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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 14:43

Pour Jacques le curieux !

 

C'était dans une vie antérieure. J'étais l'administratrice d'une salle de spectacles rouennaise, rive gauche, aujourd'hui disparue : l'espace Duchamp Villon. Ma tâche consistait, entre autres, à payer les artistes ou leurs agents, et à compter les recettes. Je travaillais beaucoup avec le régisseur,et descendait parfois, après les spectacles, dans les loges... Ce soir-là, Paco de Lucia, en sortie de scène, était chaud comme la braise. Et, dans sa loge, il s'est mis à me dragouiller gentiment, en un sabir franco-espagnol que je comprenais fort bien ! Nous parlions ainsi depuis un bon petit moment quand l'andalou, comprenant à mes réponses que non, je n'étais pas disponible, (et qu'en plus j'étais féministe...), a poussé un gros soupir, s'est détourné de moi aussi vite qu'une porte claque, et, avisant le régisseur, a réclamé à haute voix : "dos putanas !" comme il aurait commandé un café..

...

je suis sortie dignement, mais cette histoire m'a toujours fait rire, et augmente le plaisir que j'ai à écouter la guitare (chaude aussi) du génial musicien...

25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 13:09

Anecdote.

 

Brasserie parisienne, du côté de la Madeleine. Je m'installe tout  au fond, les deux salles sont très vastes et le comptoir imposant, mais les tables sont trop petites, comme toujours à Paris, où il me semble n'avoir même pas la place d'étendre les jambes. Je suis assise à côté d'une vieille dame parisienne, du genre que j'aime : soignée et tenue, mais aussi fluette et discrète... Pendant que je mâchouille, résignée, un poulet ordinaire (c'est-à-dire non fermier et sûrement décongelé) et du risotto tout aussi banal,  ma voisine a commandé, elle, du confit de canard. Elle est servie bien trop rapidement, à mon sens, pour que cela soit naturel, mais bon. Nous sommes à Paris, n'est-ce pas, et si les assiettes sont médiocres, le spectacle de la rue, à travers les fenêtres, l'atmosphère de la brasserie,  les trois serveurs papillonnant, compensent largement le peu d'intérêt de la nourriture. (je n'oserai pas appeler cela de la cuisine...)

 

Mais voici que ma voisine s'agite sur son siège, et tente d'appeler, en vain, l'attention d'un des serveurs. Il est vrai que sa voix est si fluette qu'elle se perd dans la grande brasserie... A sa troisième et vaine tentative, je lui propose mes services, qu'elle accepte.

 

Sauf que j'ai mal dosé ma voix. A mon impérieux appel "S'il vous plaît !", la brasserie entière  a semblé sauter en l'air, et les trois serveurs, à la fois, ont tourné vers notre coin leurs visage ronds, aussi effarés que ceux de chouettes effraies. Jusqu'à la machine à café qui a stoppé son  vaporeux vacarme  et a fini, dans un chuintement, par accompagner l'écho de ma voix. Je n'ose trop regarder ma voisine : le silence qui a suivi mon appel était si lourd d'étonnement qu'elle a dû en être gênée...

 

Mais non, elle ne semble pas si perturbée que cela, et au contraire, me remercie chaleureusement. On lui avait servi son confit avec de la sauce, ce qui est tout de même une aberration,  je suis bien d'accord avec elle... La graisse, oui, peut accompagner de petites pommes de terre frites. Mais une sauce épaisse engluant le malheureux confit... Ma voix de stentor a fait merveille : c'est avec des excuses que le serveur vient, en se dandinant comme le canard qui repose maintenant dans le plat, lui remettre un confit un peu plus convenable.

 

Du coup, nous avons lié connaissance, et la charmante vieille dame m'a parlé de Paris avec une émotion et une envie de partage qui m'ont touchée. Allons, décidément, il n'y a pas que des canards assassinés, tel Mozart, dans la capitale. Cette ville sera décidément sauvée par ses grandes vieilles dames !

21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 08:37

J'ai pensé à Baudruche cette nuit : c'était un ami, et même si nos chemins avaient bifurqué, si nous ne nous voyions plus,  je savais que je pouvais compter sur lui. Il faut que je m' endurcisse, je crois :  la vieillesse se déroule comme un chemin encadré de tombeaux...

