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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 10:12

C'est toujours comme ça : au moment où l'on est le plus découragé, ou irrité,  un évènement se produit et tout continue. Là, c'est internet - avec son cortège de  blogs, et de  discussions vaines, et  de déceptions :  j'en étais presque au point de  détester cette Toile qui m'engluait, et puis c'est grâce à elle, à cette Toile Maudite, que j'ai reçu un des plus jolis cadeaux qu'on m'ait jamais offerts.  Bénis soient les blogueurs, et les inconnus d'internet, et les rencontres à travers les fils ! Et béni soit Jean Granoux !!! 

 

Le cadeau en question est un petit livre bleu,  et donc, sans internet, je n'aurais jamais eu l'occasion de le lire comme je l'ai fait, d'un trait, cette nuit. Enfin, pas tout à fait d'un trait, car ce matin, j'ai repris quelques chapitres pour les lire à haute voix à la nuque de Clopin, qui était tournée sur l'oreiller façon "non, rien ne me fera lever avant 10 heures trente". C'est donc allongé et le nez dans la ouate que Clopin  a écouté le récit de l'arrivée de Valeska Gert à Provincetown, celui de sa naissance si drôle et si tendre, et qu'il a écouté la description de l'art de Valeska, et aussi le récit d'une de ses journées au Beggard Bar :  le Cabaret des  Gueux..

 

Et pendant tout le temps où je lisais ce livre à Clopin, une partie de mon cerveau s'activait à dresser une liste. La liste des gens à qui j'aimerais offrir ce livre. Non, ce n'est même pas ça. La liste des gens qui DOIVENT lire ce livre... J'ai ajouté un nom, puis un autre, et encore un autre, à cette liste mentale. Et je me suis aperçue qu'elle ne contenait que des noms de filles. 

 

C'est un livre que je DOIS offrir  aux filles que je connais. Il est fait pour elles  : 

 

Pour ma grande soeur, tenez,  évidemment ! Je parie que malgré l'humour, l'énergie, la folle passion de la vie qui se dégagent de ces pages, ma soeur, si émotive, va y aller de sa larme...  mais  peut-être  qu'elle chantera juste après avoir refermé la dernière page, parce qu'en vrai, rien de moins triste que ce livre ...

 Pour ma copine X, qui  a tant besoin de réconfort en ce moment, après la mort de son père, parce que X  partage avec Valeska  cette forme de franchise et d'estime de soi qui  pousse à être soi-même. 

 

... Pour Unetelle, qui a été la première compagne de Jim et qui va faire son miel de cette lecture - d'autant qu'à haute voix, ça passe bien aussi, et qu'Unetelle est une conteuse aussi folle que Valeska était une danseuse folle.

 

Mais je voudrais aussi l'offrir, ce petit livre bleu, à Doris Lessing, la Grande Dame Anglaise - il faudrait évidemment le traduire en anglais avant, mais sait-on jamais ? Cela se fera peut-être un jour. Malheureusement, je ne pourrais pas l'offrir à Romy Schneider, et pourtant, le portrait de la femme  qui est dessiné là, en creux du journal de Valeska, aurait eu vraiment  de quoi  réconforter  la pauvre Romy d'avoir été allemande.  Vive l'Allemagne et ses femmes, si elles sont de ce calibre-là !

 

Et  j'ajoute aussi le nom d'Isabelle Alonso, ah oui, je suis sûre qu'Isabelle va aimer ça et qu'elle en parlera, et comme ça le petit livre bleu, qui n'a absolument rien à voir avec l'UMP, va élargir son audience : et comme il est revigorant comme un coup de gnôle, amusant et tendre comme une voix d'enfant, émouvant comme le regard d'un homme amoureux, je suis SURE que mes amies vont l'aimer... et que le livre va les réconforter... 

 

J'en étais là de mes projets de cadeaux  quand, lisant jusqu'aux derniers petits mots du livre, je suis tombée sur cet avertissement :

"(ce livre) n'est pas susceptible d'être commercialisé. Il s'agit du tirage (édition est un grand mot) strictement privé, destiné aux amis des CAHIERS DE L'ESTRAN".  

