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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 09:24

Le grand frère de Clopinou et sa charmante compagne, ces dernières années, travaillaient à Montréal - et y étaient passablement bien payés, lui ingénieur informaticien dans les jeux vidéo, elle assistante dans une boîte de production cinématographique. Mais les voilà sur leur trentaine, et ils ont décidé de  passer une année entière sans hiver : quelle jolie idée, et qui me fait envie, moi qui vais devoir, d'ici un mois ou deux, affronter  le déprimant hiver brayon...  Les voilà partis pour un tour du monde, en short donc. Et leur "blog de voyage" délivre déjà de somptueuses photos : l'aventure en short.

 

Clopinou a lui, de son côté, effectué sa rentrée parisienne - il n'aime toujours pas Paris mais ce n'est pas bien grave, il a tant de travail que, de toute façon, il  ne pourrait pas  goûter  aux plaisirs offerts !

 

Beaubec Productions a reçu la visite d'un journaliste de Paris-Normandie - un article devrait paraître en fin de semaine ou début de semaine prochaine, mais il y a un petit "hic" que nous n'avons pas osé avouer au sympathique jeune homme venu nous interviewer : c'est que nous n'achetons PAS Paris-Normandie. Sait-on jamais : si un des visiteurs de ce blog est, lui, abonné, qu'il nous prévienne le jour de la parution ? Merci d'avance !

 

Clopin a lancé un vibrant appel : il a besoin de 650 bouteilles pour  isoler un coin du  sol de la grande salle. La terrible MERULE a en effet, suite à une gouttière percée et non réparée en temps, attaqué notre parquet ; nous voici bon pour des travaux coûteux, avec traitement imposant et produits toxiques : de quoi faire enrager Clopin, qui va devoir tout refaire, sol, parquet, lambris, et supporter des produits non bios. Enfin, l'encourageant, c'est que l'appel a tout de suite porté ses fruits : en trois jours, nous avons déjà récupéré quelques centaines de bouteilles. Honnêtement, connaissant nos potes comme nous les connaissons, cette surabondance ne nous surprend guère. Mais j'aurais bien rajouté un codicille à l'appel, moi. : les copains nous refilent les bouteilles VIDES. Snif !

 

La  mère Ule  (il y a aussi le père Ule, et leur fils, le sale petit Hank...)  est un champignon qui attaque les bois et peut vous ruiner une maison en rien de temps. Si elle était une peinture, elle serait aussi terrible que ça :

 

meduse.jpg

(et Clopin en est resté proprement médusé. Heureusement, des potes vont venir lui donner un coup de main - au propre comme au figuré, mais la salle va être en travaux quelques semaines !)

 

 

 

Petit moment de grâce à l'écoute de France Mu, hier :

un quatuor à cordes de  Fauré. J'aime de plus en plus Fauré, j'aimerais beaucoup assister à un concert. Peut-être à Paris cet automne, lors d'une escapade parisienne ? Mais j'ai aussi envie d'aller écouter du jazz au Duc des Lombards, et Clopin va vouloir aller écouter l'accordéon à la Bellevilloise : on ne sait que choisir !

 

 

 

8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 10:25

J'ai retrouvé l'odeur, intacte après tout ce temps : celle des rivières de mon enfance.  Un arrière-fond de terre mouillée, presque de vase,  et l'odeur des plantes de l'eau, calitriches ou renoncules. Le Cosnier coulait au bas de notre jardin,   puis, pour oublier son vilain nom, se jetait dans la Charentonne :  quelle bien-nommée,  par contre, que cette Charentonne remplie de fraîcheur, d'herbes vertes qui se tordent dans l'eau claire, et qui s'en va chantant, murmurante et pressée...

 

Certains  noms de rivière sont magiques. Et ce n'est pas la Vivonne qui me contredira, pas vrai ?

 

Nous pêchions dans les rivières, des alevins emprisonnés dans des bocaux et qui finissaient par mourir. Notre mère nous appelait au bord de l'eau, pour admirer les poules d'eau entourées de leurs poussins. Mes frères fabriquaient des radeaux improbables, nous chavirions parfois. Et déjà, je remarquais la beauté  des libellules...

