Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 07:16

L'impression la plus prégnante de ces trois jours à Paris, outre la maudite rage de dents (gengivite) qui s'est déclenchée dans le train et m'a gâché la première journée, ça a été la grande femme de Giacometti, croisée d'un étage à l'autre de Beaubourg, à l'expo Cartier-Bresson et au musée d'art moderne, un étage en dessous.

 

6190086220_5e784b8e10.jpg

Les sculptures de Giacometti me font toujours penser à de mélancoliques journées finissantes. Quand, le soleil rasant le soir, derrière votre dos, vous contemplez votre ombre qui s'allonge, se rétrécit, et finit par s'accrocher à vos pieds en de simples lignes de fuite...

 

Giacometti a redressé nos  journées  finissantes, il les a mises debout, immenses, intenses,  et les voici qui, du coup, nous interrogent : de quelle ombre est tissée notre humanité ?

3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 06:30

ENTRE :

Monsieur Mésange, Madame Mésange et leurs enfants, d'une part,

ET :

L'équipe de BEAUBEC PRODUCTIONS, notamment CLOPIN aux manettes (et un petit peu Clopine), d'autre part,

VU :

Les nécessités impérieuses de la nature, dont le choix d'un abri inaccessible aux chats, matous et autres vilaines bêtes,

 

CONSIDERANT :

Qu'une bonne porte de bois bien fermée peut garder toute plume en parfaite sécurité de toute patte tentant de s'introduire,

Que les facteurs sont de braves gens, 

IL EST CONVENU CE QUI SUIT

ARTICLE 1 : la famille MESANGE pourra disposer librement de la boîte à lettres de BEAUBEC PRODUCTIONS, tout le temps nécessaire

ARTICLE 2 : en contrepartie, elle cède son droit à l'image, notamment la scène dite du "changement des couches du bébé"

ARTICLE 3 : en outre, la famille MESANGE s'engage, dès le prochain hiver, à distraire les membres de BEAUBEC PRODUCTIONS en venant les voir à leur fenêtre, quand il fera froid, gris, en cas de verglas, neige, pluie et brouillard (soit de novembre à mai, en quelque sorte)

ARTICLE 4 : en récompense de leur vaillance et de leur beauté, la famille MESANGE et les collatéraux (bouvreuils, rouges-gorges, hoche-queues et autres  passereaux), recevront si nécessaire un complément alimentaire mêlant matières grasses et céréales ; il faut bien reconnaître qu'être parents, chez les mésanges, c'est un sacré boulot. Nom de dlà !!!

FAIT A BEAUBEC, le 1er mai 2014,

Pour la famille MESANGE, Madame  : yyy

Pour BEAUBEC PRODUCTIONS, Clopine : ahahah !


 

 

 

 

 

 

 

2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 09:11

Bon, je me décide : Clopinou n'ayant plus vraiment cours, son appartement est disponible. Deux ou trois jours,  au printemps,  à Paris, même seule, ne peuvent me faire de mal - et compenseront sans doute la déception ressentie à l'annulation du beau voyage que nous devions faire. 

 

Je sais que j'aime être seule à Paris : j'avais 16 ans quand cela m'est arrivé pour la première fois. Ma mère, excédée de mon adolescence, m'avait expédiée chez une amie à elle. Pendant une semaine, munie des tickets adéquats, j'ai pris le bus tous les matins, pour déambuler dans les musées et salles d'exposition parisiennes. J'ai réussi à trouver mon chemin, sans pourtant jamais intégrer la géographie de la ville. Je m'y sens toujours aussi perdue que le petit Poucet, et seules les stations de métro m'y sont  cailloux blancs. Mais justement : ce petit vertige de la désorientation fait partie du charme. Quand Clopin m'accompagne, je ne peux l'éprouver : il connaît sa capitale bien mieux que moi.

 

J'irai me balader aux Buttes-Chaumont, qui sont à deux pas de l'appartement ; sans doute un cinéma ou deux, et les expos, bien sûr. Le Louvre, mercredi... Peut-être avec Clopin, s'il vient me rejoindre...

