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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 06:17

Hier, à la salle culturelle de Forges-les-Eaux, au prétexte de fêter l'arrivée du numérique, projection de films de Mocky avec entretien  du cinéaste avec le public.

 

J'ai retrouvé, sur le parking, P., un vieux pote à moi,  dévoré d'amour pour Marcel Duchamp et absolument fondu (enchaîné...) de cinéma. Un authentique érudit...  Nous serions au moins deux, me suis-je dit, à savoir qui nous allions rencontrer réellement. Les jeunes qui garnissaient les fauteuils, j'en étais sûre, ne devaient guère avoir idée de la légende vivante du cinéma français qui allait leur adresser la parole...

Evidemment, ils n'ont dû voir qu'un vieil homme,  à la (encore) belle gueule ravagée par le temps, sous une tignasse en pétard,  engoncé dans un épouvantable costume fripé, à carreaux, retenu par un seul bouton mal fermé, ce qui permettait à la veste entrebaillée de laisser  voir une petite bedaine. Un vrai pépé, ce Mocky, 81 ans cette année. Moi qui  connais un peu les brayons, je savais que  c'était déjà leur demander un effort que d'accepter cette apparence, tant, ici, le statut social est encore  précisément chiffré par les étiquettes de prix des vêtements portés... Heureusement que Mocky est estampillé "cinéma"...

 

Je me demandais vraiment si Mocky "allait faire du Mocky", vitupérer contre la censure, les producteurs, faire valoir sa carrière (si longue), son carnet d'adresses (absolument fabuleux, ce type-là a travaillé avec absolument tout le cinéma, de Fellini à Godard en passant par des acteurs comme Serrault, Lonsdale, etc.) ses anecdotes de tournage (il doit en avoir au moins dix mille). Mais en fait, Mocky a parlé très doucement, d'une belle voix posée, et absolument comme si le public et lui étaient dans un café, en train de bavacher, quoi, à propos de tout et de rien...

 

Mon pote lui a demandé de préciser une querelle intervenue entre Ferré et lui. Question pointue, à laquelle notre Pépé a répondu aussitôt, très précisément, citant les circonstances, l'époque, donnant toutes explications. Je me suis rendue compte de sa mémoire phénomènale, et de la clarté de son discours, qui contredisaient le côté "foutraque" attaché à sa réputation. Allons, voyons, ce type-là n'a pu rassembler autour de lui tant de talents sans inspirer la confiance : j'en avais la démonstration.

 

perso, comme il venait de déplorer que peu de cinéastes empruntent le même chemin que lui, j'ai rebondi en lui demandant s'il pensait que Delépine et Kerven pouvaient être perçus dans une "filiation" à son endroit. Là encore, il a précisément situé la bande des "grolandais" où elle se trouve, et a expliqué en quoi, lui, n'était pas anarchiste. Et c'est vrai : Mocky est bien plus voltairien que proudhonien. S'il manie l'irrévérence (souvent) et l'ironie, c'est pour mieux appuyer des idées toutes empreintes, au final, d'une solide morale républicaine...

 

 

Le film illustrait parfaitement cette position. "La grande lessive (!)", titre absurde qui fut expliqué par Mocky (contexte de l'époque et exigence du producteur) est une fable morale sur l'abus de la télé, à la fin des années 60. C'est un film qui doit tout aux pieds nickelés et à Feydeau : on n'y compte plus les portes ouvertes, fermées, rouvertes, refermées, les pantalons fendus, brûlés, troués,  qui laissent voir les  derrières,  les bouteilles de whisky, et les gendarmes lancés à la poursuite des héros.  C'est désuet, un peu émouvant, et j'ai ri de bon coeur, tant les gags fonctionnent bien (et tant le couple Bourvil et Blanche fait péter l'écran).

 

Et puis c'était touchant de voir Mocky s'adresser aux lycéens, avec une telle simplicité, une telle envie d'échange, ne se plaignant quasiment pas du silence qui, depuis dix ans, entoure son travail. Voilà ce que c'est, d'être une légende vivante. On n'a plus rien à prouver, alors, forcément, on a juste envie que tout continue pour le mieux...

 

Merci, Pépé !

2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 18:18

Dans le champ du bas, Clopin est à genoux devant une agnelle. Son petit, trop gros, n'est pas arrivé à naître. La mère est en danger, le copain agnelier est en route, la soirée s'est si bruquement assombrie que je ne fais pas ce que je devrais faire : passer la barrière, aller près de Clopin, le rassurer rien que par ma présence.