 

Notre nouveau bateau, ce kayak pneumatique effilé comme un exocet et solide comme une bouée, m'a redonné tout cela, hier : nous avons descendu la Varenne. Je précise tout de suite, pour les connaisseurs : de Muchedent à Saint Germain d'Etables. Soit un parcours en deux parties : la première, balisée, fréquentée par un club de kayakeurs, et qui comporte trois chutes d'eau amusantes à descendre, dans une gerbe d'écume et en serrant les fesses. La seconde... qui nous fut présentée comme "un peu plus compliquée" que la première,  était, elle, "à l'état brut". Entendez que nous n'étions plus que tous les deux sur l'eau, qu'il fallut descendre dans le courant de multiples fois pour contourner les obstacles, que nous avons failli perdre nos deux rames plus le chapeau de Clopin, que nous n'étions pas bien sûrs d'être sur le "bon" bras de la rivière et que j'avais hâte, vraiment, d'arriver. Malgré  la beauté des rives et  l'eau changeante à chaque ramée, malgré  les canards et les poules d'eau qui s'envolaient devant nous, le ragondin aperçu,  et malgré  cette profonde satisfaction qui vous vient du courant qui vous pousse, du bateau qui répond à vos mouvements : j'étais proprement "rincée" en arrivant, et Clopin trempé jusqu'au-dessus de la taille (et oui, courir dans une rivière à la poursuite d'une rame qui s'enfuit, ça vous mouille un kayakeur...)

 

 

clo-pagaie.jpg

 

(d'accord, mon gilet de sauvetage est incommode, pas à ma taille voire grotesque,  et passablement inutile en plus. Mais bon. Il faut, paraît-il. Alors, s'il faut...)

 

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A la fin du parcours, nous avons eu la chance de tomber sur une auberge ouverte le dimanche ; nous mourions de faim et de soif. Si les sandwichs convoités n'ont pu nous être servis, nous avons cependant eu droit à de belles parts de tarte aux pommes, et des bières d'autant plus délicieuses qu'elles étaient méritées.

 

Je n'ai évidemment qu'une envie : c'est de recommencer... Mais avant d'aller ainsi au fil de l'eau, je vais relire le bateau ivre, de Rimbaud :  pour pouvoir divaguer tranquillement, en rêvant que ce bateau perdu n'ait été, finalement, qu'un humble canöe...

7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 09:16

Samedi, jour de tournage des "racines et des haies" :

 

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Nous étions quelques uns à soutenir Clopin et H., notre voisin-ami-copopriétaire (et par ailleurs trésorier de Beaubec Productions) : il s'agissait d'un plan de coupe de haies, au taille-haies électrique mais aussi à la cisaille, chemin du Bastringue à Beaubec. C'est un petit chemin parfaitement représentatif du bocage, et point encore trop bousillé par le mitage du paysage à la Sam'Suffit. Idéal, donc, pour notre propos :

AA2 8536

 

 

D'autant que Clopin a pu prendre de la hauteur, grâce à la nacelle prêtée gracieusement par la Ville de Forges :

 

camera-sur-nacelle.jpg

 

 

Nous étions quelques uns, requis par l'A.R.B.R.E., pour sécuriser l'endroit. Mais cela n'a posé aucun problème - les voitures sont rares par ici, à part les  nôtres... Deux cyclistes, deux joggueuses : aucun souci.

 

AA2_8585.jpg

 

 

Je crois que le chauffeur de  la nacelle (qui s'élève quand même à 17 mètres) était très content de participer à notre petite aventure. Quant à moi, j'étais fort contente que Clopin reprenne le tournage, après l'interruption subie cet été (le plan de tournage, notamment les scènes avec la Montgolfière, a été sérieusement perturbé).

 

Et puis je ne suis plus du tout dans la même disposition qu'il y a quelques années, quand Clopin tournait la Bergère et l'Orchidée et que je trouvais qu'il ne tenait pas assez compte de mon travail. Je sais désormais que c'est le réalisateur d'un film qui en est le concepteur, et que l'écriture du scénario se pliera, à la fin, à la conception de l'auteur, et basta. Du coup, consciente de la limite de mon rôle, me voici aussi légère qu'un porte-plume. Un porte-plume clopinien, bien sûr !

