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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 09:45

L'émission sur Claude Levi Strauss, l'autre soir sur Arte :

 

http://videos.arte.tv/fr/videos/claude_levi_strauss-6883692.html

 

 

était une telle merveille d'intelligence que je ne cesse d'y repenser. D'une manière formelle, elle allait à contrepied de la tendance actuelle, qui rend fort présents les intervieweurs dans les documentaires - non seulement ils sont présentés à l'écran visuellement, mais encore leur personnalité est évoquée. Ce n'est d'ailleurs pas si désagréable, quand il s'agit de reportages ou de documentaires sur des sujets scientifiques ou de société - le spectateur s'identifie plus facilement à ces "Candide" ; mais  cela tourne à l'insupportable quand le sujet de l'émission dépasse l'expérience commune pour aborder des thèmes majeurs de réflexion.

 

En ce sens, l'émission sur Levi Strauss qui réduisait à néant l'interlocuteur, l'intervieweur  du penseur (les questions et les citations relevées étaient présentées sur des panneaux, comme dans les premiers films muets) permettait au spectateur de ne pas être troublé par autre chose que la parole émise par le sociologue.

 

De cette simplicité biblique jaillissait la lumière...

 

Mais ce qui m'a le plus frappée, c'est bien évidemment la toute dernière partie de l'interview, quand Levi-Strauss, interrogé sur ce qui lui déplaisait le plus  dans son épqoue, évoque la vitesse toujours plus accrue des informations échangées, pour déplorer ce qu'il nomme une "boulimie consommatrice"  des échanges, photos, courriers etc. 

 

Cet homme nous dit cela en 1972 ! Vous vous rendez compte ? Et j'en parle aujourd'hui, grâce à l'outil technique qui permet justement de réaliser ce que craignait et analysait le plus brillamment, et de la manière la plus émouvante qui soit, Levi Strauss : ce n'est plus de l'intuition, c'est carrément une intelligence visionnaire...

 

 

(le passage sur l'humanisme sartrien n'est pas piqué des hannetons non plus, notez).

 

Bref, cela faisait si longtemps que la télé n'avait pas sollicité mon pauvre cerveau (mais, tout pauvre soit-il, tant pis : je le possède, j'essaie donc de m'en servir), que je voudrais la remercier de ce cadeau inattendu. Et que je vais me garder précieusement cette émission-là, histoire d'y puiser les arguments qui me manquent tant, quand je veux tenter de définir ce qui me gêne le plus dans ce monde que je crois mien, alors qu'en réalité, bien entendu, je ne fais que lui appartenir ! 

28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 19:31

Monsieur Montebourg a bien entendu commis un regrettable lapsus. Je rectifie donc, et livre ici même la vraie citation :

 

"le nucléaire est un cimetière d'avenir"

 

(traduction du japonais, dialecte de la région de Fukushima...)

 

27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 11:43

 

 

ARTICLE SUPPRIME POUR CAUSE DE MAUVAISE CONSCIENCE

 

(et puis le câble est un peu réparé, alors)

 

 

 


 


24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 12:05

J'écoute cette année encore les cours d'Onfray, retransmis le soir entre 19 et 20 heures sur France Cul, et ce avec encore plus d'attention qu'abordant le vingtième siècle, les auteurs qu'il analyse et les statues qu'il déboulonne me deviennent vraiment familières. Sartre et Beauvoir, par exemple. Je fais partie de la génération que ce couple a fasciné, et durablement influencé. Les années 70, 80 étaient évidemment imprégnées d'une aspiration à la liberté - notamment sexuelle, que nos mères n'auraient jamais imaginée : alors, le couple fusionnel mais avec "amours contingentes", la camaraderie intellectuelle, le refus de la cohabitation, le soutien sans faille de Beauvoir aux principales revendications féministes : l'égalité, la libre disposition de son corps, le refus d'un 'destin" qui serait inscrit dans le sexe, tout cela me fut familier, et j'adhérais pleinement à ces thèses, au point que ma vie même devait les refléter. Et certes, ma rencontre avec Jim, par exemple, s'inscrivait assez précisément dans l'exemple du couple mythique...