 

Au lieu de cela, je fuis devant mon ordinateur, obsédée par une seule chose : faire aussi apparaître, dans ma "demeure entourée", ce cercle de mort qui parfois vient sceller l'élevage, et auquel je ne m'habitue décidément pas;

Bon, allez, je ne vais pas faire mon évaporée. J'ai choisi de vivre ici : j'y retourne.

1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 09:27

Si la vie vous malmène, si vous n'êtes pas content de vous, si aucun de vos projets ne décolle, si personne n'achète le livre où vous avez enfermé votre enfance, comme on met du parfum dans un flacon,  et qu'en plus  le F Haine vient de "percer", comme on dit, comme on pète un bouton devant la glace et que le pus gicle, eh bien,

 

eh bien

 

Rentrez chez vous, cueillez un bouquet de jonquilles et de narcisses, et écoutez Nils Frahm.

 

 

 

 

 

Ah là là.

 

Ca me fait penser à mon jeune "beau-fils", que nous nommerons Toto, ingénieur informaticien dans les jeux vidéo, à Montréal,  et qui pratique le piano. Justement dans ces ambiances-là, un peu "cosy", résolument anti-studio d'enregistrement (on entend les touches du piano qui se lèvent et s'abattent, on a l'impression qu'il y a un chat quelque part, le grésillement de l'enregistrement est rendu...)  Jusqu'à la tête de Nils Frahm, qui ressemble fort  à celle de Toto :

 

 

nils_frahm_15.10.jpg

 

 

(je ne reverrai Toto qu'en mai. Les deux frères, Toto et Clopinou, ont respectivement 30 et 20 ans cette année : ça se fête !)

31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 13:52

Le jeu intié par le "fou de Proust", Patrice Louis, a pris fin aujourd'hui. J'y ai participé fidèlement, jour après jour, pendant un mois : il s'agissait de répondre à une question plus ou moins "pointue" sur la Recherche. J'espère ne m'être pas trop trompée. Je serais bien contente si j'arrive à un score de 25/30 !

 

Le même fou de Proust m'a fait l'amitié de chroniquer, non mes "petites histoires", mais mon tout premier petit livre, celui que j'ai publié grâce à un généreux donateur qui a versé 150 euros sur une site de publication : "la Recherche racontée à mes potes".

La critique de Louis est épatante, c'est vraiment, je ne sais même pas comment exprimer ma reconnaissance, émouvant d'être lue comme cela : non seulement Louis a eu la gentillesse de ne pas relever mes erreurs, mes à-peu-près de lectures, mais encore il a compris visiblement l'esprit dans lequel je faisais tout cela.

 

Ah, mes amis, depuis qu'un vieux monsieur m'a écrit que, grâce à ce livre, il avait lu Proust, rarement un "retour"  m'a fait autant plaisir !

 

Je ne peux donc que vous conseiller d'aller faire un tour sur : "http://lefoudeproust.fr" et d'y chercher "Proust, les Guignols et Gotlib " !!!

 

http://www.deezer.com/track/71946700

29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 09:34

Passage à l'heure d'été, cette nuit. La formule est plaisante : "l'heure d'été". La réalité l'est moins. Il va falloir se "recadrer", tous, bêtes et gens, et tenter de dissiper le plus vite possible cette impression qu'on vous a volé du temps.

 

A deux heures, il sera trois heures...

 

Mais que ne fait-on pas en une heure ? Des bébés, évidemment. Tous les bébés conçus pendant l'heure volée chercheront toute leur vie à gagner du temps, pour sûr. De la musique, aussi : de quoi dérégler les plus exacts des métronomes, qui devront battre une furieuse cadence pour rattaper le temps volé. Des songes, enfin. Déjà que le sommeil est paradoxal, alors cette nuit, comment qualifier le rêve  de l'heure fictive : un rêve en-volé ? 

 

Marcel Proust, dans la Recherche, souligne combien le samedi, à Combray, était un jour plein de surprises, parce qu'on y mangeait une heure plus tôt. Qu'aurait-il dit de cette heure volée ? De son effet sur les organismes fragiles ? De notre horloge interne, qui n'en a rien à faire, elle, des économies de pétrole, du bon usage de l'électricité, de la conduite automobile, et qui continue à aligner son tic tac sur celui des volatiles ?

