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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 17:45

Mon jeune ami Stoni, marxiste léniniste, est un communiste à la sauce anar (sans le savoir, bien entendu). A savoir irréductiblement individualiste. Et ce n'est pas parce qu'à son âge (non, un peu plus jeune en fait), je vendais le Monde Libertaire rue du Gros Horloge que je dis cela. Mais pour avoir fréquenté peu ou prou un certain nombre de specimen, je peux certifier que si  l'anarchiste l'est, anarchiste, c'est parce qu'il est individualiste... 

 

C'est même justement ça le problème. Le discours anarchiste ou libertaire est l'un des plus pointus, des plus ambitieux politiquement, qui soit. Déjà, ni dieu ni maître, faut  arriver à bien intégrer cela ce que ça veut dire - parce que ça vous élimine tous les Staline au petit pied qui soit, et ça vous désatoyollise bien plus facilement qu'une cellule de banlieue du NPA... Mais ce discours naît, et est revendiqué par des gens d'une intelligence supérieure à la moyenne (enfin, moi ceux que j'ai rencontrés étaient souvent supérieurement intelligents), mais qui, par accident de la vie ou naissance défavorisée, se retrouvaient avoir été intégrés, d'une manière ou d'une autre, dans les couches les plus défavorisées de la société. Les autodidactes sont légion chez les anars...

 

 Leur intelligence aigue les empêche bien souvent d'avoir recours aux artifices qui permettent à leurs pairs de s'en sortir. L'exploitation éhontée de l'homme par l'homme est bien plus difficile à supporter quand on l'analyse, quand on sait précisément de quoi il retourne,  sans le recours à la passivité,  à  l'humilité, à   la croyance aux dieux du loto ou tout simplement à l'espoir de la clémence d'un petit chef. Eux savent que tout cela, c'est du pipeau...

 

La souffrance sociale étant encore exacerbée par la justesse de leur analyse, les anarchistes vivent ainsi dans une amertume qui est souvent palpable, en même temps que leur doctrine se veut la plus égalitaire et la plus universelle possible. Mais comment proposer l'abolition de l'autorité, du pouvoir, l'installation d'un fédéralisme ou d'une égalité "à chacun selon ses besoins", quand on vit justement au milieu de groupes sociaux qui ne demandent que cela, en fait, se soumettre à l'autorité, baver devant le pouvoir, s'aliéner en contrepartie d'espoirs fumeux, brumeux et incertains ? 

 

Tous les anars que j'ai connus me semblaient à la fois d'une logique dans l'analyse socio-politique qui justifiait leur combat, et en même temps désarmés devant l'énormité de leur situation, emplis presque d'aigreur. Le problème est dans le "si". Si tel anar, au discours implacable et particulièrement violent, avait eu la chance d'avoir, dans son berceau, l'héritage non pas seulement matériel mais surtout culturel qu'un Bourdieu décrit si bien, s'il avait pu s'épanouir sans la souffrance d'un déclassement ou d'un engluement social, serait-il si pointilleux, si injuste, et disons-le clairement, si mesquinement revanchard, quand il traîne (par exemple) un ONfray dans la boue au piteux motif que ce dernier conduit une mercedes ? 

 

Réclamer, non pas le partage strictement égalitaire de ressources de toute façon limitées, mais que le produit de la richesse intellectuelle soit accessible à tous, profitable à tous, et non engrangé par une seule classe sociale. C'est bien entendu bien plus facile à dire qu'à faire... Mais tout aussi acrobatique, quand son engagement, psychologiquement expliqué par une histoire ô combien individuelle, doit s'exprimer collectivement. Alors que c'est justement ce collectif qui blesse (ou qui a blessé dans leur enfance) mes potes anars, si souvent obligé de vivre parmi des crétins...

 

Bon allez, un peu de douceur pour tous. Faut bien continuer à vivre, nom de zeus. 

 

 

7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 07:48

Merci à Nicéphore, qui m'a fait prendre conscience de ce qui me touchait si profondément dans l'émouvant (enfin, pour moi, puisqu'il horriplle les miens) clip de Tom Waits et du Tramp (voir hier) :

 

Nicéphore : A l'origine, le "Jesus'blood never failed to me" est un gospel. 