 

Pourtant, et ceux qui fréquentent ce blog se souviennent peut-être des discussions menées ici même, sur le sujet de Beauvoir, avec Judith l'Erudite, je savais qu'il y avait comme un malentendu entre Beauvoir et les féministes. Car la célèbre formule du deuxième sexe "on ne naît pas femme, on le devient", n'avait pas été écrite comme issue d'une réflexion féministe, mais bien comme un axiome existentialiste - et ce n'était pas tout à fait la même chose ! Je suis donc fort contente que Michel Onfray ait relevé lui aussi ce paradoxe, et l'ait expliqué bien mieux que je n'aurais pu le faire. Car la thèse existentialiste de la liberté, pour révolutionnaire qu'elle ait pu paraître, n'en est pas moins incompatible avec les déterminismes sociaux qu'un Bourdieu met si précisément au jour... Pourtant, la phrase de Beauvoir a incontestablement délivré les femmes du destin qu'on leur faisait porter (et qu'on leur fait porter encore dans tant d'endroits du monde) - mais elle aurait été plus juste si, derrière le mot "femme", ele avait comporté tout ce que l'attirail judéo-chrétien trimballait - et en avait dissocié les déterminismes sociaux et biologiques... 

 

Et puis Michel Onfray, depuis qu'il a quitté les eaux des siècles précédents , où il naviguait si tranquillement pour nous parler de tous ceux qui, peu ou prou, ont eu une parole hédoniste et libertaire, pour le nôtre, enfin disons le vingtième, devient effrayant de mordant - en piétinant à tout va, dans l'appétit de sa dent dure, la nécessaire mesure qu'll faudrait garder. Qu'est-ce qu'il n'a pas cassé comme sucre sur le dos de Sartre et Beauvoir, chargé par lui de tous les péchés du monde (lâcheté bourgeoise, mensonges, aveuglement politique, etc), en dressant en face d'eux, comme un archange, un Camus idéal ! 

 

Or, le procédé d'Onfray m'énerve, parce que le philosophe oublie une chose : c'est que vivre suivant un engagement philosophique donné est impossible individuellement. On peut adhérer à l'hédonisme, par exemple - mais on ne peut pas vivre une vie hédoniste, parce que notre monde, lui, ne l'est pas. ON peut être viscéralement féministe, se battre pour combattre l'injustice et l'inégalité, affimer le respect de son corps et une libre sexualité - tant que la société entière n'adhère pas à ses valeurs-là, il sera impossible de vivre pleinement de manière féministe (ou, dans un autre registre, écologiste : quel monde écolo, tant qu'il y a des centrales nucléaires ? Dire à un écologiste : tes convictions sont foireuses puisque tu ne vis pas de manière écolo, car ton électricité est nucélaire, est un argument d'une mauvaise fois... onfrayenne !)). Cela n'empêche en rien de vivre en accord, le plus possible, (et la nuance est précisément dans ce "le plus possible",  avec ses convictions. Mais cela rend diablement agaçant les attaques et les jugements à la Onfray : "Sartre et Beauvoir ne vivaient pas suivant l'idéologie qu'ils prônaient", "Freud n'était qu'un salaud", qu'il profère pour combattre les idées émises par ces auteurs : la psychanalyse pour l'un, l'existentialisme pour les deux autres... Bref. Un de ces jours, quelqu'un soumettra Onfray au même traitement - et gare à lui si la moindre zone d'ombre traîne autour de lui, ce sera un argument contre l'hédonisme. 

 

Cette manipulation m'agace donc fort, et m'empêche d'adhérer à la destruction en règle des deux auteurs qui m'ont tant influencée. En plus, je m'en fous mais alors complètement, que Beauvoir ait été ou non, homosexuelle, avec ou sans "coming out", honteuse ou se planquant derrière une légende. La notoriété du couple était telle qu'ils devaient bien se protéger comme ils le pouvaient, ce qu'Onfray n'analyse même pas une seconde - et pourtant, si étude il y a à faire, ce serait bien celle-là : comment deux penseurs, dans l'après-guerre, devinrent si connus, si célèbres, si scandaleux, que, malgré de sacrés malentendus dans la compréhension de leurs idées, tant de personnes s'en trouvèrent confortées, affermies dans leurs tentatives de changement, secouant les vieilles lunes des idées bien-pensantes dont on les enveloppait ? Ne faudrait-il pas, plutôt qu'avec un acharnement qui ne le grandit pas, Onfray scrute toutes les contradiction et les petites saloperies que ces deux-là ont certes commises, mais à chaque fois dans des contextes particuliers et avec beaucoup moins de complaisance envers eux-mêmes  que tant d'autres, que le philosophe souligne plutôt l'espoir que ces deux-là ont fait naître ? 

 

Bon j'arrête là  mon bavardage (bien beau si quelqu'un a résisté jusque là), et, pour nous remonter un peu, partons à Séville, tiens. 