 

... Et si je dis ça, c'est que, contrairement à Clopin qui est un parfait oiseau de nuit, je suis, moi, encline à me coucher avec le soleil  et à me lever aux aurores : bref, à  mesurer mon temps comme le font, exactement, nos poules !

 

28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 08:49

Voilà : mon petit livre "histoires familiales et nombreuses" est désormais en vente à la librairie L'Armitière, à Rouen. Qui l'eût cru ? Certainement pas la jeune fille que j'étais, à 19 ans, qui allait tous les mercredis,  de  7 h 00  à 12 h 30, dans cette même Armitière, pour déballer et ranger les arrivées de la semaine. Les livres étaient bien lourds, la paie était bien maigre, et il ne fallait pas traîner... Un mercredi, j'ai préféré rester au lit avec mon ami de l'époque (nous venions d'emménager dans un petit appartement de la rue du Renard). Vers dix heures, on sonne à la porte : c'est mon ami qui est allé ouvrir. C'était un des gérants de la librairie qui "venait me chercher", et qui, visiblement, ne s'attendait pas du tout à tomber sur quelqu'un d'autre que moi. Je n'ai jamais su le fin mot de l'histoire (parce que, quand même, "ils" pouvaient bien se passer une matinée de mes faibles muscles, à l'Armitière), en tout cas j'ai préféré arrêter là ce petit boulot. A l'époque, des petits boulots comme ça, j'en trouvais à la pelle...

 

Si l'on m'avait dit à l'époque que quarante ans plus tard... J'en serais tombée à la renverse, ma parole.

 

Evidemment, ce qui serait bien, ce serait que quelques personnes l'achètent, ce petit livre. Ainsi la librairie m'en commanderait d'autres... Mais bon, je ne dois pas être trop gourmande non plus. Telle quelle, c'est une jolie aventure qui m'arrive.

 

Ceci est évidemment un point de vue parfaitement subjectif. On pourrait, en réalité, déplorer qu'aucun éditeur n'ait voulu de ce bouquin ! ... Oui, mais il faudrait préciser  que je ne l'ai  soumis  qu'à une seule maison, et encore, recommandée par un ami-de-ouèbe qui m'avait proposé de s'entremettre pour moi (il en avait le goût...ahaha).

 

On m'a répondu que, oui, c'était bien, c'était plaisant, mais que je n'avais "pas de projet littéraire". Encore une appréciation qui, en toute subjectivité n'est-ce pas, me fait ouvrir de grands yeux. Ecrire un livre n'est-il pas, en soi, un projet littéraire ? J'ai rangé la lettre à coté de celle de Christian Bourgois, qui, quelques années plus tôt, m'avait reconnu du talent, mais avait ajouté (encore une phrase stupéfiante) qu'"il ne suffisait pas d'avoir du talent pour être édité".? ah bon ?

 

On pourrait aussi trouver dégradant d'aller ainsi quémander de la bienveillance à un libraire -encore que ce ne soit pas MON idée, mais l'idée d'un vieil ami, qui est allé lui-même démarcher la libraire. On pourrait...

 

Mais c'est là l'avantage des points de vue subjectifs (les seuls que je connaisse). Ils sont automatiquement imparfaits ! Et je dois dire que cela me plaît : car ainsi, je peux choisir, tout à loisir, l'interprétation qui me convient le mieux.

 

En tout cas, merci à mon pote Philippe...

 

Et vive l'imparfait du subjectif.

 

PS : j'ai aussi envoyé mon livre aux  deux Louis. Je tremble en attendant leur "verdict"... Et tente de me rassurer en me projetant d'autor' dans un nouveau défi : j'ai décidé cette nuit que le titre de mon nouveau livre sera "la Demeure Entourée".  (de papier cadeau, évidemment !)

 

 

 

 

27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 09:41

C'est vrai : je n'autorise plus les commentaires. Et je vais même plus loin : si je le pouvais, j'interdirais aussi les copié-collés qui s'y opèrent : on extrait ainsi de cet espace des bouts de phrases, des paragraphes isolés, et on les reproduit par exemple sur la République des Livres, soit pour en discuter (ce ne serait que moindre mal), soit surtout pour illustrer le mépris que certains m'accordent, fort généreusement. 

 

Dernier en date : le billet "ce matin je n'aime pas la marine". J'y consignais avoir été affectée par la pratique d'un intervenaute passoulinien, nommé Bouguereau. Contournant ma défense, charcutées et interprétées, trois phrases du billet ont  été partiellement reproduites  là-bas.Et chacun de commenter...

