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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 14:43

Finalement, nos parents, ce sont nos circonstances atténuantes...

11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 18:55

J’ai vu avec émotion le film « week-ends », d’abord parce que cela parle de ma génération, parce que ça évoque la vieillesse des couples et la vieillesse tout court, que Gamblin est comme d’hab’ formidable de fragilité, que la musique est superbe, et que la Normandie qui est filmée là est la mienne : je m’y suis baignée.

 

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 10:44

Ma deuxième journée à Paris a été consacrée à l'exposition sur l'Orient-Express : luxe, piston et volupté, certes, mais aussi occasion d'une formidable leçon d'histoire contemporaine... J'ai fini  ce joli voyage  au restaurant libanais, qui proposait un assortiment de spécialités d'orient - purées de pois chiches, boulettes d'agneau, feuilles de vigne farcies. J'aurais voulu que Clopin soit là, car le plaisir augmente quand il est partagé - ce paradoxe d'une division qui additionne est une  fort aimable excentricité mathématique !

 

Mais en fait, Clopin ne m'a pas rejointe, comme il était prévu au départ. C'est moi qui suis rentrée à Beaubec, dès le vendredi soir. Il se passait en effet quelque chose dans notre village, et comme ce n'est pas souvent...

 

C'est notre voisine Marie-Jeanne qui avait organisé la chose, à partir d'une rencontre lors d'un salon écolo. Marie-Jeanne - oh, il y a des Marie-Jeanne dans tous nos  villages, et c'est heureux comme ça - est en effet présidente d'association, ancienne institutrice, mère (divorcée) de quatre enfants, et toujours en vadrouille. Entre randonnées, yoga, voyages en inde et jardin potager, elle s'occupe aussi de la paroisse et entretient des relations amicales avec ses voisins. Comme, en plus, elle est issue d'une famille nombreuse, tous gravitant autour de Forges-les-Eaux, autant vous dire, pour parler comme une directrice de personnel, qu'en matière  de lien social elle est une personne-ressource !

 

Il s'agissait donc, d'après elle, d'une soirée théâtrale proposée par des "petits jeunes", à l'occasion d'un voyage Paris-Dieppe en vélo, en passant par l'avenue verte. C'était gratuit, il nous suffisait d'apporter de quoi manger après le spectacle, qui était basé sur "une légende sumérienne" (?). Ce programme ne nous disait pas grand'chose, mais notre curiosité était éveillée, et puis, "pour une fois qu'il se passait quelque chose" : nous nous sentions presque obligés d'y assister...

 

Et nous voilà partis dans la minimaliste salle des Fêtes de Beaubec la Rosière : long quadrilatère, façon préfabriquée des années 60, une salle particulièrement laide ; pourvue d'une estrade cependant, et d'une acoustique qui porte les voix.

 

Le temps de déposer la salade de riz "avec plein de trucs dedans", le spectacle commençait. Et nous avons été rudement surpris.

 

Le peu d'indications de Marie-Jeanne nous avait fait croire à un spectacle d'amateurs, façon scouts quoi, et  nous nous attendions à un spectacle gentillet, avec maladresses et bonne volonté...

 

Nous avons assisté à du théâtre. Du vrai. Plus que ça, même : l'essence même du jeu d'acteur.

 

La petite troupe (8 comédiens) possédait en vrai une technique de professionnels. Le placement des voix, la gestuelle, la précision de la mise en scène, la maîtrise du texte : tout était là, et malgré les longueurs de la pièce (dûes d'ailleurs au poème des origines sur lequel le conte moral joué ce soir-là s'appuyait), l'attention des spectateurs ne faiblissait pas. C'était très étrange, de voir confronté le maigre public (une trentaine de personnes) à un spectacle si maîtrisé, et sur un sujet pareil : un récit des origines, comme il en existe dans toutes les religions, pris comme métaphore de notre monde moderne. Un plaidoyer pour une renaissance de l'humanité...

 

Franchement, j'étais dévorée de curiosité : comment se faisait-il que des comédiens si affirmés qu'ils tenaient à bout de bras un spectacle, sans aucun autre artifice que trois costumes et deux écharpes - car il n'y avait rien d'autre, ni éclairage, ni décor, ni micros, ni bande son -juste un des comédiens jouant du violon - pas une chaise, pas un seul projecteur, rien, vous dis-je - soient là, et proposent ainsi gratuitement leur spectacle dans de tous petits villages ?