 

AA2_8575.jpg

 

et puis après, pour nous récompenser, apéro à la maison !

 

 

 

 

4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 09:41

Cette année, il a fallu attendre le 3 septembre pour avoir une journée d'été.

 

tournesol-et-abeille.jpg

 

 

Les grands tournesols que Clopin avait plantés dans le jardin ont donc (enfin) reçu de la visite :

 

tournesol-et-abeille-1.jpg

 

Les abeilles sont des pirates ailés !

 

abeille-butinant.jpg

 

La preuve : tel Barbe-Noire cachant son trésor, elles aussi, elles butinent !!!

 

gros-plan-abeille.jpg

 

(et merci Clopin pour ces images, rayons de soleil et de miel dans cet été si gris et pluvieux !)

31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 22:41

 

 

L'Ouzbékistan, on ne sait même pas où c'est. Ni ce que c'est. Un premier effort pour  savoir que c'est Tachkent la capitale. Un second pour se souvenir que c'est à cause du coton ouzbèque que la mer d'Aral agonise, voilà tout.Pas grand'chose à voir...

 

C'est évidemment là que ma grande soeur  oxymorique (elle est toute petite), à décidé de poser ses pieds menus. Depuis que sa tâche de mère est accomplie, ma soeur est devenue une "globe-trotteuse" de plus en plus décidée. Elle me fait penser à une héroïne de Doris Lessing, vous savez, ces femmes pourvues d'enfants adultes et indépendants,  repliées dans leurs jolies maisons des environs de Londres,  et que le hasard de la vie précipite  dans des aventures romanesques...

 

Et du coup, la voilà partie en Ouzbékistan. Avec un guide et un chauffeur, certes, parlant français ou anglais suffisamment pour pouvoir communiquer. Mais avec aussi des envies d'aller voir toujours plus loin, qui  la caractérisent de plus en plus.

 

Du coup, elle a lâché le circuit "officiel" du tourisme ouzbèque, pour se retrouver dans une toute petite région, une "oasis", m'a-t-elle décrit, "au milieu de nulle part". Et après un moment de panique (la famille accueillante était bras ouverts, certes, mais pas un ne prononçait un seul mot compréhensible, et le confort y était plus que rudimentaire), elle a réussi, avec son mari, à s'adapter...

 

Aidée par les enfants. Je crois que c'est une constante, dans l'humanité : si vous êtes étranger quelque part, accablé de la solitude de celui qui ne peut communiquer, le salut vient des enfants... Regardez donc, à la télévision, les numéros d'e "rendez-vous en terre inconnue" : c'est une constante de l'émission.

 

Ma grande soeur a donc réussi ce tour de force de faire du tourisme dans un des endroits de la planète les moins adaptés pour cela, et d'en rapporter le souvenir d'un des plus jolis moments de grâce que l'on puisse vivre : une promenade avec une petite fille ouzbèque, avec laquelle elle joue, si joliment...

 

Moi, ça me remonte le moral, des images pareilles. Du coup, allez zou : partage ! (avec l'accord de ma grande soeur, of course. Je crois qu'elle est encore repartie : je vous le dis tout net, ma soeur devient l'arpenteuse de sa propre vie !)

 



 

26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 17:34

Notre voyage en Bretagne s'est donc achevé en demi-teinte, à cause d'une  météo chancelante.. et d'un restaurant de fruits de mer désert. Pourtant, je crois que ce que je préfère dans les escapades au bord de mer, hormis la promenade,  (et je ne pourrai plus m'en passer, puisque voici 58 ans que je vis au bord des eaux vertes, froides, grises, de la Manche, et que je savoure, comme les héros du film "week-ends", la vue de  l'émail crémeux et jaunâtre des falaises normandes..), ce sont ces restaurants où l'on vous sert, à profusion, des moules et des bulots, des pinces de  crabes et des pattes d'araignées rougeaudes et poilues, des crevettes salées,  et du cabillaud à la crème. Le tout réhaussé par un vin blanc sec, (je n'ai jamais trouvé mieux que le muscadet), qui vous emporte la papille sans qu'elle oppose la moindre résistance (eh oui, ce dernier passage pointe évidemment le film du même nom !).

