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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 13:33

 

5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 12:20

Il est bien dur de n'inspirer, finalement, qu'une affection douloureuse à celui qui partage votre vie : ce genre de sentiments ne devrait être réservé qu'aux mortes. Mais j'ai tant de défauts.En temps de crise, ils me sautent aux yeux, avec tous mes manquements si nombreux, si nombreux... Quelques exemples :

 

Je n'ai toujours pas remercié Jean Granoux, qui m'a envoyé la traduction de "comment j'ai  su que Redel était un espion", et poursuit son bonhomme de chemin d'érudit des cahiers de l'Estran.

 

Je ne prends même pas la peine de commenter les livres que l'on me prête ou me donne, et pourtant, il y aurait beaucoup à dire.

 

J'ai même lu le livre "prodigieuses créatures", alors même que celle qui me l'a prêté ne souhaite plus m'adresser la parole... J'ai passé outre,  avec une superbe absence de scrupules, et ce  parce que je crois fermement que le salut de la littérature viendra d'une plume anglo-saxonne et féminine, et que je cherche à prouver mes dires !

 

Idem, Je n'ai pas remercié Françoise Treussard, auprès de qui j'ai gagné mon dernier Diagnostic Littéraire à l'Aveugle.

 

Je délaisse Véronique Aubouy qui m'a fait pourtant presque joindre mon côté de Guermantes et mon côté de chez Swann, à savoir ma vie quotidienne et ma vie littéraire (de lectrice, d'écriture), et qui me propose, en prime, un lit pour Clopinou à la rentrée, si nous ne trouvons pas de studio pour lui près du lycée Turgot. Pas répondu à son mail amical !!!

 

Item, je ne vais plus chez Paul Edel, ni même chez Jacques Chesnel, qui pourtant a trouvé le moyen de venir nous rendre visite à Beaubec.

 

Je n'ai pas répondu non plus à mon copain P., qui m'a envoyé le programme alléchant de la scène rock de Cléon, et m'a même indiqué ce qui, d'après lui, me correspond le mieux : or il  me connaît depuis tant de temps que je peux absolument lui faire confiance en l'espèce ! 

 

Item, je n'ai même pas envoyé un mot à Zoé Lucider, qui a trouvé le temps, elle, de saluer mon retour bloguesque. Et je ne suis pas passée chez M-J; notre voisine-amie, qui pourtant aurait bien aimé me montrer sa nouvelle cuisine, achetée en même temps que nous acquérions notre superbe cuisinière gaz-électricité.

 

Je ne parle pas de R., qui a installé mon nouvel ordi en me faisant un prix imbattable, et que je ne  fréquente guère,  ni de x et y,  qui ont multiplié les invitations et les rencontres à notre endroit, mais que je délaisse car j'ai décrété qu'ils étaient ennuyeux, et trop clients de nous pour que cela ne cache pas un vide social. ..

 

Si je suis honnête avec moi-même, je dois bien reconnaître que je ne fais certes pas beaucoup d'efforts vers autrui.

 

Et le fait que je ne fais pas beaucoup d'efforts envers moi-même non plus n'est pas une excuse. Tout juste, et encore, une explication. Bon, il ne sert à rien de se torturer : je  ne m'inspire, comme à ceux qui m'entourent, qu' une douloureuse affection.

 

 

 

4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 11:56

Encore une triste soirée et un triste matin - j'ai du mal à assumer le bleu peiné des yeux de Clopin, mais je dois cependant me connaître moi-même (il serait temps), et réussir à m'aimer (j'y suis presque) : j'arriverais bien, un jour, à ne plus me mettre en danger. Il suffit de repérer à temps les si nombreux signaux avertisseurs, et ne pas, par commodité et reniement de soi, leur tourner le dos. J'ai une tendance naturelle, dans ce genre de crise, à me réfugier encore une fois dans la littérature, mais Villon ne peut me servir à tous les coups, et même si je me répète que "ce sont des gens que le vent emporte, et il ventait devant ma porte...", je dois bien admettre que le vent n'est pas un balai !