 

Il faut avoir rudement le feu sacré pour ainsi monter une tournée, se déplacer en vélo, dormir sous la tente, se restaurer de pique-nique offerts par les spectateurs, et donner le tout GRATUITEMENT ! La metteuse en scène-comédienne-écrivain tenait absolument à ce concept de gratuité : il était le message même de sa pièce. Mais il était si "décalé" que nombre des communes contactées avaient décliné la proposition, qui pourtant ne requérait rien d'autre qu'une scène (et encore !), un bout de pelouse où planter les tentes et trois saladiers !!! Les brayons ne sont pas réputés pour leur ouverture d'esprit - et il avait fallu notre Marie-Jeanne pour que le petit miracle ait lieu.

 

Bon, vous aurez compris que l'article du jour est une tentative de soutien pour cette troupe, et ce spectacle. Le nom de la compagnie est DRISTI ; et si vous voulez faire vivre votre village, vous savez ce qui vous reste à faire : branchez donc votre Marie-Jeanne à vous sur ce projet !

2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 15:58

Vilipendé de partout, Edouard - je lui dédicace cependant cette photo :

 

 

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 14:49

Perso, je ne cherche pas tant que ça à retrouver le temps perdu, mais parfois, j'aime bien l'accélérer. Rien ne vaut Paris pour ce faire...

 

Petite escapade, donc. Initialement, Clopin devait me rejoindre à Paris, où nous allions passer le week-end, en profitant du si joli petit appartement du Clopinou. Mais rien ne se passe jamais comme prévu, c'est ce qu'il faut accepter quand on accélère...

 

Les parisiens ne pourront jamais comprendre à quel point leur ville peut laisser dans l'hébétude le provincial qui débarque. D'abord, il y a le -les- bruits ; le "tala, talala" des signaux sonores de la SNCF, et cette voix féminine, sirupeuse et désincarnée, le tout à la fois, qui vous serine ses messages. Le bruit du train, aussi, la violence de ce qui se passe quand deux trains se croisent, et les gens dans le train. Oh, chacun d'eux a l'air bien gentil, inoffensif... Mais ce qu'ils sont nombreux !

 

Et puis après, le métro ! Là, je ne peux même plus fermer les yeux. J'absorbe tout, en pleine poire en quelque sorte, et surtout  les mendiants, les mendiantes, leurs enfants, et le regard dur, vide et fermé des passagers. J'en ai l'âme estomaquée, en quelque sorte, à chaque fois. Et cette multitude ! Un simple trajet de métro me fait plus côtoyer d'êtres humains, en un quart d'heure,  qu'en une semaine à Beaubec... Une échappatoire consiste à scruter le tableau des stations, et de jouer avec les noms - mais pourquoi donc les gens "de gauche", les Louise Michel, les Jaurès, servent-ils en fins de lignes ? Et les Charles de Gaulle, au beau milieu ?

 

Brer, arrêtons de jouer les filles du Calvaire et arrivons chez Clopinou.

 

Arrivée à l'appartement, après les contrôles d'usage (Clopinou et le ménage, ça fait deux), me voici vite ressortie pour aller à mon premier rendez-vous : avec un internaute croisé sur la République des Livres, un des rares personnages sympathiques, si l'on fait le compte, du lieu. C'est un érudit de Paris, et nous avons d'abord marché dans le parc des Buttes-Chaumont, lui ayant la gentillesse de m'expliquer ce lieu, où seuls les arbres sont authentiques... (quoique rien moins que naturels, puisque rigoureusement sélectionnés, à l'époque, par les architectes et aménageurs de Napoléon III). Je n'ai pas osé avouer à mon guide que, même aux Buttes-Chaumont, où pourtant il y a de l'espace et de la verdure, j'étais proprement asphyxiée : tant de gens, tant de gens... J'avais beau tenter de dilater mon esprit, je n'ai pas la capacité d'absorption nécessaire, j'en ai peur. Où est-ce seulement le manque d'habitude ?

 

J'étais bien contente : moi qui me risque rarement à traverser le miroir d'internet, j'avais eu cette fois la main heureuse, qui s'est d'ailleurs refermée sur un superbe livre écrit par mon guide, qui me l'a gentiment offert (*) sur les lieux de spectacle parisien. Nous avons tant parlé, assis tous deux dans une brasserie, que l'heure est venue, puis elle est passée, sans que nous n'y prenions garde. Accélération du temps !