 

J'ai aussi repensé aux hommes de ma vie, ceux, peu nombreux, auprès de qui j'ai vécu. Je ne parle pas des amourettes ni des tâtonnements sexuels,  ici ou là. Mais des quatre personnalités qui m'ont tant apporté que j'éprouve pour elles comme une reconnaissance de dettes...

 

Le tout premier a débouché la cire dont ma mauvaise éducation musicale avait enduit mes oreilles. Il était guitariste, musicien, anglophone... Et il m'a offert l'intégrale de Debussy, et bien plus encore : le goût de l'écoute attentive.

 

Le second a sans doute été le plus "paternel" de tous. Et c'est grâce à lui que j'ai connu la sécurité matérielle. C'est lui qui m'a inscrite à un concours de la fonction publique, lui qui, le jour dit, est venu me sortir du lit, ma parole, pour un peu il m'aurait habillée de ses mains, lui qui m'a rassurée tout le long du chemin en me martelant que l'épreuve était largement à ma portée : et il avait raison. Mon salaire (même mince, je ne suis pas bien payée mais enfin je suffis à mes besoins, c'était tout ce que je demandais), mon indépendance, la sécurité de ma vie matérielle, c'est à lui que je les dois.

 

Le troisième... ah, le troisième, c'est le pauvre Jim,  qui m'a ouvert les portes du monde des idées, je crois bien. Je n'ai eu aucun effort à faire : il suffisait de vivre à ses côtés pour être imbibée de culture, de littérature, de musique, de musique surtout,  tout comme une éponge s'imprègne de l'eau renversée sur la table. Nous avions, lui et moi, entamé une sorte de conversation, passionnante et culturelle -  je me souviens du jour où il m'a offert les deux dictionnaires, le Hanse et le Grévisse ; j'ai fait ouvertement la gueule, je ne voyais pas l'utilité de ces deux pavés, et Jim m'exaspérait à me regarder râler, lui souriant, avec la mine du chat qui vient d'attraper une souris. Et dieu sait si, depuis, je n'ai cessé d'utiliser ces manuels, au point d'en casser les reliures. Je crois que Jim avait su, avant moi, que j'aurai un jour le goût d'écrire...

 

Quant au quatrième (et dernier !) - ah là là, il a comme condensé les trois autres. Et puis, à cause de, ou grâce à, lui, la citadine que j'étais a quitté la ville. Et contre toute attente, à ma grande surprise, j'ai aimé cette vie rurale, je l'aime toujours, j'y trouve la beauté sensible qui me manquait tant : à croire que je n'attendais que cela.  Ce compagnon m'a fait changer d'opinion sur les mains des hommes, pardine. Et c'est à lui que, finalement, à mon tour, j'ai offert quelque chose : je lui ai donné...  un enfant.

20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 14:18

Baudruche est mort. Il avait 58 ans. Je ne sais rien faire d'autre que d'aligner des mots, alors, pour consoler ma peine, j'ai écrit à sa fille, qu'il adorait. Et si je mets cette lettre ici, c'est pour rendre hommage à mon ami.

 

Chère Leïla,

 

Je viens d'apprendre la mort de ton papa, et j'imagine ta peine. Ton père est parti si jeune, bien trop tôt, mais je voudrais te dire, si cela pouvait adoucir un peu ton chagrin, qu'il a néanmoins vécu intensément. Me permets-tu de l'évoquer, en ce jour si triste de sa mort ?  Il était parti bien loin de sa Normandie natale, il avait choisi de s'installer dans les gorges du Tarn, parce que c'était l'endroit où, enfant, il avait passé de bonnes vacances, où il avait des souvenirs heureux. Tu le sais sans doute, ton papa n'a pas eu une enfance très facile, mais c'est peut-être à cause de ces blessures d'enfance qu'il était si avide de bonheur, qu'il n'en laissait jamais perdre une miette.

 

Nous avons été, lui et moi, jeunes ensemble, et nous faisions partie d'une petite bande qui tentait, avec plus ou moins de succès, de "vivre autrement". Ton père a ainsi vécu dans quelques communautés où l'on réfléchissait sur les rapports des uns avec les autres, mais surtout où l'on  s'essayait à la générosité et au plaisir de vivre. Ton papa, qui pour nous, et pour toujours, était "Baudruche", à cause de son nom de famille, était bien souvent  l'énergie même de notre petit groupe.  Nous étions très jeunes, tous ; la plus âgée d'entre nous, Martine, avait à peine trente ans ! C'était avant son départ pour le Sud, avant ses ennuis de santé  : il avait un appétit formidable, nous régalait de plats fins, aimait rire, boire, chanter. Il était intensément vivant. Et c'était un ami incomparable. Quand il est parti pour le Sud, nous savions tous que nous pouvions, à n'importe quel moment,  débouler chez lui. Sa porte était toujours ouverte, aussi grande que son coeur.

