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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 12:04

"Voici des fruits, des fleurs, des arbres et des branches

Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous...."

 

 

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C'est bon de se sentir vivante... Même si "rien" (au niveau professionnel j'entends) n'est réglé, et qu'une épreuve redoutable m'attend à la mi-novembre (car comment reprendre un travail où l'on est indésirée, alors même qu'une plainte est déposée ?), je reprends ma respiration et souffle profondément : je ne fais d'ailleurs, en cela, qu'imiter mon jardin n'est-ce pas !

 

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Je pars demain en voyage à Prague, et mon impatience est telle que je me sens piaffer, même si, au bout, l'inquiétude nous attend, à cause des inondations de ces derniers jours. Mais comment résister à la perspective d'un voyage en train couchette, d'une arrivée dans une ville inconnue, et d'une langue parfaitement étrangère

 

Et puis il faut vraiment savourer chaque jour. L'année dernière a été triste, et les deuils ont marqué de leur ombre glacée ces dernières semaines : il est dur de perdre des amis (trois en deux mois, hélas !) . Mais nos amis avaient tous en commun un goût de la vie que j'entends bien prolonger le plus possible - ils en seraient parfaitement d'accord. 

 

Bon, celui qui risque de ne pas l'être, d'accord, c'est notre bon chien, que nous laissons aux bons soins de notre ami-voisin-copropriétaire. Je sais que nous allons lui manquer, mais il sera là à notre retour pour nous fêter, c'est l'essentiel. Je lui confie ma demeure entourée, et m'en vais, clopin-clopant, me mesurer à l'ombre du chapeau melon d'un certain Franz, devant les marches du château de Prague... 

 

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 13:10

Samedi dernier, je suis allée dans ma ville natale. J'ai beau m'en être enfuie  il y a quarante ans, à toutes jambes, l'enfance, même perdue,  perdure : j'ai éprouvé un grand plaisir  à parler avec certains de ses habitants.

 

Non seulement parce que j'obtenais ainsi des nouvelles de Jude Stéfan (L'est-y mort, l'est-y vivant ?), mais encore parce que l'enfance se réfugie aussi dans les mots communs à un endroit précis, et surtout les noms de lieux. Si je demandais où était le 2, rue de la Charentonne, je savais que le passant qui allait me renseigner partagerait avec moi la connaissance du Cosnier, qui coulait dans mon jardin, voire même,  avec un peu de chance, du lavoir de Saint Quentin des Prés. Le boulevard Dubus, la rue du chanoine Porée, le Monument aux Morts, la trompette qui annonça l'arrivée des Prussiens, l'évocation du parquet grinçant, glacé et glissant de l'ancienne Bibliothèque Municipale, en haut de l'escalier monumental de l'Hôtel de Ville, le cinéma Le Piaf,  quel bonheur d'employer leurs noms au présent, et de les faire ainsi ressurgir, comme on tire un ancien stylo-plume d'une vieille trousse d'écolier. On m'a demandé "d'où j'étais" : j'ai évoqué la rue Alsace-Lorraine du quartier du Stade, puis la rue Guy Pépin, sur la route d'Orbec. J'ai passé le restant de mon après-midi à sillonner les lieux, pour le simple  plaisir de lire les plaques ; même le cimetière de la Couture, où reposent mes parents sous une simplissime dalle de granit, en était réchauffé ;  il est vrai que c'était le premier jour d'un printemps mort-né, mais enfin il y avait du soleil ! 

 

L'autre soleil de ce jour-là fut d'aller écouter François Bon, qui présentait son dernier livre dans le cadre du festival "terres de paroles"; l'année dernière, j'étais allée écouter Anne Alvaro lire Annie Ernaux... Cette dernière sort tout droit d'une  épicerie,  près d'Yvetot : allons, la campagne normande est encore féconde pour la littérature ! François Bon, lui, est un enfant du Marais. Son "autobiographie des objets", qui s'entrechoquait avec les noms de lieux que j'égrenais comme un chapelet, comme l'invocation d'un sésame, s'inscrit dans la longue lignée des "inventaires". Son livre  me faisait penser à la fois aux allumettes suédoises de Sabattier, aux choses de Pérec, aux mythologies de Roland Barthes - et à la collection de petites voitures du pauvre Jim. Il me ramenait aussi tout droit à Clopin, qui aurait, j'en étais persuadée, un très grand plaisir à le lire. François et Clopin partagent  le même sédiment : âge, milieu social, propension à l'esprit scientifique, nostalgie d'une enfance enchantée par la découverte du pouvoir de l'homme sur les choses... Le soir même, au restaurant, je lui  fis découvrir le livre de François Bon : je ne m'étais pas trompée, l'intérêt fut immédiat.

