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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 10:18

(bon, pour comprendre cette chronique, faut d'abord aller lire l'introduction ci-dessous "Catherine et Fanchon"). Mais personne n'est obligé à rien, hein ! 

 

Le premier point qui me semble intéressant à relever, dans le croisement de la Petite Fadette et des hauts de Hurlevent, ce sont les  mouvements absolument contraires des paroles des héroïnes. 

 

Dans la petite Fadette, l'héroïne est au départ plutôt laconique. Elle poursuit Landry de ses quolibets, se moque de lui - mais reste silencieuse quand Landry lui ouvre son coeur. Ce n'est que dans la seconde partie du roman, qui peut être comparé à une "rédemption" de ce personnage, qu'elle est enfin autorisée à parler. Et elle devient une sorte d'insupportable moralisatrice, avec sermons et opinions pieuses sur tout... En fait, le mouvement de ce personnage est "ascendant" : au début, sorcière, jouissant de la liberté de la réprouvée, mal fagotée, rieuse et infernale. Et puis, touchée par l'amour qu'elle porte à Landry, elle se métamorphose en jeune fille "convenable", coiffe immaculée et longues stations à l'église... Enfin, et là Sand brosse un tableau qui, un peu plus cynique, serait du Maupassant, mais que Flaubert ou Balzac n'auraient pas renié non plus, il y a la fameuse scène où la Fadette va "demander conseil" au père Barbeau, en vrai  pour qu'il "compte son or", se rende compte qu'elle est riche, et change ainsi d'opinion sur sa future belle-fille,  qui passe du statut de va-nu-pieds à celui de bru convoitée. Cette scène ahurissante de prosaïsme est traitée avec le plus grand naturel par Sand, qui ne voit  aucune contradiction entre la douceur angélique de Fadette rédemptée et la nécessité d'en faire une fille riche, allant tout bonnement faire miroiter sa dot à son beau-père, dans un rapport marchand qui, pour être bien de son temps, n'en est pas moins étonnamment peu "romantique"... 

 

Bon, autant vous dire que ce livre, que j'ai chéri plus que tout, m'inspire maintenant quelques retenues. J'ai aimé jusqu'à l'ivresse la petite Fadette juchée sur sa barrière, et franchement, elle était plus séduisante avec son jupon trouée et ses yeux moqueurs, fichés droits sur le regard des autres, que sous sa coiffe blanche et ses paupières baissées de sainte-nitouche. Sa métamorphose en paisible fermière "bien tenue" m'inspire des regrets - mais Sand estime que c'est le prix à payer pour avoir droit à la parole, quand on est une femme, paysanne par surcroît. Fadette devient Françoise, Fanchon. Ca ne contribue pas à la transcender, à mon sens. 

 

La parole de la Fadette, au fur et à mesure qu'elle prend de l'assurance, s'élève donc... Mais pour emmener l'héroïne dans ce qu'il y a de plus conformiste dans son temps.

Seul bémol à ce triste constat : c'est que Sand, qui a toujours donné le pouvoir aux femmes (la Petite Marie de la Mare aux diables et sa si judicieuse remarque sur la supériorité intellectuelle des bergers sur les bouviers, par exemple, remarque que j'ai entendue presque mot pour mot émise par un berger contemporain, en est un bon exemple), n'a pas hésité à doter sa Fadette d'une grâce dans l'expression, qui passe par-dessus la barrière sociale. D'habitude, on se moque du parler paysan (voir Molière)... Réminiscence des pâtres virgiliens ? 

 

Le traitement de la parole dans les Hauts de Hurlevent est à mon sens beaucoup plus intéressant. Je dirais même que le génie de Brontê gît précisément là : la construction du roman repose sur la parole de deux narrateurs... Et c'est la voix de la femme qui est la plus passionnante. Et quelle femme : une simple servante, Nelly, qui parle avec la simplicité et le talent des plus grands orateurs. Brontë et Sand ont donc eu toutes deux le génie d'attribuer à des personnages du peuple une éloquence rare... Brontë accentuant encore l'effet en dotant le tout premier narrateur, le navrant et ridicule Lockwwod, d'une préciosité dans l'expression qui colle bien au naïf contentement de soi du personnage. Cette primauté de la parole de la femme-servante sur l'homme-étranger-riche est déjà, en soi, une étrangeté dans ce roman. 

 

La folie rôde dans les deux romans. Chez Sand, c'est le besson Sylvain qui la frôle, mais elle est repoussée de toutes ses forces par la Fadette. Chez Brontë, elle prend carrément le pouvoir. Catherine Earnshaw en mourra... 

