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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 10:45

Entendu, ce matin, ce qui m'a paru une transcription admirable des variations Goldberg  : pour deux guitares. J'ai cherché sur Deezer, et m'en suis abreuvée : c'est drôle, le rythme est beaucoup moins effréné que chez Gould, qui rendait le tout "haletant", et puis cette coloration "espagnole" que les guitares donnent à Bach  - au lieu d'une mécanique virtuose, l'impression de se promener dans un jardin andalou.

 

Bref, j'aime beaucoup, et comme je ne suis pas chienne :

 

 

 

Et voilà les deux complices :

 

duo-melisande.jpg

 

 

 

 

Et si j'étais une variation Goldberg, ce qu'à dieu ne plaise, je serais la n° 3 "canone al'unizon"...

 

L'autre bonne nouvelle, c'est que le bac musicologie de cette année portera... sur "Tutu" de Miles Davis. Enfin, enfin, alléluia ! Ceci dit, je n'aimerais pas être à la place des lycéens. Je me souviens d'une mémorable bagarre avec Jim, à cause justement de Miles Davis : il avait passé la nuit à enregistrer, sous différents formats, ce morceau "Tutu", et j'en étais écoeurée, comme pour une indigestion. Mais, voyez-vous, désormais, quand j'entends ce morceau, c'est la voix de Jim, qui me guidait à travers l'écoute, qui me revient, et se superpose aux sons géniaux de l'essence même du jazz...

 

 

 

 
Published by clopine - dans Vies de Jim
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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 13:17

(bon alors  les synonymes de "Coïncidence" sont hasard, et correspondance...  Comme c'est étrange...)

 

Ca y est : la version "étoffée" de mes "petites histoires familiales et nombreuses" vient de paraître. Mais les habitués de mon blog n'en ont pas besoin, les nouvelles nouvelles ont été mises en ligne ici même -elles ont juste été retravaillées et modifiées, "littéralisées", quoi, en quelque sorte, c'est tout.

 

Bon, si néanmoins de nouveaux visiteurs se sentaient l'envie de lire mon petit livre (90 pages désormais), ils peuvent le télécharger pour quelques euros, ou encore l'acheter sur : leséditionsdunet.fr. Le prix est inchangé : 12 euros.

 

Je ne pense pas qu'il y aura une grande foule se précipitant pour l'acquérir, mais enfin je vais aussi mettre quelques exemplaires en dépôt-vente à l'Armitière, "la" grande librairie rouennaise,  et y aller une ou deux après-midi, si possible, pour rencontrer d'éventuels lecteurs. Evidemment, je vais emmener de quoi lire (emmener de quoi lire dans une librairie. Comme c'est étrange...), parce que, ça se trouve, je ne vais voir personne !!!

 

Et puis j'ai décidé de l'offrir, ce fichu petit bouquin, à deux lecteurs privilégiés. Le Fou de Proust, qui prend la peine d'alimenter un blog avec des jeux et des citations remises dans leur contexte, et l'auteur d'"En finir avec Eddy Bellegueule", parce que c'est la lecture de ce livre qui a fait surgir les mots des nouvelles complémentaires de mes "petites histoires familiales et nombreuses".

 

J'ai donc fait deux beaux paquets blancs, et j'ai tracé le nom de mes deux destinataires dessus. Et voilà qu'en regardant les paquets, je me rends compte que leur nom est identique ! Le Fou de Proust s'appelle "Patrice Louis"; L'auteur d'"en finir avec Eddy Bellegueule" s'appelle "Edouard Louis" !!!

 

Comme c'est bizarre....

 

PS : ah oui, j'ai eu des retours de lecture de la nouvelle "la soupière". Eh bien, ils sont TOUS POSITIFS ! Oh yeah !

22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 09:21

J'aime faire à manger pour les amis. J'aime les amis faire  qui  à manger.  J'aime faire ami pour les manger.  J'aime manger les amis...