 

Mais ce qui m'a le plus intéressée ne fut pas la madeleine que les gens de ma génération ingurgite dès les premières pages de l'"autobiographie des objets" - mais bien le style particulier de François Bon. Ce dernier a une manière de manipuler le français qui est très étonnante (*). J'ai coché les pages du livre où certaines phrases m'éberluaient : j'en ai compté, à la fin,  plus de quatorze ! Vous me direz que Chevillard partage avec Bon cette surprenante particularité : le lecteur entre dans ses phrases sans savoir comment il va en sortir... Mais c'est encore différent chez Bon. Il y a là comme une pensée qui se ramasse sur elle-même, au mépris du confort habituel, du "déroulement" offert d'habitude au lecteur. tenez, une entre dix, à propos du coiffeur chez qui "un homme normalement constitué (devait) passer chaque trois semaines" : "(s'il avait un prénom, probablement, mais je ne le sais plus)". Ou encore "je ne crois pas qu'avec l'Anglais on ait échangé sur ces carcasses aperçues dans le fond des ravins : statistiquement, nous avions la meilleure chance de passer, la preuve;"

 

Ce n'est pas, à mon sens, une simple utilisation de l'ellipse, comme certains écrivains utilisent des "trucs". Non, c'est bien plus joli que cela. Comme si l'auteur se mettait à penser devant vous...  La gentille mais, à mon sens, totalement inutile (**) "'animatrice de débat", dont la présence m'empêchait de poser les multiples questions  qui me venaient au lèvres - mais j'étais déjà bien  trop intrusive....  n'a évidemment pas touché mot de cette particularité. Or, plus que dans le fond commun des mots de l'époque, de notre prime enfance, à Clopin, François Bon et moi-même, c'est bien dans la force de ce style épuré (non comme celui d'une Ernaux ou d'un Coee, qui utilisent le langage comme un scalpel, mais comme une sorte de mathématique des mots ; or, même une équation peut être "belle" ou "laide", n'est-ce pas ?) que réside le secret : à savoir que l'enfance de François Bon, par la magie des mots et de cette pensée agissante, fait naître une émotion qui dépasse largement le cadre étroit de l'enfance particulière... 

 

Et c'était donc une sorte de coïncidence fastueuse que de rencontrer l'écrivain dans la ville même où la plus petite plaque de rue n'est, pour moi, que le couvercle des mille anecdotes de mon enfance passée.

 

Le lendemain, foire aux ânes "aux Marais"...  non poitevin mais brayon, avec petite fille, et quelle !!!

 

 

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 (*) : d'après François Bon, Jérôme Lindon l'avait lui aussi remarqué...

(**) : l'écrivain n'a aucun besoin d'une quelconque "animation" ; j'ai rarement rencontré pareil bateleur, jouant avec les objets, faisant voler ses appareils web  fuser ses mots et, quand il  lit ses textes, créant une sorte de "tempo corporel" qui accompagne sa lecture et donne une piste sur la manière dont il écrit. En référence constance à la musique, quoi. L'animatrice en était réduite à le "freiner", ce qui me faisait quelque peu grincer des dents. Quel gâchis, de freiner François Bon, alors que l'homme est si visiblement communicatif, à mille lieues de la prudente réserve d'un Assouline, par exemple...

30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 16:35

Une "amie de ouèbe", qui est d'ailleurs plus que cela car nous nous sommes rencontrées et elle m'a rendu service, et pour laquelle j'éprouve du respect et une reconnaissance étonnée (on peut être agrégée, faire partie d'une élite intellectuelle et sociale, et cependant accessible ...) m'a passé un livre qui démontre, exemples à l'appui, l'importance du rayonnement solaire sur notre moral. Et il est vrai que l'année 2012, si pluvieuse, et le début navrant du printemps 2013, ont certainement aggravé mon désarroi. D'autant que des incidents clopiniens m'ont empêchée de faire  le moindre pas de côté : contrairement à l'habitude, nous ne sommes pas partis en vacances, réduites en 2012, pour moi, à deux jours à Paris... Ce crescendo dans la grisaille n'explique cependant pas tout, de même que les difficultés rencontrées (j'en ai vu d'autres), qui se sont simplement cumulées pendant cette froide période, ces mois noirs dont je veux témoigner.