 

Car le chemin de l'héroïne de Brontë est à l'opposé de  celui tracé par Sand pour sa Fanchon. Catherine, dans une scène d'une magnifique force dramatique, va prendre la parole pour expliquer l'état de son coeur à Nelly. Elle aime deux hommes : le riche et "normal" Linton, le pauvre et diabolique Heathcliff. (on voit tout de suite que chez Sand, c'est proprement l'inverse qui se produit : Fanchon est aimée des deux bessons..) Ce discours, cette "prise de parole",  provoquera la perte de tous les protagonistes, puiqu'Heathcliff, l'écoutant mais pas jusqu'au bout, en concevra un désarroi qui va se transformer en désir de vengeance absolue. C'est donc la parole mal interprétée de Catherine qui est l'élément déclencheur du drame. Et Catherine, au fur et à mesure du roman, deviendra de plus en plus silencieuse : elle paie sa liberté en perdant la parole. Mais elle est irréductible... 

 

Et c'est ce qui permet à Brontë de s'affranchir de tous les conformismes de son temps. Car Catherine va constamment braver la morale la plus élémentaire. Elle meurt, de ne pas pouvoir aimer à la fois les deux hommes qui représentent les deux côtés de son caractère (alros que la Fadette fait exiler le pauvre Sylvain). Comme la Fadette, Catherine Earnshaw grandit dans l'absolue liberté des champs (dans son cas, ce n'est pas la campagne française policée, c'est l'abrupt de la lande écossaise...). Comme la Fadette, elle est mal attifée, les jambes maigres, les yeux étincelants et plantés droit vers ses interlocuteurs. Mais contrairement à Sand, Brontë  ne lui fait pas renier ce passé par amour, elle ne s'en détourne pas : elle meurt de devoir y renoncer... 

 

Quant à la religion... Ah, si Sand fait ployer les genoux de la petite Fadette en l'emmenant à l'église, Brontë, elle, ne fait même mine d'en trouver le chemin. Non seulement le seul personnage religieux du livre est impitoyablement moqué (c'est un vieil imbécile qui, marmonnant les versets bibliques, est d'une malfaisance rare), mais encore Haethcliff et Catherine ne trouveront qu'imparfaitement le repos éternel, la paix du cimetière étant mise à mal par Brontë. 

 

On pourrait dire que Sand, la prosaïque, pleine de bon sens, qui donne le pouvoir à la Fadette sur ce beau gosse pas très futefute de Landry, est authentiquement féministe... Mais je ne suis pas d'accord. Le conformisme reprend le dessus. Et c'est l'échevelée, la "romantique", la maladroite et la paroxismique Catherine Earnshaw qui, elle, non seulement forme avec Nelly les premiers exemples d'une voix féminine authentique, mais encore brave avec une absence de retenue remarquable tous les carcans de son temps. 

 

Ce n'est qu'un exemple, bien sûr, mais il pourrait, à mon sens, être répété à tous les niveaux de la littérature... C'est pourquoi, et bien que j'en aie car, française, je suis aussi attachée à ma langue qu'une moule à son bouchot, je trouve que la littérature anglo-saxonne a mieux rendu les voix, les aspirations et les âmes des femmes de son temps. Il me semble toujours que les écrivaines anglaises écrivent pour elles-même, alors que les françaises écrivent pour leurs compagnons. En ce sens, le "compagnon" littéraire de Sand serait évidemment Flaubert. Mais justement : Flaubert, d'une lucidité remarquable sur la bêtise de son temps, n'a jamais su s'échapper de sa condition de bourgeois. Le sort pire que la mort réservée à la fille d'Emma est de devenir ouvrière dans une filature !!! Sand, malgré son authentique combat pour la reconnaissance de la dignité des femmes, ne s'est jamais vraiment échappée de ce conformisme-là. Brontë s'en affranchit d'un coup. Dès que la voix de Nelly s'élève, celle de Lockwoof faiblit... Dès que Catherine ouvre une fenêtre, elle se penche vers l'enfant sauvage et libre qu'elle était... 

Ah, je choisis mon camp, camarade. 

16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 08:22

Bon, eh bien je vais continuer à tenter de me distraire de mon nombril, celui qui s'abîme dans la dépression en forme de bouton,  en parlant de ce qui m'intéresse le plus. A savoir la manière dont la littérature rend compte de la féminité, par des mains elles-même féminines. Comme, en plus, mes opinions sont scandaleuses, c'est un plaisir dont je ne vais pas me priver. Mais comme j'ai autant d'énergie qu'une limace faisant sa sieste digestive en baîllant sur sa feuille de chou, je vais demander  une fois de plus leur indulgence aux quelques visiteurs qui continuent à me marquer de la bienveillance (ils sont de moins en moins nombreux, ahaha) : je n'ai pas envie d'aller chercher les livres en question. Je m'en vais donc faire dans l'approximatif, au niveau de la citation. D'un autre côté, il s'agit de deux livres que je connais à peu près par coeur, (et depuis mes dix ans), alors... Je vais même faire pire. Présupposer qu'il en est de même pour mes visiteurs, qu'ils connaissent les textes aussi bien que moi,  ce qui va m'éviter la peine d'aller chercher les références exactes. 

Encore une fois, je suis sur mon petit blogounet chéri, où je peux divaguer tout à mon aise...