 

 

 

 

la-table.jpg

 

en écoutant ceci (ça, ça s'appelle "revisiter"!) :

 

 

20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 17:15

Je dédie ma petite nouvelle "la soupière" à Edouard Louis. Et je le félicite pour le prix littéraire qu'il vient de recevoir.

 

Na.

 

 

 

19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 19:17

Bon dieu, derrière la rangée de peupliers non encore pourvus de feuilles, et qui dessinent donc leurs branches comme autant de trajectoires noires et fines, à la pointe du fusain, voici le ciel, rose et bleu, exactement comme les couleurs des westerns des années 50... Et voilà  une des oies qui s'avance en se dandinant, sûre d'elle-même et ventrue, exactement comme John Wayne : ne lui manque plus, autour des plumes blanches de son ventre dodu, que la ceinture ourlée de balles explosives, pendant qu'elle caquète, ma foi, gentiment...

Et vous me direz que ce printemps-là est ordinaire ? Voyons...

19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 13:39

La soupière

 

Toutes les assiettes, autour de la table, sont vides : ce sont des « duralex », blanches, à décor de fleurs rouges, qui luisent sous le néon moucheté de chiures de mouche, dans la salle à manger. D’habitude, le midi, on mange dans la cuisine, en écoutant Pierre Bellemare sur Europe 1; mais le fils aîné, sa femme et leur garçon sont venus passer quelques jours. Du coup, on occupe la salle à manger à tous les repas. 

La table est ovale, et placée de sorte que la télévision soit en face de la place du milieu, occupée par le père. Mais le midi, on ne regarde pas le poste. On est censés se parler.

En vrai, on écoute le fils aîné.

 Il est gendarme, en a la moustache,  la coupe en brosse et la mâchoire carrée. Il ne dit pas « oui » ou « non », mais « affirmatif », et « négatif ». Il  parle fort, d’un ton péremptoire.  Sa femme approuve. Le garçon se tait.

Il est né avant-guerre, en 1936, tandis que la petite dernière, à l’autre bout de la table, est née en plein baby-boom. Vingt ans les séparent.

Et pas seulement vingt ans.

« De toute façon, Maman, tu l’as pourrie cette gamine. Trop gâtée. Ce n’est pas Marc, mon garçon qui se permettrait de réclamer comme elle le fait. »

« Et tu l’autorises à ne pas manger ses haricots verts ? Faut pas s’étonner après, tiens. Toi, tais-toi. Heureusement que Marc n’est pas comme cela, pas vrai ? »

« C’est sûr que Marc, lui, se tient bien à table, il avale tout, pas de chichis. C’est pour ça qu’il se porte bien, pas comme cette Petite, si mal fichue. Ce qu’elle est maigre ; une vraie racho ;  je lui donnerais de l’huile de ricin, moi, tu verrais ça ; elle filerait plus doux ! »

« Comment ça, aller à la fête foraine cet après-midi ? Ce n’était pas prévu ! Et Marc va vouloir aller avec elle, bien entendu… En tout cas, il n’aura que trois francs, pas un sou de  plus. Et il sera rentré à cinq heures. Pas de discussion. Affirmatif. »

Cela fait des années qu’à chaque fois que l’aîné revient à  la maison, les mêmes remarques tombent, égrenées une à une comme les grains d’un chapelet. La Petite a pris l’habitude de regarder sa mère, quand l’aîné l’attaque ainsi. Elle sait que sa mère sera troublée, comme prise en faute. Elles seules le savent : quiconque attaque la Petite manque son coup, et blesse  en fait la mère. Mais la Petite ne comprend pas pourquoi l’aîné a besoin de « remettre ça », à chaque fois qu’il revient.

L’assiette de la Petite est vide aussi, on attend la soupe. Elle écoute l’aîné pérorer. Quand il n’établit pas de comparaison désobligeante entre son fils et sa sœur cadette – la tante et le neveu n’ont que deux mois d’écart – l’aîné parle volontiers de son autre obsession : les arabes. Il les nomme « les crouilles ». Parfois « les bougnoules ».