 

Heureusement, j'avais toujours cette demeure entourée, ces bêtes qui me sont essentielles. On avait dressé pour moi, au rez-de-chaussée puisque la moindre marche m'était devenue un obstacle infranchissable, un lit étroit, dans un des coins les plus froids de la maison. Clopin a d'ailleurs fini par clouter une couverture devant l'âtre de la cheminée, qui jouait de la flûte tous les jours de grand'vent, malgré la plaque de métal qui permet de le fermer. Mais cependant, je pouvais me jouer le rôle de Catherine Earnshaw dans les Hauts de Hurlevent, et la pièce, fort grande, carrelée de rouge, aux poutres bleu clair et aux lambris de chêne, était si froide que je ne pouvais guère trouver de réconfort. J'étais seule la plus grande partie de la journée, car le malheureux Clopin devait courir d'hôpital en maison de retraire, prendre soin de sa mère et remplacer le père défaillant. Ce fut  de mon  corps meurtri que me vinrent les prémisses du salut : tout simplement, je n'eus pas le choix. Mon corps "prit les commandes", et m'intima l'ordre de me reposer; Je dormais pendant des heures, d'un lourd sommeil sans rêves, pendant que toute la période n'était ponctuée, à mon sens, que d'expertises et de contre-expertises, auprès des psychiatres et autres médecins commis par les instances légales qui devaient statuer sur mon sort... Eh bien, pendant toutes ces semaines froides, solitaires et douloureuses, pas une seule journée ne s'est déroulée sans la présence des bêtes autour de moi. Le chien, bien sûr, qui venait quêter les caresses au bord des draps, le chat ensuite, qui me gratifiait de sa présence enroulante, chaude et ronronnante, abandonnant pour moi sa place désignée,  au coin du poêle, et venant partager ma glacière. J'avais du mal à aligner deux phrases de suite, ne mangeais plus rien, me levais avec peine pour les piqûres journalières. La douceur et la résignation de mes bêtes étaient mes seules compagnes, et les plus véritables, et les plus profitables aussi. Je ne comprends pas qu'on les interdise dans les hôpitaux, les maisons de santé, les asiles. Il y a un stade de délabrement moral qui ne peut être réparé que par les choses et les êtres les plus simples. Le chat venait tous les après-midis, me regardait de ses yeux d'or, se blotissait dans mes bras qui du coup s'incurvaient encore, comme ceux d'une glaneuse...

 

 

Allons, il faut que je me sorte du souvenir de cette période, qui me fait  frissonner... Samedi, je vais sans doute aller dans ma ville natale, où le festival "terre de paroles" invite François Bon, dont je viens de lire le livre "autobiographie des objets". J'irai sans doute quêter une dédicace, profitant de la curieuse coïncidence (mais les coïncidences me semblent désormais relever de ma seule volonté) qui réunit dans un même lieu un livre parlant des objets de l'enfance et les traces de mon passé perdu de fillette malingre...

 

 

 

28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 11:03

Je me souviens parfaitement du premier livre que j'ai  (r)ouvert, et surtout que j'ai pu lire, vers le mois de mars. C'était la Cousine Bette de Balzac, j'avais gardé le souvenir d'une lecture adolescente et je voulais vérifier si la description du débauché Hulot ressemblait à la trajectoire de Dominique (nique nique) Strauss-Khan : j'avais raison, la pathologie était bien la même.

 

Je renaquis ainsi à la lecture : premier (bon) signe depuis une année environ, et Balzac m'y a bien aidée. Clopin ne comprenait pas. Pourquoi ne lire que Balzac ? Il s'impatientait en me voyant toujours au lit, barricadée derrière une pile de romans Honorés : mais  l'acidité balzacienne, reléguant  Dante au rang de naïf  pour laisser la place à  une Comédie Humaine qui n'a plus rien de divin, pouvait seule remettre en route mon identité de lectrice. Et je cherchais dans les pages de Ferragus ou de la fille aux yeux d'or une sorte de réponse à mon état labyrinthique...

