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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 11:55

Je suis sous le coup d'une jolie  émotion  : il me semble avoir subi un charme. Et "charme" est bien le mot. Au point que, toutes affaires cessantes, c'est-à-dire en mettant de côté les histoires de Jacques, de sa moustache  et de Patricia Ziglouglou, je veux laisser une trace de l'aventure d'hier...

 

Mais je suis cependant un être de raison. Donc, je peux discerner les conditions préalables à mon "enchantement". D'abord, la sarabande parisienne. C'est en effet une sorte de tradition : pour mon anniversaire, Clopin m'emmène un jour ou deux à Paris, ce qui est désormais facilité par le super  petit appartement qui nous attend là-bas, pendant que Clopinou, lui, fait le trajet inverse et file à Rouen voir sa jolie petite amie...

 

Au menu : spectacles, restaurant, musiques, musées et expositions.

 

Plus Paris tout court, qui résume et contient ce qui précède. 

 

Je crois que le socle de ma découverte vient de là : de l'espèce de tournoiement que me procurent tous ces plaisirs, entassés les uns sur les autres comme les couches d'un millefeuilles. J'en viens à être tellement "absorbée", telle un papier buvard, qu'inconsciemment je dois rechercher mon équilibre, même au milieu de la foule de la rue des Rosiers ou de la queue de l'exposition Salgado.

 

De plus, il faisait très froid. Pas le même froid humide qu'à Beaubec, bien sûr. Mais un froid "coupant", sec et pénétrant, qui ressemble à la circulation, et à cette manière qu'ont ces innombrables piétons de se frôler sans jamais se toucher. Et de se voir sans se regarder. Ni regarder cette femme à même le trottoir, donnant un biberon d'eau à un tout petit être, un bébé de huit mois peut-être, qu'on n'ose imaginer passer la nuit entière là. Je sais que les services sociaux existent, et que même débordés, ils ne pourront laisser cette priorité des priorités (voyons ! Même Jésus a eu droit à une étable !!!) sur ce bout de trottoir. Je connais aussi les stratégies de la mendicité, et le bébé doit être un argument de vente, encore plus porteur que le pauvre petit chien ou le chat en laisse, qui font s'extasier les enfants et culpabiliser les parents : à l'autre bout de la laisse, l'être qui mendie n'a certes pas, lui, le minois attendrissant...

 

Le contraste avec les boutiques remplies à ras bloc de cadeaux coûteux est évidemment saisissant, et tout cela entre dans mon étourdissement, enfin, nommons cela comme ça. Disons que mes nerfs, mes sens, tout est ici non seulement sollicité mais abreuvé, jusqu'à avoir besoin de recracher, de prendre de la distance...

 

De me retrouver un peu moi-même, quoi.

 

J'étais donc dans cet état d'esprit particulier : extasiée presque  jusqu'à la souffrance par un environnement trop dense, trop copieux (l'exposition Frida Khalo !), trop brillant pour moi, quand nous avons abordé la place des Vosges et ses arcades. J'y étais évidemment à peu près aussi déplacée qu'une charentaise parmi des escarpins, et je regardais, curieuse, les objets d'art offerts par les galeries de l'endroit - je me souviens d'un sumo de céramique, rouge et furieux, prêt à bondir sur moi, une sorte de pléonasme en 3 D, à savoir un "énorme sumo", dont je ne voyais pas trop la nécessité.

 

J'avais un peu froid.

 

Et puis, très vite, au bout des arcades, une boutique étroite, une mince "galerie" :  je vois  quelques toiles dont la modestie me saute aux yeux. Mais pas que ça. Il y avait là une toile qui représentait, vu de dessus, une petite fille ramassant trois galets sur une plage en étendant le bras. Et je "reconnaissais" tout : la plage, évidemment normande, la lumière humide d'un frais été, le poids des galets, la silouhette de l'adulte, derrière, les lumières et les couleurs, la texture de ce moment-là, la curiosité de la petite et le sable plein d'eau qu'elle effleurait de ses doigts.

 

Mais nous devions aller écouter de la musique, et manger des choses raffinées : j'ai juste pu regarder quelques secondes, et nous sommes passés...