IL est revenu de la guerre d’Algérie définitivement perdu pour la vie civile. Pourtant, il avait un CAP de menuisier en poche, et sans doute était-il prévu qu’il reprenne l’Atelier du père. Mais voilà : sa femme voulait la sécurité. Etre artisan, c’est subir des affres permanentes, être à la merci des clients, subir la loi du carnet de commandes. Gendarme, c’est rester dans l’armée. Et pouvoir, tout à son aise, être raciste…

Pas que, d’ailleurs.

Il a bien prévenu la grande sœur, en mai 1968. Il avait la possibilité d’être exempté de service, si, allant réprimer une manifestation, il déclarait qu’un membre de sa famille pouvait se trouver « en face ». « Mais tu comprends, même si je suis crevé, même si cela fait quatre nuits que je suis d’astreinte, même si je sais pertinemment que tu es en face, que tu défiles avec les excités, eh bien je ne demanderai pas l’exemption. Je me ferais un plaisir de venir te taper dessus. Affirmatif. »

La mère soupire. Le père n’entend pas. Négatif.

On attend la soupe.

Ce que la Petite sait, c’est que le fils de son frère, Marc, son neveu, lui voue une adoration passionnée. Elle en profite pour se venger un peu du père. Marc est si crédule. Il gobe tout ce que la petite dit. Il lui obéit en tout. Et pleure, pleure, pleure,  quand il repart. Les yeux de la Petite, eux, restent secs.

« Heureusement que Marc a une bonne vue.10/10 ! Pas comme la Petite, hein. C’est curieux qu’elle soit myope comme une taupe, alors que tout le monde dans la famille a une bonne vue. Enfin. Ca doit être parce que Maman était fatiguée quand elle l’a mise au monde. »

Ca doit être ça.

Une fois de plus, le clair regard maternel se brouille…

Comment dire à  la Petite que sa venue au monde a privé la bru de la place qui lui revenait de droit,  en tant que première belle-fille, mère du premier petit-fils ? Elle, la mère, aurait dû devenir la grand’mère, voilà tout. Mais comment faire, avec cette nourrissonne si fragile, qui lui prenait tout son temps ? Et puis cette honte, d’avoir été enceinte en même temps que sa belle-fille. Au point de cacher sa grossesse, jusqu’à ce que l’aîné, lui-même sur le point d’être père,  la délivre : « alors, tu nous l’annonces quand ce nouveau bébé ? J’espère que c’est le dernier ! »

Comment dire à la Petite que la rancune du frère vient aussi du changement social de la famille ? Avant guerre, on était des ouvriers. Maintenant, c’est une famille d’artisans qui se rassemble autour de la soupe. Les trente glorieuses battent leur plein. Il y a un peu plus d’aisance, et la Petite, forte de ses résultats scolaires, peut même envisager de passer son baccalauréat. L’aîné le sait-il lui-même, qu’il est jaloux ?

La soupière, duralex blanc à motif de fleurs rouges, est arrivée sur la table. La Petite a dix-sept ans. Elle sait qu’on ne parle pas, à dix-sept ans, quand un grand frère de trente-sept donne son avis. Elle a lu Gide. « familles, je vous hais », résonne dans sa tête. Elle fixe la grande bouche rouge de son frère aîné. C’est cette bouche qui a délivré la mère de son secret. C’est cette bouche que, depuis, son frère utilise pour lui dire qu’il ne l’aime pas.

La bouche s’ouvre. Qu’est-ce qui va sortir ? Une énième blague raciste ? Un commentaire sur la tenue de la Petite, son aspect, son insolence que lui ne permettrait pas ?

La bouche s’ouvre, mais se referme aussitôt. La Petite, impulsivement, a attrapé la soupière et l’a renversée sur la tête de l’aîné. La bru a les yeux ronds. Marc est si effrayé qu’il en mord sa serviette. Les autres s’agitent.

Le père ne dit rien. Négatif.

Les vermicelles à la tomate coulent lentement, len-te-ment, sur les joues du frère aîné. Elles vont atteindre la mâchoire carrée…

La mère se  lève, attrape la Petite, l’entraîne en criant. Elles le savent toutes deux. La mère la protège en faisant ça. Elle empêche le frère furieux de venir donner des coups. Elle ferme la porte de la chambre où elle a poussé la Petite à clé. Et met la clé dans sa poche.

