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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 13:23

Une petite fille m'a ramenée, depuis les filets de l'amitié, une jolie découverte : le groupe "sons libres" et son dernier album "contes de la pluie". C'est mélangé comme j'aime : un accordéon gaulois, une voix et des percus africaines...

 

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(bon, faut cliquer pour écouter, parce que ça n'est pas sur Deezer et qu'overblog ne connaît que Deezer. Mais ça vaut vraiment le coup)

 

 

 

La maison était pleine ces jours derniers, mélangée comme j'aime itou ! Ca m'a consolée d'une soirée ratée à Paris, où nous avons échoué, Clopin et moi, dans un endroit branchouille à écouter de la musique, enfin, disons une sorte de lavasse sans goûts ni couleurs. Dire qu'il suffisait d'attendre un peu, et voici qu'à Beaubec, autour de la table, un accordéon diatonique répondait à la voix chaude d'une clarinette...  L'escapade à Paris n'a pas été totalement ratée, dieu merci. Le Petit Palais a tenu ses promesses : j'y ai croisé Albertine. Oui, oui, l'Albertine de Marcel, avec sa bicyclette et sa "beauté comestible" :

 

 

 

Albertine-copie-1.jpg

 

 

 

Et j'y ai joué au cancre :

 

 

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(les photos viennent du portable de Clopin. D'où leur moins bonne qualité que d'habitude, mais on ne lui en voudra pas.)

31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 11:57

Aujourd'hui, j'ai enfin reçu mon mince petit livre de nouvelles. J'en trouve la couverture peu lisible, et la typographie parfois hasardeuse (mais c'est ma faute, je n'ai pas relu assez attentivement). Néanmoins, c'est un choc de tenir des pages imprimées entre les doigts, de feuilleter un "vrai" livre qui contient vos mots.

 

Ca fait un peu mal, aussi, parce que les yeux butent sur toutes les imperfections, qui vous sautent à la figure. Les répétitions, les formules qui semblaient couler toutes seules, et qui là se fraient laborieusement un passage jusqu'au cerveau. Envie de tout réécrire !

 

Et puis...  Je n'ai commencé à écrire qu'à la mort de ma mère. Tant qu'elle vivait, je ne pouvais pas : j'avais les mains liées.

 

Et voici que je reçois le livre qu'elle m'a inspiré, qui est tout rempli d'elle, le jour précis de l'anniversaire de sa mort.

 

Coïncidence ?

 

Kaïros ou pied de nez - qui pourra bien s'intéresser à ces petites, si petites nouvelles ? Peut-être ne l'ai-je écrit que pour les yeux de celle qui ne pourra jamais le  lire ?

 

On peut acheter mon livre ici.

28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 10:06

La Vie sans Clopinou (maintenant que, majeur, il poursuit des études à Paris, en comptant bien les rattraper, qu'il a une amie et du poil au menton,  je peux dire que nous vivons "sans" lui), la vie sans Clopinou, donc, est curieuse : elle est inversée.

Quand il revient pour les vacances à Beaubec, nous en profitons pour tenter une escapade à Paris.

Nous nous laissons des mots, sur la table...

Il faut dire que le jeune Clopinou demeure dans une charmante habitation. A un détail près : c'est une "HLI" : habitation à loyer immodéré

A deux pas des Buttes-Chaumont ("ouf ! A-t-il soupiré ! Au moins j'ai des arbres tout près !!"), sur cour mais avec cinq fenêtres, sisisi, une dans les minuscules chiottes où l'on a le nez sur la porte mais la place de ranger un vieil aspirateur, une autre dans la salle de bain réduite en place, mais moderne et propre, une dans le couloir qui sert de cuisine, toute équipée cependant la cuisine en question,  une en face de la lourde porte blindée d'entrée (j'émets des doutes sur l'opportunité de ce monument. Nous sommes au troisième étage  au fond d'une cour dans laquelle on accède par, successivement, une porte blindée digicodée, un long couloir, une autre porte  vitrée digicodée itou, , et il faut encore trouver, dans toutes les portes desservies,  le hall d'où s'élance l'escalier. La porte est tellement blindée qu'elle ne réagit même plus à votre présence. D'où doigts rougis à force de manipuler la clé -renforcée elle aussi. Mais bon. ) et enfin la plus belle de toutes : celle de la pièce principale. 