 

On comprend donc facilement pourquoi je désire faire régner le silence ici. Je fais naître, quasi naturellement, une cacophonie qui, à mon avis, dépasse de loin l'objet du délit : mes petites divagations quotidiennes...

 

On peut repérer aussi les aspects sur lesquels les plus malfaisants s'acharnent. En tout premier lieu, ma vie aux champs. Je mets ça sur le compte de la frustration des citadins, qui sont tellement loin du moindre brin d'herbe qu'ils éprouvent le besoin de cracher sur ce qu'ils ne comprennent pas. Et pourtant, la vie de l'homme est intimement liée  à la terre. Je trouve, moi, qu'il faudrait remercier à genoux des types comme Clopin, (ou Pierre Rahbi), pour avoir compris avant les autres la nécessité de respecter la terre...

 

Même s'ils ne sont pas les seuls, et  pas d'hier non plus. Est-ce dans "Regain" qu'est écrit ce fabuleux passage où Giono recommande aux paysans de nourrir les oiseaux, tant pis pour le grain "perdu", car leur beauté illuminant le monde est nécessaire à la joie de vivre des humains ?

 

... J'y pensais hier, en corrigeant la feuille de l'A.R.B.R.E., le bulletin de l'association de défense de l'environnement dont nous faisons partie, Clopin (qui en est à l'origine et l'a présidée pendant dix ans) et moi. Il y a, dans ce numéro, un article que j'ai trouvé génial, d'une honnêteté intellectuelle remarquable, émanant  d'un membre du Bureau que nous désignerons par le prénom "Jean-Mi". C'est une sorte d'"adresse aux agriculteurs", que j'ai d'ailleurs envie de reproduire ici même.

 

Et je n'ai certes pas envie de permettre au  moindre commentaire déplacé d'en venir polluer la lecture...

 

(à plus pour la mise en ligne. )

 

 

26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 11:46

Je regarde nos prés  ; je viens de relire un passage de Guerre et Paix et je calcule : cela fait bien deux déssiatines et quelques sagènes mis à la disposition de nos bêtes, et surtout de Quenotte, qui n'en finit pas d'attendre son petit !

 

En fait, j'essaie d'apprivoiser, à l'aide du vocabulaire, notre prochain voyage. Je crois définitivement que ce sera la terre la plus étrangère que j'aurais jamais foulée !

 

hy

25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 10:40

Ma décision est prise : la semaine prochaine, à moi Paris, ou plutôt à moi Vincennes : la librairie MillePages y invite une légende : James Ellroy. Tellement légendaire que je le croyais mort, d'ailleurs...

 

Vous allez me dire que l'univers d'Ellroy est radicalement différent du mien, et qu'en plus, question opinions politiques, il y aurait beaucoup à redire  ; ou plutôt non : il est carrément de droite.

 

Oui, et en plus américain jusqu'au bout des ongles (anti-Obama), et ça se trouve, en "tournée" européenne comme certains artistes américains décatis : comptant sur un succès devenu rare at home, mais avec un prestige  perdurant dans la vieille Europe.

 

Et vous allez me dire, en prime, que James Ellroy, ça se trouve, ne parle pas français et qu'il est mal embouché.

 

Bé oui. IL est tout ça, certainement. Et aussi l'auteur du "dahlia noir" et de "ma part d'ombre". Deux livres qui m'ont absolument fascinée. A tel point que je vais aller regarder de près celui qui ressemble tant, en prime, au héros de la série fétiche de Clopin, à savoir "Breaking Bad", que ce ne peut PAS être une simple coïncidence.

 

WW.jpg

 

(et puis j'en profiterais, comme d'hab', pour nettoyer le frigo du Clopinou... (soupir).

24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 09:43

(pour paraphraser la chanson de Ferrat, Potemkine...)

 

Le printemps est là, bien là : j'ouvre grand la porte de la grange, pour l'arrivée des hirondelles, attendues ces jours-ci. Le beau serait qu'elles reviennent le jour où Quenotte va mettre bas (la naissance est imminente), mais l'important est que l'on puisse, cette année comme les autres, admirer les loopings et autre facéties de ces virtuoses des sports ailés.