 

 

Je lève le nez, prend le vent, et lorgne vers la Seine. J'espère bien qu'elle ne sera pas "aussi grise que la Tamise" ! Allez, zou, hoche-queue, mésanges et hirondelles m'encouragent : je m'en vais à tire d'aile ! 

 

A bientôt !

 

 

 

1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 00:31

Aussi envolée, lucide, talentueuse fut-elle... Aussi aimante, dévouée, attentive... Aussi intelligente, drôle, redevable et reconnaissante... N'empêche qu'elle n'a PAS écrit "guerre et paix" : ah, si seulement madamae Tolstoî avait épousé Tartempion !!!

29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 09:23

J'éprouve de la répugnance envers ce qui, pourtant, justifierait presque les fois religieuses : à mon sens,  la promesse d'une vie après la mort, pour consolante qu'elle soit, n'en est pas moins une  parfaite hypocrisie, en ce sens qu'elle justifie la souffrance et le chagrin.

 

Or, le chagrin, nous ne pouvons guère l'éviter, quand nous avons à prendre en charge une vie finissante - la nôtre ou celle de nos proches. Clopin, assez méchamment (Mamy, sors de ce corps !), a regretté de ne pas m'avoir vue en prise avec les fins de vies  de mes parents : j'aurais mieux compris, selon lui, ce qu'il peut éprouver aujourd'hui. 

 

Clopin ne pouvait pas savoir qu'il rouvrait ainsi une blessure secrète. Parce qu'il a parfaitement raison : je n'ai pas eu à prendre en charge, ni mon père agonisant (c'est ma mère qui s'en est chargée), ni surtout ma mère, dont les trois dernières année n'ont été qu'un long combat contre le, ou plutôt les,  cancer(s). Mais ce que Clopin ne sait pas, ou qu'il a oublié, c'est que cette "irresponsabilité"  ne m'a certes pas allégé la tâche, qu'elle n'a pas facilité le deuil. Au contraire...

 

Il était pourtant parfaitement prévisible qu'il en serait ainsi. La culpabilité de ma mère à mon égard avait conduit tous mes frères et soeurs à calquer leur conduite sur la sienne : à savoir qu'il fallait me protéger, moi la petite dernière, et ne rien me demander, puisque j'étais si "particulière". J'étais, pour toute la famille, comme du lait sur le feu. Il fallait me garder de tout dommage, en frissonnant un peu à l'idée de mes débordements...

 

Dont acte : pendant que ma soeur aînée, la plus argentée de tous, faisait admettre ma mère au Val de Grâce, pendant que mes frères organisaient la vie quotidienne et que mon autre  soeur assurait le reste,  je n'avais "rien à faire" ; j'étais trop fière pour reconnaître que cette exclusion me peinait, je préférais y voir la continuité des ambigüités de mon enfance, mais je me souviens du mouvement de révolte qui s'est emparé de moi, après le décès de ma mère : ma soeur aînée "prenait tout en charge", je n'avais même pas à payer ma part des fleurs mortuaires...

 

C'était terrible. Comme si mes frères et soeurs, dans leur désir de protection, de continuité de cette chape de différence  que ma mère avait tissée pour moi, m'avaient exclue du chagrin collectif, en m'accordant, comme toujours, une place particulière. J'ai exigé de prendre ma part du paiement des fleurs, mais je savais que cet acte, pour symbolique qu'il fût, ne remplacerait pas mon absence aux moments douloureux de la fin de cette vie.

 

 Clopin a donc tort de me reprocher de n'avoir pas eu à vivre la prise en charge des gênes et de la souffrance de l'extrême vieillesse : parce que j'ai tant souffert de l'irréelle irresponsabilité qui fut la mienne que je n'ai pas pu accepter l'inéluctable et commencer ce "travail de deuil" qui nous permet de continuer à vivre. Il m'aura fallu attendre des années... Et commencer à écrire, pour cela.