 

Clopine : Oui, ça ne m'étonne pas, parce que c'est cela qui est bouleversant dans cette chanson, je trouve. Tout y est : la ferveur religieuse tournée en dérision pathétique, parce que c'est un "tramp", un très vieil homme affaibli (et sans doute aviné, et nous ne savons pas si le jeu de mots "sang du christ = pinard est ici assumé ou non, mais je penche pour oui) qui le chante d'une voix tremblotante.

 

Le mécanisme de la "foi" est ainsi  démonté : le message est répété et répété comme une ritournelle publicitaire, au point qu'effectivement, la "litanie" fonctionne et que l'amour de l'être humain, vacillant comme une flamme de chandelle au point de s'éteindre, brille néanmoins, et puis la voix cassée mais forte de Waits qui reprend le tout sur son de cloches derrière, comme pour attester, non de la ferveur religieuse, mais du besoin insensé qu'ont les êtres humains de croire... 

C'est pour moi le plus beau, et le plus pathétique, témoignage de ce que peut être la force de la foi. Bien entendu totalement désespéré, mais si au lieu de "dieu" vous pensez "homme", alors, de quelle spiritualité le plus humble d'entre nous n'est-ili pas capable ! Et comment l'art (ici, celui, sans aucune concession, minimaliste et tenant grâce à quelques cordes - celles des cloches et celles des cordes vocales de Waits) peut-il transcender cette désespérance ? 

 

Et vous remarquerez que Waits, dans le clip, s'est évidemment bien gardé de montrer autre chose que des portraits d'êtres humains, en arrière-plan des mots de ferveur religieuse qui les portent, ces gens. Sauf une paire de godasses de vagabond, façon Chaplin, et un gobelet de pinard, façon clodo.

 

Ah, j'ai beau être athée jusqu'au fond des os, je trouve que ce simple clip est une bouleversante "leçon de choses" sur l'insensée, la pathétique, mais la si humaine espérance religieuse.

 

Et je ne crois pas que cela plaise beaucoup aux autorités religieuses... (mais bon, les chrétiens ramassent tout. D'"il n'y a pas d'amour heureux" à "je vous salue Marie", ils "récupèrent" même ce qui peut paraître le plus terrible réquisitoire contre eux et leur foi. A croire qu'ils n'y comprendront jamais rien. )

 

 

 

 

 

6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 16:07

Quand je découvre une musique, je suis, à condition qu'elle me plaise bien entendu, du genre boulimique. A savoir que je suis prête à me la repasser en boucle une bonne centaine de fois, jusqu'à en être rassasiée. 

 

Je me rends bien compte que cela peut lasser l'entourage, notez... 

 

Surtout quand il s'agit d'une musique dont on ne peut certes pas dire si elle est "plaisante" ou non. Celle de Tom Waits m'a  fait règulièrement fondre en larmes, pendant que Clopin et Clopinou, abasourdis dans le sens premier du terme, se posaient visiblement des questions sur ma santé mentale. 

 

Pourtant j'ai longtemps persisté,  à  travers les larmes. Je crois que l'unique phrase de la chanson est à double-sens : le clodo dit "le sang de Jésus ne m'a encore jamais fait défaut" - il parle, je pense, tout simplement du vin... Mais ça me poigne tout autant, double sens ou pas.

 

Et puis, l'autre soir, Clopinou m'a appelée. Le clip de la chanson est désormais sur you tube - je ne l'avais encore jamais vu. 

Et ça n'a pas loupé : images ou pas, je ne peux m'empêcher de pleurer à chaudes larmes quand j'entends ça. Comme un ressort, qu'on réactive à chaque écoute... 

 

 

L'émotion de Waits ne me fera, j'en ai bien peur pour Clopin, jamais défaut... it's a thing i know ! 

 

 

 

 

 

 

5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 09:18

Il pleuvait à verse, à seaux, à chutes-du-niagara hier à Rouen, et en reconduisant Jim chez lui, je me suis faite proprement saucer. Le retour a été aussi particulièrement pénible, sur l'autoroute, en pleine nuit, un énorme camelard me double, non seulement en me frôlant presque en se rabattant, type queue-de-poisson, mais en plus  en m'envoyant une gerbe de flotte immense qui a aveuglé mon pare-brise, et moi-même, pendant au moins trois bonnes secondes d'obscurité totale.

Résultat, j'ai dévié de ma trajectoire et me suis retrouvée... à gauche de la chaussée, sans m'en apercevoir (je croyais rester fermement à droite derrière ce connard...), avant de réaliser avec horreur, dès que j'ai pu apercevoir de nouveau quelque chose, où j'étais.

