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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 10:19

J'aurais dû écrire ceci : "Ce dimanche d'élections est un dimanche d'exception : dans l'air vif et léger, sous de jolis nuages moutonnant dans le ciel, nous allons en famille voter tous ensemble, Papy, sortant de l'hôpital et néanmoins supporter de Mélenchon, suivant de près le jeune Clopinou, "beau comme un enfant fort comme un homme",qui vote pour la première fois. Nous, la génération intermédiaire, sommes tous sourire : non seulement nous allons pouvoir dire adieu à Sarkozy, au sarlozisme et à toutes les sarkozettes, mais encore, en ce dimanche matin tout frais, un nouvel ânon est né, d'une beauté resplendissante, et gambade gaiement dans le pré pendant que les hirondelles entrent en piqué dans la grange. Toutes ces premières fois s'accompagnent d'une nouvelle en fort bon état d'achèvement pour Clopine, par un documentaire qui s'annonce bien pour Clopin, par des rentrées d'argent régulières et des projets de beaux voyages, dès que Clopinou aura reçu son admission aux prépas d'Henri IV à Paris... Et chic, des potes viennent déjeuner ce dimanche !"

 

Mais je vais devoir écrire ça : "le ciel est gris plombé, de petites averses bien froides détrempent le jardin et menacent les premières plantations de Clopin. Papy, toujours à l'hôpital, ne pourra pas voter, ce qui l'embête, mais il faut dire qu'avec le caillot au cerveau qui a nécessité une intervention la semaine dernière, on ne pouvait guère lui faire faire de procuration. De toute manière, par ici, c'est le Front National qui arrive en tête, alors... Le petit ânon est né, ce qui devrait être une bonne nouvelle, mais... Sa patte arrière droite ne touche pas le sol. Fracture ? Malformation congénitale ? Devons-nous faire venir en urgence le vétérinaire, avec les 20 % de surcoût supplémentaire pour un déplacement le dimanche, cela alors même que des soucis professionnels ont divisé mon salaire par deux, que les mises bas des brebis se sont mal passées et qu'il a fallu là aussi payer de lourds frais vétérinaires, perte sèche quoi, et qu'il nous faut faire si attention que les projets de voyages, cette année, restent accrochés aux vestiaires. Une chose sûre : cet ânon est bien un Clopin, ce qui ne contribue pas à nous faire sourire... Quant à Clopinou, certes les études continuent leur bon train, mais ses ambitions sont cependant très difficiles à atteindre, et serons-nous à la hauteur de ce que le garçon appelle "le GIGN de l'éducation nationale", à savoir les deux années de prépa intensive ? Et puis Jim vient manger ce dimanche, avec le fidèle P., et désormais, la joie de le revoir est assombrie par la lourdeur de la prise en charge. Quant à moi, je ne suis fière ni de ce que je fais, ni de ce que je ne fais pas, et j'ai le moral dans les chaussettes. Et j'ai beau tendre le cou, les hirondelles ne sont toujours pas revenues."

 

Vie idéale, donc, comme dirait Stoni... Mais avec emmerdements. 

 

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commentaires

paul edel 26/04/2012 23:30


:"la vie c'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit."Maupassant a pris ça dans la vie de tous les jours des normands.sur les marchés, dans
les cours de ferme./

judith 25/04/2012 16:10


je vous ai envoyé il y a deux jours un commentaire qui n'a pas ete enregistré .


je vous y disais deux choses :d'abord que votre billet illustre une maxime qui m'habite en permanence Elle  me vient des dernieres pages d'Une Vie de Maupassant:la vie c'est jamis si
bon ni si mauvais qu'on croit.


l'autre qu'il ne faut pas mythifier la prepa ?ce n'est pas l'enfer ,surtout quand on a de la facilité ;on s'y epanouit à la fois grâce au travail qu'on fournit et aux loisirs intelligents
qu'on peut  s'y  menager

Lavande 25/04/2012 15:28


L'inverse, piqué dans un joli petit bouquin de Françoise Héritier, intitulé "Le Sel de la vie":


"... avoir demandé son chemin un soir pluvieux d'hiver à la sortie désertée du métro Censier-Daubenton à un groupe de trois punks, coiffure à l'iroquoise et Doc Martens, chahutant à l'abri d'une
porte, et avoir été accompagnée par trois jeunes gens prévenants jusqu'à l'entrée du square Vermenouze: "Mais si, Madame, vous n'auriez jamais trouvé toute seule, et puis, on ne sait jamais..."

Cactus 24/04/2012 17:12


gardez au moins  l'immoral , Clopine !

paniss 23/04/2012 15:39


madame Clopine: contre les emmerdements, une seule arme: le mépris!

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