 

Pourtant, je ne désespère pas - j'ai comme un espoir que les fins de vie puissent n'être pas si douloureuses. Si l'on symbolise l'existence humaine par l'image (rebattue) d'un fleuve qui s'écoule, on peut espérer que la fin soit comme un estuaire : la vie s'aplatit, certes, mais peut s'élargir aussi, avant de se dissoudre dans l'océan des vies disparues. Une goutte d'eau qui se dilue dans la destinée commune : il me semble que c'est là une de ces "pensées consolantes" qui peuvent nous permettre d'affronter l'inadmissible de notre finitude...

 

27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 10:47

Tout d'abord, noter que depuis le 18è siècle, ce sont les Bouchers qui enlèvent l'Europe...

 

1310206-Francois_Boucher_lEnlevement_dEurope.jpg

Puis, revenir sur mon article d'hier ; la déception s'atténuant, le ressentiment aussi - après tout, si Mamy a "gagné", c'est évidemment une "victoire à la Pyrrhus".

 

Admettons un moment que mon hypothèse (avancée dès le mois d'avril !!!) soit juste. Donc, il y a des moments où l'inconscient de Mamy, perçant son surmoi avec autant de facilité qu'un tigre crevant, au cirque, un disque de papier en sautant d'un tabouret à l'autre, "prend les manettes" de son corps. Ces moments, rares (mais pour combien de temps ?),  moi qui pratique Mamy depuis un temps certain, je les perçois d'abord à son regard, qui prend de la hauteur et "tombe" sur les personnes présentes, pendant que sa voix, comme celle d'une Pythie, énonce le verdict. Ces moments-là me font (je l'ai écrit en avril) "froid dans le dos", parce que j'y sens l'aliénation. L'abdication de la personne consciente devant des nécessités d'autant plus impérieuses qu'elles ne sont plus limitées par rien d'autre que leur urgence même. Une question de survie ?

 

Oui, mais à quel prix ? Voici Mamy, recluse depuis des années et des années, jouant tous les jours, en qualité d'unique metteuse en scène, actrice principale et spectatrice solitaire,   la même pièce de théâtre, jour après jour,  dans le décor qu'elle a patiemment construit et qui ne doit subir aucune modification. Et  la voilà précipitée dans ce qui est pour elle, très certainement, l'antichambre de l'enfer : l'hôpital, où son emprise sur le déroulement de sa journée est nul. Pauvre Mamy : la vieillesse lui joue là son plus mauvais tour. Aucune solution ne comblera désormais les trous de son puzzle intime. Elle ne peut plus, à la fois, contrôler sa vie quotidienne, disposer du temps d'autrui à sa convenance, ériger les barricades nécessaires entre la réalité et son monde fantasmatique. Si elle gagne ici (en empêchant Clopin de partir loin), elle perd là : du sang, d'abord. De la liberté, ensuite...

 

Pauvre Mamy. Le médecin a été alarmiste, pour prévenir et "blinder" Clopin. Mamy s'est tellement amenuisée qu'elle n'a plus les ressources corporelles suffisantes pour parer à n'importe quel accident, voire incident même mineur. Elle ne pèse que 36 kilos (!!!) et refuse obstinément de changer son régime alimentaire... Tout en réclament à grands cris de rentrer chez elle.Si l'hémorragie de samedi soir a une cause sérieuse, comme un cancer, toute opération est inenvisageable.

 

Oui, c'est bien une victoire à la Pyrrhus...

 

Clopin doit évidemment prendre en charge cette situation, et il fait avec toute son affectivité - en souffrant visiblement que je n'en fasse pas autant. Mais, autant j'avais de la compassion pour Papy, autant il m'est difficile, vraiment,  d'éprouver réellement une grande empathie pour Mamy. Peut-être est-ce mon inconscient à moi qui m'en empêche - peut-être aussi ai-je dû, pendant toutes ces années où j'aurais donné n'importe quoi pour avoir une présence féminine chaleureuse et ouverte à mes côtés, remplacer mon affectivité "naturelle" envers elle par une froide analyse de son caractère, pour m'en protéger. Toujours est-il que je n'éprouve plus de compassion que par ricochet : c'est la souffrance et l'ennui de Clopin qui me touchent, à dire vrai, et c'est lui que, fort maladroitement, j'essaie d'aider.