 

Le lendemain, par hasard, nous sommes repassés place des Vosges. Et j'ai tiré Clopin par la main : le souvenir de la toile entrevue avait perduré, et je voulais au moins connaître le nom de cette peintre (j'étais persuadée que c'était une femme)  dont l'oeuvre entrevue m'avait si fortement impressionnée (ce dernier terme n'est pas neutre !!!).

 

Il me semblait que si, pour mes "petites histoires", j'avais dû choisir une illustration pour la couverture du livre,  ç'aurait été précisément ce tableau-là qu'il m'aurait fallu... Hélas : il n'était plus en vitrine, et le galeriste m'a expliqué que le tableau avait été vendu.

 

"J'en ai vendu cinq en deux jours ! Tous les gens qui entrent me demandent la même chose !!" expliquait le galeriste, enthousiaste.

 

Oh, je savais bien que, de toute manière,  le tableau de la petite fille aux galets aurait été trop cher pour moi : la cote s'établit entre 2000 et 5000 euros, m'expliqua-t-on. Et il est vrai que l'apparente simplicité, l'apparente inocuité des sujets (scènes quotidiennes et intimes, enfants jouant sur la plage), la douceur des couleurs : tout pourrait faire croire que ce peintre (car il s'agissait d'un homme, finalement) n'était qu'un descendant de ces "petits-maîtres", ou, plus récemment, de la peinture académique qui "fait si bien" dans les intérieurs bourgeois.

 

Mais pourtant, il me semblait qu'il y avait là une profondeur, une tendresse, un monde entier de sentiments et d'ouverture, que je n'ai jamais beaucoup rencontré. Je me sens à la fois pleinement chez moi, et en même temps happée vers une lumière douce, quand je regarde ces tableaux.

 

Et dire que le plus prégnant d'entre eux, cette petite fille aux galets, m'est désormais à tout jamais inaccessible.

 

Je me connais. Je suis au bord d'entreprendre des démarches vaines et futiles pour exprimer mon enthousiasme. James Mackeown a été exposé, à Rouen, à la galerie Rollin. C'est un mince fil pour moi, mais tant qu'à faire qu'à se pendre...

 

Voici ce que j'ai trouvé sur internet. Juste une toile,  pour vous aider à comprendre pourquoi je suis partie pour aller faire des conneries...

 

L'épuisette rose

 

Le peintre s'appelle James Mackeown,  irlandais, installé du côté de Fécamp. Et peignant sa femme inlassablement...

12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 13:20

En fait, j'ai toujours envie de raconter des histoires. Anecdotiques ou curieuses, elles me paraissent révélatrices, même si je ne sais pas de quoi.

 

J'ai envie de vous raconter la Moustache de Jacques,  et son Iroquois. J'en ai envie depuis  que je l'ai entendue de la bouche de Jacques même. Je me retiens, parce que Jacques écrit et qu'il pourrait très bien raconter tout seul son histoire. Mais en fait, je ne vais pas me retenir longtemps, je le sens...

 

Ca commencerait comme ça  : "C'était la guerre, et Jacques était zazou".

 

Et si j'allais lui demander la permission, tiens ?

 

Bon. Je peux d'ores et déjà vous raconter la Malheureuse Histoire de Patricia Ziglouglou. (en fait, elle ne s'appelait pas ziglouglou mais son nom grec m'est toujours apparu comme imprononçable)... Celle-là, je sais ce qu'elle révèle : la formidable et insondable lâcheté masculine !

 

Mais pour l'instant, je vais vous raconter ce que j'ai fait à manger hier au soir. Plus je vais, plus je me lâche, en cuisine. Je n'ouvre plus les livres : j'improvise, et les cuillères  en bois sont ma baguette de chef à moi...

 

Alors vous  prenez un pâtisson. Vous savez, ces curieuses courges en forme de coiffes de marmiton :

 

 

patisson.jpg

 

 

Donc, vous épluchez le pâtisson, vous enlevez les pépins et vous coupez en morceaux, que vous faites cuire à l'eau bouillante salée pendant un quart d'heure/vingt minutes, en compagnie de pommes de terre. J'ai mis quatre pommes de terre moyennes pour un petit pâtisson, ça allait bien.