 

Patatras. Le généreux donateur et ami d'internet, par ailleurs animateur des CAHIERS DE L'ESTRAN et traducteur,  qui m'a fait parvenir cette petite merveille pourra-t-il  faire quelque chose ? 

 

Il m'a envoyé deux exemplaires du petit livre bleu. Je m'en vais évidemment en garder précieusement un. Mais le second ne sera pas suffisant pour ma liste... Il m'en faut quinze autres, au bas mot...

 

Et puis c'est quoi cette "édition limitée" ???  je trouve qu'il faut abolument éditer ce livre AU MAXIMUM, enfin, voyons  ! Comment faire ? En parler à Assouline, pour qu'il nous tire de là ? 

 

 

Si quelqu'un a une idée... 

 

 

 

 

 

5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 15:30

L'avantage du poil à gratter, c'est qu'il délimite les zones où cela démange. 

 


4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 08:40

Et voilà : une réflexion sur la République des Livres, et j'ai passé une partie de la nuit à tenter de mettre au clair mes idées sur l'écologie, l'hédonisme et le féminisme. 

 

Ce qui est à peu près aussi évident que de dépêtrer une pelote de laine sur laquelle une dizaine de chatons auraient fait leurs griffes...

 

Et peut-être guère plus intéressant, allez savoir : je semble être une des rares à me pencher sur le sujet. M'enfin, je sais que Michel Onfray prépare un de ses brûlots sur l'écologie (après s'être attaqué à la psychanalyse via un dénigrement systématique de Sigmund Freud, ce qui était un peu réducteur - comme si on remettait en cause la tolérance en brossant le tableau pourtant réel d'un Voltaire insupportable et quiétiste), alors il faudrait peut-être commencer à réfléchir à tout cela sérieusement, pas vrai ? 

 

Enfin, je dis ça je dis rien. Comme d'hab". Mais peut-être, puisque je suis ici chez moi et que je peux donc écrire en toute liberté tout ce qui me passe par la tête, même les trucs les plus scandaleux,vais-je tout de même  tenter de rassembler mes petites idées. 

 

Ca s'appellerait "le Destin de Babette", par référence au film (hédoniste) tiré de la nouvelle de Blixen (féministe)... 

 

Pour l'instant, je me retiens... 

3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 15:47

François Morel est un prince. Sans rire.

 


3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 11:18

Mes visiteurs ont le nez creux : effectivement, l'endroit où nous avons abouti ce jour-là, Clopin et moi, n'est pas précisément celui qu'on choisirait habituellement pour abriter des amoureux, puisqu'il s'agit d'un ancien cimetière, plus précisément un ossuaire du moyen-âge. 

C'est un terrible témoignage de la peste noire, qui ravagea l'Europe dans les années 1350, et eut de funestes conséquences : non seulement on brûla quelques tziganes et juifs qui avaient le simple tort de l'être, ce qui rendait commode de les accuser, non seulement les habitants crurent qu'il s'agissait du début de l'apocalypse biblique, non seulement une crise économique s'ensuivit,  mais encore la terreur qui s'empara des survivants renforça leurs sentiments religieux, étouffa leur esprit d'aventure et leur capacité d'épanouissement : à eux les flagellations, les meurtres rituels donc (car bibi j'appelle ainsi les bûchers réservés aux juifs, aux relapses et aux "égyptiens") et le sentiment  non pas tragique mais morbide de la vie. 

