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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 11:09

 

 

 

 

 

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...Wilde a toujours aimé se dandyner.

 

 


22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 09:40

Je n'en pouvais plus de la cruauté du monde. De ces arêtes vives, pierres et glaces, qu'on nous montrait à la télévision en survolant les si froides montagnes. De ces reportages où des lionnes pourchassaient les gazelles, ne laissant que quelques os brisés derrière elles. Des ronds dessinés à la craie sur l'asphalte noir, après un accident. De la précision des reportages de guerre. Des fins bâtons reliés entre eux, qui formaient l'écriture précise de la Recherche du Temps Perdu, quand le Narrateur perd sa grand'mère. De la blancheur éclatante des sourires des animateurs télé. 

Alors j'ai retiré mes lunettes, et, miracle, le monde est enfin redevenu flou. A moi le vague, le vaporeux, l'imprécisé...

 

Et merde à tous les affle-affreux?-loups du monde. 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 11:39

J'écris une nouvelle sur Venise. Et, du coup, je rêve de coupoles étranges, de places flottantes et d'air salubre. Je voudrais relire le "Rivage des Syrtes" : dans mes lointains souvenirs, le héros allait retrouver une comtesse que tout désignait comme vénitienne. 

 

"Vénitienne" : l'adjectif même fait rêver : il y a du vernis et de la balancelle, de l'immobile et du flottant, du regard là-dedans. Qui donc a les yeux vénitiens, autour de moi ? Personne, je crois bien. Du bleu, ça oui. Nuancé, s'étalant du gris au presque-blanc, parfois dur et suidé, parfois doux et printanier. Mais rien qui ressemble à ce que je mets dans ce "vénitien" qui tire, pour moi, sur le vert et noir. (et rien à voir non plus avec Véronèse, sinon, peut-être, un côté velouté...)

 

Les pierres d'Eilat (malachite, turquoise et chrysocolle) , peut-être, que ma soeur aînée m'avait rapportées du kibboutz dans les années 70, peuvent ressembler, de loin,  à ce vert vénitien, que je préfère, bien sûr, au blond du même nom (il paraît que les vénitiennes, pour obtenir la nuance un peu roussie qu'elles  désiraient, n'hésitaient pas à recourir à l'urine. Beuark !) 

 

En fait, je ne vois que deux regards qui correspondraient à mon vert vénitien : Ceux de Charlotte Rampling et de Simone Signoret. Des yeux de chattes, de Colombine : 

 

Colombine

Léandre le sot,
Pierrot qui d'un saut
De puce
Franchit le buisson,
Cassandre sous son
Capuce,

Arlequin aussi,
Cet aigrefin si
Fantasque
Aux costumes fous,
Ses yeux luisant sous
Son masque,

- Do, mi, sol, mi, fa, -
Tout ce monde va,
Rit, chante
Et danse devant
Une belle enfant
Méchante

Dont les yeux pervers
Comme les yeux verts
Des chattes
Gardent ses appas
Et disent : " À bas
Les pattes ! "

- Eux ils vont toujours ! -
Fatidique cours
Des astres,
Oh ! dis-moi vers quels
Mornes ou cruels
Désastres

L'implacable enfant,
Preste et relevant
Ses jupes,
La rose au chapeau,
Conduit son troupeau
De dupes ?

     Verlaine - Fêtes Galantes

 

 

 

 

20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 12:09


Je ne sais pas vous, mais chez nous, la période des fêtes peut être tout bonnement éprouvante. Du côté de chez mes beaux-parents, le terrain est parfaitement glissant. IL y a tant de sujets "interdits", tant de précautions à prendre, tant de grenades à désamorcer... Malgré toute ma sollicitude (qui est grande et parfaitement sincère), je n'arrive pas à complètement éviter tous les écueils, et laisse parfois échapper une parole dangereuse, qui peut emmener ma belle-mère sur un sujet interdit (donc pénible à entendre). Mais d'un autre côté, je me rends bien compte que ma présence est nécessaire : ne suis-je pas celle qui donne l'ordre du départ, qui remercie à tour de bras (mes beaux-parents sont très généreux de leurs sous) et  qui règle mes pas sur ceux, désormais bien incertains, des plus fragiles de la troupe ? 