 

Il aurait pu avoir des métiers bien plus gratifiants et rémunérateurs que ceux qu'il a tenus. Il avait réussi le concours de l'école normale, il avait aussi réussi un concours d'entrée à la SNCF. Insituteur, ou cadre supérieur...  Mais ses convictions politiques, et peut-être aussi le poids de son passé de petit garçon, le détournaient à chaque fois de chemins tracés trop droits pour lui. Ton papa était capable de s'embaucher comme casseur de pierres ! Et s'il avait parfois des emportements gargantuesques, des colères soudaines, c'est qu'il ne supportait pas l'ordre établi, la marche d'un monde injuste. Ses révoltes faisaient partie de sa générosité...

 

Bien sûr, le Baudruche que j'évoque ne doit pas correspondre à ton Papa, celui qui partageait ta vie. Mais je voudrais que tu saches que la grande affaire de la vie de ton père, ça été les sentiments. Baudruche aimait les autres, aimait le contact d'autrui, il était un très grand amoureux, il avait le sens de l'amitié... Au début, et toujours à cause de son enfance, il ne voulait absolument pas d'enfant. Et puis il a rencontré ta maman, et tu es venue au monde.

 

De ce jour, Baudruche n'a plus vécu que pour toi, Leïla, et tu peux être assurée que tu as reçu toute sa tendresse, toute sa compréhension, tout son amour. Tu les as pour toujours avec toi, et j'espère que ta vie sera aussi belle que ces sentiments-là, si sincères.

 

Quant à moi, l'image que je vais garder de ton père est celle d'un après-midi, que nous avions passé ensemble, à nous promener et à parler de nous, c'était il y a longtemps mais  j'ai encore l'impression que c'était juste hier, en fait.... Je ne lui ai jamais dit, mais j'ai toujours trouvé que ton papa était formidablement beau. Il avait des cheveux très blonds, très longs et soyeux, qu'il nouait négligemment. Il avait de si beaux yeux, il était mince, large d'épaules, grand, élancé. Il avait la voix un peu éraillée, à cause du tabac, mais cela faisait partie de son charme, comme son grand rire sonore, comme son infinie générosité.

 

Je suis sûre que toi aussi, tu vas garder le souvenir de bons moments passés avec lui. Tu étais sans doute trop petite, quand nous avons passé des vacances au bord du Luech, pour t'en souvenir. Mais moi, je sais que, quand il te regardait, quand il te souriait, il était intensément heureux. Tu as été la joie de ton papa, il était si fier de toi, ma foi, tu peux être à ton tour fière de lui...

 

Je t'embrasse petite Leïla, continue de grandir, et aime la vie, le plus fort possible, comme ton papa l'a aimée.

 

Une vieille amie de ton père,

 

Marie de Beaubec.

 

 

20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 08:46

Eve s'ennuyait au Paradis, si fort qu'elle finit par s'occuper d'Adam. Plus précisément de sa chevelure. Elle en était consolée : "J'ai quelque chose à faire ! Je brosse Adam !"

 

bon d'accord, je sors, mais avant, un petit lien sur les fesses de l'enfer...

 

19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 08:17

Déjà les jonquilles se redressent, alors même que le bouquet d'ellébores, au coin de la maison, montre encore à la lune ses petits visages piquetés, de la même nuance que la peau humaine après une nuit blanche. Il n'y aura sans doute pas de neige cette année. Juste une pluie mélancolique, contre laquelle je dois lutter.

 

Comme tous les ans, Clopin et Clopinou sont partis goûter aux joies des sports d'hiver, et je me retrouve seule - si l'on peut parler de solitude au milieu de tous les animaux dont il faut prendre soin. Du coup, j'autorise le chien à passer sa nuit au bas de mon lit, et je m'endors, entourée de mon chat lové contre mon cou. Tous les animaux beaubecquois sont de bonnes bêtes, fort calmes et généreuses à  mon égard. La confiance qu'elles placent en moi est carrément touchante. Cela me rassénère, car je ne pourrai plus vivre sans elles.