 

Heureusement, il reste la distance, l'ironie, et même l'éclat de rire. Sur France Musique, une certaine Mary Schneider "yodle" des standars du classique, de Guillaume Tell à Carmen en passant par la Vie Parisienne, et d'un seul coup ma peine s'allège et le ciel s'éclaire : si seulement je pouvais partager ce rire  ! On pourrait continuer à clopiner ensemble !!

 

 

2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 09:22

Je suis encore  sous le coup de la colère et de la tristesse, car je vois bien que Clopin tient beaucoup trop à D. et M. pour ne pas m'en vouloir de ma récente attitude. Bien sûr, lui continuera à les fréquenter, mais ce sera moins simple, et douloureux. J'en veux donc terriblement à D. et M., non seulement à cause de la blessure qu'ils m'ont infligée, en le voulant ou non, en s'en rendant compte ou non, mais en tout cas sans bienveillance à mon égard, loin de là, mais aussi à cause de la cassure, qui va m'être imputée sans la moindre hésitation. 

 

Et puis je m'interroge sur les raisons d'une telle acrimonie, chez eux, à mon endroit. Certes, parmi mes nombreux défauts, j'ai cette propension à ne pas être toujours attentive à l'autre, quand je suis sous le coup du besoin de m'exprimer. Certes aussi, dans l'attirance que j'éprouvais pour ces amis, il y a toujours eu des réticences non exprimées de ma part, et de la leur,  une sorte de jugement, d'interprétations de certaines paroles, certaines phrases, qui me blessaient souvent, et dont je ne tenais pas compte, dans mes tentatives d'éviter tout conflit. Je sais que D. et M. ont cette tendance aux relations parfois houleuses, fruits de leur exigence morale, dirons-nous... C'est le lot commun de toutes les relations humaines, et j'étais si prête, pour ma part, à "passer outre", que je me rends compte aujourd'hui du soin que j'ai mis à écarter les petites phrases blessantes, les sujets de conversaiton dangereux, à repousser mes propres réticences, bref, à soigneusement "mettre mon mouchoir par-dessus". Peut-être avais-je tort, surtout que je n'étais, dans cette relation amicale, qu'un second couteau, qu'un de ces personnages secondaires qui semblent être mes compagnons (et j'aime assez cela !). C'était bien entendu Clopin le client premier du couple, et je pense que les distances auraient été mises, sauvegardant ainsi une simple relation un peu distendue mais toujours active, bien avant aujourd'hui, si Clopin n'avait été autant "adopté". 

 

Oh, j'accorde bien volontiers à D. et M. le droit de ne pas être client de grands pans de ma personnalité - mais je leur refuse  le piétinement de  mes sentiments, notamment par rapport à la dichotomie qui existe entre ma vie quotidienne et ma vie disons spirituelle. Des personnes capables de vouloir me "rentrer dans le lard" par rapport à l'univers littéraire qui est ma seule richesse - mais jamais je ne me suis permise l'ombre d'une telle attaque envers qui que ce soit, moi !  Je suis ainsi au coeur d'une des ambiguïtés fondamentales du ouèbe. A savoir que je m'accommoderai fort bien d'un écran total entre ma vie aux champs et mon blog, par exemple. J'ai d'ailleurs demandé à Clopin (qui lui est fort client de mes élucubrations) d'arrêter d'en faire état autour de lui. Cela est donc  pris, par certains, comme une exhibition éhontée d'un ego boursouflé. Et au lieu de simplement s'en détourner, c'est inscrit à ma charge, dans un procès à huis clos où, comme Franz K. on me défend l'accès à la fois au dossier d'accusation et à la présentation de la défense. 

 

Basta. Malgré tout mon amour pour Clopin, je ne peux consentir, même histoire de retirer les marrons du feu avant qu'ils ne pètent, à me trahir ainsi, à accepter l'image dégueulasse que l'on me renvoie. Je ne suis pas celle-là, à qui on souhaite ironiquement de bonnes vacances... Et devant qui on sera toujours dans l'incapacité de comprendre à quel point le jugement exprimé était faux et blessant. Moi je suis beaucoup plus simple, beaucoup plus humble aussi, que cela. Mais le besoin de créer, de combattre ainsi la mort, prévaut sur tout le reste. Ne peuvent être mes amis que ceux qui le comprennent. 

