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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 09:26

"Nous perpétrons certaines actions simplement parce que nous ne le devrions pas". Edgar Allan Poe, in "le démon de la perversité"

 

Je suis donc allée à Paris, sur la foi d'une invitation facebook lancée par Eric Poindron, qui tient un blog, le "cabinet de Curiosités", où je vais parfois. J'ai ma conscience pour moi : j'avais prévenu E.P., au téléphone, que j'étais indissoluble dans un groupe. Mais E.P. possède une faconde communicative, et parlait de belle aventure...

J'ai pris le train

 

Hélas, je ne l'ai pas pris seule. J'avais emmené avec moi, sans le savoir, le petit démon de la perversité si bien décrit par Poe, et qui n'était pas sorti depuis longtemps. Il s'en est donné à coeur joie, le bougre, et me voici bien embêtée aujourd'hui. (enfin, relativement tout de même, y'a pas mort d'homme, dirons-nous suivant la languissante formule à la mode). 

 

Car le récit de cette expérience, comme si souvent chez moi, est parfaitement double. Je peux vous en faire une description angélique et juteuse, tenez :

 

" Dans un endroit presque secret  du sixième arrondissement de Paris, une belle porte cochère ouvre sur un passage étroit, pavé, bordé d'anciens ateliers transformés en appartements. Au bout du passage, une porte, puis deux, sont à franchir, avant d'arriver à une petite cour fort bien mise en valeur, où de gros pots contiennent des arbustes et des plantes. Des portes verrières, défraîchies, donnent sur un ancien atelier, un peu mystérieux, resté "en l'état", et appartenant à une famille qui est passée de l'artisanat d'art (un grand' père maître verrier fabricant de vitraux) à l'art tout court (un fils travaillant divers matériaux, dont l'acier, à la recherche de formes épurées, "afin de faire un pont entre le nord et le sud", dans une "quêtespirituelle" influencée bien entendu par l'activité du grand'père). Eric Poindron est visiblement un commensal de la famille, qui comprend la mère, désormais veuve et qui "organise quelques expositions dans l'endroit, est une amie d'E.P. et lui prête donc les lieux,", une jeune femme, Anne, souriante et charmante, qui fait visiter le lieu en insistant sur le fait qu'il y a huit ans à peine, il était encore "habité" et que jusqu'à 9 ouvriers ont travaillé là, et des frères absents mais qui viendront, c'est sûr.

Les invités d'Eric arrivent peu à peu. Public  hétéroclite, à majorité féminine et d'un certain âge, beaucoup de participantes  sont  déjà connues d'E.P., à travers d'anciens "ateliers d'écriture". Nous attendons, longtemps, car Eric a disparu, comme le charmant primesautier qu'il est, et  qu'Anne comble son absence  par des explications fort claires sur le passé du lieu... Puis  notre animateur arrive, s'asseoit, et nous présente son programme prestigieux : il s'agit de rien de moins que d'un engagement, qu'on nous annonce fort ferme et définitif, à venir tous les jeudis de l'année qui vient, de 19 h à 22 h. Les séances seront consacrées à des rencontres passionnantes, entre des personnalités connues (ou moins connues, mais "on s'en fout, ce sont de toute manière des personnes de qualité) qui viendront à la rencontre des élèves , participants, invités payants  , "écrivants" (*), à seule fin de faire vivre cet endroit autrefois si animé, de l'habiter d'une nouvelle manière. On ne pourra pas écrire de belles maximes sur la gloire littéraire sur les murs, mais on compte sur les participants... pour participer (!), et déboucher, en fin d'année, sans avoir loupé une seule séance, même au mois de janvier quand on ne pourra plus compter que sur l'antique poële à charbon qui trône (il faudra peut-être prévoir un tapis, on verra..) peut-être sur une publication, on ne sait pas encore... mais ce sera de toute manière passionnant..."

 

Voilà un récit parfaitement objectif et mesuré, non ? Mais je pourrais le compléter ainsi : 

 

Tout ceci fut présenté par un E.P. volubile,  qui rappelait avoir déjà animé des ateliers d'écriture, en même temps qu'il menait d'autres, et fort nombreuses, activités - car notre homme est écrivain, mais aussi gastronome (d'ailleurs un jour un grand cuisinier, ami de,  viendra peut-être confectionner un plat avec trois ingrédients, comme ça, pour faire vivre l'endroit), joueur d'échecs, éditeur, érudit, etc. , etc.

