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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 10:22

La sortie du nucléaire, pour moi c'est clair !

Vous aussi, envoyez votre lettre ouverte au PS et à Europe-Écologie Les Verts

Déjà 6637 personnes ont agi. Et vous ?



Marie, merci d'avoir agi à nos côtés en signant la lettre ouverte !

Votre nom apparait désormais sur la liste des signataires (sauf indication contraire) :

Avec nous, faites encore monter la pression d'un cran :

  • Encouragez tous vos contacts à signer la lettre ouverte, en leur transférant le lien :
    http://www.sortirdunucleaire.org/cyberactionPS

  • Téléphonez au siège national du PS, au 01 45 56 77 00. Expliquez votre exigence : le candidat socialiste doit s'engager explicitement pour la sortie du nucléaire. Grâce à vous, nous allons être des milliers à appeler le PS : les oreilles de François Hollande vont siffler !

  • Continuez l'interpellation sur le web !

    Si vous avez un compte Facebook, rendez-vous sur la page de François Hollande, et faites-lui part de votre exigence qu'il s'engage pour la sortie du nucléaire :
    http://www.facebook.com/francoishollande.fr
    Sinon envoyez-lui un message par le formulaire de contact de son site de campagne, qui se trouve en bas de cette page : http://francoishollande.fr/presentation 

    Interpellez également Éva Joly :
    - sur Facebook : http://fr-fr.facebook.com/EvaJoly.fr
    - par le formulaire de contact d'Europe-Écologie Les Verts : http://www.eelv.fr/4710-contact/

  • Votre soutien est essentiel pour nous aider à renforcer nos actions. Si vous êtes imposable, votre don est déductible à 66 % de vos impôts, et un don de 30 € ne vous coûtera en réalité que 10,2 €. http://www.sortirdunucleaire.org/don

Nous vous remercions chaleureusement pour votre implication à nos côtés ! 

Toute l'équipe du Réseau "Sortir du nucléaire"


10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 11:36

Bellérophon chevauchant Pégase éprouvait toute l’ivresse de la liberté infinie : les ennemis vaincus, la chaleur des muscles de l’animal dompté entre ses jambes, le battement des ailes rythmant le ciel entier où se mouvoir, comme de l’eau dans de l’eau. Et c’est sans doute à ce moment précis, où son cœur s’abandonnait à l’orgueil de la force  magique, animale, où sa confiance en lui était la plus absolue, qu’il courait le plus grand danger. : le rire triomphant de l’homme a toujours agacé les dieux.

 

Les mythes sont ainsi faits, qu’ils dévoilent le fil de nos vies –  funambule rime avec somnambule, et  la plus aérienne des rêveuses endormies chutera le plus lourdement.

 

 

 

 

 

9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 10:10

Rien de bien nouveau sous le soleil, je tourne un peu en rond en attendant la mi-novembre, où il devrait se "passer des choses". En attendant, je soupire après des étagères pour mes livres, pendant que Clopin regarde encore une fois  Breaking Bad, "série addictive". L'épisode d'hier au soir  se passe entièrement dans un laboratoire, à chasser une mouche. OUi, quarante minutes à chasser une mouche..C'est vraiment très réussi, car à la fois complètement gratuit, à la limite du hors-sujet, et en même temps cela commence à ressembler à un livre de Samuel Beckett. M'enfin, de là à le regarder plusieurs fois... 

 

Bon, je sais ce qui attire si fortement Clopin vers cette série américaine - la photo y est plus que soignée, chaque plan renferme en lui-même un "point de vue" original, et le tout va chercher ses sources dans le nouveau cinéma américain, genre les frères Cohen. La vision de l'Amérique qui en ressort est particulièrement cruelle, tout comme le ressort psychologique, qui lui fait intensément penser à Dostoïevski, Walter étant un Raskolnikov à rebours (transformation morale, mais avec descente et chute au lieu de rédemption). Si vous y ajoutez le piment "technique" (Walter utilise à fond ses connaissances de chimiste pour provoquer ou dénouer des situations dramatiques), vous voyez bien pourquoi Clopin s'identifie.

 

Evidemment, ça me fiche un peu la trouille - et si Clopin décidait à son tour de breakingbader, ça deviendrait costaud dans le pays de Bray. Alertez les moutons ! 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 11:41

Hier, M. est venu partager un café, une  mandarine et trente minutes de papotage avec moi. J'aime beaucoup M., je ne devrais pas : toute féministe digne de ce nom mettrait  environ une minute trente à découvrir qu'il est un représentant presque parfait du mâle-et-fier-de-l'être... Mais voilà : c'est sa sincérité même, son innocence dans la reconnaissance de ce qu'il est, (un dragueur fini), qui le rendent touchant. 