 

A côté vous prenez des noix, une bonne trentaine,  dont vous broyez  les cerneaux.

 

Puis vous prenez un cul de poule. Vous mettez dedans votre pâtisson, vos patates, une grosse cuillère à soupe de crème fraîche, et des lamelles de fromage (gruyère).

 

Vous touillez.

 

Vous garnissez un petit poêlon avec le tout, vous saupoudrez de noix écrasées (mais pas trop, il ne faut pas qu'elles soient gluantes), vous passez dix minutes sous le grill du four.

 

Sans rire, c'est ach'ement bon. Peut-être parce que c'est "tout du jardin" de Clopin, à part la crème et le fromage  (mais nous achetons bio) ?

 

Je vais appeler ça : "^pâtisson à la Clopine", tiens.

 

Et pour l'histoire de Ziglouglou ?

 

Allez, je commence :

 

"C'étaient les années 70, et Patricia Ziglouglou taillait la route, saisonnant dans les fermes fruitières. C'était bon, d'être une grande fille blonde, point peureuse et à l'énergie infatigable. C'était bon, les plages grecques, tirer sur des joints, boire des coups avec les autres ouvriers agricoles,  porter, le soir, des robes de coton indien et  danser sur la musique des Doors. Mais les saisons n'avaient qu'un temps, et le reste de l'année, il fallait bien vivre.  Et Patricia tomba amoureuse."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 17:25

Les secrets de Polichinelle se gardent dans les tiroirs...

10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 10:12

Je me dépêche de nourrir mon blogounet  : je n'aurai pas le temps plus tard !  La journée risque en effet  d'être intense :  Beaubec Productions organise la première réunion de l'équipe pressentie pour Des Racines et Des Haies. Il va falloir  animer les envies, quêter la générosité des bénévoles, rassurer sur notre savoir-faire et nos engagements... Aurons-nous la force de conviction d'une Véronique Aubouy, à qui personne ne résiste ? J'ai confiance en Clopin, beaucoup moins en moi-même ! 

 

Je voudrais parler aussi du livre d'une amie, Pascale Marchal. Nous avons fait un échange, elle et moi : elle a acheté mes Petites Histoires, et moi son livre "Corps-Paysages", magnifiquement illustré des peintures d'Amanda Pinto da Silva. J'y reviendrai, sur le livre de Pascale, mais déjà je peux dire que... je ne suis pas d'accord avec la critique qui en a été faite par un journaliste inconnu de moi, qui décrit le livre comme une sorte d""objet surréaliste".

 

Perso, je ne le trouve pas du tout surréaliste, ce livre. Lyrique, souvent, malicieux parfois (une interview fictive de Marcel Duchamp), foisonnant de références, d'allusions, et "tenu" de bout en bout. Les sujets sont très divers, et induisent des styles très divers aussi. Mais rien qui s'approcherait d'une quelconque écriture automatique, et rien non plus qui rappellerait Gracq...

 

En fait (j'espère que Pascale me pardonnera cette comparaison ouvrière !), je trouve que "Corps-Paysages" est un livre de travailleuse. Dans un sens bien précis : celui de ce meuble de couturière, qui s'ouvre et se déploie magnifiquement.

 

Ma mère possédait une travailleuse de ce type :

 

travailleuse.jpg

 

Et, enfant, j'ai passé du temps, tant et plus, à contempler les trésors contenus dans les tiroirs, qui s'ouvraient comme des boîtes à trésors. Je me souviens des dizaines de boutons, petits, grands, nacrés, ronds ou carrés, qui se côtoyaient si nombreux qu'on pouvait plonger la main dedans et la retirer pleine.

 

Le livre de Pascale est de ce type, et démontre que sont auteure est en fait une couturière. Une as du patchwork. Elle et moi avons au moins un point commun (outre la passion de la littérature, du cinéma et de l'art, qui l'anime, ma parole, encore plus intensément que moi !!!) : la propension à divaguer. Un texte comme celui qui illustre une citation de Montaigne ("assises mes pensées s'endorment" : à cheval, donc, Montaigne ! Et de l'"assise", s'il vous plaît !) démontre bien le phénomène : Pascale imagine, en quelques pages, un héros traversant de bout en bout quelques mythes littéraires, d'Homère à Duras; à côté de cela, vous avez un conte pour petite fille, une sensible évocation du père, de l'émotion ressentie à la vue de tableaux, des souvenirs de lecture et de ce que j'appellerai des "considérations" : à foison.  Pascale nous dit que l'art et la caméra sont ses "instruments de défense". Mais également ses armes de partage, dirai-je.