 

Ma belle-mère, surtout, est redoutable, mais elle se heurte, pendant le seul jour de l'année où nous sommes tous réunis autour d'elle dans un luxueux restaurant (nous sommes trop salissants pour être invités sous son toit immaculé, et puis elle est désormais trop âgée pour être contredite), à une coalition qui a mis quelques années à se rôder, mais qui est dorénavant parfaitement  au point. Dès qu'elle commence à revenir aux années quarante, hop, mon beau-père fait une passe à son premier petit-fils, qui renvoie la patate sur Clopin, lequel dribble avec adresse autour des plats pour "parler d'autre chose". Veut-elle évoquer, pour la conspuer, sa défunte belle-mère ? On parle, d'urgence, de la décomposition de l'éducation nationale, sujet parfaitement consensuel et qui en devient anodin... 

 

Clopin, clopant, on arrive ainsi au dessert. Ouf, ça c'est fait, entend-on résonner dans toutes les têtes. Mais ce n'est que le début ! En-dehors de mes beaux-parents, il nous faudra tous affronter le vent du réveillon, celui de l'entre-deux tours, et puis la Saint-Sylvestre...  Nos foies, et nos oreilles, y résisteront-ils ?

 

Pas sûrs.

 

Vivent le long janvier paisible février et le frisquet mars : au moins, pendant ces trois  mois-là, les fêtes ne sont pas obligatoires !  

 


16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 18:11

Cet anniversaire me rend mélancolique, ou, plus précisément, pensive. Que dirait la jeune fille qui a vigoureusement refusé qu'on lui souhaite sa quinzième année, au motif que "les fêtes à date fixe n'étaient pas des fêtes", si elle croisait aujourd'hui celle qu'elle est devenue ? 

 

J'étais absolument persuadée, à quinze ans, de ne pas dépasser les vingt-cinq, pour un excellent motif n'est-ce pas : il était entendu que j'avais raté ma vie. Ne riez pas. Il en est, des croyances de l'adolescence, de la même étoffe que la foi toute crue. A savoir que nulle démonstration raisonnable ne saurait les contredire. Il suffit juste que la vie élève la voix : elle seule peut les faire taire. 

 

J'ai bien peur, en plus, que l'ado de 15 ans que j'étais n'aie pas accordé le plus petit regard à la femme replète et désormais automnale que je suis. Je ne faisais, pour elle, que partie de ce vaste troupeau dont elle s'échappait, entêtée et rieuse... Bon, l'honnêteté me pousse à dire que le Clopin d'aujourd'hui, même sans cheveux, aurait sans doute, fugitivement, capté son regard. Mais elle l'aurait soigneusement rangé dans la catégorie "qui s'y frotte s'y pique". Car, quoiqu'étourdie, maladroite et captive d'un corps qui lui échappait, elle n'était pourtant pas stupide. Loin de là. 

 

La jeune femme de trente ans que je fus avait déjà plus de curiosité, partant plus de considération, pour les femmes plus âgées qu'elle. Echappée de l'âge de l'hécatombe, cependant, elle ne se projetait pas au-delà de cinquante ans, âge canonique où l'on commence, d'après les publicitaires, non seulement à moisir, mais à avoir un avis dont tout le monde se moque. Clopin l'aurait affolée, pour sûr. (rectificatif : Clopin l'A affolée.) 

 

Aujourd'hui, par une sorte de courbe qui a, j'en suis sûre, un nom pour les mathématiciens, ce ne sont plus les dix ou vingt prochaines années qui m'effraient et m'attirent. Ce sont les trente suivantes ! Comment m'imaginer, à  quatre-vingt et bien plus, entendez-vous, quatre-vingt !? Impossible. Je n'accepte déjà pas la faiblesse de mon genou droit, mes cheveux qui se poudrent et ma vue qui  baisse. Comment regarder ma main, et l'imaginer parée d'une peau de serpent, avec noeuds et craquelures, taches et rhumatismes ? Non, non, impossible me dis-je. Je DOIS partir avant...

 

Et c'est là que j'entends comme un petit rire frais, accompagné d'un regard buté derrière des lunettes solidement perchées, et d'une mèche de cheveux noirs obstinément tournicotée du pouce et de l'index. Ahaha, me rit-elle, celle qui fut moi,  du fond de mes âges. Cause toujours - nous t'y verrons, ma belle, nous t'y verrons... 