 

Il s'agit donc d'expliciter ma drôle d'opinion, comme quoi l'écriture féminine anglo-saxonne est bien supérieure à la française, s'il s'agit à la fois de rendre compte de l'âme féminine, de la situation sociale des femmes, et des aspirations à l'autonomie qui ont sans cesse (bien qu'à petit bruit) agité les plumes de nos grand'mères. Et ce, vlan allons-y carrément, au  19è siècle. J'ose en effet penser que les écrivains romantiques en général (à savoir des mâles dans leur  imense majorité, même si les  sombres costumes étroits, les longs cheveux flottants, le blême de la peau façon Johny Depp et les aspirations déçues vers le large des pectoraux gonflés d'espérance des napoléoniens,  qui devaient se rabattre vers les poitrines creuses de leur temps, étaient autant de ruptures avec la robuste masculinité façon 18è, et révélaient sûrement ce qu'on appelle la "part féminine" de ces messieurs) n'ont pas fait avancer la cause des femmes, bien au contraire... Prenons donc deux plumes féminines de ce temps là (le 19è), soit avant Woolf et "les américaines", et tentons d'y voir plus clair. Qui sait ? Peut-être me démentirai-je moi-même ?  

 

Alors, Catherine Earnshaw et Fanchon Fadet, par exemple. Nées respectivement en 1847 et 1848. L'une sous la plume anglaise et tourmentée d'une des soeurs Brontë, Emily, l'autre ancrée dans le terroir berrichon et le rude bon sens d'une de nos plus grandes écrivaines françaises, Georges Sand. Pas la peine de revenir sur l'image d'Epinal de ces deux-là. Brontë est isolée du reste de la société de son temps, et grelotte  dans un presbytère sinistre où le seul passe-temps est de fomenter avec ses soeurs des romans fantastiques et familiaux, en attendant anxieusement le retour du frère unique, parti se saoûler à la taverne du coin pour s'achever plus vite. L'autre, c'est la "Bonne Dame de Nohant", aimantant autour d'elle une sorte d'abbaye de Thélème où les jeunes amants viennent déposer à ses pieds, en crachotant un peu quelques morceaux de leurs poumons fragiles, de sublimes pages mansucrites ou musicales du romantisme le plus échevelé. Bonne copine de Flaubert, qu'elle juge cependant, à juste titre, bien encaqué dans son statut social de   bourgeois. J'ai vu l'endroit où Sand écrivait. Mère de dieu ! Tout à côté de l"immense  "pièce à vivre" de Nohant, dans un petit château tout bruissant d'allées et venues, elle n'avait guère qu'une sorte de minuscule réduit dont elle ne pouvait même pas fermer la porte... L'exploit est d'autant plus louable. 

 

Cependant, cependant, regardons-y de plus près. 

 

(je continue plus tard, là j'emmène Clopinou au lycée). Mais je reviendrai, telle Zorroette... 

15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 06:12

J'ai planté Clopinou devant la boulangerie, j'ai embrayé  et l'ai laissé rentrer à pied : trois-quatre kilomètres, pour les lui faire, les pieds. Ca va mal. Et ça ne s'arrange pas trop... C'est à cause de ma situation particuliière en ce moment, de ma disponibilité forcée, qu'il se permet de me traiter comme une sorte de servante, corvéable à merci, et qu'il ne répond pas à la plus anodine des questions... Certes, le bac n'est pas loin, mais ce n'est qu'une formalité pour lui - je n ecomprends pas d'où vient son agressivité à mon égard, si ce n'est, sans doute, à cause de la dépression qui me gagne en ce moment, qu'il sent comme il a toujours senti mes états d'esprit, et qu'il rejette loin de lui, avec fureur.

J'ai à peu près l'énergie d'une limace, me réfugie de plus en plus souvent dans le sommeil, et ces périodes de torpeur alternent avec des affolements de girouette. Mon coeur devient parfois si douloureux que j'ai besoin d'y porter la main, d'enfoncer mon poing sous mes côtes et de tenter de respirer. Clopinou, qui n'est de toute façon pas un garçon tendre, a horreur de ces faiblesses, et me les reproche durement. 

 

Rien n'est tendre, à Beaubec, surtout pas  pour les filles. Il y a plusieurs raisons à cela, et comme je ne suis pas très sentimentale, cela me convient d'habitude, je survis plutôt bien !  Mais là, les soucis qui m'assaillent, cette année qui n'en finit pas de mal commencer, les devoirs qui s'accumulent et le sentiment de plus en plus oppressant de ma vacuité me rendent l'effort pénible. 

 

Même ouvrir un livre...

 

Je pourrais retourner voir mon psy, bien sûr. Mais rien qu'à cette idée, j'ai comme une vague nausée qui monte, un sentiment d'écoeurement - et absolument aucune envie de repiquer au zopiclone... 

 

Je suis aussi affolée qu'une girouette au vent, et en même temps accablée... 

