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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 20:06

Nous avons finin la dernière nuit (courte) de  nos vacances dans le Var. Chez d'autres amis (Clopin en aurait-il donc partout ? Private joke !)

 

C'est une maison... Comment dire ? J'en ai vu de plus luxueuses, surtout dans les magazines "ma maison, mon jardin" : des tas. De plus grandes. De plus confortables, question eau, commodités. Pas de piscine, ou de matelas gonflables. Pas de pognon étalé....Rien de tout cela ici : au contraire, un certain ascétisme.  Mais de plus discrètement belles  ? Je ne m'en souviens pas...

 

D'autant que les propriétaires ne vous diront que le canapé est, oui, du dix-huitième siècle, et les tapis aussi, QUE si vous insistez... Ils vous raconteront alors l'histoire de tout ça (familiale et châtelaine)....

 

Mais même avant de savoir  les détails , cette "maison d'amis" m'avait tapé dans  l'oeil. Et l'oreille (ses propriétaires sont évidemment imprégnés de musique).

 

A cause de...

 

Van Gogh !

 

(la suite à demain)

 

maison-de-laurent.jpg

21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 15:31

Bien sûr, nous autres continentaux ne pouvons comprendre vraiment tous les enjeux corses, au premier d'entre eux cette revendication de la langue si importante malgré l'allure de "combat perdu" qu'elle laisse paraître. J'ai personnellement une tendance à la gratitude pour les intransigeants qui n'attendent pas les recours aux tribunaux pour faire péter les constructions illégales qui pourraient bétonner le littoral. J'ai d'autre part comme une difficulté à faire coïncider la jolie et toute  petite paillotte qui nous restaure en bord de mer, sur une plage non encore bondée :

 

plage-non-encore-bondee.jpg

 

avec les barbouzes du GIGN venant la plastiquer. La Corse rend fou les préfets, quand elle ne les tue pas. Mais elle peut les rendre meilleurs et fidèles aux plus nobles valeurs : aucun juif ne fut livré pendant la seconde guerre mondiale. Les Corses se libérèrent tous seuls des italiens et des allemands, deux ans avant tout le monde. Et le Préfet de l'époque, sauvant la profession aux côtés d'un Jean Moulin, cacha même des juifs... L'omerta n'est donc pas que négative...

 

Il est vrai que tout, dans cette île, est paradoxal. La lecture instructive de "Corse Matin", entre deux récits d'anciens du FLNC, compte-rendu d'audience criminelle ou autres enterrements tragiques, dévoile le pathos qui règne encore là-bas, comme un lointain reflet de l'influence mériméenne. Deux phrases illustratives (il s'agit d'une réunion pour dénoncer l'incendie criminel d'un restaurant à Ajaccio) : "Au micro, la voix gagnée par l'émotion du chef David Mezzacqui qui ne comprenait toujours pas "cet acte violent, gratuit, perpétré "à la piatta, dans la nuit" et qui a mis fin à "douze ans de sacrifices personnels, douze ans de travail acharné". Dans l'assistance, les regards tentent d'adoucir celui du chef qui reste digne".

 

"Les regards tentent d'adoucir celui du chef qui reste digne". Si ça ne sent pas sa prochaine vendetta, ça...On susurre que les divergences et oppositions au sein du FLNC recouvraient parfois d'anciennes histoires de famille. La petite île n'en finit pas avec la violence, et ce dans des patelins gros comme Forges-les-Eaux. S'imagine-t-on, ici, des fusillades sur le parking de Super-U ? Nous ne sommes pourtant pas à Paris, ou  à Marseille, quand on est à vingt kilomètres des aiguilles de Bavella /

 

bavella.jpg

 

Bah, on prdonnera beaucoup aux tempéraments violents, méditerrannéens, des Corses, dont leur caractère de cochons. Car les cochons corses, voyez-vous, ont le regard si doux...

 

regard-de-cochon-corse.jpg

 

Et les troupeaux de vaches de ces chasseurs acharnés sont si paisibles  ( ehoui, de  dos, c'est moi !) :

vache corse

 

 

 

Nous reviendrons en Corse, bien sûr,faire de la plongée sous-marine, des randonnées, boire des pietra et discuter toute la soirée avec nos amis. Nous referons le tour de l'île, ça se trouve, avec la brassée de souvenirs, photos, films qui accompagnent nos vacances. (fin demain)

 

19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 08:01

La Corse est une île, ne l'oublions jamais. Et chacun de ses habitants est lui-même une sorte d'île, qui doit faire face à de multiples dangers...