 

Et cela me console aussi des turpitudes humaines. Certes, chez moi, dans ma famille, ou devant mon ordinateur, je suis protégée... Mais ailleurs ! Ainsi, j'ai trouvé le site d'un certain Lucien Bergeret (personnage d'Anatole France) où ce dernier avoue tranquillement que, me trouvant déplaisante, il a décidé de me troller, et ce depuis des années. Je suis, déclare-t-il, son souffre douleur, son bouc émissaire, sa tête de turc (et une de ses visiteuses de déclarer, en référence à mon blog : plutôt une tête de chou.. Huhuhu... Ce qu'on s'amuse chez ces gens-là), son cobaye. Oui, vous avez bien lu : son "cobaye". J'ai beaucoup souffert des trolls, mais je croyais cependant que les réactions de ces gens-là étaient instinctives, spontanées, visant à faire rigoler la galerie et assouvir de vilaines jalousies. Je n'avais pas  imaginé une entreprise délibérée, poursuivie avec assiduité (il me trolle depuis trois ans, a passé son temps à lire ce blogue, m'a poursuivie partout, poste systématiquement des messages insultants, calomniateurs, etc.) et visant à me salir partout et en tout temps, juste pour voir mes réactions!

 

Je suis devant ce salaud comme devant un abîme. Il ressemble à cet hiver doucereux et inquiétant, à cette pluie transperçante. Ah ! Qu'on amène devant moi des enfants et des bêtes : que je puisse, dans leurs yeux confiants, retrouver la juste perspective de mon image...

16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 09:30

Autant dire que je retombe, exactement comme lors de ma première lecture, sous le charme de cette écriture-là. Je n'en peux plus de corner les pages (ce que je fais quand je veux pouvoir retrouver une citation), et j'en suis presqu'arrivée, à la lecture du merveilleux "usage du monde" à la conclusion qu'il me faut partir pour Tabriz, y passer l'hiver. Hélas, je crains bien que dans cette partie du monde, la situation déjà déplorable relatée par Bouvier (mais l'humanité de l'écrivain sauve tout) ne se soit encore dégradée.

 

Pour tenter de vous donner l'eau à la bouche, allez, zou, un extrait  AU HASARD (je ferme les yeux, et tape dès que je les rouvre) :

 

"route de Mahabad.

Aucun brigand ; mais, à plusieurs reprises, des groupes de six ou sept personnes pleines d'espoir nous arrêtèrent. Dans l'esprit des Kurdes, tout ce qui possède un moteur et quatre roues, c'est nécessairement un autobus, et ils s'emploient à monter dedans. On a beau leur expliquer que le moteur est trop faibles, que les ressorts vont casser... Ils se récrient, vous claquent dans le dos, s'installent avec leurs paquets sur les ailes, les marchepieds, le pare-chocs, pour vous montrer comme ils seront bien, que l'inconfort ne leur pèse pas, qu'il ne s'agit après tout que de cinquante kilomètres... Lorsqu'on les fait descendre -avec ménagement car ils sont tous armés -ils pensent qu'il s'agit de négocier et sortent affablement un toman de leur ceinture. Ils ne pensent ni à la taille, ni à la capacité de la voiture, sorte de bourrique d'acier destinée à porter le plus possible et mourir sous les coups. Pour nous : un adulte ou deux enfants, c'est le plus que nous puissions faire.

 

Aux abords de Mahabas, nous ramassâmes ainsi un vieillard crotté jusqu'aux fesses, qui brassait d'un bon pas la neige fondue et chantait à tue-tête. En s'installant sur le siège du passager, il tira de sa culotte une vieille pétoire qu'il confia poliment à Thierry. Ici, il n'est pas séant de conserver une arme en pénétrant chez quelqu'un. Puis il nous roula à chacun une grosse cigarette et se remit à chanter très joliment.

 

Moi, par-dessus tout, c'est la gaieté qui m'en impose."

 

Je voudrais tant pouvoir écrire comme cela ! Vous me direz que l'azerbaïdjan est loin, le Japon du poisson scorpion, aussi. Mais voilà ! Je n'ai pas lu Marcel Proust pour rien : ce n'est pas le voyage qu'il convient d'écrire, mais le regard du voyageur. Celui de Bouvier est infiniment perspicace ? Bah, tous les matins, en me réveillant, je pourrais, si seulement j'avais un peu de son talent et de son savoir, largement de quoi exercer le mien.