 

Ce qui a des résultats catastrophiques, évidemment. A peine ai-je prononcé les mots "résidence pour personnes âgées" que voici Clopin bouleversé, m'envoyant au diable. Il connaît sa mère mieux que n'importe qui, et souhaite qu'elle puisse regagner son "théâtre" le plus vite possible : comment lui en vouloir, même si cela signifie que nous risquons fort de ne plus partir ensemble, pendant la durée de cette vie qui finit doucement ?

 

Clopin me reproche d'adopter  une position "morale" vis-à-vis de sa mère, qu'il ne peut accepter, étant, lui dans une position affective. Il a à la fois raison et tort ; certes, il y a un certain jugement dans mon regard. Mais ce sont bien mes valeurs morales, porutant, qui m'amènent à vouloir accepter ma part de la charge. Après tout, nous vieillirons tous, nous serons tous dépendants, qui sait, qui peut dire ?

 

Je me sens comme devait, très certainement, se sentir Cassandre. Jamais crue quand elle prédit l'avenir, et haïe quand sa prédiction se réalise, hélas...

26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 07:26

De la chambre de notre hôtel, je vois la Neva qui brille, métallique et froide, sous le ciel bleu pétrole qui encercle Saint-Pétersbourg. La ville a chaud, brutalement, ce qui accentue encore l'étrangeté de de printemps russe. Le cyrillique m'entoure comme les hiéroglyphes d'une tombe royale, et je vais partir pour l'hermitage, regarder les Rembrandt...

 

Pas mal, hein, comme début ?

 

Eh bé non.

 

Plouf dans la Neva.

 

Arrêt freiné sec devant les portes de l'Hermitage.

 

Hôtel fermé...

 

Jeu, set et match.

 

De quelle partie s'agit-il donc ? De celle-ci, pardine, dont j'avais fait état ICI MEME, sur ce blog, il y a un mois et demi. Je terminais par une question : j'ai désormais la réponse.

 

L'inconscient malade de Mamy est donc prêt à cela : à une hémorragie anale, au moment précis du départ de Clopin, afin d'obtenir ce qu'elle voulait : que Clopin ne soit jamais plus  à plus d'une journée d'elle. Cette hémorragie l'a conduite à Charles Nicolle, et nous, qui étions chez les amis parisiens qui devaient nous conduire le lendemain matin à Roissy, sommes rentrés la queue basse à Beaubec, en  pleine nuit.

 

L'hémorragie, pour inquiétante qu'elle ait été, surtout concernant une vieille dame de 86 ans, s'est révélée pas plus grave que cela. Sa cause est "inconnue" (ben tiens...) on sait simplement que le régime délirant de Mamy (2 plaquettes de beurre par jour, pas de fibres alimentaires) a sûrement à voir dans son déclenchement.

 

Mamy étant perversement très intelligente, et ayant gardé "toute sa tête", tout son cerveau malade quoi, pendant la crise, s'est payé le luxe d'une attitude "noble" ; remarquant que "c'est drôle, le cerveau, on dirait qu'il en a fait exprès", et demandant à sa femme de ménage, pendant qu'elles attendaient le samu, de "ne rien dire à son fils" -sans grande force de conviction, toutefois, car en réalité,  elle avait appelé Clopin  (en vain, le portable n'avait pas de réseau dans la voiture qui nous conduisait à Paris) dès le début, puis avait fait tous les numéros en sa possession, de notre voisin à Clopinou...Mais ça lui permet d'être dédouanée aux yeux de Clopin. Et comment en vouloir à ce dernier de l'empathie qu'il éprouve pour sa mère ?