 

D'abord, les voici, nos Corses, aussi assiégés que par le passé. Certes, les bonifaciens ont su résister au roi d'Aragon, alors on peut espérer qu'ils résistent aux hordes qui, tous les ans, prennent possession de l'île. Cependant : 2 millions cinq cent mille touristes pour 300 000 corses, ça fait beaucoup.

 

Ce tourisme de masse est cependant, à mon sens, à peu près maîtrisé, ne serait-ce que par l'instinct grégaire des foules humaines : 80 % de ces deux millions cinq cent se retrouvent en effet le cul sur le sable, et nombre d'entre eux s'étalent sur la plate côte orientale de l'île. On dirait que c'est la "part du feu" qui a été laissée là. Des campings dans tout ce que cela peut avoir de factice (on vient, on pose la caravane, on est animé le soir, on fait ses courses à la supérette interne, et on rentre bronzé) s'étendent tout du long d'une nationale particulièrement passante, hideuse, bruyante, urbanisée et clignotante. Que cherchent donc les italiens (car ce sont souvent des italiens) ici, qu'ils n'ont donc pas chez eux ? Eh bien... Quand on a vu l'horreur des plages italiennes, privatisées c'est-à-dire payantes, avec de temps en temps un bout de littoral gratuit mais alors envahi d'ordures, on peut comprendre que l'accès à la mer soit attirant ici. Cependant, cependant, si le sable et l'eau sont des jouets pour enfants, l'île est bien autre chose. Et n'en voir que cette partie, si jolie soit la mer au soleil couchant, est forcément réducteur.

 

 

D'autant que ce monde-là, cette île-là, est merveilleuse dans toutes ses autres parties. De la Balagne au Cap Corse, de la Castagnicca (ma préférée) à l'Alta Rocca, autant d'univers minéraux, végétaux, différents, liquides ou terrestres, avec, comme affleurements,  les si beaux vestiges de  l'ancienne société rurale,  qui cède, hélas,  aujourd'hui la place.

 

couleurs-corses.jpg

 

Car ce danger-là  guette aussi les Corses. Non seulement le tourisme de masse est une menace pour tous les équilibres précaires de l'île, mais encore, par son pouvoir d'attraction économique, il contribue à vider les villages de leur jeune population, déséquilibrant la  société corse. De plus, pendant des siècles, à part au Cap Corse, les Corses ont cohabité avec la mer, sans en vivre ou si peu, craignant les invasions et tournant le dos à leur littoral. Désormais, la lutte est de conserver les pouvoirs économiques aux habitants, en limitant les investisseurs "étrangers" (les continentaux étant inclus dans ces étrangers). L'esprit corse, si fortement identitaire, permet bien entendu de colmater encore les fissures sociétales. Mais pour combien de temps ? Pendant notre voyage, les anciens du FLNC, dont on retrouve partout les traces, ont déposé les armes...

 

 

village-corse.jpg

 

Il  ne faudrait pas non plus que la Corse devienne un ghetto de luxe pour richissimes personnalités. Entre nos premiers voyages en Corse, en 2001 et 2003, et celui de cette année, des endroits aussi beaux que la Rondinara se sont vus fort discrètement pourus de villas dissimulées dans le maquis. Somptueuses et générant des fermetures d'accès à la plage...

 

Nous avions donc, nous aussi, "fait la part du feu". Touristes, donc, fréquentant les plages...

clopinou-revise.jpg

 

Mais venant en tout début de saison, histoire de ne pas trop peser dans la balance du tourisme de masse, et de toute façon passant notre séjour à parcourir toute l'Alta Rocca, des aiguilles de Bavella aux petits villages nichés dans les replis des montagnes. Et écoutant, oreilles grandes ouvertes, les récits de nos amis corses, bien sûr, pour tenter d'appréhender le rapport au monde qui se cache derrière toutes les délicieuses sensations (les odeurs, les couleurs, les reflets) que la Corse offre sans limites, à qui sait les goûter...

coulerus-corses-minerales.jpg(la suite à demain)

18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 09:50

Bien sûr, la Corse est une destination idéale de voyage : non seulement tous les loisirs - plage, randonnée, canyonning, parapente ou paramoteur, GR20 et castagnicca à profusion, sans compter la beauté des paysages, l'eau cristalline, les couleurs, la chaleur méditérranéenne (n'en jetez plus) :

 

la-mer.jpg

 

Bref, tout ce qu'un touriste normalement constitué peut espérer. Et pourtant...