Je crois que c'est cette fenêtre-là qui nous a fait choisir l'appartement. Son garde-corps en fer forgé renvoyait immédiatement aux fenêtres des tableaux de Caillebotte, et les teintes et couleurs des murs et des sols  avait quelque chose qui rappelait le "rabotage des parquets". 

Tant pis pour l'Immodéré : nous avons dit "banco", et nous autorisons donc, désormais, à venir squatter le lit double fixé au plafond, façon mezzanine, des 23 mètres carrés-mais-en-fait-28 du Clopinou. Ca me permet d'en profiter pour déboucher le lave-mains faisant office de lavabo dans la salle de bains, de noter que la douche elle aussi commence la grève, et de dégivrer le vieux frigo. Tâches peu plaisantes pour un week-end de balades, mais nécessaires. Je soupçonne un peu la formidable chevelure de la copine du Clopinou (imaginez une cascade de boucles noires et légères, tombant jusqu'aux reins...) d'être la responsable de ces engorgements... Mais ce souçon me rend la tâche légère, car la splendeur vaut bien tous les sacrifices ! 

Ce sera d'autant plus tentant de renouveler ce genre d'escapade qu'à partir du 15 décembre, l'ancienne ligne SNCF SERQUEUX-SAINT LAZARE va être remise en circulation. On nous promet 2 trains le matin, 2 le soir. Finis les interminables bouchons pour sortir de Paris? Hier : une heure  entre l'avenue Laumière et l'autoroute de Cergy-Pontoise ; invraisemblable bordel  à Saint-Denis, et Epinay bloqué sous les travaux routiers...  La pluie s'était mise à tomber dru, malgré le soleil qui avait parsemé la journée comme de petites feuilles claires, et je pensais que, si les renards voulaient se marier à Paris, ils avaient intérêt à éviter les noeuds autoroutiers...

Mais il est vrai que Paris n'est pas synonyme uniquement de contraintes : nous sommes allés des Buttes-Chaumont au Petit Palais (l'expo de l'anversois Jordaens) en VELIB ; bien sûr, ça paraît banal dit comme ça. mais, pour bibi, c'était une sacrée expérience ! J'avais serré mon écharpe rouge vif autour de ma tête, enfilé mes bottes toutes aussi vives, et j'ai pédalé avec bonheur dans un Paris qui m'offrait son air vif, ses façades bienveillantes et ses larges avenues. Je le dis hautement : vive le vélib, nom de dlà ! 

Ca compensait les ratés de la veille (je vous les raconterai une autre fois, mais sachez que pour la première fois depuis très longtemps, moi qui suis bon public et pleine d'appétit, j'ai recraché dans mon assiette une sorte de lavasse tiédasse et soi-disant musicale, bien faite cependant, certes, mais sans aucune miette d'intérêt. Bizarre expérience : boire du frelaté, à Paris ?) 

 

22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 15:13

Cinq entorses de la cheville droite en quatre ans, une fracture du tibia gauche l'année dernière. Je n'avance plus sans que monte, le long de mes jambes jusqu'à mon cortex, une appréhension : l'ombre de la douleur qui revient, à chaque pas, et me fait hésiter.

 

Je ne connais plus les démarches insouciantes, les escaliers descendus à la volée, les danses même solitaires, au beau milieu de la cuisine ou du jardin. Quand je me lève de l'ordinateur, le souvenir de ma dernière chute (je suis restée cinq bonnes minutes le nez ras la moquette, pendant que la douleur triomphante ricanait tout le long des tendons de la cheville lourdement blessée) me fait prendre la précaution de remuer longtemps le pied, pour éviter l'engourdissement qui l'avait provoquée.

 

Mais même cela ne suffit pas. Je SAIS que malgré toutes les précautions, malgré ma propre auto-censure, un jour, ça recommencera. Je poserai le pied, il me manquera, je tomberai de mon haut - et de nouveau la douleur que je connais si bien, et que je crains tant, s'élancera.

