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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 09:06

Ce qui est embêtant, c'est ce "taire" qui conclut cet adjectif. Or, j'espère de tout mon coeur que les tunisiennes se feront entendre, et le plus fort possible - ma parole ! 

10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 15:00

Fiérote !  J'avais parié qu'au tout début de la première scène de l'épisode 4 de la série 5 de "Breaking Bad", vous savez, quand Lydia,  la fille qui commence à marcher à côté de ses pompes (littéralement : elle s'est trompée de godasses)  reçoit la visite du  cousin Hank, on voyait, oh, à peine mais on la voyait, la petite danseuse de Degas. (je n'en étais pas si sûre que ça mais bon...)


Eh ben vous pouvez vérifier : elle est là, l'adorable, avec son bout de nez en l'air et son corsage fatigué.

 

C'est moi qui vous le dis : les mecs de chez Breaking Bad, ben ils ont la classe.

 

Et j'ai gagné mon pari. Yessss !!!  

 

 

asa07_degas_003i.jpg

 

 


9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 10:52

Continuons l'anecdote ! 

 

Polac se demandait, dans sa lettre, si je ne devais pas  modifier  ceci, ou cela, de mon petit texte,  puis poursuivait : "non, finalement, ne changez rien, mais armez-vous de patience. Je vous prédis qu'il vous sera presque impossible de vous faire éditer, et pas seulement parce que votre texte est une nouvelle... Je ne vois, pour une écriture comme la vôtre, qu'une maison d'édition "parallèle", un endroit où l'on ne suit pas le courant commun, où l'on prend des risques. Tentez donc votre chance au "Dilettante" (il joignait l'adresse de cet éditeur  totalement inconnu de moi) et finissait : " je ne vois guère qu'une maison comme cela pour vous".

 

J'ai donc, après avoir bien reniflé, pris mon courage à deux mains et envoyé mon texte au Dilettante. Dans la lettre d'accompagnement, je m'étais posée la question : fallait-il que je me réclame du courrier de Polac ? Celui-ci m'avait donné un conseil, ce n'était pas, à mes yeux, comme une "recommandation" : je décidai donc de ne souffler mot du conseil reçu, ni du nom "célèbre" qui me l'avait donné, et de simplement proposer mon petit texte, sans autre forme de procès. 

 

Et je me mis à attendre... 

 

Ah bien ouiche !!! 

 

La toute première lettre de refus d'éditeur que je reçus, venant donc du "Dilettante", ne fut pas piquée des hannetons (qui sont d'ailleurs, les pauvres, en voie de disparition, mais passons.). J'aurais normalement dû recevoir une de ces formules stéréotypées, où l'on vous informe poliment, par en-dessus,  que la ligne éditoriale de la maison n'est pas compatible etc., pour vous faire comprendre, par en-dessous, que les stages de macramé aussi ça peut être épanouissant. 

 

Mais je n'ai eu droit qu'à un mot manuscrit, d'une gande écriture d'autant plus sèche qu'elle était en colère, aurait-on dit, et qui me  rejetait  si violemment que j'en eus le souffle coupé : le tout en  dix lignes, dont deux questions. La première était "comment avais-je bien pu avoir eu vent de l'adresse et de l'existence des  éditions du Dilettante ? La seconde poursuivait : "Parce que, si vraiment n'importe qui, sorti d'on ne sait où,  se permettait d'envoyer des insanités pareilles, franchement, que fallait-il donc faire, où se cacher,  pour être un peu préservé de telles calamités, grands dieux  ?"

Une fois l'indignation ainsi exprimée, l'éditrice du Dilettante  continuait en disant "votre code postal est "76440" : si jamais vous vouliez néanmoins poursuivre dans  votre - euh- "projet", je vous renvoie à l'annuaire des éditeurs de province (elle m'en donnait la référence). Sait-on jamais ? Certains de nos confrères pourraient néanmoins, en cas de besoin, faire affaire avec vous. Mais je vous en prie : oubliez-nous, nous n'avons pas de temps à perdre ainsi !"

