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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 11:37

 

C'est grâce à Pierre Assouline que j'ai lu le captivant et érudit ("éruditissime", pourrais-je  tenter) Patrick Boucheron. L'homme qui parle de l'histoire comme un amant du corps de sa maîtresse. Mais avant tout, avouons humblement que ma lecture du susdit est forcément limitée par mon ignorance, qui s'étend au fur et à mesure que je parcours les pages qui sont proprement débordantes de savoir, de gai savoir aurais-je envie de  dire.

 

Les conversations sur "l'entretemps" (titre du livre) prennent appui sur une toile de Giorgione, "les trois philosophes" : 

 

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Toile qui permet à Boucheron d'échafauder des exercices de style, façon histoire de l'art (la série "Palettes" n'est pas loin, d'ailleurs un des numéros de cette série  a porté sur la "flagellation du christ" de Fra Angelico, tableau  lui aussi évoqué par Boucheron...) et histoire tout court. Ce tableau, que je trouve personnellement fort peu "remarquable" au  point de vue  pictural mais là n'est pas vraiment le point de débat, a été l'objet de tant d'interprétations, de divagations, de recherches, qu'il incarne pour Boucheron le "mystère" qui recouvre aussi notre propre perception de l'histoire. La plus commune de ces interprétations (nous serions ici devant une sorte d'allégorie des trois stades de la pensée occidentale, à savoir la figure d'Aristote sous forme de vieillard, d'Averroès "le commentateur" du moyen-âge en homme adulte, et enfin le jeune savant représentant la renaissance, sur fond de pensée chrétienne) fournit à Boucheron le prétexte à de savantes conversations sur ce que représente l'histoire, sur notre manière de la percevoir et notre manière de la mesurer à l'aune de nos besoins politiques. 

Je savais déjà que Boucheron, ce puits de science, était fasciné par Machiavel. Le voici tout autant atttaché à bousculer les enseignements de Braudel et appelant la philosophie (depuis Hegel et l'état-nation à l'inévitable Nietszche) à la rescousse pour "faire sa cour" à celle qui est, en fait, la vraie Dame de ses pensées : l'histoire elle-même. 

Je reproche souvent à la littérature d'aujourd'hui son narcissisme (que j'entends comme le penchant à la façon de Narcisse à tomber dans  son propre  reflet), à savoir cette propension à placer toutes les intrigues romanesques, à construire les personnages, dans le champ du roman : un jeune écrivain rencontrant un éditeur qui lui propose un travail le menant vers un salon du livre où il lui arrivera telle aventure fort littéraire, par exemple. Boucheron utilise son érudition pour interroger l'histoire à travers elle-même, mais contrairement à la littérature, il ne débouche pas sur une sorte de nombrilisme vain, mais bien sur une appréhension politique qui me ravit. D'autant plus que quand je lis ce genre de chose :

 

"(je crains) l'équivoque avec un certain discours ambiant qui, mêlant la déploration pédagogique à la nostalgie des valeurs d'antan, constitue l'une des petites passions sociales qui rend notre aujourd'hui politique si tristement teigneux"

 

J'ai envie d'applaudir des deux mains en regardant, de biais, un certain Finkielkraut :images-14.jpeg

 

qui me fait exactement cet effet-là... Teigneux, quoi. 

 

Et puis, malgré l'étendue extrême de mon ignorance, je crois que j'arrive à saisir (de mieux en mieux, de livre en livre) la pensée complexe, nourrie et élégante de Boucheron. En 2008, à l'issue de la lecture de Léonard et Machiavel, je m'interrogeais sur une image employée par l'historien, celle de la "frise froissée".  

Voilà ce que j'en disais en 2008 :

 "il (Boucheron)  interroge mine de rien la posture de l’historien…  Le voici qui nous dit, page 137 : "L’histoire est intelligible, mais elle est incompréhensible ; elle se déroule mais ne s’explique pas, elle est inexorable et mystérieuse. Parfois elle danse en mesure, et parfois elle se fige en une posture syncopée – et c’est ce moment suspendu, très rapide et très lent, qui donne sa pulsation au monde. » Je lis ça, et me je me dis que bon sang, ce type là parle de l’histoire comme d’autres parlent de l’amour, physique mais oui, merdalors !