 

Il n'y a plus qu'elle pour se déployer légèrement et sûrement. Et elle me donne rendez-vous, la sale vache. Elle m'attend. La seule incertitude, c'est "où" et "quand" . Comme pour l'autre rendez-vous, l'ultime auquel nous avons tous droit, chacun notre tour...

 

J'y  pense à chaque fois que je marche, c'est-à-dire à peu près constamment. Ce n'est pas une pensée articulée : c'est comme un frémissement d'effroi, le muscle du mollet qui se tend sous le souvenir... C'est juste un rendez-vous.

 

Pas besoin de noeud à mon mouchoir. Il suffit que je regarde, ébahie, ce genre de spectacle jusqu'à la seconde 38 exactement. Le spectacle est certes un peu commun, la musique trop arrangée, une sorte de vulgarisation... Et puis je n'ai jamais été danseuse pro, n'est-ce pas. N'empêche qu'à cause du rendez-vous, je ne peux plus regarder ça sans une sorte de frisson hypnotique, de fascination douloureuse... Comment peut-on faire subir ça à des chevilles, je vous le demande un peu ?

 

C'est pourtant, juste avant la chute, ce que j'ai fait subir aux miennes, cinq fois en quatre ans.

20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 15:27

Partons de ce prédicat, et voyons un peu... Il est vrai que ce château-là  réveille des ardeurs assiégeantes ! Et que les douves qui l'entourent sont si profondes qu'on peut parfaitement  s'y noyer, glouglouglou ; cela vaut-il mieux que de loger dans les culs de basse-fosse, comme Sade  et quelques autres ? Ou errant, tel un fantôme, dans les couloirs, comme ce pauvre Anatole France, arquebusé par les surréalistes ?

 

Anatole France : je l'ai beaucoup aimé, moi. J'ai trouvé "le livre de mon ami" charmant, "Thaïs " fort singulier, me suis rôtie à la chaleur de  "Reine Pédauque" et ai  franchement rigolé des opinions de Sylvestre Bonnard. Mais si Anatole  est comme un grand'père bienveillant, plein de culture et d'urbanité, il n'empêche qu'il a éveillé lui aussi les ardeurs meurtrières, et pas seulement celles des surréalistes ; ces derniers avaient certes à digérer les funérailles nationales d'un nom prédestiné. Mais Proust, qui utilisa largement France pour le personnage de Bergotte, ne le tue-t-il d'un coup de mur ? Un petit "pan"... Jaune ?

 

Quant à Proust, aaaahhh, Proust. Un château à lui tout seul, dirait-on à première vue... Mais pourtant, dans les dédales de la demeurs, je trouve Proust, qui certes résume et sublime le tout, bien inquiétant. La paupière lourde, la vie nocturne, les fumigations, l'accointance avec la mort... Jusqu'à la politesse maniérée que les témoins nous rapportent, et la terrible lucidité qui enlève jusqu'au moindre gramme de bienveillance à son humour cinglant... Oui, j'en suis de plus en plus persuadée. Proust, c'est le vampire de la littérature française. Celui qui  a slurpé tout son sang, lui enlevant globules rouges et vitalité, pour ne plus laisser, après lui, que les ombres désolées des aspirants au titre de châtelain. Le petit Marcel étant passé par là, cette demeure ne serait-elle plus qu'un sépulcre ?

19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 09:46

RIEN ne vaut d'avoir eu un père sourd, pour comprendre  la difficulté d'être au monde : un persistant malentendu.

 

 

Il faut changer l'orthographe, pour comprendre ce qui se cache derrière les mots. La télé, par exemple. Elle devrait s'écrire "Thélé", anagramme du fleuve grec,  mythique et infernal où les âmes venaient boire, en cherchant l'oubli. Amnésique Thélé : tout ça, c'est l'"au pieu" du peuple ! Comme les autres drogues : la mort fine, ou la Cocaline (pour qu'elle revienne). Mais aussi les religions : l'accato,  la mue-sue l' ment, la rabbinagrobise...  Vite : la raie forme !