 

 

 

 

 

 

 

Tout cela ne nous suffisait pas.  (la suite à plus tard).

pique-nique-maritime.jpg

16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 09:52

En revenant de Corse, nous avons traversé la région de Trièves, en Isère, tout près du plateau du Vercors. Un, deux, puis trois ou quatre (au moins) panneaux signalétiques m'ont paru singuliers :

 

 

92470970.jpg

 

Voilà une biche  (un cerf ?) masquée que je n'avais encore jamais vue.

 

Renseignements pris auprès de l'office de tourisme local, (j'aime bien les offices de tourisme en général, et un certain président de l'un d'entre eux en particulier !), il s'agit juste d'un innocent canular ; l'écharpe ne serait pas une écharpe, mais "la cape de Zorro"...

 

Je suis un peu déçue de cette trop  rationnelle explication : la région est si belle et sauvage que j'avais imaginé des significations quasi-politiques et identitaires ; mais c'était sans doute dû à mon séjour en Corse, aux conversations tenues là-bas avec nos amis de Sartène - qui ont tenté de nous expliquer les enjeux, les contradictions, les épreuves de leur île, sans réussir à me faire comprendre pourquoi un Corse, à la voix si douce et paisible, à la vie illuminée par la beauté de son environnement, peut être aussi "chaud bouillant", comme un volcan toujours menaçant. La veille de notre départ, sur le parking du petit supermarché où nous nous sommes approvisionnés pendant tout notre séjour, une fusillade a eu lieu - or, Sartène, c'est tout petit, nous ne sommes ni à Marseille ni à Paris ?

 

Et les panneaux signalétiques là-bas... Ah là là !!!

 

index-copie-1.jpg

15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 08:59

Clopinou et sa copine sur le pont gênois, près de Sartène : une question de lumière, sans aucun doute...

 

AA2_8158-.jpg

14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 15:15

Un bouquet de chardons bleus était posé dans la chambre (simplissime, blanche, fraîche et éclairée de fenêtres, comme autant de tableaux) où j'ai passé la dernière nuit de mes vacances...

 

Le sud.

 

Et toujours en été...

 

 

25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 11:23

A chaque fois qu'un départ s'annonce, les paroles de l'opérette "l'auberge du Cheval Blanc" (une des préférées de ma mère) me reviennent ; mais pas que. En fait, de plus en plus, j'ai l'impression de remonter le temps. Voire même de (re)vivre certaines scènes des livres que j'ai lus ou des films que j'ai vus - je voudrais savoir si cela arrive à d'autres que moi...

 

Par exemple, je vois une petite fille qui, passant devant un mur, laisse traîner sa main dessus. J'ai fait ça toute mon enfance, certes. Mais maintenant, c'est le film Billy Elliot qui vient s'interposer, à cause de la formidable scène où les deux enfants rentrent chez eux. La petite fille fait courir un bâton sur les grilles et les murs, et ne s'interrompt pas quand, à la place des grilles, ce sont les boucliers des CRS qui résonnent sous le bâton...

 

Et  je ne peux voir la brume monter au-dessus d'une mare sans penser à George Sand et à sa petite Marie.

Quant à Proust : lui me sert surtout pour qualifier les comédies sociales auxquelles j'assiste, voire je participe : les Verdurin sont partout, et même en Bray, l'arrogance de Guermantes au petit pied se fait jour. Comme des saynètes proustiennes, j'assiste à tout ça - en souriant comme souriait Proust : cruellement, quoi...

 

Parfois, je me fais un peu peur. A force de divaguer, la vraie vie, ou ce que l'on nomme tel, s'éloigne... Comme les jeunes qui préfèrent l'univers de leurs jeux vidéos à la réalité, je deviens une addictive de la digression, une droguée des réminiscences, une  accro aux images introspectives. Je me livre à ce terreau de mots, de scènes, de films qui se bousculent de plus en plus dans ma tête, comme si tout ce petit monde m'ordonnait de le faire vivre et revivre encore. Je crois que je suis hantée par mes références, engrangées tout au  long de mes cinquante huit années de vie, et qui se précipitent pour que je les ressuscite.