Il a une manière de dire "j'aime les femmes, je ne pourrais m'en passer" - on entend un petit enfant dans une boutique de bonbons, émerveillé devant les bocaux transparents pleins de couleurs. Dieu sait que je ne trouve pas très plaisant, d'habitude,  qu'on assimile  les femmes à quelque chose de comestible - les blanches biches finissent généralement dévorées par les chasseurs - mais le côté enfantin de la chose lui ôte toute force de menace... M. le sait, s'en accommode fort bien, et utilise cette inocuité comme un charme supplémentaire. 

 

J'aurais horreur d'un enfant qui, de force, viendrait tripoter de ses mains poisseuses les bocaux de bonbons. Mais, tant qu'on ne fait que tirer la langue devant...

 


7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 08:41

Comme chaque année, novembre indique notre entrée dans les "mois noirs"; un peu éclairés par l'anniversaire de Clopin, certes - mais je me méfie toujours du danger à choisir des cadeaux non pour celui à qui l'on veut faire plaisir, mais en réalité, plus profondément, à soi-même. J'ai résisté à l'envie de lui offrir du parfum, ou des livres qui ne l'auraient pas forcément intéressé. Il m'avait indiqué "gitans et tsiganes", avec photos en noir et blanc. J'ai juste brodé là autour...

 

J'espère que cette semaine va être fructueuse, ce qui signifie, chez moi, pouvoir partager mon temps entre l'écriture, la lecture et quelques bonnes conversations, le tout sur fond de surprises musicales et en slalomant entre les tâches quotidiennes. Hélas, rien n'est moins sûr : même  ma visite quotidienne  chez Eric Chevillard me laisse sur ma faim depuis deux jours, ce qui est rare... Quant au morceau de Keith Jarret de ce matin, capté sur France Mu, il m'a profondément navrée : ce "Rio" (au moins le petit bout que j'en ai entendu) n'est que du sous-Chopin. Déjà que je n'aime pas ce dernier... 

 

Chez Onfray, une chronique qui aurait pu être résumée en deux phrases est  délayée en cinq paragraphes. C'est d'un pâteux...

 

Chez Assouline, on parle de Chateaubriand. Pfff ! Vous avouerez...

 

Bon, le pressentiment se confirme :  ce sera donc une semaine de la tartine. 

 

Allez  donc légèrement vous poser  sur un texte quelconque ( les  "dix lignes de madeleine" proposés par les éditions omnibus via le baiser de la matrice, par exemple), en étant ainsi  engluée  dès le lundi matin dans la margarine, vous ? 

6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 14:12

Cela faisait un certain temps que je n'avais pas mis les pieds chez elle. J'ai eu TORT, parce que les récits de Mademoiselle, c'est du costaud. 

Dont celui-ci, écrit après l'intervention de Levaï sur l'affaire DSK, et que je ne résiste pas à copier coller !  :

 

"

La thèse d’Ivan Levaï (et des autres)

Voici l'histoire de la relation sexuelle consentie et non tarifée de 7 à 9 minutes de la suite du Sofitel. C'est une thèse qui me semble tout à fait tenir la route, à moi, personnellement. Surtout depuis que ce matin, sur France Inter, Monsieur Ivan Levaï a asséné un véritable coup de grâce argumentatif : un homme sans couteau ni pistolet NE PEUT PAS violer une femme.

 

Cette thèse contredit donc point par point la thèse d'un viol, en s'appuyant sur des arguments solides tels que :

  • Puisque nous ne pouvons pas imaginer que cet homme commette ce dont on l'accuse ;
  • Puisqu'il dit ne pas avoir commis ce dont on l'accuse ;
  • Puisque même s'il avait commis ce dont on l'accuse ce ne serait pas très, très grave ;
  • Puisqu'il a de l'argent et du pouvoir il n'a pas besoin de commettre ce dont on l'accuse ;
  • Dernier argument en date, donc : Puisqu'il n'avait pas de couteau ou de pistolet pour forcer quiconque à commettre ce dont on l'accuse ;

ALORS, il n'a PAS PU commettre ce dont on l'accuse.

DONC, il s'agit bien d'une relation sexuelle librement consentie.