1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 19:09

Et dire que le premier homme qui inventa le feu ne fut pas célébré comme il se doit, avec les honneurs, mais plutôt dans la panique,  tant sa tribu,  affolée, cherchait comment atténuer la brûlure....

 

 

 

1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:52

J'aurai dû naître paratonnerre... En tout cas, force est de constater que je suis en butte, dans les deux compartiments de ma vie qui ont tant de mal à croire l'un l'autre en l'existence de l'un... et de l'autre, à cette espèce de malveillance qui s'abat comme la foudre et vous tord le tronc, les branches, et caramélise vos feuilles...

 

L'un de mes plus proches amis, quelqu'un qui a partagé mon intimité et mon coeur, est victime d'une terrible maladie. Pour le rattacher le plus possible aux vivants, pour témoigner en quelque sorte, j'entreprends des modestes "bulletins de santé"... J'apprends - de deux personnes précisément , les seules, (mais qui sont chères à Clopin, et rien que pour ce motif, n'est ce pas...) -  j'apprends donc que je m'y prends mal : de quel droit violer le "secret médical", qui attribue Elzeihmer à mon pauvre ami ? Ceci n'est que la part immergée : le vrai reproche, qu'on me soulignera soigneusement,   c'est que je me ferais soi-disant "mousser" avec ces bulletins...  Je fais semblant, évidemment, de ne pas comprendre, et donc je passe... (puisque Clopin tient à ces  "amis")... Et simplement sélectionne un peu plus soigneusement les destinataires des bulletins de santé. N'en seront désormais destinataires que ceux qui en seront clients ; ceci, à mon sens, ne peut que difficilement  m'être reprochée.

 

Mais c'est ma simple prétention à écrire, tout court, qui est   ici  vilipendée. Et pourtant : elle est  à moitié cachée et non revendiquée. Mais il faut croire qu'elle dépasse encore !   De quel droit, par quel mépris universel, par exemple, me targué-je de comprendre et de ressentir  mieux que les autres,  ce que tel ou tel texte peut contenir ? Quelle arrogance, qu'il faut châtier, au nom de l'égalitarisme, de la revendication non satisfaite à une reconnaissance inassouvie... Et me voici attaquée sur ce qu'il y a de plus secret, mais en même temps de plus fondamental, dans mon univers psychique. Cette aspiration à la création qui fait que ma voisine anime la fanfare municipale, que mon compagnon tripote l'image, et qu'humblement, pendant certaines nuits noires, j'ai laborieusement tenté de faire l'amour aux mots. Je ne peux que quémander la bienveillance : mais si la rivalité s'en mêle, je n'ai donc affaire qu'à des Daaphnées, exigeant l'obéissance.

 

J'ai donc, à près de soixante ans, réussi cette formidable contre-perfomance : d'éveiller, malgré tous mes efforts, qui vont jusqu'à tenter de me renier, de n'inspirer finalement que la malveillance. Consolation : nous sommes, enfin certains d'entre nous, ceux qui sont poussés par le besoin de s'exprimer, de partager, et d'aller, eux, vers les autres, un certain nombre dans mon cas.

 

 

 

 

 

 

 

 

27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 10:23

J'adore les gens déraisonnables ;  J. Ch., "copain de blog" venu en visite hier à Beaubec, avait donc tout pour me plaire : sa vie est aussi déraisonnable que sa moustache, elle-même frémissante au vent des autoroutes que MonsieurCh. a empruntées pour, à 85 ans, venir rencontrer in situ les Clopineries ! 