 

Mais nous sommes bien trop curieux pour apprécier un restaurant désert, Clopin et moi. Oh, ce n'est pas que nous nous suffisiions pas à nous-mêmes : cela va faire 28 ans que notre conversation est entamée, sans jamais vraiment se finir. C'est juste que cela fait partie, à mes yeux, du plaisir du restaurant : la drôle de compagnie, consensuelle sans l'être vraiment,  unie par le hasard du choix d'un lieu où l'on mange. Je ne sais pas vous, mais moi, au restaurant, j'aime bien, avant de commander, attendre de voir passer quelques plats, et même  discrètement vérifier où ces plats se posent, devant qui : comment ? Ces frites grasses et cette marmite pleine de moules fumantes, pour cette sylphide placée au fond ? Et ce plateau de fruits de mer ostentatoire et débordant, c'est pour ce petit couple ratatiné et modeste de mise, qui ne se parlera pas de tout le repas et refusera, dignement, le petit calva pousse-café et la tarte tatin ?

 

La lumière était belle, par les grandes baies vitrées, et le crabe était frais. Mais pourtant, j'ai eu comme un petit regret, en refermant la page de notre escapade. Si mon estomac était content, mon dieu, mon appétit d'ogresse n'avait pas eu son content d'humanité.

22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 07:47

C'est Clopin qui s'est occupé de nous trouver une chambre d'hôtes : s'appuyant sur notre expérience cornouaillaise de l'été dernier (nous avions vagabondé de beds and breakfeast fermiers, via une association régissant scrupuleusement les modalités d'accueil des visiteurs), il est passé par l' "accueil paysan".  Ce qui lui correspond bien, sans doute un peu moins en ce qui me concerne :  je suis plus friande d'"inconnu" que lui. Clopin aime reposer ses pieds là où il est déjà passé, et ne frétille jamais plus que lorsqu'il est en "terrain connu"; or, les problématiques du monde rural, c'est notre quotidien, à Beaubec. Etre accueillis par des hôtes paysans, cela n'allait guère nous surprendre...

 

Mais cela nous a au moins permis de vérifier, une fois de plus, que Bretagne, Normandie ou ailleurs, c'est la même merde partout. Nos hôtes ont arrêté leur exploitation agricole dès qu'ils l'ont pu, et aucun de leurs enfants ne va la reprendre. Le métier est certes dur, mais ce n'est pas cela qui a  motivé cet arrêt. C'est l'échec d'une exploitation de petite dimension ( polyculture et élevage traditionnel, 75 hectares, une cinquantaine de têtes de bétail), qu'on a tenté de gérer suivant la ligne adoptée par la majorité des Chambres d'Agriculture, et les formations dispensées par les lycées agricoles des années 60. Comme l'a résumé sobrement notre hôte : "Tout ce qu'on m'a appris était faux. Tout !"

 

Les techniciens agricoles (payés par l'agriculteur) leur ont délivré les pires conseils qui soient, et vendu, par exemple, du sperme de taureau  "sélectionné", qui n'a produit en fait que des veaux dégénérés et a décimé le troupeau, les vaches n'ayant plus de défenses immunitaires. Oh, ils ont bien essayé de repartir en adoptant des méthodes moins désastreuses, en passant au bio, mais là encore, les réglementations agricoles en vigueur les ont empêchés de prospérer, avec l'absurdité technocratique en plus (le taux de globule blanc dans le lait était "trop élevé", alors même que le premier troupeau avait été décimé par un manque d'immunité...). La survie de l'exploitation ne tenait plus qu'à l'activité de chambres d'hôtes, de gîtes ruraux : ils ont tourné la page.

 

Non sans l'amertume de l'échec, et non sans tenter de comprendre ce qui leur est arrivé. A savoir qu'ils n'étaient certes pas de taille à affronter l'industrialisation de l'agriculture. Et qu'ils étaient trop attachés, d'une part, à un monde paysan en voie de disparition, et d'autre part, à la qualité de leur vie et de leur environnement. La prise de conscience écologique, pour tardive qu'elle ait été, leur a néanmoins permis de découvrir d'autres discours, d'autres pratiques : notre hôte a même fait le voyage jusqu'au Larzac, pour rencontrer José Bové, et sa bibliothèque est remplie à ras bord d'ouvrages traitant de la question - de ce grand crime qui consiste à croire qu'une terre traitée chimiquement reste vivante, que des êtres vivants traités comme des objets restent sains, et qu'une nature considérée comme totalement maîtrisée, au mépris de ses rythmes propres, n'est pas camisolée comme dans un hôpital psychiatrique.