La Petite est assise sur son lit. Elle entend le brouhaha, dans la salle à manger. Elle tremble encore un peu. C’est donc ça, grandir ?

Tiens, un bruit qui claque,  comme une gifle :  c’est la soupière, que l’aîné vient de rageusement casser.

18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 19:39

Je suis tant transportée que tout me distrait,me gêne : il faut finalement, je crois, me foutre la paix. Vu mon immodéré et fort peu modeste projet.

17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 10:21

C'est décidé : je vais tenter d'écrire une nouvelle à partir de la petite histoire de mon frère aîné.

 

J'ai la trouille, et les mains moites.

 

Comme d'hab', je sais ce que je veux dire, ce que je veux raconter. Le problème est de trouver la forme qui permettrait de correspondre au propos.

Evidemment, comme à chaque fois, j''éprouve à la fois une folie des grandeurs et une très sincère humilité. Fuligineusement, j'aperçois un texte écrit "à la Faulkner", "à la Dylan Thomas". Mais jamais je n'arriverai à atteindre ces sommets. J'en suis réduite à évoquer leurs mânes : donnez-moi la force et le courage, comme disait Baudelaire, j'en ai tant besoin.

 

Et pourquoi Faulkner, par exemple ? Nous sommes en Normandie, dans les années 1970, autour d'une table recouverte d'une toile cirée, sous un néon maculé de chiures de mouche, et dans l'atmosphère pesante d'un repas familial. Quel rapport, nom de dieu ? Pourquoi est-ce que je vois se déployer, comme dans "le bruit et la fureur", des moments juxtaposés et mouvants, des points de vue différents, des "situations" en tranche ?

 

Ca se trouve, toute cette forme floue et rêvée cette nuit, appliquée à mon projet, ne provient... que de mon dimanche de Traverse : il y régnait une bonne odeur de Mississipi. Le duo de blues (dobro, planche à laver, harmonica, guitare sèche, voix) "Rag Mama Rag"  était si bon qu'on se serait cru près d'un bayou, ou bien encore, de retour des champs de coton, marchant lentement  dans la lumière dorée  du soir, sentant  l'odeur du maïs grillé, entendant  le grincement du rocking-chair,et goûtant d'avance  la fraîcheur présumée du citron vert dans le mint julep...

 

Bon, allez, je stoppe là mes divagation et je retourne à Bernay, dans l'Eure, dans l'heure, mais en attendant, pour vos oreilles flapies, voici !

 

 

15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 17:43

Nous ne sommes qu'à la mi-mars, et pourtant, déjà, les tenues s'allègent quand les soirées s'allongent...

 

Ce qui, ma foi, pourrait être une définition verbicruciste de ce bon vieux printemps.

15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 08:35

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(merci Cactus pour l'image).

 

Le week-end sera pollué mais radieux. En attendant les hirondelles, les amis viennent dîner. Ca tombe bien, nos poules et nos oies nous donnent tant d'oeufs qu'on ne sait plus qu'en faire. Alors, ce soir, îles flottantes mixtes (oies/poules), et je vais aussi remplacer les amandes grillés par des noix maison. J'ai hâte de m'y mettre, cela fait des siècles que je n'ai pas fait d'îles flottantes,  c'est un tort. L'île flottante, iceberg avançant doucement sur sa mer de crème, est à elle seule un livre de voyages ! Ce qui me fait penser à l'artiste Zaria Forman, qui peint les icebergs avec  ses doigts :

 

 

 

 

 

 

index.jpg

 

 

Voilà comment elle procède

 

 

 

Et une petite musique du samedi, histoire de nous rafraîchir et de nous sortir des élémentaires particules du Docteur Watson. Voyons, voyons, une musique de samedi, ça pourrait être quoi ?

 

 

 

 

 

(et je vais sortir mon chat du frigo, non mais !)

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