 

J'ai un long voyage à faire...

15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 07:00

MERCI A TOUS ET TOUTES DE VOS BONS SOUHAITS, et à ma soeur pour sa splendide carte virtuelle ! 

 

Allez, j'en reprends pour un an...

 

BISES VIRTUELLES MAIS NEANMOINS CHALEUREUSES

 

 


 

13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 08:05

Je suis à deux jours de mon anniversaire... et je trempe. Mon mauvais rhume de la semaine dernière a tourné à la bronchite aigüe, je passe mes journées au lit avec les tempes douloureuses, la gorge en piteux état, les oreilles bourdonnantes et une capacité à absorber le monde extérieur (notamment les voix humaines) descendant dangereusement vers le bas. 

Je suis allée voir le médecin, me voici cloîtrée et antibiotiquée à donf. J'ai même été un peu engueulée, à cause de ma "négligence" - mais je fais trop rire mon médecin pour qu'il m'engueule longtemps. D'ailleurs, c'est la seule chose qui sauve la consultation : le moment où je vais arriver à le faire rigoler. J'ai l'impression, du coup, qu'il m'aime bien ce docteur, que je tranche un peu  dans la longue journée où il voit toutes les misères du monde, petites et grandes,  entrer dans son cabinet. En tout cas, nous nous séparons toujours en excellents termes, chaleureusement et tout. 

M'enfin, trève de rigolade, me voici à peu près incapable de parler ( - enfin, diront d'aucuns), et surtout, incapable de distancier la moindre information. Clopin, allé sans moi,  et pour cause,  à une conférence sur les haies, revient tout réjoui, me racontant qu'il a dit aux participants qu'ils "avaient fait le synopsis" de son prochain film. Et moi, qui ai passé ce temps à tremper, n'est-ce pas, je me cabre tout de suite : n'avait-on pas convenu, Clopin et moi, que JE  serai la scénariste du prochain documentaire ? Alors, le synopsis, ce sera moi ou "les autres" ???  Et l'idée de tourner un film sur les "haies", ne vient-elle pas de moi ? Et... Je me sens rancie comme une vieille croûte, (et sans doute injuste vis-à-vis de Clopin, qui en réalité, je crois, compte effectivement sur ma participation pleine et entière au nouveau documentaire, notamment pour rechercher le pognon, ben tiens...) et la fièvre monte à Elle pas Beau.

 

Clopinou aussi m'insupporte : il  a triché en latin (matière optionnelle, faut-il être con !), ne reçoit pas du coup les félicitations auxquelles sa moyenne pourrait prétendre, prend en grippe (c'est la mode familiale du moment, la grippe...) son prof d'anglais et est si insupportable, méprisant, injurieux à mon égard (comme son père, il ne supporte pas les gens malades) que j'en conçois du ressentiment. Or, sur le coup de 38°7 -38°8, je n'ai pas les moyens de ce ressentiment. Je m'entends crier, la voix enrouée d'un vieux coq essouflé, une parodie de moi-même en quelque sorte.

 

En fait, je m'insupporte malade, voilà le fond du problème.  Encore deux jours comme ça, et où en arriverai-je ? A m'engueuler avec le chat. Or, pour s'engueuler avec   la bête ronronnante, placide et endormie qui me sert de coussin de pieds,  faut déjà se lever tôt. 

Mais il conviendrait que je me calme, parce que c'est quand même, très bientôt, mon anniversaire, précédant d'une courte tête la période des "fêtes"...  Clopin, qui a eu le nez creux - m'a déjà offert une petite table de lit. Certes, ça fait Mémée, mais ça tombe bien quand même. N'empêche que je n'arrive ni à lire, ni à écrire quoi que ce soit. Tout juste à buller à sur le net, voilà.

 

Bon sang, ce que la vie est quotidienne  ! 

 

 

12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 00:36

Clopin et Clopinou partagent un trait de caractère bien masculin : la capacité à fredonner des "chansons de carabin", comme on les appelait dans le temps où seuls les étudiants en médecine étaient censés pratiquer la chose - alors que désormais, grâce à la télévision, Coluche et l'ignoble Bigard, le vocabulaire ordurier est le plus pratiqué au monde. 

 

Des fois, c'est lassant. 