Voici son histoire :

Il était une fois une femme travaillant dans un hôtel de luxe, comme femme de chambre. Levée de bonne heure, elle prend le petit déjeuner avec sa fille, avant de quitter son petit appartement du Bronx pour traverser New-York afin de se rendre sur son lieu de travail. Son boulot ? Nettoyer les chambres que d'importants hommes d'affaires fortunés fréquentent.

Arrivée sur son lieu de travail, la femme revêt son uniforme : une jupe, un chemisier et des collants. (Ne nous demandons pas ce que faire le ménage en jupe, collants et chemisier, implique, ça casserait le rythme de l'histoire.)

La femme est donc prête à travailler. Elle trimballe ses produits jusqu'à la première chambre. Imaginez une chambre occupée par des individus suffisamment friqués pour ne jamais avoir eu à faire le ménage. Celles et ceux ayant fait ce genre de travail connaissent  les capotes usagées au pied du lit, les traînées de merde dans le fond de la cuvette, la pisse autour des toilettes, les poils, cheveux dans le lavabo, les draps en boule, etc. Toute personne ayant fait le ménage à grande échelle sait qu'il s'agit d'une activité fatigante, impliquant de se plier en deux, de se bousiller le dos, de transpirer comme un veau et de tenter de faire abstraction de la crasse des autres.

Mais notre femme, malgré l'odeur des produits d'entretiens, les cuvettes souillées et tout un tas de cochonneries, semble d'humeur coquine. Même pliée en deux à récurer la merde, courbée à refaire des lits et transpirante dans son horrible chemisier, sa jupe et ses collants inconfortables, elle semble brûlante de désir. Elle enchaîne donc les chambres et le récurage des cuvettes sales, lorsque d'un coup, en entrant dans une énième chambre à nettoyer, le charme opère. Le désir brûlant qui la titillait depuis ce matin explose alors littéralement en elle : elle vient de voir un homme nu. Et quel homme. Dans la douce lumière de la chambre, en cette sensuelle matinée de mai, la silhouette se découpe dans un mélange de grâce et de virilité. Le désir submerge alors totalement notre femme de chambre, devenue incontrôlable. Face à elle, l'homme est troublé par l'effet qu'il produit, bien qu'il soit habitué à cela.

L'étreinte torride va durer entre sept à neuf minutes. Ces deux personnes se sont  donc jetées l'une sur l'autre, fous de désirs. Balançant torchons et aspirateur, eau de Javel et brosse à chiotte, sac poubelle et liquide vitre, la femme a arraché sa culotte et hop là. Ayant chacun un emploi du temps chargé (l'un devant faire tourner le monde, l'autre devant nettoyer la crasse de ceux dirigeant le monde, selon un principe de complémentarité remarquable), ils ont tout simplement assouvis leur désir mutuel. Et oui, figurez-vous que ça arrive.

Quelques exemples :

  • Une infirmière libérale entre légèrement vêtue chez un patient homme, nu, qui ne l'avait pas entendu arriver. Le moment de surprise passé et le désir ardant s'en mêlant, il arrive que l'infirmière et le patient consacrent 7 à 9 minutes à copuler.
  • Le plombier/livreur de pizza/réparateur du câble sonne. Sandy est nue chez elle, attrape une TOUTE PETITE serviette éponge dans la panique et ouvre la porte. Le scénario peut-être identique.

Alors pourquoi pas avec une femme de chambre ? D'ailleurs, la littérature et Internet regorgent d'exemples similaires. Tenez :

Dans cette oeuvre cinématographique, on voit clairement la femme de chambre entrer malgré le fait que la chambre soit occupée (notez le petit signe sur la poignée. La femme de chambre, qui devrait maîtriser ce symbole élémentaire dans son travail, l'ignore pourtant).

 

On la voit également se confondre en excuses devant l'homme presque nu, qu'elle vient de déranger.

POURTANT, quelques minutes plus tard, ils vont avoir une relation sexuelle non tarifée et consentie.

Ce que le réalisateur de cette oeuvre cinématographie explique ainsi :

"Veronica Rayne travaille comme femme de chambre dans un motel mais elle est trop chaude pour ce travail ! Imagine ce qu'il arrive à chaque fois qu'elle trouve un mec endormi dans son lit ! "

Le scénario semble donc parfaitement tenir la route ! Et oui !

Autre preuve étayant cette version, toujours en m'appuyant sur des oeuvres cinématographiques. Celle-ci est intitulée "Il baise la femme de chambre"

"Cette femme de chambre était venue faire le lit d'un client mais ne pensait pas le trouver dedans. Pour se faire pardonner de l'avoir dérangé elle s'offre à lui et se fait ramoner" etc.