 

Et j'attends avec impatience qu'elle ouvre son blog, qui vous montrera mieux que je ne saurai le faire la diversité de ses préoccupations et l'habileté avec laquelle elle cout tout cela. D'ailleurs, elle m'a soufflé que son prochain livre s'appellera "Cousue de fil rouge". Je ne saurai mieux dire !

7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 15:24

Anniversaire de Jim, hier : je passe lui déposer du chocolat à la maison de retraite. Il réclame toujours, par signes et grognements, une ceinture ou des bretelles, et c'est vrai qu'il perd son pantalon. Mais sinon, il est toujours au meilleur endroit possible pour lui. Même si j'apprends, à l'occasion de son anniversaire, qu'il est évidemment le plus jeune : 65 ans. Après lui, deux petites dames de 75 et 78, puis un grand saut et plus rien en-dessous de 85 ans...

 

Mais du coup, est-ce à cause de sa docilité, de son "jeune âge" ou des visites qu'il reçoit toujours, qu'il reçoit malgré tout  ? Je trouve que le personnel est vraiment charmant avec lui, et attentionné. Quand son cerveau, qui n'arrive plus à s'arrêter de se promener vaguement dans des endroits inconnus de nous, le lui permet, Jim a encore des regards pleins d'acuité, voire de tendresse. Au moins à mon égard. Je suis sûre que le personnel sent cette intelligence qui, par éclairs, brille encore devant nous...

 

Je ne m'y habitue pas, non, mais disons que  si je passe le cap du "bonjour" en arrivant à empêcher les larmes de me monter aux yeux, cela va à peu près. Et puis il y a des moments de grâce, comme hier : nous étions dans sa chambre, et je parlais de tout et de rien. J'avais remarqué, avec reconnaissance, que désormais il y a radio france musique en permanence dans cette chambre. Dans la salle commune, l'accordéon chromatique des années 50 est passé en boucle, et c'est encore plus lugubre...

 

J'ai dit, pendant qu'une musique commençait dans le poste, "tiens, écoute, on dirait du baroque". Jim a écouté et puis, d'un coup, lui qui ne parle plus sinon par grognements, qui a du mal à fixer son attention, dont la mémoire est "soi-disant" complètement détruite, il m'a rétorqué, sans aucune faute de prononciation, de sa voix d'autrefois : "non, tu te trompes, c'est bien plus tardif, je dirais Gounod".

 

J'étais absolument SCIEE, et j'ai cru, un quart de seconde, à un miracle... Mais non, les yeux de Jim se sont détournés, il s'est de nouveau affaissé un peu sur sa chaise en me souriant vaguement... Il était reparti à l'endroit où son cerveau malade l'emmène. Présent, et si absent à la fois.

 

La présentatrice a confirmé que c'était bien Charles Gounod. J'ai retenté le coup, une ou deux fois, mais le miracle ne s'est pas reproduit.

 

J'ai laissé la boîte de chocolat sur la table, en demandant à ce que le personnel  partage. J'ai dédicacé mon petit livre en ces termes : "au vieux Jim, avec gratitude : n'est-il  pas celui qui, autrefois, m'a ouvert les portes de l'intelligence ?"

 

Et puis je suis rentrée chez moi.

 

Mais, dans l'auto,  résolument, j'ai  fermé la radio.

 

 

 

Published by clopine - dans Vies de Jim
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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 16:09

Bon, alors, je ne voudrais pas me lancer des fleurs, mais je crois être une bonne lectrice. Pas seulement en quantité. Ne suis-je pas plutôt bonne aux DLA ? N'ai-je pas reniflé un écrivain derrière "Paul Edel", et une similitude d'écriture entre ce même "Paul Edel" et un certain "Opitz" (qui étaient en fait une seule et même personne ?). N'ai-je pas, sans jamais avoir lu cet auteur auparavant,  diagnostiqué un "poète de langue romane, espagnole ou roumaine, un homme assez âgé, sans doute fragile physiquement,  désespéré et poignant", derrière un texte en prose  de...  Pessoa ? Etc.