 

 Je suis déçue, en colère, et j'ai très peur. Je sais que Clopin est au courant du délire qui augmente chez sa mère, sous des apparences "normales". Je sais que je vais jouer un très vilain rôle, en rappelant à Clopin, qui retourne dès aujourd'hui à  Charles Nicolle, que Mamy, elle, n'a jamais pu se forcer à aller voir le pauvre Papy, qui y a passé des mois. Je sais que Mamy est suffisamment perverse pour que sa faiblesse devienneune force inflexible, et que ce soit son ordre à elle qui prime...

 

Déjà, Clopin a écrit dans le marbre, façon "tables de la loi", que les courses pour Mamy sont les mardi et jeudi. Essayez donc de le faire changer d'une journée... Déjà, Clopin envisage de "laisser sa place" à quelqu'un auprès de moi, pour les quinze premiers jours de juillet retenus en Corse.... Déjà, Clopin est impatienté quand je parle de partir quelques jours, histoire de compenser le voyage annulé, ou que j'ose prononcer le mot "maison de retraite"... Déjà, je suis la méchante, et Mamy la pauvre héroïne touchante :

 

Mamy Danièle, va !

 

 

 

 

24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 07:30

C. est venu faire une halte à Beaubec. Il avait besoin de laisser sa voiture là (une grosse berline Prius, avec tous les gadgets possibles et imaginables, des panneaux solaires intégrés dans la carrosserie et un look futuriste-années 60), et qu'on le conduise à l'aéroport de Beauvais : il prenait l'avion pour Bratislava.

 

J'aime bien mon beau-frère C. D'abord, il a épousé deux fois ma soeur, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Ensuite, comment en vouloir de ses opinions politiques (Bayrou !!!)  à quelqu'un qui a comme référence absolue Achille Talon (il en connaît toutes les répliques, à peu près !) : déjà, à 25 ans, c'était son mentor. Alors, à 65...

 

Mon beau-frère a une autre particularité, c'est sa taille : il déploie plus d'un mètre quatre-vingt douze au garrot. Et donc, il a de très grands pieds : du 48. Vous voyez qu'on ne sort pas, de Talon aux orteils, de l'univers pédestre...

 

Et justement, je n'ai pas pu y résister. Mon beauf, homme ordonné, avait sagement déposé ses pompes dans le couloir de la salle de bains, pendant qu'il prenait sa douche. J'ai aperçu ces paquebots... Et, pour pouvoir, tout comme Proust, abolir d'un seul coup d'un seul le temps perdu, je les ai enfilés.

 

Je recommande à tous les 38 de faire de même.

 

Vous vous retrouvez, sans rire, à 6 ans d'âge. J'ai marché avec délices dans toute la cuisine, ça me rappelait que, petite fille, je n'avais de cesse d'essayer les souliers des grands...

 

Je ne suis pas bien sûre que C., venu en chaussettes me retrouver, ait bien compris !

 

22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 08:50

Pour une fois, je vais déroger à mon habitude : emmener dans la ville que nous allons visiter un livre s'y rapportant. Praga Magica, l'année dernière, par exemple.

Mais cette année ?

J'aurais pu relire Dosto  (Crime et Châtiment se passe à Saint-Pétersbourg), ou n'importe quel livre de TolstoÏ. Mais j'ai accumulé trop de retard dans la lecture des livres recommandés chez Assouline, ou chez Paul Edel. Alors, ce sera :

 

- le traducteur kleptomane, de motcomptetriple (euh, c'est un auteur au nom si hongrois que... Bref.)

- le livre à venir, de Maurice Blanchot

- Vineland, enfin, de Thomas Pynchon.