 

Entendre vanter les mérites d'une "pine touffue" sur une mélodie classique et détournée -( et ça peut aller de Vivaldi à Wagner, en passant par Mozart !) évoquer la mémoire de feu père Dupanloup qui bandait encore dans son cercueil, et célébrer sous toutes ses formes, si j'ose dire, les exploits du sexe masculin, ça peut être indigeste, à la longue.

 

Encore aujourd'hui, tenez. Clopin fourrageait dans la cheminée (au sens propre, hein !), pour y accrocher le jambon mis à fumer, tout en faisant l'éloge sonore d'une certaine "bite velue" - j'en ai eu marre, lui ai demandé instamment d'arrêter. Je n'ai évidemment obtenu qu'un silence d'environ quatre secondes, et puis c'est reparti. Oh, Clopin m'a bien entendue, et a fait une concession à ma sensibilité. Il a simplement remplacé le mot "bite" par le mot "chatte", (ce qui me fit rire malgré moi), et, l'âme satisfaite et la conscience féministe en paix, a continué  à brailler avec vigueur...

 

Des fois, des fois, les mecs... Ca craint...

 

 

 

10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 11:36

J'ai le blues : je voudrais croire, comme Virgile, qu'après la mort les bienheureux emportent avec eux leurs bonheurs - Par exemple, ceux qui trouvaient plaisir à voir "leurs chevaux luisants brouter l'herbe des plaines" (c'est super, ça, non ?) continuent à les admirer, même si les hommes et les chevaux en question ne sont plus qu'ombres contemplant d'autres ombres. 

 

Mais je n'y arrive pas. Et puis, franchement, Dagobert et Quenotte de la Brande s'en mettent déjà jusque là, de l'herbe, en mai et juin ils en ont jusqu'aux ventres, alors, une éternité à brouter... 

 

Non, finalement, je ne les emporterai pas. 

 

Published by clopine - dans Vies de Bêtes
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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 07:39

Je voudrais être légère comme du champagne, mais je suis têtue comme une bulle. 

 

Il faut écrire comme on construit un feu. Quiconque possède une cheminée ou une cuisinière à bois sait bien qu'au démarrage, plus on a de papier sous le petit bois , mieux c'est : le feu prend bien plus facilement. A moi donc les pages froissées... Oui, mais cet été, j'ai pourtant  vu faire  un feu sans le moindre morceau de papier. Du lichen, et c'est tout... Et le héros de Jack London, lui, n'en possédait pas non plus. 

Eh bien, justement : dans la nouvelle, il meurt. Si, au lieu d'être un personnage imaginaire, il avait vécu... S'il m'avait rencontrée... Je lui aurais écrit, pour sûr. Il aurait gardé ma lettre au chaud, dans la poche du haut de sa chemise, sous sa pelisse. Ne l'aurait sortie qu'à la fin,  n'en présentant qu'un coin  à la flamme de l'allumette, doucement, tout doucement... Se serait gardé des branches couvertes de neige, de peur de  mouiller le reste de la feuille... Et il aurait sauvé son feu, et partant, sa vie même. Donc, il faut écrire comme s'il s'agissait de sauver la vie du héros de "construire un feu".

 

 Continuons donc à froisser du papier. Même virtuel...

 

Mais pour ce qui est de lire... Aïe. Hier, une jolie jeune fille, installée par la FNAC pile devant les rayons des pléïades, vantait les mérites des "liseuses", ces nouvaux écrans qui vous permettent de trimballer votre bibliothèque entière dans votre poche. Déjà, il y a deux ans, des publicités dans télérama vantaient le produit. Bon, le texte reproduit sur l'image publicitaire contenait deux fautes d'orthographe (c'était ballot) et on ne connaissait ni le nom de l'auteur, ni le titre du livre. Mais la publicité, cette année, a corrigé ces menus défauts, et est assez attirante. Je me suis donc approchée de la jeune fille, avec précaution cependant, mais attirée, donc : après tout, notre terre est toute petite, les arbres y disparaissent,  et les étagères ne s'agrandissent pas toutes seules.  La vendeuse m'a donc permis d'actionner l'engin...