Et ceci, plus obscur : » (l’histoire) – on doit la peindre comme une frise que froisse un poing rageur » …(une « frise », « froissée » ?)."

 

Or, dans "l'entretemps", Boucheron utilise encore cette image. Non pas une fois mais au moins cinq... IL veut nous faire entendre que nous regardons l'histoire comme sur un déroulé (quand il dit "frise", je vois successivement des hiéroglyphes égyptiens, la tapisserie de Bayeux et de la bande dessinée !) et  il veut (et arrive à) bousculer nos tranquilles et candides  certitudes linéaires.

 

Boucheron, ou le livre de l'intranquillité de l'histoire, en quelque sorte. M'en voici ravie et décoiffée. Défrisée, en quelque sorte !

 

C'est d'ailleurs le seul et pauvre petit reproche que je ferai à l'éblouissant Boucheron - de ne jamais rappeler que l'histoire (comme le fut si longtemps la philosophie "à cheveux longs, idées courtes", disait-on) est le continent noir de la féminité. Dans "l'entretemps", en 123 pages, seuls deux noms féminins. Le premier d'une historienne contemporaine, le second de Gamarancang "radieuse fille du raja du sultanat de Samudra-Pasaï" qui fit parcourir (mettant ainsi en danger le "privilège occidental de la cartographie du monde") l'île de Sumatra, afin d'en rapporter les portraits de ses possibles prétendants - elle voulait se marier.  Bref, une princesse née coiffée. Or, je suis persuadée qu'à force de "défriser", Patrick Boucheron tombera un jour sur les échevelées que nous sommes, nous les femmes,  abyssales  exilées  du pays de  sa sublime maîtresse : l'histoire occidentale. 

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 08:10

IL y a un écrivain, immensément connu pour une seule de ses oeuvres "le Désert des Tartares", qui excellait aussi en petites histoires ramassées et construites comme des jeux de cubes : amplification, accélération, introduction d'un absurde poétique ou carrément dérive vers le surnaturel. Dino Buzati excellait ainsi à transcender le quotidien, à provoquer l'éclat de rire ou la réflexion au détour d'un texte apparemment simplissime ; je me souviens de nouvelles très drôles, comme celle où, une malédiction frappant les hommes les plus puissants de l'univers, Charles De Gaulle s'y prépare religieusement, et est toujours déçu d'être finalement dédaigné par la faucheuse, qui ainsi dévoile à la fois son insignifiance et sa prétention... Ou encore cette mère qui, refusant de se résigner, provoque la plus belle des révoltes parce que son fils n'a pas reçu l'oeuf de Pâques promis par la municipalité. Et aussi cette description d'un jardin, la nuit, considéré comme le plus calme et le plus serein des spectacles sous la lune, alors que les insectes et autres bestioles nocturnes s'y livrent au plus féroce des carnages. Buzatti dévoile ainsi l'émotion sous le quotidien... 

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Je crois que Jacques Chesnel possède en lui un talent de ce genre. Je vais tout de suite préciser qu'à mon avis, Jacques est encore en phase d'apprentissage (et je me fiche bien de savoir l'âge qu'il a, il n'y en a pas pour les braves). Il commet des erreurs (mais il est bien plus facile de voir les loutres des yeux des autres que les mailles tricotées des vôtres, pour aller vite) qui seraient très facilement rattrapables. Par exemple, un petit texte comme celui-ci aurait tout gagné à ne pas adopter un ton "distancié" au début, la rencontre sur le banc en aurait été d'autant plus efficace. Tels quels, ces courts textes donnent un avant-goût de ce que pourrait receler une écriture pareille. Il suffirait d'en chasser le goût du désinvolte et du jeu-pour-le-jeu, de se souvenir que les lecteurs doivent s'identifier, de creuser un peu... Et de temps en temps, de changer de procédé quand même : tenter la ponctuation !!! M'enfin, Jacques fera ce qu'il voudra, hein, pas vrai ?