 

J'ai déjà commencé le Blanchot, avec un mélange d'admiration et d'agacement. Le premier chapitre du "livre à venir" parle en effet de cet épisode de l'Odyssée d'Homère, quand Ulysse, pour pouvoir écouter les sirènes, fait boucher les oreilles de ses marins et se fait attacher au mât de son navire. Oh, ce qu'en dit Blanchot est extrêmement intelligent et érudit. En gros, si j'ai bien compris, il s'agit d'établir un parallèle entre la démarche d'Ulysse (accéder à la connaissance d'un monde sensible ignoré et touchant au sublime, sans courir le risque d'en mourir) et celle d'Homère (l'acte de création le rendant identique à son héros). Cette démarche d'analyse intellectuelle est fort séduisante, mais (car il y a un mais) elle m'agace à deux titres : d'abord, Blanchot fait partie de ces auteurs qui ne prennent pas la peine de situer, même sommairement, en une seule phrase, leur propos. Certes, il s'établit  ainsi une sorte de connivence entre l'auteur et ses lecteurs. Mais cette "connivence" m'énerve, parce qu'elle exclut d'office ceux qui ne sont pas dotés du bagage suffisant pour posséder le préalable. Vous me direz que "tout le monde" connaît l'épisode où Ulysse s'attache au mât pour écouter les sirènes ? Ben non. Je suis sûre, moi, du contraire. C'est précisément, d'ailleurs, ce que j'apprécie, entre autres, chez Assouline : il prend toujours la peine, même sommairement, de situer le champ de son propos.
C'est véniel, mon reproche à Blanchot, certes. Mais le second motif de mon léger agacement est justement le côté brillant, brillantissime, du propos. L'émotion n'y est pas, voilà. Du coup, j'ai l'impression qu'on m'embarque intellectuellement comme un prestidigitateur embarque ses dupes : c'est si joliment fait qu'on ne s'aperçoit pas de la futilité du propos.

Le second chapitre va parler de Proust : à nous deux, Blanchot !!!

 

Le plus gros livre des trois est "Vineland", dont la couverture me fait de l'oeil depuis l'achat, mais je résiste. D'abord, "vineland", pour moi, résonne comme un mot... suisse, alors que nous sommes  en Californie. Ensuite, la couverture est orné d'une illustration faussement "sage", et en vrai violente, qui m'intéresse. Et puis, j'ai déjà entendu parler de l'"échelle de Vineland", outil psy pour évaluer les autistes. Y'a-til un rapport ?

 

...

 

Il n'empêche que je ne sais pas du tout si je vais avoir le temps, en une semaine pétersbourgeoise, de lire tout ça. Et puis je suis indécise : ma valise est bien pratique mais toute petite. Les livres sont lourds. Si j'avais une liseuse : quelques grammes pour  des milliers de mots...

 

C'est mon chant de sirènes à moi, ça, la liseuse. Je tourne autour, tentant de me boucher les oreilles : j'ai tant aimé les livres, suis-je vraiment prête à en oublier la forme et la texture ?  Mais je sens que les liens qui m'attachent à mon mât de papier commencent à céder. Ulysse, toi le rusé, l'habile, le patient, que ferais-tu donc, à ma place ? 

21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 08:39

Environ 250 images ont été prises du jubilé (c'est encore, à l'aune clopinienne, raisonnable. On a fait pire !) : vous en verrez quelques unes, un tout petit peu, celles qui peuvent illustrer mon article d'hier.

Celle-ci, par exemple : Clopin en majesté, sur son tracteur, entourée des nénettes présentes...

AA2_7687.jpg

Ou bien celle-ci : une tournante. Une tournante, à Beaubec ? Euh, c'est juste du ping-pong, n'est-ce pas...

AA2_7738.jpg

Le soir, c'était bien évidemment feu de bois sous les étoiles...

 

AA2_7823.jpg

Et, le lendemain matin, non seulement tous les lits étaient occupés dans la maison, plus quelques corps appareillés de matelas sur le palier, dans la salle transformée en dortoir, etc. , mais encore le jardin était devenu un camping ! Quant à la cuisine, doux jésus...

 

AA2_7838.jpg

AA2_7830.jpg

Présentation

  • : Clopine..Net !
  • Clopine..Net !
  • : bavardages, causeries, conversations, colloque, conférence, discussion, échange de vues, propos, causerie babillage, causette, palabre, commérage, conciliabule, jacasserie, parlote et autres considérations
  • Contact

Livre paru...

      Disponible sur amazon.com

1-2couv recherche finie

Livres à paraître...

Book-1 Carte*-copie-1

Archives