 

Donc, je m'étonne de tomber sur une inconnue dans mon petit précis d'algèbre littéraire, qui d'habitude me suffit amplement. Parce qu'enfin, j'ai lu le (dernier) gros pavé d'Onfray, n'est-ce pas, même si je suis passée rapidement sur certains textes célébrant des peintres inconnus de moi...

 

Eh bien, si j'ai raison ce sera la première fois que je lis ça : un gros livre, plein de textes traitant de sujets divers, et un titre qui ne correspond à rien, mais je veux dire à RIEN, de ce qui est dans le livre. Pas une allusion aux solstices dans les pages parcourues. Encore moins à un quelconque "magnétisme".

 

Que signifie donc ce titre, dont je cherche, depuis, l'obscure signification, alors qu'il semble correspondre à un phénomène tout physique (l'influence des solstices sur le magnétisme terrestre) ?  Qu'est-ce que ça vient foutre, bordel, au beau milieu d'un éloge de Démocrite, d'une évocation des premiers cours de l'UP de Caen, d'une synthèse sur la laïcité (qui se termine par la sombre prophétie d'une victoire de l'islam...) ou d'une descente des origines des jardins ouvriers ?

Boule de gomme, réponds-moi !

 

PS : si j'ai sauté une page, une allusion, une explication quelconque, et que l'un de mes visiteurs sait quelque chose à ce sujet : j'ai rouvert les commentaires ! (mais avec modération, hips.)

3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 10:02

Je suis bien contente que novembre soit mort de sa belle mort : j'ai horreur de ce mois-là, où le froid s'installe et où les chants d'oiseaux s'éteignent peu à peu. Vous me direz qu'à Beaubec, décembre peut lui aussi être morose et pourrissant... Mais les préparatifs des fêtes qui, quoi qu'on en dise, permettent au moins de tenter de faire plaisir, l'installation du sapin, les flammes des bougies qu'on pose sur la table, et qui se reflètent dans les vitres froides de la cuisine : tout cela  réchauffe la maison !

 

Et cette année, Clopin a ressorti les bocaux à jacinthes : déjà les filaments poussent sous les bulbes.

 

jacinthes-de-Noel-1.jpg

 

Pourquoi donc les filaments des oignons rouges poussent-ils plus drus que ceux des oignons blancs ? Mystère... En tout cas, nous aurons des jacinthes à Noël, c'est sûr, et cela adoucit encore un peu plus l'arrivée du terrible solstice.

 

J'ai toujours aimé ces bocaux de jacinthes, et je les regarde particulièrment cette année, disposés comme ils le sont sur la paillasse carrelée, à côté de l'évier.... Certes, ils sont translucides, un peu magiques. Mais surtout, leurs formes vaguement humaines, comme de petits bonshommes en pelisses, m'ont toujours fait divaguer. Et cette année, les bulbes m'envoient directement en Russie, puisque Clopin m'emmènera, c'est décidé, visiter Saint Pétersbourg au printemps. Du coup, il me semble que mes bocaux s'avancent, aussi emmitouflés et bulbeux que des églises orthodoxes !

 

Jacinthes-de-Noel-2.jpg

 

y'aura-t-il des jacinthes, au printemps,  à Saint Pet' ?

 

 

 

2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 09:44

C'que j'aime les dimanches de Traverse, avec mon pote Philippe ! Ca se passe à Cléon, il faut d'abord longer les hautes grilles du parking de l'usine Renault : ça fait frissonner, parce que le parking est immense, et vide. Et pas seulement parce que c'est dimanche, hélas. On ne peut pas ne pas penser à la crise, aux ouvriers, au chômage. A toutes les vies ouvrières qui hantent cet endroit...

 

On est donc déjà dans le bain, quand on arrive enfin. Il y a des motos rutilantes, pas un gramme de poussière sur les chromes étincelants, garées juste devant la porte d'entrée : précisément sous l'oeil des  vigiles musclés qui découpent délicatement votre ticket  de leurs gros doigts boudinés...