 

En tout cas, cela m'a ramenée aux nouvelles de Buzzati. Et du coup, une chose en amenant une autre, j'ai été entraînée moi aussi à rédiger une très courte histoire, toute entière consacrée à une seule métaphore, en creusant un peu. Comme j'ai eu un ou deux retours positifs chez les bienveillants Scryfeurs, j'ose la reproduire ici :  la voici toute entière (à sa proie attachée, of course !) :

 

 

 

 

en hommage à Jacques et Dino, donc ! 

La Guerre du Temps a toujours lieu.

 

Quand  chacun de nous vient au monde,  il est à la tête d’une immense armée. Celle des secondes, des minutes, des heures, des journées et des années qui nous sont allouées par la providence, comme autant de compagnies, d’escadrons, de bataillons, de régiments et de divisions : un immense corps d’armée, qui remplit la scène de notre vie jusqu’à l’horizon, et dont nous serions le Général en chef insouciant et distrait.

 

Car nous commençons par être distraits, bien entendu ! Comment s’en faire, quand on est à la tête d’une armée telle, qu’on n’en voit pas le bout ? Oh, bien sûr, certains émissaires nous font savoir que là-bas, si loin, bien trop loin pour qu’on s’en préoccupe, nous subissons des pertes. Mais c’est à la frontière, à la limite : qui s’en soucie ?

 

Au bout d’un certain temps, quand même, nous voulons vérifier si  c’est bien vrai :  notre glorieuse armée, celle qui s’étend devant nous comme un immense champ de blé,  serait -elle vraiment attaquée ?  Nous réclamons une longue-vue, pour tenter d’apercevoir la lointaine bataille. Et voici : les nôtres meurent, c’est exact. Mais si lentement ! Les soldats tombent un par un : un après-midi de cours élémentaire de seconde année s’étend aussi longuement qu’une bataille entre Hector et Achille, pour le moins, et les Vacances Scolaires durent autant que l’Odyssée d’Ulysse. On a tout le temps de se voir mourir… On replie alors  la longue-vue, tout à fait rassurés.  Ah, nous avons bien le temps d’y penser, à la bataille, n’est-ce pas ?

 

Mais le temps de deux pirouettes et trois cacahuètes, voilà qu’il nous faut reprendre nos jumelles. La mise au point se fait mieux, plus rapidement : ce ne sont plus un soldat, puis l’autre, qui tombent lentement, mais un rang entier, puis deux, et les quelques moments épargnés étincellent de plus belle dans la plaine, comme autant de souvenirs de corps à corps intenses. Bah, rions-nous pourtant, qu’est-ce que c’est, ces quelques bataillons napoléoniens, par rapport à l’immensité de notre réserve d’hommes-temps, aussi fournie que l’armée russe ?

 

Et nous retournons au bivouac, chanter et boire, mais alertés, dorénavant. Se pourrait-il qu’avec une si grande, si glorieuse, si invincible armée, nous puissions cependant perdre la guerre ? L’idée commence à nous effleurer, puis elle persiste, enfin elle nous taraude. Nous décidons alors d’en savoir plus, et nous nous précipitons vers les nouveaux augures, ces médecins qui, d’un check-up complet, nous prédiront sur quelles réserves exactes nous pouvons compter. Comment ? Nous avons déjà perdu la moitié de notre armée ? Mais enfin, comment, pourquoi, de quelle manière ?

 

Voici le temps venu de la stratégie, pendant que la bataille se rapproche, et se rapproche encore, et que l’ennemi n’emploie certes plus ni le duel, ni  les batailles rangées façon Léonidas ou Napoléon. C’est maintenant une guerre de tranchées, sauvage et silencieuse, où tout notre corps – désarmé – doit être mobilisé. Chaque attaque est meurtrière, et il est temps pour  nous, si nous voulons tenir encore un peu, de revêtir notre uniforme d’apparat, de choisir une position élevée, de soutenir le moral des troupes qui nous restent encore fidèles, et de lever le poing, dans le fracas des obus et des bombes, en menaçant notre ennemi le Temps : no pasara ! Et nous commençons à sérieusement, compter nos heures…