Tout cela tient donc parfaitement la route. Il est tout à fait plausible qu'une femme, entre deux activités de nettoyage, se jette, ardente de désir, sur un homme qu'elle ne connaît pas, histoire de tromper l'ennui. On a souvent vu sur les chaînes de grandes usines, quelques femmes se jeter sur le patron, passant par là. Le désir d'une femme peut-être violent, vous savez.

Toujours est-il que l'histoire ne s'arrête pas là. Notre homme étant un personnage important, les choses ne pouvaient pas être aussi SIMPLES.

En effet, derrière lui, tapis dans l'ombre, se tiennent quelques espions russes, bosniaques, islamistes voire quelques extraterrestres (le complot se joue peut-être au delà des limites de notre  toute petite planète ! Je sais que tout cela dépasse votre petit esprit borné, mais c'est POSSIBLE).

La femme, sortant guillerette de la chambre, ravie d'avoir assouvi ce désir brûlant qui la titillant depuis le début de la journée, s'en retourne à ses occupations... lorsqu'un espion l'arrête pour lui proposer de tirer partie de cette affaire.

- Ah, ah, ah ! dit l'espion, surgissant de derrière un plateau repas. Je sais ce que vous venez de faire ! J'ai des microfilms (et oui ! ça se fait encore !)

- Ayez pitié mon dieu ! j'ai honte, mais le corps de cet homme était si... désirable !

- Vous ne perdrez pas votre travail si vous faites ce que je vous dis... vous pourriez même gagner gros !

- (pleurant) d'accord Monsieur l'espion ! tout ce que vous voudrez, mais je ne veux pas perdre mon travail à cause d'un élan de désir !

(on imagine que l'histoire s'est passée dans ce sens là. Sinon, pourquoi l'espion venu du nord aurait-il choisi cette femme pour cette mission ? Si l'opération avait été planifiée avant, il aurait certainement pris soin de choisir une femme au passé moins chaotique.. et la version des faits aurait été apprise par coeur, si bien qu'elle n'aurait pas sensiblement varié).

C'est ainsi que toute l'histoire a commencé. C'est ainsi qu'un homme a perdu ses illusions, sa spontanéité, sa légèreté. C'est à cause de cela qu'il a été vu mal rasé à la télévision, tout ça.

Comme je vous l'avais dit, cette thèse semble tout à fait tenir la route. Si l'on ajoute l'argument de Monsieur Levaï, sur le fait qu'un homme sans couteau ni pistolet NE PUISSE PAS violer une femme... alors comment ne pas être convaincu ?"

 

CQFD

 

 

4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 13:26

Qui peut dire de quelle étoffe sont faits les rêves ?  Salvador Dali ?

 

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En tout cas, quand je rêve du pauvre Jim, comme la nuit dernière,  la trame est souvent identique d'un rêve, ou plutôt d'un cauchemar, à l'autre : il s'agit d'emmener Jim dans une  nouvelle maison, de lui faire traverser des pièces en enfilade, et de le perdre en route. 

 

Je sais en fait de quoi, précisément, il est question : par lâcheté, j'ai refusé de participer aux décisions que Jim ne peut plus prendre, dont l'irrémédiable, le placement dans une maison spécialisée. Il faudra poutant bien s'y résoudre un jour,   à moins de laisser la situation empirer encore et encore. Cette lâcheté m'empoisonne peu à peu, comme une intoxication lente à l'arsenic...

 

Est-ce ainsi que les hommes meurent ?

 

Published by clopine - dans Vies de Jim
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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 08:49

Mes bouddhas de Bamiyan à moi, à  nous, sont LA LIBERTE D'EXPRESSION et la LIBERTE DE LA PRESSE.

 

On pourra faire sauter tous les locaux du monde, ça n'empêchera pas ces libertés-là, qui valent toutes les statues du monde, de s'exprimer (enfin, faut espérer).

 

ALORS 

 

VIVE LA LIBERTE

VIVE CHARLIE HEBDO

VIVE LE CHEVALIER DE LA BARRE ! (tant qu'on y est...)

 

 

 

 


1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:25

J'ai fini la lecture du "Proust" de Samuel Beckett avec des sentiments mélangés. 