 

Se pose alors la question cruciale : va-t-on rester debout, juste sous la scène, au risque de recevoir les postillons des chanteurs tonitruants, ou bien s'asseoir sagement dans les gradins ? N'oublions pas notre âge, la retraite se profile n'est-ce pas, et montons nous asseoir... Vous pouvez admirer, au passage, les perfectos et les vestes de cuir, ici déclinées sous toutes les formes. Le public est vraiment épatant, un spectacle à lui tout seul. Bien plus de mecs que de nanas, évidemment, mais bons enfants, placides et détendus. Ils ressemblent à la musique dédiée au lieu. Massifs, pas compliqués, prolétaires et connaisseurs...

 

Et puis à l'entracte vous avez droit à la fanfare rock.

 

Et là vous oubliez carrément qui vous êtes. Parce que la fanfare rock, avec sous-bassophone, caisses claires (2 !), guitare poussée au max et chanteur à portevoix, ça transforme n'importe quelle mémée en d'jeune se trémoussant et remuant du popotin.  Je défie quiconque de rester impavide devant ça (et encore, la vidéo ne rend pas l'ambiance de la Traverse, parce qu'en plus il y a le bar à côté. Exploit dominical : se dandiner avec un gobelet plastique plein à ras bord d'une bonne Leffe bien fraîche !)

 

 

 

 

Ah, remontons le temps, et ressemblons-nous un peu, puisque j'ai été ça, avec tee-shirt AC/DC :

 

 

 

 

1259.jpg

 

 

 

 

Et pis tant pis pour mon âge et merdalors ! C'que c'est bon, les dimanches de Traverse, avec mon vieux pote Philippe, d'être une mémée rock (et saturée...) !!

29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 22:37

"ils ont tant de choses en commun

que tout les sépare."

 

 

26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 13:32

Trouvé ceci en vagabondant sur le ouèbe, plus précisément chez Mac Comber, un drôle d'écrivain  (en?) cyplopédique, que j'aime vraiment beaucoup (son blog s'appelle Roule Rosie Roule, pour ceux qui savent pianoter l'azerty) :

 

 

 

 

 

Je lui enverrais bien mon petit livre, à  Eric, si je n'avais peur d'être importune, malgré les retours positifs qui s'accumulent, pour mon plus grand plaisir mais aussi, un petit peu, pour mon plus grand effroi ! En fait, depuis qu'il est publié, j'ai envie de l'envoyer à tout le monde, mon petit livre, et je n'ose. Ah là là !!!

 

 

Quelqu'un a dit quelque part (chez Paul Edel, me semble-t-il), qu'il était très étonnant, voire quasi miraculeux, qu'une inconnue comme bibi, non adoubée, non munie des talents nécessaires,  puisse sortir, même provisoirement, de l'ombre. J'ai tout de suite pensé en lisant cela que la lumière ne convient pas à tout le monde. L'ombre, moi, j'aime bien. J'ai de bien trop mauvais yeux pour affronter les flashes, ahaha ! N'empêche que, lorsqu'on a eu le culot de raconter ainsi des histoires, eh bien on est un petit peu comme une mère devant un enfant tout petit, qui veut aller au square. On s'inquiète tout-à-coup de l'hygiène qui règne dans le bac à sable, de la solidité des marches du toboggan et de la fréquentation des buissons... On accompagne le petit, on lui tend la main...

 

On s'implique, quoi.

 

Du coup, me voici devant une colline de petits livres, un gros tas d'enveloppes et des carnets de timbres : de quoi oublier novembre et ses mauvais présages. Il ne me manque plus, pour coller tout ça, de retrouver un de ses petits pots que j'avais à l'école primaire, où la pâte blanche sentait l'amande et où une petite pelle de plastique permettait d'étaler la colle. Une odeur de compote de pommes derrière, la lampe bien au-dessus de la table, la langue un peu tirée sous la concentration : me voici toute à ma besogne...

 

Elle me paraît bien enfantine, mais justement, ça ne dépare pas trop avec le reste.

 

Et puis, quand j'en aurais assez, je pourrais m'y remettre. J'ai en vue des petites histoires domestiques et brayonnes. De quoi passer l'hiver, non ?

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