 

D'habitude, je suis plutôt bonne fille. Mais là... J'ai sauté sur mon azerty et j'ai composé une sorte de fort courte réplique (pour ne pas faire perdre plus de temps à des gens si occupés), où je soulignais à ma correspondante qu'elle avait commis l'exploit de mépriser, en dix lignes seulement,  un maximum de   personnes humaines : moi-même, évidemment, (mais sans doute, si on l'en croyait, méritais-je à peine le qualificatif de "personne humaine"), Michel Polac, qui était celui qui m'avait adressée à elle, et ces " éditeurs provinciaux", qu'elle n'hésitait pas à désigner  comme pouvant éventuellement ramasser les rebuts dégoûtants débordant  des poubelles du Dilettante, ce qui prouvait l'estime qu'elle portait  à ces confrères-  que je ne solliciterais donc pour rien au monde, non mais !  Je finissais mon courrier (j'avais reçu le sien un 23 décembre) par un "et joyeux noël à vous aussi", qui cachait bien évidemment le souhait que la bûche soit immangeable,  le foie gras bourré de cholestérol, et qu'elle s'étrangle en avalant sa bourriche d'huîtres. 

 

Je croyais m'être ainsi réparée, et débarrassée de la cuistrerie parisienne. D'une certaine manière, oui, je l'étais. Mais d'une autre... Les milliers d'apprentis écrivains, la masse phénoménale de ceux qui ressentent le besoin de s'exprimer et que le manqe de talent, ou la malchance, ou la simple vie, empêchent de réussir, vont parfaitement comprendre que les nuits qui ont suivi l'anecdote ont été, dirons-nous, assez mauvaises. 

 

Il est difficile de résister au mépris, même quand celui ou celle qui vous le marque est lui-même méprisable. 

 

Et si n'importe quel scribouilleur du dimanche a le droit à la dignité, ce que semblait si évidemment ignorer l'éditrice du Dilettante, c'est  qu'il est en réalité sincère - et nous tous, les petits, les sans-grade, les "ni lus ni connus", partageons au moins cette qualité-là, la sincérité, si nécessaire à la recherche de la vérité d'une écriture...

 

 Mais les gens sincères sont généralement fort peu crus des menteurs professionnels. Pas vrai ? 

 


 


 

 

 

 

8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 09:00

Il y avait eu les émissions de Polac à la télé, et puis ses chroniques dans Charlie Hebdo - je le considérais un peu comme un grand'père - normal, quand on n'a jamais eu de grand'père, on s'en fabrique avec ce dont on dispose, pas vrai ? 

Vu que c'était "mon" grand'père donc, avec bouille ronde, cheveux blancs, et lunettes sur le bout du nez, soit tous les attributs de la bienveillance,  et qu'il était beaucoup moins intimidant qu'un Pivot ou (pire encore !) qu'un Sollers, quand j'ai eu fini, "suang" (= sang et eau) mon tout premier texte,  je ne savais littéralement  pas quoi en faire. Alors, je le lui ai envoyé. Ca s'inscrivait dans la grande tradition "envoi aux grands aînés", ça ne mangeait pas de pain et puis comme ça : "je serais fixée". 

Le problème de la valeur m'avait tracassée pendant des années : le passage à l'acte, ici au texte, m'avait permis de le dépasser, mais néanmoins, n'écrire que pour  entasser des feuilles dans le tiroir de mon bureau était certes envisageable mais manquait un peu de piment. J'étais bien trop peu sûre de moi pour  entamer quoi que ce soit d'autre (par exemple, proposer des textes à un éditeur ?) sans encouragements. D'un autre côté, le tiroir en question était bien profond. Pas bien sûre de le remplir non plus...

Une fois le texte parti avec la lettre idoine, je m'étais sentie soulagée. Que c'est bon, de s'être déchargée sur un autre d'une décision qui vous revient à vous seule ! Libérée, j'avais continué à vaquer à mes occupations. Cette année-là, Clopin remplaçait la corde de la balançoire dans le jardin, Clopinou rentrait en CP avec une maîtresse qui "n'aimait pas les garçons", je venais de trouver un travail près de ma nouvelle maison, bref, j'étais occupée et légère comme une feuille au vent. Et je regardais Polac, à la télé, en me disant que, ça se trouve, il avait opéré un classement vertical et radical de mon modeste courrier. Mais cela faisait tout de même un petit lien entre lui et moi.