 

J'ai consacré ma soirée à me promener -prudemment, en tentant de respirer à petites doses cet air composé de tant de milliers de respirations différentes que mon souffle m'en paraissait alourdi- dans le quartier. Des gens, encore des gens, bavards et souriants, pressés ou alanguis. Une sorte de relâchement, après la chaude journée. Et l'odeur des kebabs, portes ouvertes. J'ai échangé trois phrases et deux sourires avec une grande fille noire, et j'ai indiqué la station de métro à un vieux monsieur arabe qui ne parlait pas bien le français (et qui n'avait pas non plus les usages du lieu, parce que pour me prendre pour une parigote, faut être bigleux).

 

Et puis j'ai sélectionné l'exposition du lendemain : j'ai choisi d'aller voir l'Orient-Express, petit Versailles ferroviaire et littéraire, ; travail d'hercule (Poirot, of course) !

 

la suite à demain, pour une surprise théâtrale!

 

(*) : j'ai d'ailleurs eu un peu honte de moi, qui étais arrivée là les mains vides. Parfois, quand je monte à Paris, j'amène à mes hôtes des sortes de "petits paniers brayons", pour qu'au moins ils puissent goûter les produits beaubecquois, le miel, le cidre, le pommeau.... Je me promets bien, la prochaine fois, s'il y en a une mais je l'espère, d'apporter à mon co-érdélien de quoi le remercier !

30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 10:17

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Certes, Clopinou et sa copine sont des sujets intéressants, sur fond de mer corse,  mais en fait je veux parler du bateau !

 

Ce sera sans doute une des dernières photos du bateau : après vingt ans de bons et loyaux services, il va être remplacé par un nouveau kayak, effilé, plus stable, "plus mieux" quoi ; mais je regretterai celui-là. Il nous a accompagnés pendant l'enfance du grand frère de Clopinou, et pendant notre époque "Luech".

 

Nous en étions arrivés à décliner le mot : nous "Luechions" d'une année sur l'autre... IL s'agit d'une rivière des Cévennes, bordées d'abarines et ponctuée de rochers gris, d'où l'on peut sauter, plonger... Une aire de camping "naturelle" (ce qui signifie que le confort y était sommaire et les toilettes, parfois crades !), une très grande tente (j'en ai vraiment marre du camping, mais au Luech, nous avions fini par être vraiment très bien équipés), les moustiques le soir et les soirées-pizzas. Des vacances, donc, dans le sens plein du terme. Je ne sais si Clopinou en garde le même souvenir lumineux que moi -mais c'est là que nous avons usé le petit  bateau jaune... 

 

Bah, en route vers de nouvelles aventures !

 

28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 11:29

Le journal de tournage du film "des racines et des haies" -vous pouvez le retrouvez sur l'excellent site de Beaubec Productions, et je ne dis pas ça parce que c'est moi qui le rédige ! -  pourrait bien s'enrichir d'un nouveau et palpitant épisode. Il semblerait que toutes les conditions soient requises pour demain soir...

 

Nous vaincrons donc, si dieu le veut, la pesanteur terrestre en nous embarquant tous (enfin, tous ceux qui pourront ; seule l'équipe de tournage, soit quatre personnes dont votre humble servante, sera subventionnée ; le reste... devra payer sa quote-part !) dans une magnifique montgolfière. Ca m'excite d'autant plus que, bien avant d'envisager quoi que ce soit, j'avais déjà repéré la super-belle-montgolfière d'un rouge soyeux, chinois, lumineux et lourd, que j'ai souvent vue lors de mes promenades sur l'avenue verte. Elle se détachait sur les frondaisons qui forment comme la chevelure des douces collines brayonnes, telle un bijou dans un présentoir soyeux. Quel luxe, et quelle chance : j'espère bien que c'est celle-là qui nous servira demain.

 

Il reste bien entendu à vérifier la disponibilité de Monsieur Montgolfière, à tordre nos doigts pour que la météo soit avec nous, à renifler le vent pour qu'il nous pousse du bon côté et à espérer que Clopin sera content de ses images...

 

Moi qui aime tant les pluies d'été, à cause de leur odeur ozonée, de leur transparence, et de leur courte durée, je ne supporterai pas de voir notre beau projet douché proprement !