 

Car trois secondes de cécité, sur une autoroute pourrie et sous une flotte d'enfer qui inondait proprement la chaussée, c'est... mortel, tout simplement...

 

Le type derrière (ligne de gauche donc), a dû freiner en plein milieu du déluge et m'a envoyé un appel de phares  ; je le comprends, moi non plus  je n'aurais pas apprécié un coup pareil, mais la faute première revenait quand même au poids lourd qui fonçait à plus de cent à l'heure, un dimanche soir à 19 h . Je croyais que les poids lourds n'avaient pas le droit de rouler le week-end, et d'un, et de deux, qu'ils étaient encore plus limités en vitesse en temps de pluie, et de trois, qu'ils n'avaient certes pas le droit de se rabattre à toucher presque la (petite) voiture qui allait trop lentement à leur goût. Certes je roulais à un petit 90 km/h, mais  je rappelle qu'il faisait nuit noire, que j'avais les phares des autres dans la gueule et dans le pare-brise (l'autoroute était pas mal chargée),  qu'une pluie diluvienne couronnait le tout, et que je tenais scrupuleusement ma droite (on devinait plutôt qu'on ne voyait les rambardes de sécurité, c'est vous dire la visibilité), jusqu'à ce que ce gros connard... 

 

C'était une situation extrêmement accidentivore, je remercie de tout coeur l'automobiliste inconnu de la voie de gauche qui a ralenti quand il m'a vue dévier et je voue aux gémonies l'imbécile de chauffeur routier (qui donc, d'après moi, était en plus en situation illégale. Car seuls certains camions internationaux, porteurs de denrées périssables, ont une dérogation pour rouler le week-end, en destination de leurs pays d'origine. Ce qui n'était pas le cas de mon connard...) qui m'a aveuglée et s''est rabattu à cinq centimètres et demi de mon parechoc, j'ai cru qu'il allait me toucher. Ca aurait fait je ne sais combien de morts, pour sûr.. dont bibi, ben tiens. 

De toute manière c'était une soirée pourrie. Le temps de courir  de ma bagnole (comme par un fait exprès, absolument aucune place n'était disponible à moins de cinq cent mètres) à  la maison dde Jim, j'étais trempée ; et  j'avais été anxieuse pendant tout le trajet... En efffet, Jim avait réussi à nous raconter que "quelqu'un s'était installé chez lui", et je voulais absolument savoir de quoi il retournait. Jim est désormais une personne vulnérable, qui n'arrive même plus à fermer sa porte à clé, et tout est possible : campement de clodos chez lui, malfrat le dépouillant, etc.  Je n'ai  pensé ni à ôter mon imper trempé, ni à me réchauffer, pendant que je parlais, pendant 20 bonnes minutes  à la "personne qui s'est installée chez lui". Un opportuniste, mais dans le genre plutôt paisible et non-violent, apparemment. Si un échange était possible, pourquoi pas ? Enfin, nous allons désormais suivre l'affaire... J'ai rappelé incidemment, dans la conversation donc, à cet homme que Jim est sous la protection du Procureur de la République, et que seul son curateur, à savoir son frère, pouvait l'autoriser à demeurer chez lui. Mais j'ai également convenu qu'il était sûrement plus réconfortant (voire même inespéré) que quelqu'un habite désormais avec Jim, dans l'espèce de bouge qu'est devenue sa maison...Et que nous maintenons, son curateur et moi, à grand'peine dans le minimum acceptable... 

 

Et puis je suis repartie, toujours sous les eaux du ciel. Affaire à suivre..

 

Pendant que je déambulais ainsi, m'humidifiant au fur et à mesure, grelottant de froid et emplie d'inquiétude, forcément, mon corps réagissait... Voilà le résultat ce matin : ma gorge est si douloureuse, ma tête si lourde, que je ressemble à un ananas dont les pointes seraient tournées vers l'intérieur et qui brinqueballerait de droite à gauche. Evidemment, je dois demain honorer deux rendez-vous, me tenir au courant du devenir de Jim (son curateur doit rencontrer son nouvel hôte mardi après-midi...) et j'ai une nouvelle sur le feu. Sans compter Clopin qui bougonne, subodorant "une journée de merde"...

 

Je vais vous dire une bonne chose : la journée de merde, ben elle va commencer sous ma couette, où je vais aller me refourrer sitôt ce message envoyé. Et pour la musique, de la douceur avant toute chose, n'est-ce pas. Vu que le moindre son de clochette résonne façon big ben dans ma pauvre tête...