 

J'arrivais ainsi à échapper aux soucis et remords : remords de n'avoir plus la force de m'occuper de Jim, à cause de l'avidité de son regard qui me submergeait, soucis professionnels qui me conduisaient à me syndiquer, envisager de porter plainte et à admettre que oui, j'avais été harcelée pendant des années, ce qu'une partie de moi refusait d'avouer. La drôle d'anorexie que je subissais, étonnée et effrayée,  avait abouti à la négation complète de la souffrance, de toutes les souffrances. Je ne sais toujours pas, par exemple, comment j'ai pu marcher,  monter et descendre les escaliers, plus de  6 semaines alors que l'os de mon péroné était cassé en deux, ce qui a fait tomber de l'armoire les chirurgiens... . Je ne sais pas non plus comment je suis arrivée à articuler quelques mots devant la tombe de mon beau-père, pendant que ma belle-mère (85 ans de névrose grave et non soignée, ce qui l'absout mais ne la rend pas plus facile à vivre) agressait l'employé des pompes funèbres. J'avais aussi à faire face à la baisse de mes revenus, étant passée à demi-traitement, aux expertises et contre-expertises psychiatriques, et au départ de la maison de Clopinou.

 

Car ce dernier était parti en prépa à Paris, et ne revenait plus qu'aux grandes vacances. Il changeait, en mieux, mais du même coup le rôle que j'avais joué pendant dix huit ans n'était plus de mise. Je suis sûre que toutes les mères ont ressenti cette drôle de contradiction. Comme si on enlevait de votre dos une charge que vous aviez jusque là portée , mais que vous n'arriviez pas à vous redresser pour autant. J'ai accompagné Clopinou le plus loin que j'ai pu, et l'obtention de son baccalauréat, (accouché dans la douleur, car Clopinou jouait au dandy désinvolte, ce qui lui a joué bien des tours), l'évidence de ses grandes capacités intellectuelles (elles sautent aux yeux) représentaient le point final de ma tâche éducative. Je l'ai vraiment ressenti comme cela, avec un mélange de soulagement, puisque Clopinou est dorénavant seul maître à son propre bord, et comme un vide à combler désormais, alors même que je flottais telle une algue coupée. On appelle cela "la vie", qu'on accompagne du verbe "être". Je ne suis pas sûre de l'exactitude de cette affirmation !

 

 

J'ai donc ressuscité grâce à Balzac... Mais j'ai mis encore quelques très longues semaines  avant de supporter une quelconquenote de  musique, et la seule dont j'avais envie était bien évidemment Monteverdi. Là encore, le pauvre Clopin a dû subir, car il est très loin de cette ambiance : mais enfin, c'était encore un signe de guérison ! Et puis il n'avait qu'à ne pas m'épouser, d'abord. Est-ce qu'on épouse une fille qui a largement  dépassé la cinquantaine, je vous  le demande un peu ? Clopin aurait préféré que la chose ne se sût point, la cachant même à ses fils... Mais enfin, c'était une telle formalité, une signature, deux témoins, et dix minutes à la Mairie : pas de quoi en faire un péché, certes !  Encore maintenant, je n'arrive pas du tout à croire que je suis mariée. Cela me va comme un tablier à une vache ! Enfin, il paraît que c'était nécessaire...

 

Quant au pauvre Jim, je pense  retourner le voir bientôt. Je ne pouvais tout simplement plus faire face à l'avidité de ce regard perdu, et une autre amie de JIm  a, en quelque sorte, "pris le relais" : certes, cela n'a pas dû être toujours très agréable pour son frère-curateur, je me souviens d'une réunion avec les services sociaux à laquelle j'ai assisté en zombie, l'automne dernier, et où régnait de façon sournoise comme une atmosphère de procès larvé... Quant à l'amie de Jim, elle s'est carrément mise en colère et ne veut plus me parler (!) Bon, il est vrai que la famille de Jim surmonte les difficultés de la vie en les minimisant ; mais  si  le frère de Jim a mis du temps, enfin il me semble, à prendre la mesure du naufrage, il fait néanmoins face, et il est le seul !!! En tout cas, le bien-être de mon malheureux ami est amélioré. Il va deux fois par semaine à l'EPAD qui sera sans doute, vraisemblablement, son dernier refuge (le plus tard possible, c'est  notre souhait à tous) , et l'absence de Mehdi à ses côtés cet été, puisque ce dernier   part au Maroc trois semaines,   est d'ores et déjà organisée : Jim ira à l'EPAD pendant ce temps. Les choses se sont donc éclaircies de ce côté Avec Philippe, un autre ami, nous pensons l'équiper d'un radio-cassette qui lui permettra peut-être d'échapper  à la terrible bouillie musicale que, dans ce genre d'établissement, des hauts-parleurs vomissent dans les couloirs et qui s'insinue jusque dans les chambres. Je n'arrivais, l'hiver dernier, en rendant visite à mon beau-père, à échapper à cette punition supplémentaire qu'en fermant soigneusement la porte de sa chambre. Mais je ne pouvais échapper à l'odeur spécifique qui vous marque à jamais : ce mélange de soupe de légumes trop cuite et de désinfectant, qui imprègne les lieux où se finissent les vies humaines.