 

Faudrait peut-être que je me calme un tantinet, là !

 

23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 10:58

Bon sang, que la Manche est froide ! Fallait du courage pour aller s'y tremper, samedi, mais j'étais portée par la malice. Je savais parfaitement que, "si j'y allais", Clopin "allait y aller" aussi. Question d'honneur mâle, probablement. En tout cas, pendant toutes ces années, cela ne s'est jamais démenti : "quand j'y vais", "il y va" aussi !!! Même sans maillot de bain : Clopin a exhibé un superbe boxeur bien large, façon jupette, sur la plage, sans plus de complexe que cela. Ca nous a bien fait rigoler tous : c'était un bon moment, comme je les aime.

 

... Et puis j'aime aussi  les plages de galets, avec leurs ramasseurs - 70 % de la production mondiale vient de nos plages normandes. Que fait-on avec des galets ? Eh bien, on exploite leur côté abrasif, on les réduit en poudre pour des revêtements routiers ou autres, on les polit, aussi, pour en faire la base d'objets touristiques; Rien n'a vraiment changé depuis deux siècles, et le rond-point de Saint Jouen Bruneval est là pour en témoigner :

 

 

AA2_8045.jpeg

 

 

Et ce que j'aime aussi, c'est le goût du sel sur la peau, après la baignade et la journée au bord de mer : on se transforme en chat, et à coups de langue rapides, on recueille le goût de la mer, des heures encore après...

 

Le lendemain dimanche, changement d'ambiance. Clopin était dans un de ces mauvais jours où, contraint d'accepter une situation qui lui déplaît, il se venge en multipliant les contraintes et les lourdeurs. Il s'agissait d'aller en voiture à Paris, pour aider le Clopinou à ranger son petit appartement et à rapatrier la foultitude de fringues entassées dans ses armoires. Clopin était clairement contre, et donc cela a "mal tourné" une partie de la journée. Heureusement, nous avons pu laisser le jeune étudiant se débrouiller tout seul avec son rangement et ses affaires, et nous avons passé une heure ou deux aux Buttes-Chaumont.Ouf.

 

C'était une magnifique journée, et le parc connaissait une affluence estivale record. J'avais l'impression que tous les enfants de Paris étaient là : maillots de bain et bobs, ça galopinait de partout, pataugeant dans les petits ruisseaux et les cascades artificielles du Parc. Ces parisiens, quand même : ça vous transforme un jardin public en colonie de vacances en un rien de temps !

 

... Nous avons joué, Clopin et moi, au "et si nous étions..." :   à Prague, par exemple, que verrions-nous, qu'il n'y avait pas là, aux Buttes, si nous étions  étendus sur la pelouse du parc municipal ? ( pour Prague, un funiculaire était la bonne réponse). Et à Rome ? (la villa Médicis devant nous) ; Et à Madrid ? (des masseuses chinoises proposant leurs services),  et à Montréal ? (des écureuils partout !) (etc.) ; il n'y a guère qu'à Venise, au fond, où Clopin et moi n'avons pas arpenté les parcs municipaux, les jours de grand soleil...

 

.. Mais j'étais contente de retrouver la maison, même si Clopin avait été déçu de ne pas "rentabiliser le forfait" (entendez : profiter d'une journée à Paris pour  consommer ce que la grande ville peut offrir, et devoir  se contenter modestement d'expédier une corvée). Certes, il n'y a pas la mer, à Beaubec, ni les pelouses en pente d'un parc parisien. Mais on y sent le parfum des roses, et les amis vous apportent des fraises - que demander de plus, au fond ?

20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:17

Les insupportables écrivains seraient égocentriques, enfin plus égocentriques que les autres... Bah. C'est juste qu'ils s'entraînent, eux, aux moments où même Ivan Illitch lâche la main de son moujik de serviteur, où Fontenelle sent comme une difficulté d'être, et où Bergotte est proprement assassiné par un petit pan de mur jaune. Parce que ces moments-là, il faut bien évidemment lire et écrire toute sa vie pour savoir que c'est le  nombril,  oui le nombril, avant tout, qui devra les vivre.

 

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