 

Mais  notre ennemi s’en fiche bien, et avance vers nous, droit devant ! Le voici qui perce notre flanc, le gauche, et puis le droit, et nous encercle et nous assiège. Fébrilement, nous  vérifions ce qui nous reste de soldats : comment ? Cette poignée de jours, seulement ? Mais comment tenir, dans ces conditions ? Il nous semblait que c’était hier, juste hier, que nous étions debout devant la plaine si vaste, et si remplie de troupes que nos soldats  semblaient autant d’épis de blé, prêts à se courber sous notre volonté…

 

Allons, un dernier effort, pendant que se rassemblent autour de nous, épuisés et tremblants, les tout derniers carrés de nos soldats. Un peu de courage, que diable ! Nous avons perdu la bataille, mais avons-nous perdu la guerre ?  Nous tentons de nous convaincre du contraire, et décidons d’aller arpenter nos premières lignes, qui sont si vite devenues les dernières. Mais en mettant le pied sur le champ de bataille, et pendant que nous faisons notre examen de conscience, (avons-nous été de si pitoyables généraux ?) nous déclenchons le mécanisme de la dernière mine, celle que nous n’avions pas décelée, juste sous nos pieds, et qui nous envoie, désintégrés et dérisoires, dans le ciel infini, pendant qu’une petite fumée s’élève, comme celle d’une bombinette nucléaire, et finalement dessine un très léger nuage,  en forme de point d’interrogation. 

 

 

 

2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 07:40

Les copains de l'A.R.B.R.E. s'interrogent eux aussi  sur les faramineux scores du front national dans notre belle campagne, votes qui nous gâchent un peu le paysage et les si jolis contrastes de couleur entre le jaune colza, le doré des pissenlits et le vert vigoureux de nos herbages azotés : le tout est hélas quelque peu gangrené par le brun merdeux qui règne dans la tête de ses habitants.... Ils en appellent à Hervé Le Bras qui, pour le nord et l'est, superpose quelques cartes géographiques : y apparait comme un lien entre la situation géographique et surtout les modes de communication entre les groupes sociaux, et le vote FN. Pour résumer, (encore que ce soit difficile et réducteur, mais...) " On ne vote pas en fonction de son métier ou de la sécurité de son emploi, mais parce qu'on est en contact avec des personnes de tel ou tel type. » 

 

Et plus on est en contact avec d'autres ethnies, d'autres cultures (comme dans les agglomérations, où le brassage est bien entendu facilité par rapport aux campagnes), moins on a peur d'elles, et moins on est perméable à la réthorique identitaire du Front Haine. 

A mon humble avis, ce n'est qu'une partie de l'explication. Certes, le repli sur soi, et en ce qui concerne le Pays de Bray, le repli derrière nos haies qui n'ont qu'une lettre de retard sur nos haiNes, doit augmenter la xénophobie, les peurs diffuses, et la nostalgie de la France de Papa. Mais pas que. Ce bouquet de serpents qui s'agite sur la tête des brayons provient aussi de leur haine d'eux-mêmes. Ce n'est plus labourage et pâturage, mais Subventions de la Pac et emprunts du crédit agricole qui font vivre le monde paysan. Avec un métier qui produit de la merde et pollue l'eau, et un mode de vie aussi con, voire plus car plus isolé, que le boulot le plus con du prolo de base... Rest la chasse du dimanche, et la messe, pour se retrouver un peu. C'est maigre.  L'aigreur vient de là, du désespoir diffus. Et de la laideur du tout. 

 

C'est la diffusion de ce désespoir, le long, je le veux bien, des couloirs de communication et des modes de rencontre, qui envahit les têtes de nos ploucs. Et puis la parole de la Le Pen, que "l'on comprend, elle, au moins", qui "parle de ce qui nous touche", bref, la démagogie populiste qui tend aux faibles un miroir flatteur. "Je mets des mots simples sur tes peurs diffuses" : "tu vois, tu as quelqu'un qui te ressemble et qui n'hésite pas à dire tout haut ce qui te fait honte tout bas". 