 

Et je m'en vais

Au vent mauvais

Qui m'emporte

 

 

13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 09:39

Je reviens sur ma réaction à chaud d'hier, après avoir entendu Mona Ozouf. Le drôle, c'est qu'avant l'émission, mes pensées vagabondaient déjà sur ce thème. Pas de manière cohérente et construite, non, m'enfin je répondais intérieurement à une remarque qui m'avait été faite chez Assouline, à propos d'une visiteuse de là-bas que je n'aime guère et qui pourtant m'occupe beaucoup : un commentateur m'avait reproché : "ce n'est pas l'antiféminisme de X. qui vous chiffonne, mais sa féminité". 

 

Sa féminité... Bon sang, ce qu'on a pu gloser là-dessus ! En a-t-on entendu, comme conneries...

 

Ca m'avait renvoyé au remarquable ouvrage de Woolf, "une Chambre à Soi", et aussi à la différence profonde existant entre l'Angleterre et la France, en matière de littérature "féminine" (il faudrait trouver un autre mot, littérature de main de femme par exemple, bref) : c'est vrai, en France, il existe une longue tradition de femmes aristocrates, intellectuelles et écrivaines, dont l'exemple le plus connu est l'ineffable Madame de Sévigné et ses fenaisons qui sont les plus jolies choses du monde . L'Angleterre n'a guère connu cela, il a fallu attendre Jane Austen et encore, c'est une exception, et Woolf l'explique, dans une Chambre à Soi, par les critères économiques qui régissaient les moeurs anglaises et plus que tout, (parce qu'il y avait des femmes riches en Angleterre aussi) par deux faits : l'absence de révolution façon 1789 et l'impossibilité pour une femme anglaise de réclamer ou d'obtenir un espace privé dans les demeures familiales. Bien entendu, l'accès interdit à toute éducation intellectuelle jouait aussi beaucoup...

 

Donc, primauté de la France en matière de littérature de main de femme, grâce aux vertus combinées d''un statut social plus favorable, d'une liberté d'esprit étendue grâce aux coups de boutoir révolutionnaires et de la magnanimité des moeurs entre sexes, qui amenait les maîtres masculins à doter leurs filles d'une éducation poussée, ou à les laisser faire elles-mêmes, comme Necker  ou comme Mlle de la Mole qui va voler les livres de Voltaire dans  la bibliothèque de son père ? 

 

J'en étais là de mes réflexions et je pensais  à Madame de Staël (je ne savais pas qu'Ozouf en parlerait le lendemain chez Finckie, coïncidence !) : non, me suis-je dit, cela n'est pas si simple que cela. C'est justement l'inverse. Certes, X; (son pseudo est Daaphnée) pourrait parfaitement jouer, chez Assouline, la carte de Madame de Staël : le savoir combiné à la morgue sociale. Mais justement : la littérature française n'a pas su jouer le rôle que Zola a endossé pour la classe ouvrière, par exemple. Même Sand ? Même Sand : ces délicieux romans paysans ne sont pourtant que d'aimables vignettes, façon images d'Epinal. Il a fallu attendre la  littérture anglaise, et même plus précisément anglo-saxonne (englobant ainsi l'Amérique ou les lointaines contrées du  Commonwealth, Afrique du Sud, Nouvelle-zélande, Australie), pour voir apparaître une authentique littérature féminine qui rendait compte précisément, à la fois, de la position sociale et de l'univers intérieur des femmes, au temps de nos grand'mères et de nos mères. 

 

Oui, c'est cela que je sens, profondément : je me sens bien plus en affinité, je vois bien plus clairement le dessin d'une "féminité" avec les héroïnes d'Austen, puis après avec  la jeune Frankie Addams, de Mac Cullers,  et avec Mrs Dalloway, de Woolf, avec les intrépides voyageuses de Mansfield (qui n'aimait pas les suffragettes...), et encore plus près les si réelles héroïnes de Doris Lessing, qu'avec toute la littérature "feminine française", qui n'arrive pas à décoller de son dos l'étiquette des "salons littéraires", de la morgue sociale et de l'antiféminisme. Non, ce n'est pas sa "féminité" que je reproche à X., c'est bien cette manière si française, qu'Ozouf partage si j'en crois l'émission d'hier, de nier la légitimité des luttes féministes au nom de la délicieuse courtoisie qui règnerait, en France, entre sexes, et qui est une faribole de la même eau que la fenaison, "plus jolie chose du monde"... Pour qui ne se salit pas les mains, ignore les ampoules et le mal au dos, et arrange si coquettement les dentelles qui garnissent ses manches, quand on évoque devatn elle les paysans mourant de fièvre dans des marais empoisonnés... Certes, au 18 et 19è siècles, la position de la femme française était peut-être "meilleure" (dans le sens de plus intégrée à la vie de la cité, moins cloîtrée, en marche vers l'autonomie) qu'en Angleterre ou dans d'autres pays d'Europe. D'abord, il faudrait le prouver autrement que par une simple remarque de Balzac, et ensuite, comment expliquer alors le déclin absolu de la littérature française féminine, alors que l'anglo-saxonne prenait son essor et jouait pleinement son rôle de témoin ? Colette, Ernaux sont des exceptions dans le désert. Duras puait bien trop le vin pour s'attaquer à bras le corps à une héroïne un peu réelle, et toutes ses créations sont des victimes déchirées, de Lol. Von Stein aux mendiantes de Calcutta... Où est l'écrivaine française qui rend compte de la formidable évolution des femmes depusi deux siècles ? On l'attend encore, voilà la vérité, et on repasse, en attendant, les silouhettes façon toile de Jouy des  salonnardes françaises, qui n'ont jamais su ce que "féminité" veut dire si on n'y accole pas le luxe et les  privilèges, comme autant d'oeillères sociales... 