 

Ca n'a été que du bon, cette visite : d'abord, pour la première fois depuis longtemps, il faisait beau et chaud. Ensuite, écouter J. Ch., c'est comme feuilleter un livre ami : on a envie de s'attarder à chaque coin de page. Et enfin, pour  moi qui ai désormais largement dépassé la cinquantaine, quel bonheur de rencontrer un homme à l'âge respectable, certes, mais enfin qui ne le respecte pas et dispose d'un réservoir d'énergie, de santé et de vie tout à fait communicatif. Je me souhaite une telle jeune vieillesse, et la tête me tourne un peu quand je songe à ce que devait être Jacques (il s'appelle Jacques, et vous pouvez lire ses productions grâce à l'onglet à droite) quand il était en pleine force : un tourbillon, une lame de fond, et une séduction écumante, c'est sûr ! 

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(tabelau de Dufy à Dieppe, dont l'énergie écumante me renvoie direct à celle de Jacques !) 

Je vais passer ma journée à écouter les musiques qu'il m'a offertes - cd reçus en direct des maisons de disques, car Jacques a officié très sérieusement  dans des instances jazzistiques reconnues : comme quoi la passion n'empêche pas le professionnalisme ! (nous le savions déjà...) 

 

Voilà, regret de ne pas l'avoir gardé un peu plus longtemps,  mais ce n'est que partie remise  : en septembre. Hier, c'était  simplement et délicieusement  un peu d'été, en visite chez nous.

 

 

 


22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 08:07

Dans Prage magica, à de nombreuses reprises, l'auteur évoque les jardins de Pratin. Aussi bien pour lui-même que pour tous les auteurs et les artistes qui ont visiblement privilégié ces lieux : il faut dire qu'outre l'oasis de verdure et de calme au milieu de la ville, Pratin permet un "coup d'oeil" qui embrasse les deux rives de la Vltava... Je pense, alors que cela fait une semaine que je suis rentrée et qu'il est temps de remiser ma valise dans l'armoire, que c'est ce souvenir que je vais conserver le plus longtemps : l'odeur des seringas, dans le beau jardin, à l'ombre du "mur inutile" qu'un souverain compatissant fit édifier pour occuper et rémunérer ses sujets affaibiis. Cette odeur si particulière, et la délicatesse des pétales blancs qui s'ouvrent au passage, je la retrouve dans mon jardin... La boucle est bouclée, je peux reposer mon livre... et mes jambes ! 

 

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Mais pas trop de repos, cependant, parce que le spectacle du monde est toujours là, à portée, désirable... La preuve : nous avons fêté le solstice d'été au bord de la Manche... Ce que le ciel si gris ne semblait pas savoir !!! 

 

 

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 17:20

A Prague, je pouvais me croire pérégrine, dans les deux sens du terme, l'espagnole et la vagabonde : j'avais en mains "Praga Magica" de Ripellino - l'auteur avertit dès la porte d'entrée ses lecteurs masculins : "ceci, Messieurs, n'est pas un Baedeker". Mais étant fille, je me suis autorisée à lire l'épais, érudit et parfois pompeux ouvrage, un peu  comme un guide pour appréhender Prague. Ce livre est étourdissant de références, de citations, et lorsque l'auteur, tout empli d'une imprécation colérique, voue aux gémonies les ennemis de la Ville où, dit-il, "il va et vient depuis des siècles", certes son style devient un peu boursouflé, mais comment dire autrement que des chars viennent flétrir les bourgeons de mai ? 

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Et pendant que Clopin volait  (car Clopin est un Voleur) d'une image à l'autre, je découvrais, à chaque page de Ripellino, un lien de plus entre cette ville étrange et moi. Pas seulement l'ombre désolée de Kafka : j'ai entraîné Clopin dans le musée qui lui est dédié, et qui tente de convaincre le monde entier que Kafka n'a jamais rien fait d'autre que de se débattre avec sa ville natale. Le premier étage du musée, fort succinct, est un résumé familial. Le sous-sol, par contre, emmène directement le visiteur dans les entrailles des textes de Franz : on passe du Procès au Château, on finit asphyxié par la machine infernale de la Colonie Pénitentiaire. Comme si le cerveau malade de Rodolphe 2, celui qui fit venir Tycho Brahé et menaçait les alchimistes de la ruelle d'or, persécutait encore et encore le juif coupable de ne pas aimer son père...