 

Je voudrais bien avoir une carte qui superposerait les chiffres de  l'agricuture biologique, des réseaux de diffusion genre AMAP ou coopératives bio, de l'implantation de la confédération paysanne par rapport à la FNSEA, ET les endroits où l'on vote le plus faiblement pour le FN dans nos belles campagnes...  Ca ne me surprendrait pas qu'il y ait là comme un rapport. 

 


30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 09:06

Comme le dit si bien Maupassant (un Normand, of course !). Donc reprenons :

 

La petite ânesse a commencé à poser la patte arrière dès le lendemain de sa naissance, et maintenant, elle trotte et galope près de sa maman, fine et racée comme elle. D'après le vétérinaire, c'était sans doute une ankylose due à une mauvaise position foetale, rien de plus. Cela lui aura au moins valu (car nous sommes une année "de C.", ce qui, quand on considère le score du front national, ne fait aucun doute) son nom : Clopinette, pour la différencier un peu de moi Clopine mais pour l'attacher néanmoins à son herbage beaubecquois. Elle est fort gracieuse : l'enfance est la beauté de l'âne. 

 

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Et le jour même de sa naissance, nos hirondelles sont enfin revenues. Comment ont-elles su, l'année dernière, qu'elles pouvaient venir dès le mois de mars,  qu'avril serait beau et chaud ? Et que par contre, cette année, où avril a été si  affreux, il  convenait de  ne pas se presser  ? Je ne le saurai jamais, mais j'admire chez elles leur virtuosité nerveuse - elles volent si vite, si acrobatiquement, elles sont si bagarreuses et volontaires, pas de doute, ce sont de sportives danseuses de l'air. Je voudrais bien que Clopin les filme, mais... Cet homme-là est débordé. 

 

D'autant que, pour en finir avec ce bulletin animalier, hier notre chien, oui, le chien si débonnaire et rempli d'affection, s'est laissé aller à des penchants fort inquiétants : il a mordu un agneau. Ca peut paraître anecdotique, mais c'est très emmerdant. Ti'Punch est issu pour une part de Border Colley, à savoir une race de chiens de troupeaux, attachés à leur territoire et surtout comprenant leur rôle de bergers. Mais il y a aussi, sous le poil blanc avec taches de notre bâtard préféré, un peu de Labrador, chien de chasse terrestre et aquatique, athlète  instinctivement porté à considérer comme gibier tout ce qui a quatre pattes et s'enfuit devant lui. Bref, Docteur Jekyll et Mister Hyde, avec poils. Et comment chasser l'Hyde en lui, mmhh ? Clopin l'a copieusement engueulé et mis à la chaîne, hier au soir. Mais nous savons que, désormais, si le chien a pris le pli de considérer les moutons comme du gibier, nous ne pourrons plus jamais lui faire entièrement confiance...  

 

PS : mais comme tout n'est jamais si mauvais, et pour compenser la faute de notre chien, je goûte fort mes diverses lectures du moment, dont Barbey d'Aurevilly qui me fait le même effet qu'Hugo. A savoir qu'il y a, dans quatre pages de Barbey, au moins cinq mots ou références que je ne connais pas ! J'ai décidé de combler mon ignorance et de me débrouiller, grâce à l'universel google, pour enfin savoir ce que cachent "vélite" et "moxa", ce qu'un officier qui a "toujours vécu le bancal à la main" a bien pu faire, pourquoi a-t-on pu connaître le peintre Géricault "aux mousquetaires", quelle était la "destinée du Général Berton", qu'y avait-il sous les "courtines des Jagellons", qu'est-ce que le "baquet de Mesmer" et autres petites énigmes qui parsèment ma lecture de curiosité. 

 

PPS : Judith, vous avez comme d'habitude parfaitement raison. Cette Vierge-là, fort éclatante de sensualité, s'envoie précisément en l'air là où vous l'avez dit ! 

 

Published by clopine - dans Vies de Bêtes
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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 12:20

... Et Dieu reconnaîtra les Titiens. 

 

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 20:22

J'ai condamné ma porte. Erreur !!! Elle était parfaitement innocente...