Published by clopine - dans Vies de Jim
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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 10:53

Régulièrement, paraissent des livres qui ressemblent à des exercices joyeux  : les "meilleures lettres d'insulte" en font partie...

Hier, chez Assouline, fut chroniqué un livre bâti sur ce thème. L'auteur, Jean-Luc Coudray, "exaspéré par l'arrogance des imbéciles", envoie des lettres fictives, sur deux pages, suivant un schéma commun (exposé des faits, montée de l'expression méprisante de l'exaspération, chute cruelle) à chacun des thèmes traités (un 4x4 qui vous suit de trop près, une dame qui se plaint de ne pas avoir été satisfaite lors d'un rapport sexuel...) ; sur ce dernier thème (une dame qui se plaint), Assouline a carrément reproduit la lettre d'insultes en question. La voici : 

"Chère Madame,

J’ai pris acte, après notre nuit d’amour, du bilan que vous m’avez énoncé. Vous me reprochez un manque d’endurance dans le désir. Vous auriez souhaité me percevoir plus fortement et plus longuement.

En d’autres termes, là où ma main, comme une chasseresse, tentait, à la lumière de palpés-roulés, de sautes-moutons charnels, de presses-chairs, de gifles humoristiques, de gratouillis de rongeurs, de pincements taquins, de traquenards sensuels, de débusquer vos fugitives zones érogènes, vous ne vouliez que la pression lourde du mâle libidineux qui force la jouissance par la brutale certitude du désir égoïste.

Là où mes baisers, par d’invraisemblables inventions, transformaient vos orteils en osselets de gamins, vos tétons en soyeux abdomens d’araignées, votre peau en patinoire élastique, votre bouche en exquise protestation, vous n’attendiez que l’embrassade goulue du consommateur.

Alors que je tentais, par mes caresses, d’approfondir votre anxieuse demande de consolation, en posant sur votre peau des problèmes infiniment délicats, vous désiriez la mise à mort de votre corps par la domination professionnelle d’un kinésithérapeute assermenté, d’un toréador à l’horizontale, d’un maître-nageur accompagné de son mode d’emploi, d’un militaire érectile, d’un héros de l’orgasme.

A ma proposition, qui était d’explorer à deux les méandres langoureux de vos béatitudes, vous préfériez un automate qui déclenche qui déclenche vos frissons comme la sonnette provoque l’ouverture d’une porte, un cheval qui hennisse dans votre sexe, un taureau qui déchire vos scrupules, un bronzé dont la stupidité n’hésite pas.

A la qualité structurante, vous préfériez la quantité déstructurante. Au plaisir qui calme, détend et ouvre un espace, vous préfériez la jouissance qui brise et détruit.

Alors, suicidez-vous sans moi.

Avec mes regrets.""

C'est assez rigolo, n'est-ce pas ? Enfin, moi, j'aime bien, parce qu'une telle profusion de style pour un exercice aussi goujat (interdire à une femme frustrée d'exprimer sa frustation, si vous y réfléchissez bien...) renvoie à Desproges ou autres humoristes vachards. 

Comme cela m'amusait, je décidai de répondre. On parle toujours de "réponse du berger à la bergère" : je décidai d'inverser les termes, et que ce soit, pour une fois, la bergère qui répondit. J'en appelai à Corneille, qui, dans ses "stances à Marquise", reproche à cette dernière de n'avoir pas pu dépasser la barrière de l'âge, et de ne pas s'être laissé séduire : 

Stances à Marquise (Pierre Corneille)

Marquise si mon visage

A quelques traits un peu vieux,

Souvenez-vous qu'à mon âge

Vous ne vaudrez guère mieux.

Le temps aux plus belles choses

Se plaît à faire un affront,

Et saura faner vos roses

Comme il a ridé mon front.

Le même cours des planètes

Règle nos jours et nos nuits

On m'a vu ce que vous êtes

Vous serez ce que je suis.

Cependant j'ai quelques charmes

Qui sont assez éclatants

Pour n'avoir pas trop d'alarmes

De ces ravages du temps.

Vous en avez qu'on adore;

Mais ceux que vous méprisez

Pourraient bien durer encore

Quand ceux-là seront usés.

Ils pourront sauver la gloire

Des yeux qui me semblent doux,

Et dans mille ans faire croire

Ce qu'il me plaira de vous.