 

IL faut savoir que j'ai beaucoup admiré Beckett, non seulement à cause de l'immortel "en attendant Godot", mais surtout à cause de ses livres. Je les jugeais... profonds et désinvoltes à la fois. Oui, désinvoltes. Je me souviens (je n'ai pas l'envie de chercher les références exactes, alors, ce ne seront que des souvenirs approximatifs) d'un début de chapitre, était-ce dans Watt ? Dans Murphy ? Toujours est-il que c'était l'apparition de l'héroïne. Elle débarquait dans le roman, décrite ainsi :

 

"sexe  féminin

taille 1 m 73

yeux bleus

pointure 38

taille 62 cm

poitrine 90

hanches 95

robe en cotonnade bleue

 

Le sexe féminin, la taille, les yeux et le reste entrèrent dans le magasin X en faisant gaiement claquer la porte..." (ou un truc approchant)

 

 J'avais trouvé ça vraiment très drôle, culotté et désinvolte, donc. Pas autant qu'Alexandre Dumas, qui  n'hésitait pas à nommer un chapitre de sa Dame de Montsoreau ainsi : 

"LXXVI

Lequel n'est autre chose que la suite du précédent, écourté par l'auteur pour cause de fin d'année"

 

Mais épatant tout de même. Je m'attendais donc à une désinvolture identique, dans ce mince petit livre (106 pages et demie écrites gros, aux édtions de minuit) traitant de l'océan de la Recherche du Temps Perdu. Cette minceur même m'en apparaissait le signe...

 

Eh bien, pas du tout. Ce livre est tout, sauf désinvolte. Ce n'est pas une "critique littéraire", à proprement parler. Plutôt une sorte de "résumé analytique" - et en fait, toutes proportions gardées évidemment, Beckett fait ici ce que chaque lecteur de la Recherche a envie de faire : décrire sa propre lecture. 

 

En plus, Beckett n'a que 24 ans quand il écrit ce livre. On le sent à la fois armé d'érudition (Vico, Joyce et Dante n'ont plus de secrets pour lui, et il en fera référence en parlant de Proust, au risque de "grands écarts" un peu alambiqués), possédant les clefs du savoir et de l'analyse, et impatient de s'en servir. J'avais presque envie de lui dire, tout en le lisant avec avidité, de ralentir un peu. Il ne sait pas encore, visiblement, que ces merveilleux outils de compréhension dont il dispose, le savoir et l'intelligence de l'analyse, ne sont rien, s'iis ne sont pas mis au service de l'émotion. Il est tellement content de comprendre Proust, de pouvoir en rendre compte, qu'il en oublie de nous dire l'effet produit sur ses propres nerfs, sur sa propre sensibilité. Or, tous les lecteurs de Proust savent bien que c'est là le point d'achoppement. Il est si facile de se perdre dans d'infinies analyses, dans du décryptage, dans tous les paradigmes proustiens qui s'offrent au cerveau comme des corolles déployées - on en oublierait presque d'admirer le chemin. 

Et notre jeune Beckett est tombé dans le piège, j'en ai bien peur. D'autant qu'il fait comme tous les autres, (sauf peut-être les fous absolus genre Tadié ?) : il est devant l'oeuvre de Proust comme devant une toile monumentale, plongée dans l'obscurité d'un musée endormi. Ceux qui viennent la voir portent leur propre lumière, comme les mineurs ont une lampe sur leurs casques. Le faisceau de la lampe rencontre tel ou tel partie du tableau, l'éclaire, certes, mais laisse toujours d'autres parties dans l'ombre. Ainsi, pas un mot, dans le Proust de Beckett, sur les juifs, si cruellement moqués dans le livre, comme si Proust cherchait à éloifner ainsi son propre judaïsme. Presque rien sur l'homosexualité, à peine indiquée quand Beckett parle de Charlus, alors qu'il est le prototype de ce que Marcel redoute tant d'être. Bien sûr, Beckett a capté l'essentiel de la Recherche, et il le livre ici, avec la profondeur requise. Mais ! 