 

 

 

22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 09:41

Je me souviens avoir été "bluffée" par des images d'Isabelle Rambaud sur Paris... Je n'y croyais pas...  Mais quand on se trimballe sur le canal Saint Martin (ou, après, pour le pique-nique, aux Buttes-Chaumont), on la comprend parfaitement :  on n'y voit, de ce Paris qui s'étouffe sous la chaleur,  que du vert, du bleu, et les vieilles portes des écluses qui s'ouvrent si lentement,  en grinçant : pas de King Kong derrière, mais  de si fraîches trouées... Comme, en plus, cette Ville vous fait asseoir  direct dans la quatrième dimension, puisque les évènements qui s'y déroulent deviennent, sitôt dit sitôt fait, de l'Histoire (comme l'amosphère d'Arletty rôdant encore sur les passerelles piétonnières, l'odeur du gibet de Montfaucon  ou les révoltes des bateliers dontre les octrois de Paris....), on comprend mieux le plaisir  inespéré que  peut apporter, par 40 ° et par quelques milliers de touristes aussi,  cette fraîche promenade dans un  Paris des faubourgs, des guinguettes, des chemins de halages et des bergeronnettes ! 

 

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(je crois qu'il faut que je me surveille un peu. Car  Paris, avec ses amoureux, semble si aimable au mois d'août, qu'on en viendrait à s'y reposer ! Or,  je ne dois pas oublier que si la Ville aspire à elle, comme on vide avec une paille un diabolo grenadine, tant d'intelligence et d'énergie, ce n'en est pas moins une ogresse - surout pour les petits enfants. Bah, nous verrons bien...)

 

 

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 12:47

Nous avons assez souvent, Clopin et moi, arpenté des  capitales étrangères  : Rome, Lisbonne, Madrid... Mais là, nous étions dans "la nôtre", de capitale - et nous n'y étions pourtant que des touristes  comme les autres  ; dès que nous quittions ses hauts lieux  (le Trocadéro, la Tour Eiffel, etc.), la ville semblait se vider, comme Moscou l'avait fait devant Napoléon. Sur les devantures fermées, des affiches déclaraient les dates des vacances des commerçants : et on les retrouvait de boutiques en boutiques, comme de petits drapeaux blancs témoignant de la fuite des vrais parisiens, capitulant devant l'été. 

 

Bien sûr, il restait les musées, les spectacles, les théâtres, le Louvre, Beaubourg, tant et tant de monuments : mais il faisait si beau, si chaud surtout, que nous n'arrivions pas à nous  imaginer enfermés dans un bâtiment. Cependant,  tout notre instinct nous portait à rechercher l'ombre...

 

Or, Paris est la ville lumière, et on ne peut décemment dire que la Tour Eiffel ombrage les touristes qui se massent à ses pieds.- et surtout pas la nuit, n'est-ce pas :

 

 

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Alors, comme à notre habitude, nous avons pris des chemins de traverse, et laissant la nuit briller dans les yeux des "autres" touristes, nous avons choisi le jour pour découvrir "notre" Paris.

 

 

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Sa plage et ses badauds:

 

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Jusqu'aux touristes qui cherchaient l'eau !!!

 

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Je ne sais pas si c'est cela qui a donné l'idée à Clopin - en tout cas, il m'a proposé non seulement de nous déplacer en "bateaubus", mais encore de remonter le canal Saint-Martin - et je crois bien que c'est une des plus jolies, et des plus insolites, manières de goûter Paris. 

 

 

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(et ainsi, nous avions trouvé l'ombre !)

 

(la suite à demain). 

 

(est-il besoin de préciser que les photos sont de Clopin ?) 

 

18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 16:21

(résumé succinct des chapitres précédents : Clopinou partant étudier en septembre à Paris, et le marché de l'immobilier étudiant étant ce qu'il est, ses pauvres parents se saignant aux quatre, trois quarts, disons deux veines et demie, lui ont loué, dès le mois d'août, une superbe chambre  d'étudiant de bonne, d'étudiant à deux pas du lycée Janson de Sailly. Clopinou est normand par son père et par sa mère  : autant dire que louer une chambre, sans l'habiter, est un concept nouveau pour toute la famille. Aussi, profitant d'une pause dans un mois d'août par ailleurs assez lugubre, les parents en question décidèrent de laisser là le jeune homme si cher... à leur coeur, d'emporter un matelas pneumatique - les 15 m2 étaient en effet un peu justes pour accueillir un matelas aux dimensions  parentales, emballèrent une trousse de toilette et deux paires de chaussures, et zou : direction la Capitale, comme aurait dit Karl Marx. D'autant que  la chambre, fort bien aménagée voire même assez pimpante, avait l'énorme avantage d'être au coeur de Paris... et qu'on ne payait pas de parking...) 