 

N'y pensons pas, allons mettre un cierge à Sainte Rita et, déjà, dans la pensée, arrondissons-nous doucement, comme le ballon d'un enfant, la bulle de savon, ou la boule de noël, tête à l'envers : j'en ai la tête en l'air !

 

thumbs mongolfiere

27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 08:42

LU le dernier hors-série de Charlie Hebdo,  contre la famille. La démonstration est simple : les Charlie relèvent, pour contrer le discours ambiant, toutes les dérives familiales : meurtres, incestes, violences, polygamie, souffrances diverses et variées que génère le modèle ambiant.

 

Sur fond d'individualisme soixante-huitard, et de réflexion sur l'état du monde (la question démographique, les sociétés pourrissantes comme le Japon, l'Afrique et la répression des femmes...), ile tableau dressé est assez accablant, il faut le reconnaître. "Famille, je vous hais", de plus en plus d'actualité ?

 

Je devrais être parfaitement convaincue : ma génération a tenté désespérément d'échapper à ce modèle familial qui nous était si soigneusement indiqué qu'on n'avait qu'une seule envie : prendre des chemins de traverse...

 

Cependant, je me souviendrai toujours de cette soirée où la question fut posée : en cas de déclaration de guerre, que fais-tu ?

J'étais tombée des nues : la majorité de mes copains, ceux que je voyais tous les jours, avec qui je refaisais le monde, avait répondu sans sourciller qu'en cas de problème, ils regagnaient vite fait le sein de leur famille. J'étais la seule à ne pas être de cet avis, et j'ai senti le vent de Villon (que sont mes amis devenus ?) siffler à mes oreilles.

Il a beaucoup venté depuis, devant ma porte, et je suis revenue de la haine de la famille. De la femmille, plus précisément, puisque pour moi, elle est inséparable de la figure de la mère...

 

Je crois que les journalistes de Charlie-hebdo feraient "comme tout le monde" : en cas de gros problèmes, seule la famille reste là, sauf exception évidemment, milieu familial si destructeur qu'on ne peut survivre qu'ailleurs... Et encore : je n'en suis pas si persuadée que cela...

 

Mais bon, on va dire que, même si je ne suis pas d'accord avec le radicalisme de Charlie Hebdo, ce dernier a au moins le mérite de remettre en cause le modèle publicitaire quotidien, qu'on nous sert en même temps que les croquettes sucrées qui forment notre alimentation. Familiale.

24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 10:50

Chose promise, chose dûe : je vais finir le récit de mes vacances en vous parlant encore de la maison d'amis qui a abrité notre dernière nuit.

Mais pour cela, il faut que je vous parle d'abord d'Alain Jaubert : un passeur d'art, comme un Alain Korkos en fait. C'est Jim qui m'a fait regarder, pour la première fois, un des numéros de la célèbre série "Palettes" ; il s'agissait de la Vierge au Chancelier Rolin de Van Eyck. J'ai été aussitôt saisie par cette collection, qui m'ouvrait une porte jusque là fermée. Je crois, par la suite, n'en avoir guère raté un seul épisode...

 

Et surtout pas le numéro consacré à chambre de Van Gogh à Arles, n'est-ce pas. C'est l'un des plus éblouissants de la série, et il est construit comme une enquête policière. Bon, tout le monde connaît ce tableau, bien sûr, c'est l'un des plus célèbres au monde :

 

chambre-van-gogh.jpg

 

 

Il en existe trois versions, conservées à Chicago, à Amsterdam et à Orsay. Mais toutes les trois ont comme un secret (et c'est là où je veux en venir, un peu de patience voyons.)

 

Jaubert, en analysant le tableau, insistait bien évidemment sur la signification que Van Gogh lui donnait. Le peintre était venu rejoindre Gauguin en Provence, et avait une aspiration à  une vie de simplicité et de sécurité, consacrée à l'art et repoussant ses démons familiers (alcool, sexe...) C'est bien entendu paradoxal, car c'est lors de cette même période de sa vie que Van Gogh s'est coupé l'oreille, m'enfin cela nous a donné ce lumineux tableau, ce lit gonflé et accueillant, ce repos promis...

 

Mais évidemment, Jaubert ne s'est pas arrêté là. Il a comparé les trois versions, replacé précisément la chambre, situé les portes... Et élucidé un problème de perspective, exactement comme un détective. En effet, si vous regardez bien les lignes du tableau, vous ne comprenez pas comment est situé le lit : il ne semble pas vraiment être parallèle au mur, et pourtant, si...