Chez cette race nouvelle,

Où j'aurai quelque crédit,

Vous ne passerez pour belle

Qu'autant que je l'aurai dit.

Pensez-y, belle Marquise.

Quoiqu'un grison fasse effroi,

Il vaut bien qu'on le courtise,

Quand il est fait comme moi."

Il y a une similitude d'intention entre le texte de Jean-Luc Coudray, qui se plaint que la Dame n'ait pas apprécié ses caresses, et le texte de Corneille, qui réclame l'intérêt de la Marquise au nom de son talent...

Evidemment, le rigolo, c'était de rajouter un pastiche de la "réponse de Marquise", telle que l'avait concocté Tristan Bernard, reprise par Brassens : 

"Peut-être que je serai vieille,

répond Marquise, cependant,

J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,

Et je t'emmerde en attendant !"

Ca collait pas mal, ne trouvez-vous pas ? En tout cas, moi, ça me faisait rigoler. J'ai donc inventé une réponse à la lettre fictive de Jean-Luc Coudray :

"Cher Monsieur,

Oh ! Comme j’ai pensé à Corneille, en vous lisant ! Il reprochait à sa Marquise de ne pas s’être laissé séduire, d’avoir été incapable de surmonter l’obstacle de ses cheveux blancs. N’est-ce pas, peu ou prou, ce que vous me reprochez vous-même ? Vous avez déployé pour moi, me

dites-vous, toute la sensibilité dont vous étiez capable, et  ne supportez pas l’idée que  j’eusse pu désirer autre chose que vos petits chatouillis…

Hélas, mon pauvre ami, consultez donc votre dictionnaire. Il ya, dans l’idée de « préliminaires », comme des prémisses, un avenir,une attente enfin, qui, si elle est déçue, ravale la tentative au rang de l’échec patent.

 

Et voilà qu’en plus, vous me volez du temps ! Car j’ai lu votre tartine, alors que j’aurais pu consacrer ces si longues minutes à bien d’autres choses, en somme, d’un goût un peu plus fort que la médiocre margarine dont, là comme ailleurs, vous usez si abondamment.

 

Je ne peux donc, à mon tour, qu’hausser les épaules devant votreépître, et m’en aller rejoindre le Grand Georges :

« Peut-être que je n’aime qu’être prise,

Répond Marquise, cependant,

Je sais ce qu’une femme désire, mon impuissant,

Et je t’emmerde en attendant. »

Ca ne casse peut-être pas trois pattes à un canard, ma réponse (en vrai, je pense qu'elle est plutôt bien tournée, et vaut au moins la lettre d'origine...), parce qu'il s'agit avant tout de s'amuser. M'enfin, c'est aussi une manière de revendiquer qu'il est si facile de faire des reproches aux femmes, en bon misogyne, et peut-être moins d'en entendre...

ET LA PAF ! JE SUIS CENSUREE ! LES MODERATEURS DE PIERRE ASSOULINE N'ONT PAS RECONNU MES REFERENCES, ou bien c'est le mot "préliminaires" qui n'est pas passé, enfin, que sais-je , toujours est-il qu’ ON SUPPRIME LA REPONSE DE LA BERGERE ! 

Eh bien, savez-vous ? Je m'en vais me plaindre à qui de droit, ah ça oui, et de ce pas !!! 

 


 


2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 08:40

Parce que dans le genre déclarations anti-germaniques, la championne incontestée, c'est ma belle-mère : "Les allemands ont toujours voulu nous conquérir. Ils ont ça dans le sang, ces barbares,  tu comprends. Déjà, en 407, les Huns envahissaient la France..."

Elle va jusqu'à s'inventer des scénarios dans le genre : "Oui, eh bien, si demain il y avait un  boche qui venait agoniser sur les marches du perron, je ne lèverais pas le petit doigt : j'enjamberais, parfaitement..."

Heureusement, il y a à peu près autant de chances qu'un brave allemand, que nous imaginerons passer par hasard, dans Forges les Eaux, dans la petite rue tranquille où habite ma belle-mère, soit pris brusquement d'un malaise assez conséquent pour qu'il pénètre dans Fort Knox entre dans le jardin et vienne précisément agoniser sur les marches du perron de ma belle-mère,  que Monsieur Mélenchon gagne les prochaines présidentielles. 

 

L'Europe est sauvée. 