 

Sur ces bonne paroles, allons ouvrir à mes poules et donner à manger à mes ânes. Clopin et Clopinou sont en effet absents, partis au ski. Je reste seule gardienne de toutes les petites ou grandes vies qui entourent ma demeure, et sont la meilleure partie de ma vie.

15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 02:47

"- Atout, à tu, à toi...

- Chuut ! Embrasse-moi."

Published by clopine
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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 11:49

Je traverse de nouveau une phase assez étrange de ma vie professionnelle (dont vous ne saurez rien, je suis liée par un devoir de réserve), de ma vie tout court. Il est vrai que cela fait quelques années que cela dure, mais, au fur et à mesure que je me rapproche du terme de cette situation inconfortable, ce dernier, qui devrait acquérir la netteté et la dureté du sol  duquel s'approche le parachutiste, juste avant l'atterrissage,  s'enveloppe en fait de flou et de brume.

 

Evidemment, cela flanque légèrement les jetons. Suis-je comme un de ces personnages de dessin animé, confortablement installés au milieu de rien du tout, à l'aise comme sur un petit nuage, alors qu'ils sont en réalité au beau milieu d'une chute vertigineuse ?  Je ne peux que dire : "jusqu'ici, tout va bien".

 

Mais du coup, je reste dans l'expectative et, les bras ballants, je ne fais rien de bon. Ou plutôt, si j'employais encore du papier et de l'encre, je serais en train de chiffonner feuille sur feuille, comme Stéphan Eicher dans ce clip que j'aime bien, d'abord parce que la chanson est bien écrite (Djian, très certainement...), ensuite parce qu'il montre un centre de tri postal, et qu'un bon pote à moi travaille précisément dans ce genre d'endroit...

 

 

 

Alors, voilà, je foutine, je (re)lis la Recherche du Temps Perdu, je romps des lances chez Assouline pour tenter de préserver Marcel des griffes sulpiciennes de quelques uns de ses lecteurs, je repasse au fer à vapeur mes serviettes et mes torchons, j'attends, j'attends, j'attends. Je ne vais pas très bien, en fait.

11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 13:49

C'est peu de dire que Clopin aimait Cavanna. Les engagements de ce dernier,  sa vision de la politique,  sa conscience écologique, son amour des animaux, son énergie gniaqueuse, ses combats, et puis ce côté sentimental qui le faisait aller et venir d'un coeur à l'autre comme le battant d'une cloche sonnant l'angélus : Clopin s'est construit des grand'frères, des pères putatifs,  et, dans cette famille de grands aînés, Cavanna n'est pas très loin de Brassens.

 

Beaucolinkup de la génération de Clopin ont eu besoin de ces figures-là. Un peu moins les filles : la bande de Charlie Hebdo est, dirons-nous, un peu trop burnée pour quelqu'un comme moi, encore que leurs engagements féministes soient incontestables mais... Disons que le vocabulaire employé, s'il était libérateur à l'époque de leurs débuts, grâce à ce franc-parler provocateur qui appelait une chatte un chat, a été tant utilisé depuis, hélas,  par des Bigard ou autres  que son côté libérateur est désormais bafoué, dévoyé, et que la grossièreté salvatrice des débuts est entachée de vulgarité macho. Ce qu'"ils" (je pense à Pelloux, Charb, et les autres...) ne sont pas. Mais l'anarchisme plus qu'intransigeant d'un Siné, par exemple, en devient (excusez l'image, mais si elle n'est pas exacte politiquement, elle l'est psychologiquement !) "stalinien".

 

En tout cas, le chagrin de Clopin (lui qui est tombé en larmes à l'annonce de la mort de Brassens) l'a conduit tout droit au Père Lachaise. Les photos qu'il a prises, et que je publie dans un album photo spécial (voir sur le côté), ont l'air d'un reportage people... Mais elles sont surtout le témoignage d'un grand respect. Elles étaient prises en couleur, au départ - mais le traitement en noir et blanc leur convient particulièrement, je trouve. Et le chagrin d'une Isabelle Alonso en ressort presque palpable.

 

Adieu, Cavanna.

 

 

cavannafin.jpg

 

 

(et une petite chanson, pour remercier  le même Clopin qui m' a permis d'utiliser ses photos,  et qui s'en va planter un chêne cet après-midi même !)

 

 

Le Chêne

 

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