 

Et puis sa lettre est arrivée. J'ai couru au fond du jardin, je me suis installée sur la balançoire et j'ai commencé, mais évidemment je n'ai pas bien vu  la seconde phrase, parce que la première m'avait tellement embué les yeux :

 

"Vous êtes un écrivain, et si vous ne le savez pas, je vous le confirme". 

 

C'était ça, sa première phrase. 

 

Je ne sais pas si Michel Polac a jamais eu des enfants, et des petits-enfants. Mais en tout cas, et même si je n'en suis pas digne, je suis à jamais sa petite fille. Avec, comme aujourd'hui, des yeux une fois de plus tout embués. 

 

 

 

 

 

 

 

7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 17:12

Certains allaient gloser à la Closerie des Lilas... Moi, pendant des années, je passais une partie de mes dimanches matins au Clos Saint Marc. C'est dire si les souvenirs de Félix Phellion, qui continue à fréquenter l'endroit en y notant, comme il le fait d'habitude, les changements que le temps y provoque, comme d'autres comptent leurs rides devant leur miroir , m'ont ravivé la nostalgie : c'est un des rares endroits de Rouen que j'ai quittés, en sachant d'avance, en étant sûre, que je le regretterai. Les autes lieux... je ne savais pas qu'ils surgiraient de temps en temps, comme on voit une grenouille sauter de l'herbe verte pour aller se cacher dans la source, juste le temps d'un gloup quoi. Mais en partant de Rouen por m'exiler à trente kilomètres,  je savais que ce marchlà, et sa place bleue,  ne pourraient se perdre si facilement dans la terre grasse et verte du pays de Bray.

 

Félix évoque les vendeurs de Lutte ouvrière, trouve la fréquentation estivale en baisse et le remplacement des médiocres boulangers par de bien meilleurs (mais plus chers...) comme des signes favorables  de changement de ce  quartier... Pour une fois, (non, ce n'est pas vrai : je suis très souvent en désaccord avec Monsieur Phellion, car nous n'avons pas habité tout à la fais la même ville, question d'échelon sur l'échelle sociale très certainement), pour une nouvelle fois, donc,  je ne suisi pas d'accord avec lui. J'ai connu les derniers moments de la "vieille" place : à savoir   la sorte de cube de béton fissuré qui abritait des  représentations de catch, le samedi soir, et où l'aspect et la fréquentation des bars alentours se ressentaient de l'atmosphère disons virile et populaire (avec une vague odeur de pissotière le long des hideux piliers) qui accompagnait les soirs de matchs. Je ne peux pas dire avoir regretté ni la vague violence, ni l'odeur prégnante des lieux - et quand les jolls petits pavillons bleus, avec leurs jardinières fleuries, ont surgi aux quatre coins de la place, j'espérai simplement que le côté populaire du lieu serait sauvegardé. 

 

Il le fut, et j'eus quelques bonnes années où, descendant du Mont Gargan, j'achetais ma poule au pot dominicale chez Monsieur Poulet, mon pain chez Osmont (seul bio de l'époque, mais qui était cependant entaché d'une rumeur de religion un brin sectaire, façon Témoin de Jéhovah), un bouquet de fleurs et surtout, surtout, j'entamais une bonne causette avec les copains militants, qu'on retrouvait dans les cafés bondés qui bordaient la place. Certains d'entre eux venaient surtout là, non seulement pour distribuer les tracts et réorganiser le monde qui allait, comme d'habitude, si déplorablement à son propre rythme, mais surtout pour, de petit kir en petit kir, attendre une éventuelle invitation à déjeuner. 

 

Elle arrivait souvent, si  Jim et moi  n'étions pas trop regardants sur la sobriété des convives - et les volailles de Monsieur Poulet, qui auraient pu nous "durer" jusqu'au lundi soir, étaient finies, blancs et bréchets, sur le coup de seize heures... La fin de de l'après-midi traînait en musique - Jim aux partitions et enregistrements divers. Quand on redescendait le soir, pour aller chercher des cigarettes chez le petit arabe de la Croix de Pierre qui les vendait illégalement (mais était beaucoup plus proche que celui du haut de la reu de la République, et le dimanche soir, à Rouen, trouver un clopier relevait souvent d'une certaine obstination piétonnière...) la place Saint Marc avait retrouvé sa physionomie un peu romaine - j'y aurais bien vu, moi, des cinquantenaires drapés de toges traverser lentement le grand quadrilatère... A l'italienne, quoi (mais c'était avant, disons, ce que je raconte au dernier paragraphe !) 