 

 

 

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Comment en vouloir à Clopin de préférer les oeuvres provocatrices de David Czesnick - dont l'une d'elles, qui arrache un  sourire à tous ceux qui ne font que passer devant le musée Kafka, se moque gravement de la république tchèque, puisque le bassin où les deux hommes-golem pissent a précisément la forme des frontières du pays ?

 

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Il faisait si beau à Prague. On en oubliait le passé ténébreux et fantasque de la ville, jusqu'aux récentes inondations. Après tout, ce peuple-là avait quelque chose à voir avec les batraciens, non ? 

 

 

 

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Mais quand je retrouvais la Prague magique de l'italien, je ne pouvais m'en détacher. Je ne résiste pas à recopier ici un passage du poète Orten, pèlerin pragois. Ceux qui me connaissent comprendront instantanément pourquoi je vibre comme la corde d'un violon, à ces mots-là ! 

 

"Vous avez demandé ce qui soutient ma marche. Eh bien, j'ai entendu parler des béquilles des mots. Je n'en dirais pas tant. Des béquilles, oui, quand nous venons à peine de nous lever et que nous sommes faibles, chancelants. C'est autre chose qui m'intéresse : les jambes, les jambes des mots avec tout ce qui s'ensuit, talons, plantes des pieds, orteils, mollets, genoux, cuisses, jambes fortes, ou encore tendres et minces, jambettes précipitées ou traînantes, ivres et téméraires, qui bondissent et marchent sur la pointe des pieds, sur la pointe des consonnes dures ! Jambes, jambettes de ma langue tchèque ! Si seulement (pour en venir enfin aussi à ce qui est permis), si seulement on me laissait faire ! Qui ? Les muets, ceux qui s'appuient sur les béquilles des massues, des fusils et de  la cruauté, sur les béquilles de la bêtise, de la haine et de l'orgueil, de l'insensibilité, de la vanité et du calcul, sur des béquilles passe-partout. Si seulement ils me laissaient vivre ! Je prendrais ma course et j'arriverais quelque part. Plus vite que qui ? Que le vent !"

 

 

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 10:05

Me voici de retour de Prague, après une semaine intense : mais après tout, quand on est parente de Clopin Trouillefou "roi de Thunes, successeur du grand coësre, suzerain suprême du royaume de l'argot"... et un peu souverain de Bohême aussi, Prague vous est forcément familière : vous "reconnaissez", confusément, les lieux... D'autant qu'il suffit, là-bas, de faire un pas de côté pour quitter la horde touristique qui, comme ailleurs, déferle sur les quatre sites qui lui sont abandonnés : la part du feu, le repli devant les Attila du bitume pragois. Heureusement, la ville est vaste et je suis toute petite... Et puis il ne faut pas s'illusionner : je suis moi aussi une touriste, exactement comme les autres. J'ai pris du plaisir à écouter les bateleurs qui rançonnent la foule, en douceur et profondeur... Pourquoi le nier ? 

 

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Je suis encore en stade de couvaison : le temps de distancier  mon voyage sera ici particulièrement long, j'en ai peur. C'est Clopinou, retrouvé le temps d'une courte halte à Paris, qui a résumé le mieux l'affaire : "On dirait que tu as aspiré la ville", m'a-t-il dit, "comme une éponge !" Il faut dire qu'après deux ans sans bouger, j'avais rudement soif. 

 

Et puis quel plaisir de revenir chez soi, même sous un ciel désespérement chargé. Clopin fulmine : "le miel va cristalliser, je ne vais rien récolter du tout !", les roses n'arrivent pas à terme et les fraises sont encore à l'état de projet. Mais cependant, s'étirer dans son propre lit, la fenêtre ouverte sur les chants matinaux des oiseaux, et regarder vaguement le vert des feuilles mouillées, qui tremble sous la pluie d'été : c'est un plaisir aussi, qui surpasse l'inquiétude potagère, d'autant que les pluies d'été exaltent l'odeur puissante de la végétation.

 

Je m'étire...  Je prendrai le temps qu'il faudra, pour tenter d'exprimer ce que fut ce voyage ! 

 

 

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