seront plus eux qui vont choisir l'architecte, les boîtes de constructions, les conducteurs d'opération, la couleur du PQ, etc., etc. Ce ne seront plus eux qui vont signer les devis. Ce ne sera plus le Trésor Public qui paiera tous ces braves gens, par virement administrif. Il n'y aura plus ces ennuyeuses commissions d'appel d'offres sensées faire respecter la concurrence (qui, je vous le rappelle, en économie libérale, est considérée comme LE SEUL ET UNIQUE PRINCIPE ABSOLU de régulation sensé nous séparer des crocodiles, je veux dire des ententes illicites et autres presse-citrons). 

 

Ce qu'on va faire, c'est qu'on va signer un partenariat : moi, puissance publique, je vais confier tout le toutim à un seul partenaire. C'est ce partenaire qui va faire le boulot, qui va embaucher et payer les entreprises (comme par hasard, ce seront ses architectes et ses propres ouvriers que ce "partenaire" va utiliser, plus quelques roumains  non déclarés via ses sous-traitants peu scrupuleux, ce qui gêne forcément un peu un élu, oh, un tout petit peu mais quand même, alors que le privé, lui...) , qui va gérer le bâtiment pendant X années, qui va donc contourner et le code des marchés et les modes d'utilisation des derniers publics. Les codes des Marchés et de la comptabilité publique, on pourra se torcher avec... (donc la question du PQ est résolue du même coup). C'est beau comme du Wagner, dites donc, ces PPP...

Bien sûr, ça va coûter un peu plus  très cher, mais c'est qu'on est pressé (la construction de l'hôpital, c'est urgent), et incompétent (c'est compliqué un hôpital). 

Ce que ça donne ? Ben, sur les milliers de marchés publics qui se concluent sans encombre tous les ans dans notre beau pays, et qui sont carrément un des piliers de notre économie (combien de boîtes couleraient, sans les marchés publics ?), les plus beaux, les plus juteux, vont être refilés aux copains, comme ça, l'argent public ne fait plus aucun détour avant d'arriver dans les poches du privé qu'on aime, de celui qu'on chérit, de son pote-à-soi quoi. C'est-y pas beau ?

 

Il y a cependant un petit quelque chose qui me turlupine.  Les PPP, nous dit-on dans la loi les autorisant, ne pourront être utilisés qu' à la condition que les opérations visées soient urgentes et compliquées. . Mais d'un autre côté, quand même, la loi exige de monter un "cahier des charges" du PPP, qu'il faut élaborer avec soin, EN PRENANT SON TEMPS. Perso, je ne comprends pas bien : ça urge à ce point, ou non ? Parce que, s'il faut carrément passer autant, voire plus,  de temps à monter son PPP qu'à faire des appels d'offre, je vois pas bien  la cohérence de la Loi, moi.

 

Détail, on ne va pas s'amuser à répondre à ce genre de questions. Passons.  

Vous suivez toujours ? 

 

Donc, le PPP est mis en place. La puissance publique s'est déssaisie de tout : montage des marchés, règlement des factures, gestion à court, moyen ou long terme de l'équipement. Ca a un coup, forcément : une sorte de loyer avec plus-value,  que la collectivité va payer à Bouyghes, Effeiage, ou n'importe quelle grosse boîte capable d'aligner le pognon et l'infrastructure pour réaliser l'équipement. Ce coût sera bien évidemment prohibitif, et ceux qui se frottent les mains, ce sont les avocats d'affaires, quand les conflits vont surgir.  Car il y en aura, et Evry est le premier d'entre eux...

 

Quand, au bout de 15 ans que Bouygues aura fait supporter à la collectivité le prix  d'une prison (ils aiment ça les prisons en PPP) et qu'il y aura un scandale parce que Bouygues négligera de boucher les trous des murs qui se pètent la gueule, au motif que ce n'est pas écrit dans la page 10 du PPP, et que la collectivité va devoir fermer sa gueule, on va bien rigoler. Sauf, évidemment, en pensant à l'argent public ainsi dévoyé... 

 

Je suis désolée d'être aussi emmerdante, mais c'est que, de par les choses de la vie, j'ai été amenée à m'intéresser à ces matières si peu sympathiques, si rébarbatives, si compliquées, qu'il vaut bien mieux que les français continuent à n'y rien comprendre. Après tout, il ne s'agit que de leur argent, et de la manière dont on le dépense... 

 

PS 1 : je ne parle pas, n'est-ce pas, des mécanismes de désignation de ces représentants, car c'est une autre histoire. Je parle du moment où le mal est fait, en quelque sorte. 

 

PS 2 : je ne parle non plus pas, ici, de l'opportunité de telle ou telle décision, n'est-ce pas. Si un élu veut dépenser trois cent vingt millions d'euros pour construire un WC sur la place de la Concorde, ça ne regarde ni la Commission d'appel d'offres, ni le Trésorier. Eux se contentent (ou plutôt se contentaient) de vérifier que le pognon était dépensé suivant les mécanismes qui permettaient d'éviter le maximum de casse... ce qui était d'ailleurs exact. Il y a toujours eu des scandales dans les appels d'offres. Mais quand on songe aux nombres d'appels d'offres conclus annuellement dans ce pays, grosso modo ça allait plutôt bien.

 

PS 3 : autre avantage des PPP : rendre évidemment les fonctionnaires chargées des marchés inutiles , ou au moins  en réduire le nombre . Ces cons de fonctionnaires, voyez-vous, ont parfois à coeur la défense de l'intérêt public. Franchement, vous avouerez ! Au lieu de filer bosser chez Bouygues... Z'ont pas le sens de l'histoire. Virez-moi ça. 

 

 

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