Depuis le métro et les lignes de bus réservées, l'insupportable restaurant "la Boucherie" et la raréfaction des apparitions de la fanfare Monna Lisa Klaxon, le clos n'est plus tout à fait le même. 

 

Allons, soyons sérieuse et honnête. C'est que, depuis ces années frugales (Monsieur Poulet était le moins cher de la place) mais où ma jeunesse jetait ses derniers feux, j'ai connu, depuis, d'autres Places Saint Marc. Dont une, lagunière, vernissée et vénitienne, qui a fait pâlir bien fortement le petit Clos serré, où j'avais des amis, de ceux, hélas, que le vent emporte - comme il m'a emportée. Faut-il qu'il y ait des portes mal fermées, pour que les coulis, ainsi, ventent devant la maison de mes souvenirs !!! 

 

 


3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 12:49

On était tous en train d'écouter une vraie de vraie de grosse bouse musicale dans le poste.

 

Heureusement, Frank zappa.

 

Published by clopine - dans Vies de Bêtes
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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 11:07

Ne pas oublier que l'on vieillit.

Donc, s'accorder du repos, des moments suspendus, des récrés, quoi. 

Car l'âge, ça mène aux pauses. 

 

 

Et  cadeau ! Dédié à  comme qui dirait "le Sud" :  un brin d'Eliza (à la Worcester sauce, pure !, gratifying !, rich ! and digestive...)  :

 

 

 

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(je vous recommande l'accompagnement, fort original dans le genre un brin archaïque ;  à mon sens..)

1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 09:08

J'ai déménagé (pour un temps) dans la petite chambre d'amis au fond du jardin - cela me permet de récupérer un peu, et aussi, surtout, de pouvoir m'isoler quand je le souhaite. J'ai toujours poursuivi, sans jamais l'atteindre ou si rarement, le rêve de Virginia : avoir une chambre à soi. Et je m'aperçois qu'après plus d'une trentaine d'années où, jour après jour, je suis allée gagner ma vie, je n'ai toujours pas atteint ce modeste objectif. Modeste et  pourtant démesuré, peut-être - mais  en tout cas, mon mois d'août sera ainis dépaysé : je me suis déplacée d'une petite  cinquantaine  de mètres ! 

 

Bien entendu, j'accueille volontiers tous mes visiteurs nocturnes, voire diurnes : Clopin en tout premier of course,  le chien qui m'a instantanément suivie et dort désormais à mes pieds, le chat qui, plus circonspect, a longtemps reniflé la couette avant de consentir à se lover dedans. Seul Clopinou n'est pas trop le bienvenu, car je crois qu'il est grand temps qu'il quitte le nid familial - et que la dureté de nos rapports actuels m'est pénible. Il paraît (nos amis me le disent), que le processus est normal : sans doute, mais je le trouve bien longuet.


j'ai trimballé ma radio, planquée sous le lit, rapporté une petite télé qui marche de guingois mais m'en fous, je me suis achetée une douce et grise parure de lit (j'aurais préféré une colorée, mais il paraît que les années 2010 sont grises et chocolat), j'ai parsemé la chambre de mes quelques livres indispensables, je me suis promis de relire "les âmes fortes" de Giono et je me suis demandée ce que serait devenu cet écrivain, dans un pays de brume et d'eau. Le silence, la nuit, est impressionnant de ma nouvelle chambre solitaire... 

 

Et je tourne autour d'une idée d'écriture, mais qui est encore si fuligineuse qu'elle ressemble à ses nuages lenticulaires qui peuvent prendre les formes les plus éthérées.

 

En tout cas, ce mini-voyage, qui se terminera en septembre, quand Clopinou sera à Paris, m'aura au moins garanti une chose : car me voici parée pour un été sans oiseux

31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 10:58

Si j'étais éditeur, ou, ce qui revient un peu au même,  adjointe au maire chargée de la culture dans une obscure bourgade dont la bibliothécaire, pleine d'initatives et d'envie d'obtenir un joli avancement,  s'étant arrrangée pour que l'idée vienne de son élue,   aurait organisé un "concours de nouvelles", je donnerais comme thème :

 

"rédiger  les discours de Stockholm des lauréats du prix nobel de littérature". 