 


22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 10:19

J'aurais dû écrire ceci : "Ce dimanche d'élections est un dimanche d'exception : dans l'air vif et léger, sous de jolis nuages moutonnant dans le ciel, nous allons en famille voter tous ensemble, Papy, sortant de l'hôpital et néanmoins supporter de Mélenchon, suivant de près le jeune Clopinou, "beau comme un enfant fort comme un homme",qui vote pour la première fois. Nous, la génération intermédiaire, sommes tous sourire : non seulement nous allons pouvoir dire adieu à Sarkozy, au sarlozisme et à toutes les sarkozettes, mais encore, en ce dimanche matin tout frais, un nouvel ânon est né, d'une beauté resplendissante, et gambade gaiement dans le pré pendant que les hirondelles entrent en piqué dans la grange. Toutes ces premières fois s'accompagnent d'une nouvelle en fort bon état d'achèvement pour Clopine, par un documentaire qui s'annonce bien pour Clopin, par des rentrées d'argent régulières et des projets de beaux voyages, dès que Clopinou aura reçu son admission aux prépas d'Henri IV à Paris... Et chic, des potes viennent déjeuner ce dimanche !"

 

Mais je vais devoir écrire ça : "le ciel est gris plombé, de petites averses bien froides détrempent le jardin et menacent les premières plantations de Clopin. Papy, toujours à l'hôpital, ne pourra pas voter, ce qui l'embête, mais il faut dire qu'avec le caillot au cerveau qui a nécessité une intervention la semaine dernière, on ne pouvait guère lui faire faire de procuration. De toute manière, par ici, c'est le Front National qui arrive en tête, alors... Le petit ânon est né, ce qui devrait être une bonne nouvelle, mais... Sa patte arrière droite ne touche pas le sol. Fracture ? Malformation congénitale ? Devons-nous faire venir en urgence le vétérinaire, avec les 20 % de surcoût supplémentaire pour un déplacement le dimanche, cela alors même que des soucis professionnels ont divisé mon salaire par deux, que les mises bas des brebis se sont mal passées et qu'il a fallu là aussi payer de lourds frais vétérinaires, perte sèche quoi, et qu'il nous faut faire si attention que les projets de voyages, cette année, restent accrochés aux vestiaires. Une chose sûre : cet ânon est bien un Clopin, ce qui ne contribue pas à nous faire sourire... Quant à Clopinou, certes les études continuent leur bon train, mais ses ambitions sont cependant très difficiles à atteindre, et serons-nous à la hauteur de ce que le garçon appelle "le GIGN de l'éducation nationale", à savoir les deux années de prépa intensive ? Et puis Jim vient manger ce dimanche, avec le fidèle P., et désormais, la joie de le revoir est assombrie par la lourdeur de la prise en charge. Quant à moi, je ne suis fière ni de ce que je fais, ni de ce que je ne fais pas, et j'ai le moral dans les chaussettes. Et j'ai beau tendre le cou, les hirondelles ne sont toujours pas revenues."

 

Vie idéale, donc, comme dirait Stoni... Mais avec emmerdements. 

 

20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 07:41

... comme Petite Pause. Ce printemps foutraque qui ne ressemble à aucun autre (avec les hirondelles toujours invisibles) m'emplit le coeur d'une vague nausée, que différents petits soucis viennent alimenter encore de leur vacuité. Aussi, je m'en vais mettre mes distractions favorites - parmi lesquelles ce blog - un peu entre parenthèses, histoire de me concentrer sur, de me forcer à l'essentiel. A savoir une nouvelle commencée puis abandonnée, et qui m'attend dans l'ombre de ma cuisine, penaude, un peu honteuse,  s'essuyant les mots sur son tablier... 

 

Mais je reviendrai, aussi sûr que les hirondelles reviendront nicher sous la grange. En attendant... Haussons un peu les épaules...