 

L'Aître Saint-Maclou, qui est inscrit aux Monuments Historiques, est le témoignage le plus étonnant de cette sinistre époque. Et paradoxalement, c'est un des plus  paisibles  endroits de Rouen. Une petite entrée obscure, un porche bas, une petite porte à droite : vous pénétrez dans une cour carrée magnifique d'harmonie, où, sur un ou deux étages, sur un soubassement de pierre, l'ancien ossuaire aligne des bâtiments de toute beauté, avec pan de bois sculptés. Le calme qui y règne, et fait penser fugitivement à un couvent, fait oublier à la fois la rue Martainville, le brouhaha du clos Saint Marc et de ses marchés, les voitures qui tournent en rond dans le quartier. La proportion des façades et des élévations est si harmonieuse que la première impression que l'on reçoit, en y pénétrant, est celle d'un calme appelant à la méditation. 

 

La surprise est donc grande quand, regardant de plus près les pans de bois, vous y voyez sculptés tous les attributs de la mort : ici c'est un fossoyeur qui veille sur des os blanchis. Là, un cercueil avoisine une omoplate... Sur chaque colonne des bâtiments ouest et est, c'est une guirlande macabre qui accueille les visiteurs : tous les personnages de l'époque, hommes, femmes, riches ou pauvres, sont entraînés dans une danse à deux temps, dont le partenaire n'est autre qu'un squelette... 

 

Nous nous sommes pourtant assis là, sous l'ombre des marronniers (ou sont-ce des tilleuls ? Ah, il faudra que j'y retourne, pour vérifier !), et avons longuement parlé. Clopin connaissait l'endroit, bien sûr, mais je voulais lui raconter la signification particulière qu'il revêtait pour moi. J'ai en effet, à un certain moment de ma folle jeunesse, rempli mon frigidaire grâce à l'argent gagné en posant comme modèle à l'Ecole des Beaux-Arts de Rouen - qui se situe précisément à l'Aître Saint Maclou. Cette cour gravillonnée, ces bâtiments qui avaient vu la grande peur de la peste noire, avait donc recueilli également mes tout petits tremblements à moi. Les cris désespérés des pestiférés, dont on pouvait regarder l'écho figé sur toutes les poutres, s'étaient depuis longtemps tus. Mais mes petits chuchotements de trouille (car se mettre nue devant un public, fut-il aussi respectueux et studieux que les sages étudiants  en art de Rouen, est tout sauf facile) avaient eux aussi résonné dans ce si bel endroit...

 

L'aître Saint Maclou n'était donc pas si mal choisi, s'il s'agissait de nous mieux connaître, Clopin et moi, et surtout d'entamer cette conversation qui, ma foi, m'a tout l'air ne pas être encore terminée entre nous... Je vous épargnerai le souvenir de nos propos, car les conversations amoureuses sont insipides, sauf pour leurs auteurs, bien sûr. Qu'il vous suffise de savoir que Clopin, devant les macabres sculptures, me demanda tout-à-coup "si j'avais envie de mourir ?", et que, le regardant, je n'ai pu m'empêcher de rire et de répliquer "alors là, il n'en est pas question"... Et c'était sans doute la meilleure réponse à faire devant les témoignages des pauvres dépouilles qui avaient été apportées, il y a si longtemps, à l'aïtre Saint Maclou. Car la vie est bien courte, mais elle peut être si jolie, ma foi...

 

Pour finir, je voudrais juste ajouter que l'aître Saint Maclou est pour moi  un lieu de passage, une sorte de frontière invisible, rouennaise et à usage interne . Non seulement parce que c'était là que la vie reculait devant la mort, mais parce que, de nos jours, c'est une sorte de limite entre le Rouen encore vivant, populaire, besogneux et quotidien, et le Rouen des visiteurs, des bâtiments historiques et des commerces de luxe. Le centre ville de Rouen, en effet, et surtout son coeur piétonnier, est certes parfaitement restauré... Mais il a été vidé de sa substantifique moelle. Les magasins qui s'y alignent sont tous du même modèle : les restaurants avoisinent les innombrables marchands de fringue, les quelques boulangeries qui tiennent le coup n'en sont plus vraiment : ce sont des fromenteries qui servent surtout de mauvais sandwiches aux touristes, et les petites boutiques des ruelles piétonnes vendent toutes sortes de marchandises qui sont surtout des "cadeaux", du type que l'on offre à Noël : jouets en bois, coutelleries, chappelleries certes, mais rien de quotidien. Je défie un rouennais, même avisé, de trouver dans le coeur de ce Rouen-là l'épicerie ou la supérette qui lui vendra un paquet de lessive, la boucherie-charcuterie qui lui proposera du museau-vinaigrette ou un marchand de légumes présentant des pommes de terre. Pour trouver ces humbles produits, il devra remonter jusqu'à la place Saint Marc et la rue Armand Carrel... 