 

Ah ! Perso je trouve ça aussi passionnant que le pied en trop de la noce paysanne de Bruegel, saperlotte :

(mais si, regardez bien, le personnage en rouge, debout, en train de porter les galettes, eh bien, il a un pied en trop !) :

pied en trop

 

 

 

 

 

 

 

Donc, un des charmes du tableau de Van Gogh est donc cette perspective chancelante. Mais est-elle aussi chancelante que cela ? Bien sûr que non : Jaubert démontre que l'angle du mur, derrière le lit, n'est pas droit. Le mur est en fait oblique, et un espace perdu existait bel et bien, dans cette chambre "idéale".

 

C'est chouette, non, de savoir ça ? Mais quel bon dieu de rapport peut-il y avoir entre le célébrissime tableau et la chambre de la maison de nos amis, mmmmhhh ?

 

Eh bien, regardez :

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Vous apercevez Clopin sur l'immense lit, prenant la photo de l'immense miroir posé à même sol, reflétant l'immense fenêtre donnant sur le jardin, et deux portes. Celle de droite ouvre sur un placard. Celle de gauche...

 

Ces portes sont des "partis pris" : les murs de cette maison sont aussi blancs que les murs de la chambre de Vincent sont bleus. Mais les portes, elles, simplement brossées et repeintes, proviennent de meubles, en "récupération". Un des charmes de cette maison est justement l'utilisation simple, presque ascétique, d'éléments disparates. Le tout fonctionne parfaitement : la chambre de nos amis est un hâvre de simplicité, de sécurité, de fraîcheur aussi... Comme chez Van Gogh ?

 

Oui et non. Car chez Van Gogh, on est évidemment saisi par la couleur, comme le peintre fut saisi en arrivant en Provence. Le jaune, le rouge, le bleu des vêtements, la lumière solaire derrière les vitres : on sent comme une chaleur dans la chambre, encore accentuée par l'édredon... Or, chez nos amis, c'est l'inverse : la maison atténue systématiquement les violentes couleurs de l'extérieur. Le gris-bleu domine, très doux. Et je ne comprends toujours pas comment cette maison, qui est dans un des coins de France les plus écrasés de soleil, arrive à être aussi fraîche, grâce sans doute à ce blanc, ce bleu, ces baies vitrées comme autant de tableaux...

 

N'empêche que, couchée dans ce lit-là, je ressentais comme un sentiment de confort et de simplicité, pas très éloigné, j'en mettrai ma main au feu, de ce que Van Gogh ressentait devant sa propre chambre... Et puis, à force de penser à Van Gogh (alors que les couleurs étaient fondamentalement différentes, je le rappelle), je me suis demandé pourquoi je faisais ce parallèle. Il y avait là quelque chose qui m'agaçait le cerveau....

 

La nuit était tombée, et la chambre obscurcie, quand j'ai trouvé. La porte d'entrée ! C'était une question de perspective, exactement comme l'expliquait Jaubert pour le tableau ! Voilà pourquoi mon esprit revenait encore et encore à cette comparaison : la pièce renfermait le même secret !

 

J'étais si contente d'avoir trouvé que, sans égard pour le sommeil de Clopin, j'ai été vérifier : j'ai ouvert la lumière et j'ai regardé la porte d'entrée. J'avais raison : le mur n'était pas droit, et obliquait légèrement, donnant à la porte une asymétrie et à la pièce une paisible étrangeté...

 

Bon. A part ça, nous ne comprenions pas bien pourquoi nos amis avaient parlé de la vendre, cette maison. Et là aussi, je crois que j'ai trouvé. Bien sûr, ils avançaient les arguments habituels : le manque de temps pour y venir, le peu d'utilité, la difficulté des vacances avec un enfant, etc. Mais je crois surtout que, si l'idée de se séparer de ce remarquable endroit leur est venue, c'est qu'en réalité leur maison est finie. Telle quelle, son harmonie est telle qu'on ne peut plus guère y toucher... Je crois qu'inconsciemment (et même si ce n'est pas vrai, cela me plaît de le croire alors zut !) cette maison est devenue une "maison d'amis" : un endroit où l'on propose à l'autre une certaine manière de vivre (très van goghien aussi, cette façon de faire !!!)

 

Heureusement, ils vont la garder finalement : ouf !

23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 11:10

Le fond de Baudelaire effraie.

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