 

Bon, allez, un peu d'incontestable féminité :

 

 

 


12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 10:14

Hier matin, alors qu'on ne savait pas encore que Mélenchon allait se présenter face à Le Pen à Hénin-Beaumont, ce commentaire d'un journaliste politique (dont je n'ai malheureusement pas retenu le nom) : "Ce serait une erreur stratégique, car l'image de M. Mélencon souffre de ses débordements langagiers et de la violence qu'il insuffle à ses discours. Cette image se caricaturerait encore un peu plus devant une Le Pen qui, dans son fief, ne craint pas grand-chose"...

 

Ce que je peux ne pas être d'accord ! 

 

Ce matin, chez Finckie, Mona Ozouf parlant de Madame de Staël, du féminisme et de ce qu'elle appelle la "substiution du sexe par le genre" (qui serait la conséquence du consumériste hédoniste résultant de 68, à savoir que la contrainte du sexe étant insupportable, par commodité et laisser-aller, on préfère parler de "genre" qui lui, est réversible...), semble ouvrir des débats et des pistes de discussion intéressantes, mais hélas les referme aussitôt à force d'affirmations, d'opinions, et surtout d'une absence de prise de conscience de sa propre place dans la société, qui empêchera quiconque d'aller débattre avec la Dame sans être d'accord avec elle (et il fallait entendre Finkcie se pourlécher à l'idée d'obtenir l'assentiment d'Ozouf sur des proposition telles que "conserver la société en l'état", et autres conservatismes réactionnaire parés de plumes dans le cul). Pourtant, j'aimerais tant reprendre un par un les prédicats de la dame, et en discuter avec elle : son opinion, par exemple, tirée des réflexions de Mme de Staël sur la non-adhérence des femmes au mouvement révolutionnaire de 1789 (et ceci mériterait déjà d'être nuancé, car si effectivement les femmes n'admettaient guère les attaques contre la religion catholique, certaines d'entre elles maniaient les aiguilles à tricoter et d'autres, telle Olympe de Gouge, montaient à l'échafaud...) : "elles n'étaient pas d'accord contre les délations voulues par Robespierre pendant la terreur,  car elles considéraient que ces délations intervenaient dans l'ordre du privé où elles plaçaient leurs fils et leurs amants..."


Ce que je peux ne pas être d'accord non plus !!!! 

 

D'abord, sur la défense de la religion par les femmes du 19è siècle, qui est sans doute réelle, je ne le conteste pas.  Mais plutôt qu'une lutte contre les dérives de la terreur, ne peut-on y voir, simplement, une défense des intérêts les plus courants des femmes . Quand n'existait pas la contraception, quand le progrès technique ne permettait pas de substituer à la force physique animale la mécanisation, quand le viol n'était pas sanctionné, la condition de la femme ne trouvait quelques adoucissements, et quelque protection, que dans les dogmes qui assignaient aux hommes d'épouser les femmes, qui leur donnaient des devoirs envers elles, en échange de la conservation de l'espèce et de son patrimoine (les enfants légitimes étant privilégiés de toute la force du droit contre les enfants naturels). Oh, la religion n'était certes pas la panacée, et comportait elle aussi un certain nombre, et non des moindres, d'oppressions : mais enfin, c'était quand même le seul droit moral que les femmes pouvaient utiliser pour tenter de se garantir. Les revendications féministes de la révolution ayant été tuées dans l'oeuf, c'est-à-dire précisément la gorge coupée de celles qui les proféraient, que restaiil aux femmes pour améliorer leur condition et échapper au côté "gibier", sinon les commandements de l'église ??? 