 

Je continuerai à renouer le fil de ma vie interrompue demain. En attendant, merci à ceux qui me font signe sur facebook, et spécialement à Jacques Chesnel, qui est (le sait-il seulement ?) le bienvenu chez Clopine Trouillefou...

 

 

 

 

 

 

 

27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 16:41

...

 

On pourrait croire, je m'en rends bien compte, que je m'obstine à cause des impératifs reçus dès l'enfance : "quand on est désarçonné, il FAUT se remettre en selle", ou bien en guise de thérapie complémentaire (un blog n'a pas de grandes oreilles comme en possède l'honorable Docteur G., qui me reçut tant et plus l'année écoulée et dont je ne me souviens guère que des écoutilles, larges, décollées du crâne, et d'un beau rouge transparent. Le Docteur G. bâillait parfois fort indiscrètement, lors des séances d'après-midi : la couleur de ses oreilles était alors un peu plus terne. Je ne devrais le revoir que fin octobre...). 

 

Mais en fait, si je retente d'écrire sur ce blog, c'est juste que j'y suis poussée par mon activité nocturne : je rêve à nouveau que j'écris, alors le plus simple est de contenter cette pulsion ici-même, où je suis chez moi et où je suis à l'abri, ayant fermé les commentaires. Bien entendu, je suis soulagée d'avoir de nouveau des envies pareilles. Le désir, c'est la vie.

 

Et puis c'est mon mode de communication avec le monde, même imparfait et verrouillé :  il faut dire que j'ai vécu ces derniers mois comme le capitaine d'un bateau bouteille, qu'on aurait lâché au beau milieu des quarantièmes rugissants. Je ne percevais l'extérieur que sur un mode platonicien, d'où la réalité m'arrivait déformée, presqu'incompréhensible. J'en étais réduite à me percevoir comme un minuscule jouet de bois, plaqué contre une  paroi déformante., introduit là les pieds devant et redressé vaille que vaille, à l'aide d'un fin filin. 

 

JEREMIADES DU CAPITAINE D'UN BATEAU BOUTEILLE

 

Comme Jonas en la Baleine

J'ai beau ramer à perdre haleine

Je ne sens rien, je suis la Reine

Des pommes : ni les embruns

et ni l'écume ne trempent mon habit

Je vois des mouettes sans un cri

Et perd tout  le sel de ma vie

Tel Jonas dans sa baleine

 

SUGGESTION DES POISSONS

 

Et si nous enlevions

Le bouchon ?

 

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Bien entendu, j'ai utilisé, en guise de viatique,  les vers d'Apollinaire :

 

"Mon beau navire, ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde  mauvaise à boire ?"

 

Et l'une des premières chansons que je me suis surprise à fredonner, après un silence de longs mois (où je ne pouvais plus non seulement écrire, mais simplement écouter quoi que ce soit, radio, musique, conversations...), était évidemment celle de Police !

5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 14:28

En France, il n'y a pas que les archéologues qui s'en mettent plein les fouilles.

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 17:47

Il faut bien reconnaître que si le monde est une poubelle, les religions en forment l'hermétique couvercle. D'où la sensation d'être enfermée dans une boîte de pandores (sans majuscule)....

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 11:40

Philip Roth a décidé d'arrêter d'écrire : il ne recevra donc jamais le Prix Nobel de Littérature, ce qui, vous l'avouerez, est d'une criante injustice.

 

Mais je calme mon indignation en constatant que Rocco Siffredi n'a, lui non plus,  jamais obtenu la moindre récompense au concours Lépine.

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 21:06

Onfray (Michel) s'estime libertaire... mais s'il n'était qu'anarcissique ?

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 14:41

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