 


 


17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 17:17

J'ai reçu le récit de cette anecdote :

Un élève réécrit une page de Wilipédia pour ne pas être accusé de "pompage" : 

 

Début 2008, un élève s'est amusé à saboter le contenu de la page Wikipédia consacrée au livre Le Meilleur des mondes, d'Aldous Huxley. Son mobile ? il avait intégralement repompé la page pour un devoir de français et ne voulait pas que sa prof s'en aperçoive. L'histoire a été retrouvée par un compte Delicious et twittéepar Alexandre Léchenet (accessoirement journaliste au Monde.fr).

 

 

 

Un contributeur remarque la supercherie quelques jours plus tard, la révoque et signifie au saboteur : "Avant de changer complètement un article, il serait pertinent que vous en discutiez en page de discussion".

S'engage alors une discussion surréaliste entre les deux protagonistes :

"- En fait je voulais juste changer le resumé pendant une semaine parque j'ai rendu un devoir à ma prof de français et j'ai beaucoup pompé. Je l'aurais remis d'ici une semaine, c'est tout... (ma prof de français a internet et connaît wiki :( )

- Si je comprend bien, vous avez vandalisé un article de l'encyclopédie libre pour vous couvrir afin que votre professeur de français ne découvre pas que vous avez copié-coller de manière intégrale plusieurs passages de l'article [le meilleur des mondes] dans un devoir ?

- L'article 'Le meilleur des mondes' a été visité 15 000 fois en mars 2008, ce qui fait 3 500 visiteurs par semaine. Etes-vous en train de me dire que vous auriez fait en sorte que 3 500 personnes aient accès à une version amoindrie d'un article parce que VOUS deviez couvrir votre derrière pour un devoir de français ? Si je comprend bien (j'espère que je comprend mal), c'est l'une des plus belle ruse que j'ai vues, mais ça fait également parti du top 10 des actes égoïstes que j'ai vus dans ma vie..."

 

A première vue, j'ai pensé que cette anecdote révélat quelque chose de nouveau sur notre monde : l'égoïsme forcené de quelques uns, le recours à la fraude comme étant presque valorisé ("l'une des plus belles ruses"), voire le côté inutile de la chose lui conférant une sorte d'absurde cynisme. L'élève qui a pris le soin de saboter la page d'Huxley aurait vraisemblablement passé le même temps à rédiger avec ses mots à lui ce qu'il venait d'apprendre...

 

Mais en y réfléchissant d'un peu plus près, il n'y a là absolument rien de nouveau sous le soleil. Je suis assez vieille pour avoir connu les cabines téléphoniques à pièces, avec leurs annuaires accrochés dedans et mis à la disposition du public. Combien d'usagers ont arraché la page qui les intéressait, se souciant fort peu de savoir si, sur cette même page, des numéros de service public figuraient ?  


16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 15:19

L'état de santé fort alarmant de son grand'père, joint à une naissance dans la famille de sa compagne, originaire d'Amiens, ramènent le grand fils de Clopin, et frère de Clopinou,  à la maison - il vit et travaille en ce moment à Montréal, mais, comme il le dit lui-même "5000 kilomètres, ça fait parfois bien loin"...

 

Je le comprends parfaitement. Perso, j'ai coupé sacrément ras, à l'adolescence, des racines qui m'emcombraient. Mais les rhizomes invisibles continuent de courir sous la terre, et comment échapper à son enfance ? Je crois que je ressentirai bien fort un sentiment d'exil, loin de la France. Le Québec m'a paru, l'été dernier, curieusement en deux dimensions seulement : l'espace et le lien social. Il lui manquait le passé, les pierres immuables qui sont issues du terreau humain, et en sont les témoins.

 

Il est dommage que ce soit la gravité de l'état de Papy qui ramène le grand frère de Clopinou par ici (et aussi, sûrement, l'envie d'accompagner sa compagne venue pour dix jours en France)- mais c'est aussi le signe, chez lui, d'une appartenance. Et cela me soulage : en ces temps où les enfants se dispersent sur toute la surface de la terre, comme les graines de pissenlit à la fin du printemps, et où prendre l'avion semble aussi banal que boire un verre d'eau, savoir que des liens les rattachent malgré tout à ce qui reste leur pays, celui de Du Bellay pardine, me paraît contrebalancer cette espèce de bougeotte inquiète qui est la marque de notre monde. 

 

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