 

Plus grave : quand Mona Ozouf conteste le "tout est politique", et veut à tout prix dresser une sphère privée (qui serait bien entendu celle des femmes) contre une sphère publique (elle consent néanmoins à ce que les femmes ait accès à cette sphère publique, et nous dit même que c'est là une caractéristique française qui a amené la richesse de notre littérature et la douceur des rapports entre les sexes, elle devrait en parler à la famille de Marie Trintignant, tiens, de la douceur des rapports entre les sexes en France, bref), là ce n'est plus une approximation qu'elle articule, mais carrément un contresens de classe. Je veux bien, quand on est débarrassé des corvées domestiques, qu'on puisse aisément enjamber ce qu'il y a de politique dans la sphère du privé. Mais quand il faut résoudre quelques petites équations du genre travail-enfant-et qui va faire la vaisselle, ça devient bizarrement fortement politique, le privé... Avec quelques jolies petites questions à la clé, du genre nombre de crèches, égalité des salaires et des carrières, nombre d'heures de travail domestique non rémunéré et tutti quanti. J'aimerais bien que Mona Ozouf se penche (même si cela la force à s'occuper de basses besognes) sur le côté "non-politique" de ces questions-là... Car c'est précisément tout le contraire. 

 

Bon,  je me radoucis quand Ozouf rappelle l'opinion de Balzac qui dit que la littérature n'apparaît que là où les femmes participent à la vie de la cité. Les cultures où les femmes sont cloitrées ne connaissent pas le roman, tout juste les contes et récits merveilleux. Là je suis d'accord, pour une fois... Mais Ozouf continue en disant qu'il est donc absurde de voir une "haine des femmes"qu'on pourrait  décrypter dans la littérature. Certes, je n'emploierai pas, moi, le terme de 'haine des femmes" qui serait cachée trop en évidence pour qu'on puisse la repérer (comme la lettre volée d'Edgar Poe) - justement parce que la haine est quelque chose qu'on peut conscientiser, alors que les sentiments des hommes pour les femmes sont bien trop complexes pour apparaître ainsi à la surface. Mais je dirais simplement à Madame Ozouf que de tous temps, la littérature rend compte de son temps : ce qui transparaît dans la nôtre, c'est bien l'oppression que les femmes subissent. Les écrivains hommes ont beau recouvrir le tout de l'amour courtois, par exemple, tout témoigne de cette oppression, tout "en rend compte" dans notre littérature. Les lectrices d'aujourd'hui ont donc le droit de relever ce qui saute aux yeux (comme il saute aux yeux que Tintin parcoure un globe où les femmes sont carrément gommées, et réduites au nombre de 2 : Castafiore et Irma. Ce n'est pas de la "haine", c'est carrément le stade ultime de l'oppression...)

 

Mais je repars tout aussitôt en pétard quand Ozouf nosu ressert une fois de plus le plat antiféministe, comme quoi, en revendiquant l'égalité, ce dernier cherche à indifférencier les sexes et à gommer les spéficités de la "féminité". Elle dresse une fois de plus le portrait éculé de la féministe mal baisée, refusant de prendre soin de son apparence, incapable de goûter les joies subtiles des jeux de séduction et rompant la courtoisie légendaire des rapports français... cette caricature est tellement nauséabonde, elle correspond si peu à la réalité et surtout elle est tellement commode pour, mollement, préférer  jouer le jeu de notre société qui étale sur tous nos murs les corps féminins objectivés jusqu'à la nausée, plutôt qu'honnêtement constater qu'il y a des combats à mener... Non, ce n'est pas parce qu'une féministe se bat contre l'objectivation du corps qu'elle refuse d'en voir la douceur, ou qu'elle le "virilise". Non, la féminité ne se mesure pas au poids des crèmes de beauté et du noir du mascara. Oui, on peut revendiquer une sexualité égalitaire, débarrassée des artifices nauséabonds de jeux de séduction trop appuyés, et préférer la camaraderie sexuelle de partenaires cherchant librement le plaisir, ailleurs que dans la fausse courtoisie qui  masque trop souvent le découpage, par les hommes, de la société en deux : les épouses avec leurs enfants légitimes, et les putes qu'on méprise, ce ne sont que "du matériel". OUI STRAUSS KHAN N'EST QU'UN PERVERS FOIREUX, et rien ne justifie les agressions qu'il a commises. 

 

Pas d'accord, je vous dis. Mais pourquoi France Cul invite-t-il toujours les Mona Ozouf (que je respecte par ailleurs, comme une Elisabeth Badinter, ce sont de grandes intellectuelles c'est un fait, mais...) et jamais les Isabelle Alonso ? 

 

Et pour revenir à Mélenchon : bon sang, le journaliste parlait de lui comme un communicant parle du "plan de carrière" de son patron. Alors qu'il faut ABSOLUMENT un Mélenchon face à Le Pen. Qu'il gagne ou perde, il ne faut pas laisser le champ de la parole comme arme à une Le Pen. Et il n'y a guère que Mélenchon qui fasse le poids contre elle...

 

France cul, parfois, tu as vraiment tout faux...

 

11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 08:21

Cette nuit, j'ai rêvé d'une vague qui m'humectait d'écume et rugissait, rugissait, rugissait...

 

Même pas peur. J'ai toujours aimé les vieux lions. 