Ce qu'on demande aux personnes présentes, outre l'engagement formel et répété de vivre l'expérience exaltante de se geler les miches autour du poêle quatre fois  par mois, fermes et définitfs, n'est  absolument pas précisé. Le flou, la liberté créatrice, le jaillissement d'expressions diverses seront les bienvenus. Il s'agit de vivre, de laisser les choses venir, dans la liberté la plus totale, avec de multiples formes d'art.

 

Et puis le moment essentiel de la séance arrive :  E.P., pour l'édification des fidèles, sort son carnet et égrène les noms prestigieux ("ou non, mais on s'en fout", voir plus haut) de tous ceux qui sont ses amis et sont  intéressés pour venir à la rencontre des personnes présentes, lire leurs oeuvres, discuter, on se sait pas encore exactement mais cela sera exaltant, et tous ces créateurs  viendront "en toute humilité" "à la rencontre" des personnes inscrites. Les noms défilent, il y aura le fils de et le frère de, Gilles Lapouge et Untel qui a participé avec Sfarr à la récente expo Brassens, et puis Tavernier qu'on ne présente pas et puis Unetelle, grande poétesse qui va tous nous  éblouir  et qui est une femme de soixante ans  très belle, très jolie, tout comme Machine qui est présente ici et Anne, la fille de l'hôtesse, et Trucmuche et Machinchose. D'ores et déjà, on peut dire que les deux premiers thèmes abordés seront le désert et...  Euh, enfin la si jolie et si fine Unetelle travaille en ce moment sur ce thème...  E. P. qui aime tant complimenter les jolies femmes ne dédaigne cependant personne : les moches (dont je suis), s'en tirent aussi, on apprend qu'elles   ont envoyé des "choses délicieuses" à E.P. (??? moi ? J'ai posté trois com' sur son blog..., ça suffit pour être délicieuse ??? ), Bref, il est urgent qu'E.P. reparte faire  la quatrième pause de l'entretien,  à présent que  les 50 noms prestigieux ("ou non, mais on s'en fout", etc. ) ont été jetés, comme autant de paillettes, devant les yeux éblouis des participants.

 

La séance ayant commencé avec 20 bonnes minutes de retard (E.P. a été obligé d'aller jusqu'au 96 de la rue), et les trois premières pauses, respectivement aller boire un verre d'eau, fumer une cigarette et aller faire pipi ayant été consommées, il convient désormais que les invités se lèvent, oui oui, se mettent debout et commencent à échanger librement. Des questions peut-être ?  Non, pas de questions, alors reprenons le couplet sur cet endroit fabuleux qu'il s'agit de faire revivre, en profitant de la hauteur sous plafond prodigieuse, du magnifique spectacle des couleurs des vitraux se reféltant sur les beaux murs vieillis et salis mais si inspirants, en étant sûrs et persuadés que cette aventure qui est ainsi proposée sera porteuse d'avenir, d'autant qu'"Untel nom prestigieux" est un homme charmant et qu'"Unetelle autre nom connu" est si jolie. D'ailleurs deux charmantes jeunes femmes, aux bouches couleur cerise écrasée sortant d'un tube de rouge à lèvres à deux euros avant la virgule, en fort jolies tenues d'après-midi et talons hauts, viennent prendre place sur le vieux banc de bois du Lieu qu'il s'agit d'Habiter (mais elles s'en iront assez rapidement, après avoir distribué autour d'elles la grâce de leurs sourires et de leurs coiffures savamment arrangées). Isabelle (le "bras droit" d'E.P., elle lui est indispensable me précisera-t-il,  car, dans la dynamique du groupe, elle est la méchante), restera, elle, et propulsera ses 120 kilos vers le buffet,  en ma compagnie. Nous boirons du jus de mangue, pendant qu'un tout petit cubi de vin (sûrement prestigieux) sera offert gracieusement à la compagnie. Hélas, je ne pourrai en voir plus, car j'ai mon train à prendre. Le généreux E.P. me fera cependant la bise, malgré ma "vilaine attitude"..."