En plus, ce qui n'est pas pour me déplaire, il partage certaines de mes propres opinions, simplement bien plus poussées, bien plus achevées que les miennes, et dites avec tant de clarté et d'élégance que je ne peux qu'admirer, et me sentir bien petite. Mais quand il déclare "il est significatif que les images de Proust sont pour la plupart botaniques. il compare l'humain au végétal. L'humanité lui semble être une flore, jamais une faune : aucun chat noir, aucun chien fidèle chez Proust", non seulement je l'approuve des deux mains, mais j'ai envie, là encore, de lui parler, pour compléter son propos. Car pour moi, la botanique relevée par Beckett éclate aussi dans la phrase proustienne, qui est elle-même comme une tige rhizomée dont Proust se sert pour entourer son lecteur et faire réapparaître, en résurgence, chacun de ses personnages. Beckett a bien noté, aussi, que le grain de beauté d'Albertine voyage de son menton à sa lèvre supérieure, mais il n'a pas relevé, d'après moi, la complexité des portraits féminins de Marcel. Les trois femmes de pouvoir, dans le livre, à savoir Mme de Guermantes, Mme Verdurin et  Françoise, échappent à la maternité. Certes, Françoise a une nièce qui deviendra "sa fille" à Paris - mais point de maternage, point de petite enfance. Par contre, Beckett a  raison, selon moi de rejeter le titre du "temps retrouvé" : comme lui, je pense qu'on pourrait l'appeler plus commodément "le temps aboli".  On pourrait multiplier à l'infini les opinions de Beckett sur Proust, et les discuter toutes,  mais encore une fois, il fait comme tout le monde : il projette son faisceau de lumière à lui sur une oeuvre aussi grande, habitée et foisonnante qu'un tableau de Bosch. Imaginez donc de voir "le jardin des délices" à la lueur d'une bougie. C'est ce que nous faisons tous avec la Recherche, en fait ; ça ne m'a pas empêchée, pendant tout le bouquin de Beckett, d'avoir une furieuse envie de lui parler, d'entamer une bonne conversation sur notre Marcel commun...

 

Et si nous décidons de "balayer" l'oeuvre, comme Assouline le fait avec son " Proust de A à Z", nous n'en aurons pas plus saisi l'amplitude. Le balayage ne permettant pas, à mon sens, l'exploration minutieuse de cet univers-là. Les minuscules lectures de Véronique Aubouy sont peut-être ce qui se rapproche de plus de ce que chacun d'entre nous peut transmettre de cette oeuvre-là...

 

En tout cas, tout incomplet soit-il, le livre de Beckett fait preuve d'une remarquable pénétration de la Recherche; Mais il cadre si peu avec ce que je croyais savoir de Samuel - il est si sérieux, si empreint d'érudition et d'analyse, qu'il en devient presque, non pas scolaire mais universitaire. Je suis persuadée, vraiment, que Beckett rendant compte de sa lecture de Proust aurait écrit un tout autre livre, si, au lieu de s'y lancer à 24 ans seulement, il l'avait écrit à la fin de sa vie. 

 

Beckett était un si magnifique vieil homme. J'ai comparé un jour ses rides aux sillons de sable que la mer laisse sur l'estran, quand elle se retire. Il lui a donc manqué, quand il faisait jouer avec ivresse ses nouveaux outils de compréhension sur Proust, paradoxalement, le sens de toute la Recherche : à savoir qu'il faut  avoir commencé d'éprouver sur soi-même le  Temps, encore et encore, pour parler de ce livre-là. 

 

Tel quel, le livre est cependant vraiment intéressant, et je le recommande !! C'est juste qu'on a tant envie de dire, une fois la dernière page refermée : "play it again, Sam"...

 

 

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 09:28

"Quelle belle lumière", a-t-il dit une première fois, en passant devant le couloir de l'alcôve. "As-tu vu cette belle lumière ? ", m'a-t-il redemandé une demie-minute plus tard, planté devant la fenêtre de la cuisine ...  avant de sortir, happé par les haies, les prés, les lumières et les feuilles. 

Ca a donné ceci :get-attachment-7.aspx-copie-7.jpeg

 

 

 

puis le champ du bas lui-même 

 

 

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avec des détours dans les haies roussies 

 

 

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Pour revenir enfin vers la maison, ses volets bleus,la splendeur du fuschia qui laisse tomber, en les retenant à peine, ses larmes-de-Marie 

 

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Mais ce que les photos ne peuvent vous adresser, en guise d'adieu à ce bel octobre que nous avons eu, c'est la fraîcheur de ma promenade matinale, sur l'avenue verte  rousse : les lents beuglements des vaches, qui cherchent le long des haies l'herbe la moins mouillée - mais elles ont beau chercher, chaque brin d'herbe porte ses gouttes de rosée, la brume  sort d'entre les arbres, et tout là-haut, pendant que je frissonne sous mon gilet en allant ouvrir la trappe des poules, au cordeau, l'invisible règle humaine  trace à la craie blanche  le chemin de ses avions. 

 


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