 

Nous y étions pour deux jours, et le premier matin, j'ai vraiment cru jouer au Monopoly. Les rues que nous empruntions avaient exactement les mêmes noms que celles qu'à huit ans, je cherchais si désespérément à acquérir... Je m'amusais donc, en remontant,  au bras de Clopin, l'avenue Henri-Martin, à deviner le  montant des loyers, quand une apparition... apparut. Quoi de plus redondant, me direz-vous ?  Mais c"est que je n'avais jamais vu cela, moi. Des jolies filles, il y en a partout : ce n'est certes pas ça qui manque, à Paris, au mois d'août. Certaines, court vêtues, attirent parfois les regards. D'autres, la plupart, lasses justement de ces regards insistants, de ces vannes à trois balles qu'on appelle "galanterie" et qui relèvent si souvent du plus vulgaire des harcèlements, affichent obstensiblement des visages fermés, des lèvres pincées, une maussaderie qui fait qu'on les croise le plus vite possible.

 

Mais la jeune femme qui avançait vers nous, avenue Henri-Martin, était d'une toute autre sorte. Etait-ce ses vingt cinq ans, la sublime simplicité de sa robe jaune, de son petit chapeau de paille, la  sorte de perfection absolue dans son allure, dans son vêtement, qui la rendaient si absolument merveilleuse ? Elle arborait un visage neutre, mais dont on sentait qu'il pouvait s'animer à la première occasion - elle était non seulement belle, mais semblait concentrer en elle toute l'élégance de l'avenue et de sa double rangée d'arbres, exprimer à elle seule  la beauté radieuse de cette matinée d'été, et sa robe était évidemment la seule adaptée à ce moment précis du jour ;  de plus, son élégance était  d'une telle nature  qu'à la fois, on ne pouvait en détacher les yeux mais qu' en même temps, il était impossible d'oser, même en rêve, la troubler de quelque manière que ce soit.  

 

Je n'en revenais pas, et me souvenais du jeune Narrateur n'osant aborder la duchesse de Guermantes dans sa promenade matinale, quand une seconde, puis une troisième jeunes femmes marchèrent vers nous - toutes aussi belles, jeunes, irradiantes  d'une si exquise simplicité, dans le vêtement, qu'elle ne pouvait provenir d'un fort couteûx raffinement.

 

Je me tournai vers Clopin, qui marchait droit devant,  en affichant un visage si fermement  impassible que je sus instantanément que lui aussi avait, bien entendu,  remarqué les grâces qui semblaient émaner du pavé  - et lui posai naïvement la question : "Mais enfin, d'où sortent donc toutes ces créatures ?" 

 

"Mais d'ici, voyons...", me répondit-il, embrassant d'un geste circulaire l'avenue . Ce fut seulement alors que je remarquai les façades luxueuses des immeubles , le nombre invraisemblable de voitures de luxe, entre lesquelles venaient s'insérer, comme on place de petits morceaux de bois entre les nacres d'une marquetterie, des "demi-voitures" si typiquement parisiennes, conçues pour se garer n'importe où,  que je vis les lourdes et hautes grilles vertes qui s'ouvraient automatiquement, les arbres qui donnaient leur fraîcheur aux cours fleuries, la bonne philippine qui promenait, en s'emmerdant visiblement à  grande ampleur, deux bichons blancs au bout de laisses de cuir, qui n'avaient plus guère, du genre canin, que le nombre de pattes, et que je compris qu'ici, l'argent et le luxe étaient, non pas étalés, exposés, non pas mis en avant, mais simplement chez eux, pire encore : naturels...

 

Je n'ai personnellement jamais confondu l'élégance avec le luxe, la beauté avec la jeunesse et le bonheur avec l'argent. Et puis je suis bien trop politisée pour oublier, même un instant,  qu'une telle richesse n'est pas supportable sur une planète où la pauvreté règne, et où c'est la seconde qui nourrit la première.

 

Mais je devais bien reconnaître que le spectacle - car pour moi, c'en était presque un- valait le déplacement... Et je pensais aussi à Clopinou, qui allait arpenter ce quartier tous les jours : allait-il oublier d'où il venait ? Adopterait-il ce monde de valeurs, si différentes de la vie simplissime qu'il avait menée jusque là ? Les créatures de rêve le troubleraient-il, au point de lui faire oublier que la beauté peut aussi émaner de la plus prosaïque des réalités ? 