 

Il reste qu'imaginons que vous soyez à la recherche, en plein centre de  Rouen, d'un endroit à la fois paisible et peu fréquenté (sauf certains jours, l'été, mais là c'est comme partout), où vous pourriez entamer une longue conversation avec quelqu'un... Alors, je vous en prie, entrez dans la cour de l'Aître Saint Maclou. Je crois même que j'y ai laissé, pour toujours, comme un petit bout de moi, qui doit traîner encore par là. Un petit bout d'ombre : il y en a tant, dans cet endroit, que mon propre lambeau a bien le droit de s'y ajouter, non ? 

 

 

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 09:24

Les souvenirs, c'est comme un hippodrome. On tire un fil, et c'est tous les chevaux qui passent.

 

Bon, allez, je reprends mon anecdote. Nous étions donc à Rouen, un beau jour, avec comme une envie de flânerie amoureuse. Et le problème était "où se poser" ? Comme Félix Phellion l'a dit dans son billet hier, de la Cour d'Albane au Palais de Justice, les endroits ne manquent pas à Rouen pour s'asseoir et bavarder... Encore que... Le square Verdrel, par exemple, est bien bruyant et poussiéreux. Le jardin de l'Hôtel de Ville, à l'époque, était éventré par les travaux qui ont permis aux immeubles de le rétrécir en se poussant sans vergogne jusque dans son coeur... La toute petite cour intérieure de l'Office de Tourisme, toute verte de moisissure, ce qui lui donne une allure d'aquarium encore accentué par la mélancolique petite statue qui gît là, ne permet même pas de poser une fesse...  Le Jardin des Plantes est trop loin, là-bas, rive gauche,  d'autant que le métro n'allait être construit que vingt ans plus tard. Où donc trouver, à Rouen, un endroit à l'air libre, mais sans bruit et protégé de la circulation, où l'on peut s'asseoir sur de larges marches de pierre, profiter d'un peu de feuillage et de calme, et qui peut parfaitement convenir  pour  abriter des amoureux, bien que cela soit tout-à-fait paradoxal ? 

 

Oui, où ? 

 

Le premier qui résoudra cette petite énigme gagnera une carte postale  affranchie reproduisant l'endroit en question. 

 

Un indice : concentrez-vous sur le côté paradoxal d'un sentiment amoureux dans un tel endroit... Dont la beauté et la curieuse harmonie reposent sur ce qu'il peut y avoir de plus effrayant dans la conscience humaine...

 

(bon j'en ai trop dit, me semble-t-il : tous les rouennais vont trouver, là !)

 

Allez, tiens, un peu de Bach... à cause d'une discussion sur la République des Livres.  Chez Pierre Assouline, il y en a qui croit encore qu'on ne peut vraiment jouer Bach que sur du clavecin ou à l'orgue. Waouarf ! Bach est un des musiciens les plus transcrits au monde, pour tous les instruments possibles et imaginables... Alors, se demander s'il est légitime de le jouer au piano, ça me fait carrément rigoler. Donc, nous dirons pour aujourd'hui du Bach, au piano... à bretelles, mais si mais si. 

 


1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 05:10

Le billet du jour, chez Félix Phellion, mentionne les endroits qu'un "piéton de Rouen" a avantage à arpenter : il n'en fallait pas plus pour me faire divaguer, façon énigme anecdotique... 