 

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 11:17

C'est vrai que je ne suis pas très vaillante, en ce moment. J'ai des soucis professionnels qui ne vont pas en s'arrangeant, mais ceci n'est que la partie immergée de l'iceberg. C'est le devenir de ma petite cellule familiale qui me soucie le plus. Les parents de Clopin sont dorénavant dépendants de lui, ce qui pèse sur notre vie à nous et également sur notre moral. Et je pourrais mettre un "e" à morale : car mon malaise, mon mal-être, vient d'un souci qui relève... de la morale...  

 

Il est difficile de faire comprendre - sauf à ceux qui sont passés par là, c'est-à-dire qui ont dû prendre en charge des personnes fort âgées et fort difficiles - le sentiment d'étouffement qui me saisit, rien que pendant une simple conversation téléphonique avec ma belle-mère. J'ai comme une panique qui monte : faudra-t-il que, désormais, nous ne puissions plus connaître l'insouciance, ni faire de projets ? Ce ne devrait pourtant pas être incompatible avec le devoir de s'occuper de nos aînés. Alors, qu'est-ce qui cloche et rend la chose si problématique ?

 

Certes, je peux  tenter  d'analyser. Par exemple, voici une toute récente conversation téléphonique  :

 

Drriinng, je décroche. 

"... Il faudrait dire à Clopin que c'est le 12 juin à 16 h". 

 = ma belle-mère ne dit jamais "bonjour", ni "allo". Elle commence directos à parler de ce qui l'occupe, sans vérifier si vous êtes au courant, si vous êtes le bon interlocuteur... Ce faisant, dès les premiers mots, elle prend en quelque sorte le pas sur vous, vous force à entrer dans son univers...

 

" OUi, Mamy, mais qu'est-ce qui est le 12 juin à 16 h ? "

 

= je suis bien obligée de me renseigner, mais en avertissant ainsi ma belle-mère que je ne suis pas au courant de ce qui lui arrive, je me mets "en faute", ce dont elle ne va pas manquer de profiter.

 

"Mais mon rendez-vous chez le dentiste, voyons ! J'ai essayé d'appeler tout à l'heure, mais il n'y avait personne; Où étiez-vous donc fourrés ? "

 

= coup double. le "voyons" vise à me rappeler à mes devoirs, et c'est vrai que j'ignorais tout de cette prise de rendez-vous, parce que Clopin tente de me "préserver" en gardant pour lui ses échanges avec sa mère. La question sur l'endroit où  "nous étions fourrés" est tout sauf innocente. Je suis fautive, donc je dois rendre des comptes

 

"Il y a un rayon de soleil, Mamy, dont on essaie de profiter. Nous devions sûrement être dehors, au jardin..."

 

= tout chez moi commence à se rebiffer mentalement. Je n'arrive pas à  NE PAS  me sentir envahie, à ne pas ressentir comme une intrusion la question de ma belle-mère,  mais je me fais violence pour assumer mes devoirs. Je réponds donc (un peu n'importe quoi, d'ailleurs, parce que je ne sais nullement où nous étions lors du premier appel...) en tentant d'être un peu évasive.  Mais évidemment, ça ne marche pas... 

 

"Dehors ? Au jardin ? Quelle idée, ne je comprendrai décidément jamais. Enfin, ma petite, puisque tu ne peux pas me passer Clopin..;"

 

= ceci est un coup de sonde, parce que Mamy n''est pas persuadée de ma bonne foi, et qu'elle préfèrerait de beaucoup que je coure au bout du jardin pour lui passer son fils. Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'en sursoyant, je tente à mon tour de protéger Clopin. Mais je n'y arrive pas toujours, et suis bien souvent obligée de l'interrompre dans ses activités pour lui passer sa mère... Quant aux miennes, d'activités, bah n'est-ce pas... Et puis la notation sur la "drôle d'idée"  fait référence à la réclusion volontaire de ma belle-mère, qui n'est pas sortie de chez elle depuis des années et  ne comprend pas vraiment qu'on puisse avoir envie de se déplacer.. 

 

"Tu n"oublieras pas de lui dire le rendez-vous, et d'ailleurs (...)"

=et voilà, le tour est joué. En trois phrases, quelque chose d'absolument banal, normal, quelque chose qui ne devrait pas me poser de problèmes et que j'accepte mentalement sans aucune restriction : laisser un message pour que Clopin note qu'il doit emmener sa mère chez le dentiste, est devenu une sorte de match de non-dit, de prise de pouvoir, de subtile stratégie, et j'en sors avec un sentiment d'étouffement qui me fait gémir longuement, une fois le téléphone raccroché. 