 

Ca a été abominable. D'abord, on ne voit qu'une page à la fois, plus de vis-à-vis : il faut actionner, du gras du doigt, l'écran pour revenir en arrière. Et si vous voulez annoter quoi que ce soit, j'ai compté : pas moins de huit manipulations, et pas moins de 15 pictogrammes à déchiffrer pour aller dans la "boîte à outils", trouver le "crayon virtuel", revenir à la "page de lecture", repartir "formater la marge" (ce qui réduit d'autant la surface de lecture, déjà minuscule), revenir et se rendre compte qu'on a oublié le crayon virtuel dans un coin, repartir le chercher, revenir... Et bien entendu, ne plus retrouver le passage qu'on souhaitait annoter. Les pictogrammes... sont des pictogrammes. Soit des symboles sans doute très clairs pour ceux nés après l'informatique, mais beaucoup plus ténébreux pour ceux nés avant. Perso, j'ai une bonne connaissance de "word", donc je m'y retrouve à peu près. Mais quel effort à faire, bon sang, que d'intégrer tout cela... Alors qu'un bon vieux crayon à papier vous permet d'apposer des obèles partout où vous voulez, en moins de deux. 

 

La jeune fille a ensuite commis, évidemment, une bourde classique chez les tous jeunes vendeurs : traiter sans le vouloir le client d'imbécile. Je tentais vainement de "tourner la page", cherchant en bas d'écran une flèche, un foutu pictogramme de plus... Elle m'a assénée que "c'était instinctif", qu'il suffisait de glisser le gras du doigt, comme on liche une crème ou une pâte à gâteau, sur l'écran,  pour que la page suivante s'affiche. Je m'élève hautement contre cet "instinct" qui vient en fait des nouveaux téléphones portables, I-pod, i-pad et autres écrans soi-disant merveilleux. Ca m'angoisse, moi, de toucher un écran - et ce manque d'"instinct" me ramenait visiblement aux temps préhistoriques, pour la jeune vendeuse... (De la même manière, je HAIS les messageries à choix multiples "facturées 0,34 secondes après ce message, la prochaine fois appuyez sur dièse", puis taper un, deux, trois... Et JAMAIS PLUS de voix humaines..."). Bref. Le plaisir infini de tourner la page est donc impitoyablement refusé au possesseur de liseuse. 

 

Plus grave : chaque "maison" possède son propre catalogue. Vous ne pouvez pas lire de l'Amazon sur du FNAC, autrement dit. Comme si une étagère refusait de recevoir des livres, au motif que les siens ne connaissent que l'acajou. 

 

Encore un sale coup  apporté :  bien entendu, sur le motif du catalogue. La jeune fille m'assurait que "tous les livres édités de nos jours sont numérisés". Horreur : le plaisir de rouvrir un livre possédé depuis l'enfance disparaît lui aussi, en même temps que l'odeur du papier. Et comme votre liseuse n'accepte que les livres vendus par son fabricant, les "millions de livres en catalogue", vantés par la jeune fille, se réduisent donc aux seules nouveautés... Quelle atteinte à la littérature, quand on y songe. 

 

Plus grave encore : à ma question faussement innocente : "et combien coûte un livre téléchargé sur une liseuse ?", la jeune fille, visiblement contente de pouvoir m'asséner enfin une réponse positive, m'a assuré que cela revenait de "15 à 20 % moins cher que la version papier". In cauda venenum, en lui reposant doucement la tablette dans la main, je lui ai donc fait gentiment remarquer que l'engin contrevenait la loi dite Lang, du prix unique du livre, qui seule sauvegarde les petites librairies de quartier. 

Je me sentais exactement dans la peau de  l'Oncle de Tati chez sa soeur. C'est à dire angoissée devant la laideur du présent qu'on me propose...  Et la jolie jeune fille devenait peu à peu aussi ridicule que la voisine, zigzagant près d'un jet d'eau étique... 

 Je vais attendre un peu, pour la liseuse. Pour l'instant, seul le froid me gagne...

 

"Si un jour le hasard te ramène

au printemps, à Paris,

Nous retournerons au bord de Seine,

Comme autrefois, ma mie.

Le temps n'y fait rien et quand bien même

Je referai ma vie,

Tu seras pour moi toujours la même

Mon amour, mon amie.

C'est l'hiver encore et dans les cours grises

Pleurent les orgues de Barbarie

La Seine est triste comme la Tamise

A Londres il doit faire aussi froid qu'ici."

 


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