 

18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 18:08

Les mains des hommes

 Au début de ma vie d'adulte, pas d'ambiguïté. J'avais décrété que les mains qui me plaisaient étaient longues, maigres, avec des doigts aux bouts spatulés, des mains d'artistes ou d'intellectuels. Le summum, c'était évidemment celles de Glenn Gould. Dès que je rencontrais un homme, aussitôt je « vérifiais » : était-ce bien ces mains-là ? J'avais tant rêvé, petite fille puis adolescente, d'une main d'homme se posant sur ma taille...

 Depuis ma rencontre avec mon compagnon, j'ai regardé des milliers de fois ses mains. Elles n'ont pas de longs doigts, elles ne sont pas blanches. La paume en est large, la peau qui la recouvre est épaisse, calleuse même. Les ongles, carrés, coupés courts, portent souvent des blessures, des entailles ou des marques noirâtres de coups de marteau. Parfois, elles sont couvertes de teinture, à cause du brou de noix, parfois elles sont violacées par le froid intense qui règne dans le champ du haut.

 

Ces mains-là font tout. Elles plantent des arbres et fabriquent des meubles, des charpentes, des maisons. Réparent les toitures. Jardinent, bêchent, récoltent. Extraient le miel des ruches et aident à la délivrance des brebis. Dressent les ânes, tuent avec un grand respect les animaux dont nous nous nourrissons.

 

 Elles savent construire les feux.  Elles sont également précises et habiles à manier des instruments d'optique ou de photographie, des caméras, des ordinateurs, elles feuillettent des livres et des revues, elles sont le prolongement d'un regard clair qui interroge le monde.

 

 En quatorze ans, je ne les ai jamais vues brandies comme des armes. Pourtant, je sais qu'elles peuvent être aussi rudes que fortes ! Mais aussi délicates, quand elles caressent le clavier de l'accordéon ou que, s'incurvant autour de mes seins, elles deviennent les plus douces que j'aie jamais rencontrées.

 

Oui, j'ai changé d'opinion sur les mains des hommes.  

 

17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 10:47

Mon petit livre de nouvelles me paraît  ridiculement mince. Mais pourtant, si je dois définir l'élan qui présida à sa création, le nombre y jouait un rôle de premier plan. Que deviennent, en effet, les familles nombreuses, et leurs histoires d'enfance, quand il s'agit de grandir et de devenir soi ? Quand on ne veut plus "être un numéro" ? Quand on revendique d'être particulière... J'avais secoué ma famille comme on se secoue, au sortir d'une promenade sous la neige. De la main, j'avais envoyé valser, comme de simples flocons évanescents, les chauds souvenirs d'une grande fratrie.

Mais peut-on se défaire de ce qui vous a façonné ? De sa mère, même si on lui a beaucoup menti ?

 

Quand le voyage d'enfance se termine, il faut bien répondre aux questions, surtout à celles qui ne furent jamais exprimées : une sorte d'addition,   pour se ressembler enfin. Et 78 pages, ce n'est pas si cher payé que ça.

 


maquette

 


17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 00:22

à la manière de Beaumarchais, je pourrais résumer :

 

"Si le désir est mon maître,

La convoitise est ma servante"

 

 

Mais n'est-ce pas là, précisément, que gît -  in fine  - le problème de l'hédonisme ?

15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 09:23

Mon chat lève parfois une patte si tendue, si droite, si drue, qu'elle m'évoque un comportement humain. Celui de l'ouvrier en grève levant son poing, du désespéré prenant le ciel à témoin du vide qui l'habite, de l'élève qui tente de plaire au Maître en répondant à la question posée, du danseur étoile à l'acmé de son arabesque, voire du fasciste saluant son Führer. Bref, une humaine, farouche et volontaire résolution... Mais mon chat n'est que le bon gros Rouky. Et quand il dresse fièrement sa patte, ce n'est que pour se pencher plus commodément, le dos rond, et, consciencieux, se nettoyer le derrière...

 

 

Published by clopine - dans Vies de Bêtes
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