 

Certes, le défi était là : il s'agissait de nourrir une population humaine de plus en plus nombreuse, et d'éradiquer la famine. Or, ce défi, qui seul aurait pu justifier de telles pratiques agricoles désastreuses (en dehors des profits de l'agro-industrie, s'entend), n'a certes pas été relevé. Comment, pourquoi donc continuons-nous ainsi, alors ? J'ai entendu une comparaison bien "parlante" :  on pratique, vis-à-vis de notre agriculture, comme des parents qui, pour élever leurs enfants, leur donnerait tous les jours des antibiotiques, des traitements préventifs, des anti-dépresseurs et des anxyolitiques. Le bon sens, le simple bon sens, nous fait dresser les cheveux sur la tête...

 

Pour prenante que la conversation ait été, avec nos hôtes paysans, nous étions cependant en balade, et étions venus pour tester notre superbe canoë - mélange de flèche filant sur l'eau, volant presque comme un exocet, et de battement de rames alterné, tchac-tchac-tchac. Certes, nous avons eu froid, et nous nous sommes proprement fait "rincer" dans l'aber (pluie en pleine figure, vent tourbillonnant, jusqu'aux vagues qui commençaient à se creuser, à moutonner : nous avons poursuivi notre route en nous mettant à l'abri des berges, mais nous commencions à ne pas en mener large !) Mais cependant, j'ai adoré ça. Le canöe est minimaliste, l'équivalent du vélo sur terre, mais il permet d'être au plus près de l'eau, d'en voir tous les reflets, tous les changements ; et nous formons finalement une bonne équipe, Clopin et moi...

 

(la suite de la balade à plus tard)

 

 

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 07:04

Nous étions partis en Bretagne, pour acheter un bateau. Enfin, un bateau, ne rêvons pas. Ni goëlette, ni catamaran, un modeste canoë-Kayak gonflable, histoire de remplacer le gros boudin jaune qui a servi pendant toute l'enfance des garçons, et qui se trouve bien fatigué...

 

Nous voulions le tester sur un aber, cette zone terraquée  qui ressemble à un estuaire et qui s'emplit et se vide au gré des marées. C'est assez étrange, car rien ne ressemble plus, à marée haute, à une rivière que ces abers. Mais trempez la main dans l'eau, et portez-là à votre bouche : rien de plus salé.

 

Le bateau est parfait, l'achat fort satisfaisant car nos vendeurs bretons se sont montrés fort cordiaux et serviables. Ce sont des bretons marins (à ne pas confondre avec les bretons terriens : contrairement  aux abers, où l'eau douce et salée se rencontre, ces deux mondes-là ne se mélangent pas), qui nous ont raconté l'épisode terrible de l'Amoco Cadiz, en mars 1978. Si le pétrole a disparu, le souvenir, lui, demeure... 

 

Pauvre Bretagne. Je la trouve bien sinistrée, et pas seulement par la pollution des bateaux, ou des terribles algues vertes tueuses, dûes aux élevages en batterie et autres porcheries industrielles. Mais l'urbanisation galopante de la région (au moins le finistère nord, où nous résidions)  a déformé, en 30 ans, le pays, pour ne plus laisser qu'une impression de banlieue insipide, de lotissements à l'infini. Il reste les plages, bien sûr, et la lumière toujours différente.

 

Mais, malgré la bienveillance du regard de Clopin, qui transparaît toujours dans ses photos, et qui pare la Bretagne de couleurs vives,  la réalité est quelque peu différente... (la suite à plus, je n'arrive pas à bien caler les photos sur le texte et ça me fait tartir ! le plus simple est d'ouvrir un nouvel article...) ; en tout cas, question météo, nous n'avons pas été gâtés. Il faisait froid, gris, et pendant notre essai sur l'aber, nous avons eu droit au grain breton et au vent debout.. Pas de quoi refroidir notre enthousiasme, mais une douche froide cependant, venant aggraver encore la tenace pharyngite que j'avais  emmenée, elle aussi, en voyage...