 

Et puis on comparerait les productions avec la réalité. 

 

Bien entendu, je me réserverais le plus facile. 

 

Je rédigerais le discours de Stockholm de Samuel Beckett. 

 

ahaha. 

 

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 09:04

Poursuivons donc notre oeuvre d'iconoclaste. Si je réunis un jour ces pochades féministes, le titre ci-dessus (*) me paraîtra convenir assez bien... Mais pour l'instant, examinons ceci :

 

 " J'avais dix-sept ans, et je commençais mes études de Khâgne  à Amiens, où mes parents, qui sont d'une des meilleures maisons de B., m'avaient envoyée. Je menais une vie si sage et si réglée que mes professeurs me proposaient pour l'exemple du lycée. Non que je fisse des efforts extraordinaires pour mériter ces éloges, mais j'ai l'humeur naturellement douce et tranquille : je m'appliquais à l'étude par inclination, et ce qu'on appelait vertu n'étaient que l'ennui des divertissements habituels de mon âge, sorties en boîte, beuveries et agitations coquettes dans les magasins de fringue...

Les vacances arrrivant, je me préparais à retourner chez mon père, qui m'avait promis de m'envoyer bientôt à l'Université. Mon seul regret, en quitant Amiens, était d'y laisser une amie avec laquelle j'avais toujours été tendrement familière. Elle était de quelques années plus âgée que moi, et hélas !,  si j'avais suivi ses conseils, qui furent toujours excellents... Mais laissons là, et poursuivons mon récit.

La veille même du jour où je devai quitter Amiens, étant à me promener avec mon amie, qui s'appelait Océane, nous vîme arriver à la gare des bus l'autocar d'Arras, et nous descendîmes par désoeuvrement, sans autre motif que la curiosité, sur le quai de débarquement, afin de voir les voyageurs descendre. Il n'en sortit que quelques hommes, qui se dispersèrent aussitôt. Mais il en resta un, fort jeune, qui s'arrêta seul dans la cour pendant qu'une femme d'un âge avancé, qui paraissait lui servir de mentor, s'empressait pour retirer ses valises du coffre latéral de l'autocar. Il me parut si charmant que moi, qui n'avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé un garçon avec un peu d'attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammée tout d'un coup jusqu'à la déraison. J'avais le défaut dêtre excessivement timide et facile à déconcerter ; mais loin d'être arrêtée alors par cette faiblesse, je m'avançai vers le maître de mon coeur. Quoiqu'il fut un peu plus âgé que moi, il ne se moqua pas de mes timides avances. Je lui demandai ce qui l'amenait à Amiens, et s'il connaissait quelqu'un ici. Il me répondit ingénument qu'il y était envoyé par ses parents pour être enfermé dans une "boîte à bachot". L'amour me rendait déjà si éclairée, depuis l'instant qu'il était dans mon coeur, que je regardai cette information comme un coup mortel pour mes désirs. Je lui parlai alors d'une manière qui lui fit comprendre mes sentiments, car il était bien plus expérimenté que moi. Et ce fut sur ce quai de gare routière, en cinq phrases et demie, pendant qu'Océane, à quelques pas de là, ne comprenait pas ce qui se passait, que nous convînmes lui et moi de nous retrouver dès le soir même, pendant qu'il s'échapperait par quelque moyen de l'horrible internat où la sévérité de ses parents projetait de le boucler jusqu'à l'obtention de ce maudit baccalauréat. "

 

 

Ca ne marche pas trop mal... Sans fonctionner pour autant tout à fait. Je devrais peut-être rajouter un portable, et trois sms... Bah, on verra bien. Et qui donc, parmi mes honorables visiteurs, saura retrouver l'original ? 

 

(*) : sans doute me faut-il rassurer ceux pour qui la phrase "aujourd'hui, papa est mort" est, plus qu'un détournement camusien,  synonyme de souffrance, ou d'irrespect, et m'accuseront d'insensibilité. Il n'en est pas question, mais si je peux comprendre les douleurs filiales des autres, je ne peux les ressentir. Mon père est décédé depuis de nombreuses années, mais je ne peux l'associer à un quelconque "papa" : il y a, dans ce mot, comme une pétarade bruyante. Or, mon père n'a jamais été que le souverain d'un royaume parfaitement silencieux. 

 

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