J'en étais là de mes réflexions, et nous étions remontés dans les quinze mètres carrés dévolus, à grand frais,  à mon jeune  Rastignac moderne, quand, me penchant par la fenêtre, je remarquais sur une terrasse d'immeuble, juste en face de l'immeuble  où allait habiter Clopinou, une statue qui, du haut de son septième étage, représentait fort simplement une jeune femme en jupon, qui soulevait ses cheveux longs. 

J'ignore absolument quel est le sculpteur, d'où vient la sculpture et comment elle a bien pu atterrir en cet endroit : mais je fus réconfortée de la voir : elle était presque banale dans sa facture, ne semblait nullement prétendre à une quelconque célébrité -  et n'était (sinon par sa position disons aérienne) en rien sophisitiquée... Et pourtant elle balançait si gentiment les jambes qu'il me semblait que je pouvais, sans plus de crainte, quitter ce Paris du luxe que venait habiter mon fils : sa voisine de bronze  saurait bien lui rappeler, elle, que la vie pouvait être belle, même vue d'une chambre de bonne d'étudiant, au sixième étage, même avec un humble tancarville devant elle, si utile pour sécher le linge,  et même vêtue d'un tout  simple jupon ! 

 

 

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      Ps : et une récompense pour qui pourra m'en dire plus sur cette statue-là... PPS : suite de la balade à Paris (avec photos clopinesques ébouriffantes !) à demain...

 

16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 08:49

Ah, si j'étais une hirondelle, là tout de suite, vous me verriez sortir à toute vitesse de chez moi, prendre  un virage serré, grimper pour attraper le courant, et d'un coup d'aile, m'envoler...

 

Car figurez-vous que, faute de "vraies" vacances (entendez, avec armes, bagages et territoires inexplorés en vue), je m'en vais passer quand même deux jours à Paris. Oui oui, sans enfants ni animaux ni bois à ranger ni herbe à couper ni visites (aimables et souhaitées, hein, m'enfin) de voisins ni frigo à remplir ni machines à vider... Ni même petits blogs à alimenter ou à visiter... 

 

Juste  deux jours à Paris, au mois d'août, avec Clopin, un ciel bleu sur les toits, et une minuscule chambre d'étudiants qui nous servira d'hôtel. 

 

Bref, une vrai vie d'hirondelle des faubourgs... Pirlouit ! Pirlouit ! 

 

15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 10:01

Polac était, paraît-il, un sale con. Je ne devrais pas m'en préocccuper, mais je me souviens qu'à la mort de Chichin, certains n'avaient rien eu de plus pressé que d'affirmer que Ringer n'était qu'une salope... Sans même lui laisser le temps d'enterrer son homme...

Ce qui me choque, c'est l'urgence  : il semble qu'il ne faille respecter aucun délai , et que les pierres tombales - qui normalement devraient laisser un peu de temps, sinon au recueillement, du moins à un silence humaniste, provoquent,  toutes affaires cessantes, ce genre de bruit, en retombant sur les dépouilles de ceux qui furent.

On peut juger la vie d'un homme, certes. Mais je préfère de beaucoup qu'on le fasse de son vivant - ou bien, après, par une biographie rigoureuse et historique. Sinon, ce sont ses restes qui se retrouvent, comment dire, "dépouillés" ?  Ce qu'en aucune manière je ne trouve un spectacle satisfaisant. Trop longtemps, dans l'histoire, l'insulte au cadavre, le saccage des tombes, le macabre du morbide, ont  été utilisés à des fins politiques, ou démagogiques. Nos modernes notices nécrologiques ont certes adouci la chose - mais graver un portrait à l'acide, sur un tombeau,  sans même attendre que les larmes des proches du défunt soient séchées, me semble tout simplement inapproprié... Car même le pire des salauds a quelque chose en commun avec vous ou moi :  il est devenu une dépouille, et le respect qu'on lui doit a quelque chose à faire, selon moi, avec un certain sens moral, que je revendique. 

 


 

13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 13:47

Aujourd'hui, en évoquant Venise, j'ai eu comme une de ces réminiscences chères à Marcel - il s'agissait d'un ange florentin et tout à fait contemporain, mais pourtant, pour moi, il symbolise ma semaine vénitienne !   

 

 

 

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