 

 

bretagne.jpg

bateaux-bretons.jpg

15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 10:02

(...) Tiens, au fait, si tu veux, tu peux corriger mon devoir...

- ah oui, avec plaisir, mais tu sais, je ne pourrai guère que regarder l'orthographe, la concordance des temps, la syntaxe, des trucs comme ça : niveau contenu, tu es désormais hors d'atteinte, pour moi ; je  ne comprends plus rien, et c'est si compliqué !

- Ben comme tu me tannes toujours avec  le français et "ce qui se conçoit bien nanana", là tu vas pouvoir bien tout contrôler; tu vas voir,  ça va t'éclater ;  enfin, c'est si ça te dit...

-  bien sûr mon grand.Envoie-moi ton devoir...

 

 

...


Il faisait 68 pages.

 

A part ça, à nous la Bretagne. Ma brosse à dents est emballée et la météo, consultée. Pas terrible, m'enfin !

 

14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 10:59

Je repense souvent, depuis deux ou trois jours, au film "week-ends", que j'ai aimé pour tout plein de bonnes raisons. L'une d'entre elles était la justesse de la relation entre parents vieillissants et jeunes adultes : la permissivité des parents, qui ne demandent explicitement à leurs enfants qu'une seule chose "ne pas faire trop de bruit en baisant", leur procure une place (passive) de témoins néanmoins impliqués. Le film se clôt d'ailleurs sur deux belles scènes. un garçon parlant librement au père de la jeune fille avec qui il vient de passer la nuit, puis s'éloignant "pour toujours", et le père, empoignant son accordéon, chantant à la jeune fille la chanson de Fréhel "où sont tous mes amants, tous ceux qui m'aimaient tant..;", comme pour la mettre en garde contre la rapidité du temps qui passe.

 

(et puis, enfin, un film où la jeune fille la plus courtisée est ronde, blonde, souriante... J'ai l'impression que le vent commence à tourner. Le 21è siècle verra-t-il enfin  enterré le culte de la maigreur ?)

 

Tous les rapports parents-enfants sont justes. L'égocentrisme des derniers, l'autorité vacillante des premiers, les prises en charge et les élans vers l'autonomie. Bien entendu, à Beaubec, nous sommes en plein dedans.

 

Mais le propos premier du film reste la réflexion sur la vieillesse en couple. Les deux exemples retenus sont antinomiques : le premier couple éclate, se déchire, puis se reconstitue, avec dégâts collatéraux. Le second conforte encore sa fusion.

 

Il s'agit de savoir ce que l'on fait pour "combattre le gris", pour ne pas se laisser envahir par la routine, d'un côté, et respecter des vies construites sur l'amour, de l'autre. Le débat reste évidemment ouvert, et il est lui aussi à l'ordre du jour, à Beaubec.

 

Encore que (mais je peux me tromper), ce sont nos différences, à Clopin et à moi, qui nous préserveront peut-être de la grise usure du temps et des sentiments. En tout cas, on ne peut guère s'ennuyer quand on tente d'accoupler deux façons de vivre aussi différentes que les nôtres. Quand on essaie de rapprocher le jour et la nuit, que ce soit à l'aube ou au crépuscule, on obtient des ciels bien plus flamboyants que les autres, pas vrai ?

 

Il est vrai que je préserve farouchement mes heures de solitude, et que Clopin ne sacrifierait pas pour moi une des innombrables tâches qui requierent sa présence : mais c'est très bien comme cela. Il est exact aussi qu'il est "du soir" alors que je suis "du matin", qu'il est aussi méticuleux que je suis brouillonne, qu'il est autant de l'image que je le suis des mots, qu'il boit du lait et moi du vin, qu'il s'exprime dans les objets et moi dans les sentiments, qu'il aime la parcimonie et moi l'abondance, qu'il est maigre comme un cent de clous et que j'ai des kilos en trop, que tout ce que nous accomplissons ensemble se fait dans la tension, comme les films documentaires, et que je dois le fiche dehors de la cuisine si je veux, tranquillement et en y prenant un grand plaisir, confectionner les repas...

 

Mais pourtant, je commence ses phrases et il finit les miennes...

 

 

 

 

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