 

 A l'époque, j''occupais une modeste place à la Direction du Personnel de la Ville de Rouen. Les "ressources humaines" n'existaient pas encore, ce qui situe mon récit dans le temps (mon dieu,  déjà ?).  Elles allaient bientôt s'installer, notez,  à peu près en même temps que les ordinateurs : mais en ce temps-là, les fonctionnaires étaient encore rangés en quatre catégories, la première concevant les pièces administratives, la seconde les rédigeant, la troisième les dactylographiant et la quatrième allant les porter à la poste.  Cependant, les choses bougeaient, et la Ville de Rouen avait fait montre d'une audace peu commune : son service du Personnel avait été confié... à une femme, Madame Jocelyne Rouillard, qui régnait ainsi  sur les destinées de plus de 1500 employés (combien sont-ils, maintenant ?).

 

Si je cite le nom  réel de cette personne, c'est pour lui rendre hommage. Il est de bon ton, et de bonne guerre, de décrier les chefs, et une Directrice du Personnel passe forcément pour quelqu'un de redoutable. Or, Madame Rouillard l'était, redoutable, mais dans la compétence et la droiture. C'est elle qui m'a appris le métier, et je ne l'ai jamais prise en défaut de déontologie. Elle m'a durablement impressionnée, tant par sa force de travail que par la façon dont elle concevait sa tâche. Physiquement, elle ressemblait un peu à Christine Ockrent - une mince silhouette, un menton en galoche, et la répartition requise entre le fer et le velours. Moralement, je ne lui connaissais pas de faiblesse. Tous ses employés avaient un peu peur d'elle - c'est la loi du genre, mais du coup, le respect lui était tout acquis. 

 

Or, c'était à cette personne que je m'apprêtais à mentir... Celui qui allait devenir mon compagnon - et le père de mon enfant, Clopin en un mot,  me l'avait demandé. Nous en étions en effet arrivés  au  stade où nous  ne pouvions plus guère nous quitter. Clopin venait me voir à Rouen, nous passions des nuits entières ensemble, mais cela ne nous suffisait plus. Sans  le dire, nous aspirions tous les deux à vérifier que nous nous plaisions aussi en position verticale, n'est-ce pas, l'horizontale nous étant d'ores et déjà acquise... Il faisait si beau ce matin-là, Clopin n'était pas rentré chez lui,  et m'avait suggéré : "Demande ta journée, et viens me retrouver. Je t'attends au coin de l'église Saint Ouen..."

 

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Cela semblait tout simple,  cela ne l'était pas. J'étais fort jeune et timide, et je tremblais de déplaire à une Directrice qui m'avait toujours marqué de la bienveillance. Et puis, instinctivement, je fuis le mensonge... J'ai dû rougir beaucoup, en invoquant une migraine imaginaire pour justifier ma demande. Et je me souviens du regard aigu de Madame Rouillard, qui laissa passer quelques secondes avant de m'accorder le congé demandé, d'une voix non pas étonnée ou sévère, mais bien un peu déçue. Et c'était ce que je redoutais le plus : la  décevoir  ! Bah, tant pis : la liberté était à ce prix, et je crois bien qu'il n'y a jamais eu de pieds plus légers que les miens  dans  l'escalier monumental de l'Hôtel de Ville, que j'ai dévalé pour aller me jeter dans les bras de Clopin. Le bureau de Madame Rouillard dominait la place : je ne sais si elle a pu constater que ma migraine avait les yeux bleus... 

(je suis désolée d'être si longue, mais vous savez ce que c'est : on commence à raconter, on tire un fil, et puis tout l'écheveau y passe. Bon j'arrive à mon propos : la suite à un peu plus tard). 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 09:32

Petite fille, le mot "clepsydre" me faisait frissonner : je crois que je le confondais avec l"hydre de Lerne. Bah, ce genre d'erreur est fort commune :  la grande Colette ne prenait-elle pas  les presbytères pour des escargots ?  N'empêche que je voyais la  clepsydre munie de  griffes et de dents pointues, et si je marchais seule le soir, dans la rue Alsace Lorraine,  je pouvais me suggestionner : une clepsydre, sur mes talons, allait me dévorer si je me retournais. (je recommande d'ailleurs cette méthode infaillible pour se foutre les jetons. Marcher seule et s'interdire de se retourner. Immanquablement, vous croyez alors être poursuivie...)