 

 

PS : et merci à Jacques Chesnel, je voulais rendre hommage aux éternuements de Petibon, mais finalement, vous aurez un groupe... allemand.... 

 

 

 

   
30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 10:30

Brr... Sur France Musique, "journée Nathalie Dessay", et en cinq minutes elle a déjà réussi à m'énerver passablement. Songez que, afin (sûrement) de se montrer simple et charmante, elle n'a pas pris le temps de sélectionner avant l'émission les musiques qu'elle est sensée partager, et nous inflige donc cinq secondes de tel morceau et huit de tel autre, avec des commentaires du style "ah oui, mais si on "leur" met ça, ils vont se rendormir là"... 

Fuyons. 

Je n'arrive pas à m'exprimer clairment une idée qui me trotte dans la tête depuis la vision du solide  documentaire, sur Arte, intitulé "1492, le clash des continents", donc je vais tenter de l'écrire ici-même, où je peux faire ce que bon me semble...

 

Donc, dans le documentaire, les cartes présentées montraient par exemple, après l'arrivée des conquistadors, l'expansion du cheval (devenu mustang) et la disparition des bisons, la rapidité des défrichages et leurs conséquences écologiques, etc. 

 

Et, à la vue de cette constante expansion humaine, de la prépondérance du pillage des ressources naturelles accompagnant inexorablement cette expansion, de la destruction de toutes les autres cultures qui, elles, cherchaient plutôt l'équilibre, m'est donc venue cette idée, irritante comme une évidence, et que d'autres ont forcément dû exprimer bien avant et bien mieux que moi. 

 

A savoir que notre déplorable situation actuelle viendrait de la similitude, de la ressemblance ontonlogique, entre l'expansion humaine et le mode de production économique capitaliste. D'où l'échec patent des autres types d'économie (par exemple les plans communistes) ou l'écrasement inéluctable des systèmes antérieurs (comme l'économie basée plus exclusivement sur le travail de la multitude, comme en Chine...), sans compter, bien évidemment, tous les systèmes de trocs et autres balivernes pré-colombiennes. 

 

Il y a, dans l'économie capitaliste, dans son besoin d'expansion à l'infini, dans son aspect guerrier, dans le fondement de l'exploitation qu'elle symbolise, quelque chose qui ressemble étonnamment, comme une métaphore, au destin même de l'humanité. 

Et, bien entendu, de la même manière que le globe terrestre est dorénavant entièrement piétiné et que l'espèce humaine a triomphé partout, mais de ce fait même  commence à rencontrer sa propre limite : elle-même en tant qu'espèce trop nombreuse, le capitalisme est désormais à la limite de son efficacité et de sa survie, du fait de son triomphe même. 

 

Je suis bien maladroite  dans mon expression et n'ai que de faibles lueurs sur le sujet, mais je suis sûre que des économistes, voire des géopoliticiens, ont déjà fait ce parallèle... Mais bizarrement, je ne trouve aucun nom sur ma liste de passeurs sur ce sujet ?

 

(et je ne vais pas faire comme Madame Dessay, mais vous choisir une musique, et d'un seul coup, pour illlustrer cet aride sujet.)

 

 

 

 

 

 

29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 10:07

J'aime mon garçon quand il chante à tue-tête dans la salle de bains, le matin, avant d'aller au lycée. 

Je l'aime aussi quand il prend le chat sous un bras, le neufchâtel fermier dans une main, le pain sous l'autre bras, une mandarine dans l'autre main, qu'il tente de fermer délicatement la porte de la salle avec son pied gauche et que bientôt, s'élèvent du canapé le gros et rond  ronronnement du matou, le bruit de mastication béate du garçon et le contentement conjoint des deux compères... (et tant pis si quelques menus morceaux de fromage tombent comme par hasard dans la gueule du félin). Certes, ce n'est pas bien, le côté vautré et patate de canapé, mais c'est tellement bon... 

Je l'aime encore quand il sort de chez le coiffeur et que, dans le miroir de courtoisie de la voiture, il détruit avec application l'ordonné de sa chevelure, pour revenir à la broussaille antérieure. D'accord, on pourrait se demander pourquoi, dans ces conditions, aller se faire couper les cheveux, mais je trouve ça touchant,  cette réappropriation de son moi  d'avant. Même si c'est moi qui paie ! 