 

 

 

 

Car  ouais, c'était parfaitement exact. Cela faisait déjà 20 bonnes minutes que mon démon de la perversité se tenait les côtes, et je ne savais pas comment le contenir : il était déchaîné. J'ai pris une résolution extrême, parce que, j'avais beau avoir prévenu Eric Poindron, il allait forcément m'en vouloir. Pour calmer un peu mon Belzébuth, j'ai mis ma panoplie de Bécassine, qui fait un excellent camouflage. Mon Astarzah m'a soufflé à l'oreille les questions - et dès la première, E.P. a été obligée de souligner mon mauvais goût : j'ai demandé fort naïvement à l'hôtesse comment elle résistait à la pression immobilière qui devait s'exercer sur le lieu, inutilisé aujourd'hui. Or, quand on possède ce genre d'endroit, dont le prix au mètre carré doit être un des plus élevés au monde, il est absolument inconvenant de parler d'argent. Etait-il, d'ailleurs, question d'argent ici ? Au téléphone, Eric m'avait rapidement expliqué que chaque séance revenait à 40 euros, ce qui pouvait paraître cher mais hélas, les frais sont les frais, et 40 euros c'était dérisoire compte tenu des noms prestigieux (et qui laissaient espérer établir des contacts avec l'univers de l'édition parisienne, ceci étant évidemment sous-entendu...) dont-auxquels-pourquoi- comment nous aurions la chance inouïe de pouvoir serrer la pogne. Mais il aurait été vraiment mesquin de parler concrètement de cette vilaine chose : le pognon...

D'ailleurs, toutes mes questions de Bécassine étaient mesquines. Bien sûr, on écrirait des textes, mais sous quelle forme précisément, ça c'était accessoire comme question. On ne savait pas non plus s'il fallait préparer des choses entre les séances, Aminata aurait bien voulu commencer "à plancher tout de suite sur le désert" mais Isabelle (visiblement, trente ateliers d'écriture derrière elle) en tenait pour l'improvisation... Pour faire pardonner mes questions imporunes, j'ai expliqué que c'était mon premier atelier d'écriture, et que j'avais quelques problèmes d'intégration dans les groupes ; mais je voulais quand même savoir  de quoi il retournait exactement. Nous allions donc écrire des textes... et puis quoi  ? En quoi cela allait-il nous servir ?  Nous les lirions aux autres ? Nous les épinglerions au mur ? Nous les remettrions à E.P.  qui aurait une semaine pour les compiler, les annoter, les commenter ? Nous nous "critiquerions" les uns les autres, c'était ça ? Mais quelqu'un avait-il conscience de l'horrible chose que c'était, de critiquer... Tous les participants, un sourire ravi aux lèvres, se tournèrent vers moi pour m'assurer de l'inverse ( Eric était parti pisser, boire, fumer, draguer, allez savoir). IL y avait "manière et manière"' de dire les choses, m'expliqua-t-on (je m'aperçus que tous ici avaient déjà, semble-t-il, pratiqué assidûment la chose). Toujours planquée sous ma robe verte et mon tablier blanc, j'ai alors indiqué qu'à chaque fois que j'ai reçu une critique négative, avec la plus grande bienveillance évidemment, j'ai toujours détesté violemment l'individu qui me l'adressait... Ma remarque a été prise comme une sorte de plaisanterie, je crois...

 

Mais ça ne calmait pas mon démon, qui désormais laissait pousser sa queue dans mon dos et ses cornes sur ma tête. E.P. étant revenu de pisser boire fumer draguer et autres, je lui ai carrément et toujours naïvement demandé à quoi tout cela allait servir. Après tout, ai-je remarqué, s'il s'agissait de venir écouter les 50 noms prestigieux lire leurs oeuvres et les commenter, on pouvait avoir le même service, gratuitement, dans n'importe quel salon du livre, conférence fnac ou séance de signatures oragnisée par un libraire... Quant à faire "vivre ce lieu magique et sacré" que constituait l'ancien atelier verrier, peut-être fallait-il commencer par une définition précise de ce que nous y ferions. J'ignorais presque tout de l'art du vitrail, mais il me semblait que c'était, avant tout, une technique  précise, longue  à acquérir, minutieuse et fort réglée d'avance. Une écriture, quelle qu'elle soit, ressemble aussi à ce genre d'exercice : mon humble expérience, tout au moins, m'avait prouvé que la littérature  requérait de l'exactitude dans le choix des mots, une certaine discipline, la clarté dans l'intention et la modestie dans le but. Soit exactement l'inverse du programme annoncé par notre animateur...