 

Quand elle s'en rendit compte, ma mère, en riant, m'offrit une fort jolie petite clepsydre, avec de l'eau toute bleue à l'intérieur et un cadre en laiton, qui permettait de calculer exactement le temps de cuisson de mes oeufs à la coque. Je fus entièrement rassurée... 

 

Mais aujourd'hui, je pense que je n'avais si tort que cela, d'avoir peur. Car désormais,  le temps file si vite que l'instrument qui sert à le compter m'apparaît aussi monstrueux que sa vitesse d'écoulement... Il faudrait, pour se représenter la chose, mélanger la clepsydre et le sablier : chaque seconde serait une goutte d'eau absorbée par le sable d'une longue plage... Et bientôt une seule vague viendra dissiper tout cela...

 

Bon, resaississons-nous. En attendant, passons le temps à écouter de jolies choses. Une des plus belles chansons que je connaisse, tenez, qui dure le temps que comptait, autrefois, ma petite clepsydre, et dont la mélancolie convient bien au jour qui vient. 

 

29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 10:21

Il me semble... Je crois bien... On dirait...  que je viens de trouver (Mais chuuutttt... N'en disons pas plus...) le titre du prochain documentaire de "Beaubec Productions", qui doit, tout le monde le sait par ici, évoquer la sauvegarde du bocage brayon, mis à mal jour après jour...

 

 Même si ce n'est pas, au final, le titre qui sera retenu, je suis un brin soulagée. Car le manque de titre équivalait, pour moi, à un flou dans le propos, à une indécision, un mur  brouillasseux qui m'empêchaient d'avancer. Le film doit évoquer la "haie", déjà, euphoniquement, c'est coton - alors tenter en plus d'exprimer une idée avec ça... J'étais carrément bloquée. 

 

Tandis que là, munie de ce titre qui joue presque le rôle de pitch, en voiture, Simone ! Je me sens comme un cheval qui vient de franchir le premier obstacle de l'hippodrome. Ne restent plus que deux injonctions, que je devrais attacher comme des ailes au Pégase qui me porte : "y'a plus qu'à"... et...  "Faut que"... !!! 

 

 

28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:15

Je me suis rendue compte, avec amusement, que les blogs vers lesquels j'étais attirée étaient tenus par de drôles d'oiseaux. Le tout nouveau venu, "Rouen chronicle", est écrit par une plume de 86 ans d'âge. Les facéties de Jacques Chesnel sont le fait d'un Monsieur de 83 ans. Paul Edel (Jacques-Pierre Amette), que j'ai indigné au point de le fâcher à  tout jamais (j'ai osé affirmer, et écrire, que les écrivaines anglaises étaient supérieures aux françaises, pour ce qui est de l'âme féminine et du témoignage des aspirations féministes de nos grand'mères... Et j'ai même trahi Marguerite Duras, qui était une vraie écrivaine, certes, mais une non moins vraie alcoolique...) , Paul Edel, donc, a bien dans les 70 ans aux fraises. 

 

Mais de l'autre côté, l'écart est tout aussi grand avec la jeune génération. Stoni n'a que la trentaine... 


Je ne suis donc étale, au niveau de l'âge, qu'avec les hôtesses, et non les hôtes,  des blogs que je fréquente. Même génération, visiblement, que Zoé Lucider, par exemple. IL y a bien Pierre Assouline qui, comme moi, est dans la fleur de la cinquantaine... Mais c'est une exception, son blog est carrément une activité professionnelle pour lui, et non pas une charmante divagation, comme pour les autres..

 

Bah, en fait, je m'en fiche. L'essentiel est de picorer avec profit, pas vrai ? 

 

 

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