 

Je n'ose même plus penser aux vacances... Et je m'inquiète pour Clopin, parce qu'il subit tout cela de plein fouet. Bien entendu, je pourrais le décharger, par exemple en partageant certaines de  ses  tâches les plus pesantes. Il va voir en effet son père à l'hôpital e Rouen quatre fois par semaine, gère la maison de ses parents de la cave au grenier et  passe  deux heures tous les deux  jours à effectuer les courses pour sa mère, qui n'a cédé en rien de ses exigences et qui n'admet guère d'autres personnes, pour l'aider, que celles qu'elle choisit, en fort petit nombre. Sa jeune femme de ménage ("une perle") lui convient, mais elle n'est pas disponible plus d'un après-midi ou deux par semaine. Clopin est en fait le seul qui soit habilité à remplacer son père... Mamy a renvoyé les autres aides que nous avions pu lui trouver.  Et lâchement, je ne prends pas part  aux corvées. Non par égoïsme ou paresse (par exemple, le poids des courses pour Clopin, qui a horreur de ça, est tel que je tirerais le plus grand bénéfice, au niveau de l'humeur générale, à  en partager la charge...), mais à cause du jugement moral que je n'arrive pas à NE PAS porter : ma belle-mère, dans ma tête, n'a pas le droit d'avoir de trop fortes exigences, étant dépendante... Et je ressens comme une violence le fait qu'elle passe outre avec une telle complaisance envers elle-même, voilà. 

Je lui mens, je me mens, je manque de loyauté vis-à-vis de Clopin, et tout cela est si lourd, si lourd... Je me sens si profondément coupable.. Je crois que ce qui m'énerve le plus, c'est le sentiment de mon impuissance à changer, ne serait-ce que d'un iota, l'univers fermé, maladif et tentaculaire du cerveau de ma belle-mère. Et je commence à flancher.

 

 

 

 

 

 
9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 13:10

Ce matin, m'emportant bien vainement d'ailleurs sur un blog que je fréquente quotidiennement, j''ai avoué que le plus grand danger que je coure, c'est de céder à ma facilité. Hélas,   je suis prolixe et facilement débordée par l'incise, la digression, le superlatif et l'inutile :  le rococo littéraire, quoi. 

Je dois absolument veiller à corriger ce défaut. L'entortillé de l'expression  croyant cacher, révèle toujours la faiblesse de l'idée : cette  formule est de moi (même si, depuis Boileau,  l'idée qu'elle contient est fort connue), et je devrais me la réciter, comme les croyants le benedicite, à chaque fois que j'empoigne mon azerty. 

 

Vous me direz : m'enfin, Clopine, vous brûlez là ce que vous adorez ! Et Proust, et Mallarmé, et le bancal Verlaine, qui préférait l'impair ? Tous iconoclastes : le cauchemar de Boileau en quelque sorte...

 

La contradiction n'est qu'apparente. ce sont les surréalistes qui ont voué le pauvre France (Anatole) aux gémonies, il serait temps de le réhabiliter, voilà, c'est dit. Le mouvement de la littérature est certes rétif à toute règle d'or, à tout cadre trop rigide. Mais c'est cependant la synthèse entre les moyens et la fin, quelque forme qu'elle prenne, qui donne sa valeur à tout projet d'écriture. 

 

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(du moins, je voudrais bien m'en persuader, ahaha.)

 

 

 

 

8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 09:01

Je me méfie des nénuphars - depuis Boris Vian qui les fait pousser à l'intérieur, horribles aliens avant la lettre,  et malgré Monet qui les célébra sous le nom féminin de nymphéas. On ne sait jamais s'lis sont solidement attachés ou s'ils flottent parmi leurs semblables, en apparence solidaires mais en réalité détachés, dérivants, somnambuliques. 

 

Je me méfie des nénuphars, mais peut-être, justement, parce que je leur ressemble trop... Surtout en ce moment. Je m'étale sur les pages comme les larges feuilles vertes  sur l'eau stagnante, et semble incapable, une fois de plus, d'appréhender l'avenir. Mes compagnons ont tous l'air d'avoir des racines, sur lesquelles ils se tendent et s'appuient. Moi seule, parmi eux, je cache sous l'alangui de la feuille d'eau le désarroi de la stérilité. Car nulle fleur ne vient couronner ma verte dérivation, pour de vrai  déboussolée...

 

 

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 08:09

Aujourd'hui, nettoyage et évacuation. Nous aurions dû le faire depuis allez, au moins cinq ans déjà, mais nous n'avons pas su, à l'époque, empêcher la saleté d'entrer. 

Mais aujourd'hui, ah, aujourd'hui, jour de la Sainte Prudence, nous devrions tous être incités à prendre toutes nos précautions, de confortables précautions, pour ne plus être emmerdés comme nous l'avons été. 

Pour plus de sûreté, donc, non seulement du balai, ouste, mais encore de l'aspirateur, voire carrément un bon coup de bull par là-dessus. 

Une fois ceci fait, on pourra passer à autre chose, qui ne sera pas forcément de la tarte, ni exempt de danger, mais au moins aujourd'hui, respirons un bon coup, ouvrons la porte et hop ! DEHORS ! 

 


PS : les adeptes de la "pure coïncidence" seront ravis de se souvenir des premiers vers de "On the road again" de Lavilliers. Again ? again.  

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