Je l'aime toujours quand, revenant de sa première soirée en boîte de nuit, il admet fermement que l'endroit est nul à chier, que ça pue la sueur et que, franchement, la musique qu'on y écoute, enfin, si on peut appeler ça écouter, c'est de la merde. 17 ans d'efforts culturels pour en arriver là : ç'aurait pu être pire ! 

Je l'aime déjà moins quand, à la question "est-ce que tel prof est sympa ?", il répond "oh, lui, il ne sert à rien, c'est tout". L'obsession de l'utilité, le comptage des points ("putain le prof de sport il m'a mis 13 alors ma moyenne gé au lieu de 17,2 elle va être de 16,8 franchement c'est dégueulasse parce que notre équipe elle était meilleure que celle des filles honnêtement, sans rire, si les filles ont 12 nous on devrait avoir 16...."), la supputation de ce que tel effort va rapporter, ce que je dois bien me résigner à appeler par son nom : l'ambition sociale de Clopinou, qui le pousse à travailler certes dur mais surtout "utile", n'est-ce pas, c'est ce qui me plaît le moins chez lui. 

 

Mais je l'aime de nouveau quand, comme hier au soir, il oublie un peu l'utile pour commencer à divaguer sévère sur une "théorie de l'expansion de l'univers" à laquelle il a "pensé comme ça, hier au soir", "à cause de la théorie des cordes" (euh.. ben voyons...) Sur ce, il nous sort un discours scientifique,  dont je ne saurais apprécier la valeur : les références y abondent, mais ne me disent strictement rien. J'attrape le nom de Planck et d'Einstein, je vois passer la théorie du big bang et des neutrinos à la pelle, mais Clopinou lui aussi va plus vite que la lumière, me semble-t-il !  Je vois bien qu'il s'emballe, je me retourne vers Clopin, qui, aussi ébahi que moi, tente de suivre le raisonnement du garçon, et nous nous bornons à constater que la jeune tête chauffe rudement. 

 

Et puis je constate, un peu tristement, que cette tête qui chauffe rudement, la mienne  ne peut plus guère la suivre... C'est vrai qu'il est en terminale, et je me sens comme sur un quai de gare, à le voir partir sans pouvoir l'accompagner. Je suis encore dans le même compartiment que lui, sur certains domaines restreints, mais le voici qui me, qui nous dépasse désormais. En économie, je n'y comprends que pouic. La traduction du Songe d'une nuit d'été se fera sans moi... Bientôt, il me faudra le laisser partir :  Terminale, tout le monde descend ! (snif). 

 

 


28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 16:57

Parfois, j'arrive chez des gens, et je me dis qu'ils ont un tel goût de chiottes que c'est pas la peine d'aller plus loin que les WC. 

 

Mais c'est que je ne connaissais pas bien le marché de l'immobilier...

 

Parce que mon intuition se confirme vraiment. 

 

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Elle est pas belle, la vie ? 

 

PS : au passage, vous remarquerez que le proprio doit être en cheville avec le service communication de  l'Elysée, parce que question français ("entiérement refaite à neuve, un belle immeuble, il y à, volet roulant élèctrique"), c'est aussi somptueux que la cuvette des chiottes. Et puis si vous lisez bien, la magnifique studette est d'"environ" 12 m2. Ah, que j'aime cet "environ"... Au fait, ils font combien mes clapiers à lapin ? 

28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 10:25

 L'écume des vagues, sur  la plage , laisse en se retirant comme des lignes d'écriture sur l'estran. Il conviendrait donc de déchiffrer  ce livre  le plus vite possible, tant cette dentelle est éphémère, quoique renouvelée. 

 

Hélas, ni Champollion, ni pierre de Rosette en vue, même du haut du grand cacatois ! 

 

Et si c'est vraiment une écriture, il n'en reste pas moins qu'on ne sait qui tient la plume. 

 

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(Clopinou il y a... Déjà ? Tant que ça ? sur la plage du Tréport, prétendant avaler la mer, ou tout au moins l'impressionner.)

 

 

Nous resterons donc, devant les écritures mystérieuses de notre univers, aussi immobiles que du marbre, et parfois aussi assoiffés que lui.

 

Bon, j'en entends, dans le fonds de la toile, qui disent en se tapotant légèrement le front que cette pauvre Clopine, décidément, s'égare. La voici à parler de marbre assoiffé ! 

 

Eh bien, je le prouve, na ! (merci Clopin pour la photo...)

 

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(et un gage pour qui reconnaîtra la statue, le sculpteur et la ville...) 

 

 

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