 

Mais voilà : on ne peut toujours se réfugier dans sa demeure, et il faut bien regarder la réalité en face : ce lundi matin sent mauvais. L'abstention, la percée "historique" du FN, tout ce froid sur nos épaules,; qui contredit les couleurs chaudes des narcisses  ; certes, dans nos campagnes, les conseils municipaux ont peu bougé. Si souvent, une seule liste, péniblement montée, a été proposée !  Certes aussi, le F Haine a déjà réussi à se décribiliser, ignorant ici qu'un colistier était mort depuis... un mois et demi, inscrivant sur une liste une candidate de plus de 100 ans... Pourtant, si les électeurs "donnent de mauvaises réponses à de bonnes questions" en votant extrême-droite, du coup, je, tu, nous, vous, ils sommes également interrogés. Faudrait voir à donner de bonnes réponses à cette mauvaise question, quoi.

 

Chez Pierre Assouline, évidemment, le week-end a été encore pire que d'habitude. Jcé faisait le beau, pirouettait, comme le gros connard satisfait de lui-même qu'il est. Et Bouguereau...

 

Ah, Bouguereau.

 

Je crois que je me suis parfaitement trompée sur cet internaute. Parce que j'ai des copains qui utilisent parfois (Clopin en tête) le même vocabulaire cru, parfois égrillard, voire provocateur, qui appelle un chat une chatte, et qui est issu de la génération Coluche, Cavanna, Gotlib. A l'époque, une libération de la bienséance, une revendication d'un "parler franc" qui renvoyait les petits doigts en l'air de la bourgeoisie à ses tasses de porcelaine victorienne, une aspiration à une sexualité non occultée.

 

Je me souviens d'un reportage, il y a quelques années, dans Charlie Hebdo, sur la rédaction de l'hebdomadaire "Télérama". Les Charlie s'étaient étonnés du peu de mots crus, de vannes "de cul", de débridement verbal régnant dans l'ex-organe catholique, aujourd'hui surtout prescripteur d'une certaine culture "de gauche". Le rédacteur (était-ce Alain Rémond ?) avait répondu fermement aux Charlie que non, la grossiéreté (même jamais "vulgaire", suivant le mot habituel) n'était PAS indispensable pour exprimer une révolte ou un parti pris...

 

Je dois dire que je n'avais pas donné tort aux téléramiens. Même si, génération aidant, je ne me crois pas prude. En tout cas, je ne suis pas du genre à m'évanouir devant une vanne "de cul", si elle est drôle, et non basée sur le mépris ou l'antiféminisme.

 

J'ai cru que Bouguereau faisait partie de la même mouvance que mes potes, et que son vocabulaire n'était que le mode d'expression commun aux, pour dire vite, "soixante-huitards".


Je me trompais. Les obsessions sexuelles de Bouguereau sont fondées sur un bon vieux machisme primaire. La preuve, à chaque fois qu'une conversation, sur la République des Livres, porte sur un sujet d'ordre général, politique, intellectuel, il intervient pour "désigner" le sexe de celle qui poste un message. Parle-t-on de mes petites tentatives littéraires ? Bouguereau réclame à grands cris que j'écrive "un bouquin de cul". Il insinue à chaque fois que mes interventions sont le prélude à d'incessantes allusions sexuelles. Et il a carrément dépassé les bornes hier, mettant en ligne, à mon intention, une vidéo particulièrement ignoble (un anus rejetant un collier de perles).

 

Bien sûr, Bouguereau n'est ni le premier, ni le seul à agir ainsi. C'est un traitement fort courant, sur la RDL, et qui touche toutes les intervenautes passouliniennes. Elles ne peuvent prendre la parole sans qu'un, deux, trois trolls leur renvoient leur sexe à la figure, tentant de faire dériver les débats vers d'émoustillantes (pour eux) allusions, bref, une posture machiste bien connue, qui dénie tout autre intérêt aux filles que leur rôle d'objets sexuels. Seule une certainte "Daaphnée" rentre dans leur jeu, d'ailleurs ; les autres ont soit fui, soit se placent délibérément ailleurs, comme Bérénice, Rose, Béné ; mais du coup, leurs propos sont souvent abscons, voire (et l'on comprend qu'inconsciemment, cela soit une parade) "impénétrables (!).

 

En tout cas, je me suis bien trompée sur Bouguereau. Je le croyais commentateur lucide et désabusé, façon Cavanna, utilisant un vocabulaire d'une crudité salvatrice. Ce n'était, en fait, qu'un sale petit trou du cul.

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