Isabelle (inquiète sans doute sur la place d'emmerdeuse qui lui revenait dans la dynamique de groupe, et que je semblais revendiquer) s'en étrangla dans son jus de mangue. Décidément, de tous les participants, c'était celle qui me plaisait le mieux : au moins, sa "joliesse" était toute intérieure, et elle faisait ouvertement la gueule. De plus, c'était la seule qui, depuis le début, avait prononcé le mot "écriture", et c'était sans doute celle qui avait le plus lu, de toute l'assistance si écrasée par les noms prestigieux... Elle m'annonça tout de go que mes problèmes d'intégration s pouvaient fort bien se résoudre par l'exclusion (bravo, Isabelle, ai-je pensé in petto, doit au but, comme l'O.M.), et qu'il y devait y avoir des ateliers d'écriture en province, pas besoin de monter à Paris pour ça...

 

Svetlana, une jeune femme russe, proposa alors timidement à E.P. de commencer par le commencement : à savoir que le tout premier texte de chaque participant devrait définir ses attentes par rapport à cette "aventure formidable". Je crois qu'E.P.,  qui semblait vouloir  prouver quelque chose (mais quoi ?) à la famille de verriers qui nous accueillait, avait oublié, tout occupé qu'il était de  ses "50 noms prestigieux mais on s'en fout", qu'il faudrait aussi s'occuper des dits-participants. Et j'avais comme l'impression que, sans aucun plan préconçu, il comptait sur nous pour "faire revivre cet endroit Habité", tout simplement. 

 

Ben voyons. 

 

Mon démon a ri pendant tout le trajet de retour,  alors  que mon "vrai moi" (qui est plutôt gentil, lui) était navré.  Je le savais, pourtant, que j'étais indissoluble... Pourquoi alors aller embêter tous ces gens, qui ne me demandaient rien, et être "vilaine" vis-à-vis d'E.P.  ?

Mais mon démon refusait d'entendre ma gêne. Voyons, n'avais-je pas entendu, comme lui, Eric Poindron commencer à distribuer les bons et les mauvais points, commentant les questions "oui, c'est une question pertinente", "ah, bonne remarque", "là, on y est, (soupir), les pieds dedans" (à propos de ma remarque sur le coût de l'immobilier...)". Ne pouvais-je pas d'ores et déjà prévoir que j'étais, dès ce moment, totalement grillée, et qu'aucun de mes textes ne trouverait grâce à ses yeux (c'est évidemment la sanction qui attendait la "vilaine" - petite fille devant le grand homme - qui osait remettre en cause le but même du jeu ?). Comment ne pas comprendre que, lorsqu' Eric Poindron parlait de quelqu'un non connu, non people, en disant "on s'en fout", il fallait évidemment comprendre exactement l'inverse ? 

Tu charries, ai-je dit mentalement à l'infernale créature, tu interprètes... 

 

Ah bon, a-t-il repris tout aussitôt, et les deux charmantes venues passer une petite demie-heure dans cet atelier où nous sommes sensés demeurer "jusqu'au bout", hein, on nous a bien prévenus, pas questions de raccourcir les séances (et dire que celui qui nous expliquait cela avait commencé la sienne avec 20 minutes de retard, s'était fait remplacer par la fille de la famille, et avait passé son temps à disparaître dans la cour), ces deux charmantes jeunes femmes, elles étaient là pour quoi à mon avis ? N'avais-je pas déjà vu des asticots plantés dans des hameçons, et le rôle de ces jeunes personnes ne ressemblait-il pas étrangement à celui d'appâts, pour contenter non seulement E.P., mais encore les noms prestigieux et les invités mâles ? Mmmhhhh ? Et avais-je entendu quoi que ce soit qui semblait se rapporter à la littérature, à part, bien entendu, le chapelet de "noms prestigieux mais on s'en fout"  ? Et puis, cet "ami d'Eric", j'allais peut-être lui dire que je l'avais apprécié, alors que ce parfait inconnu avait passé la séance à tourner autour de nous comme une mouche autour d'un troupeau de vaches, avec son appareil photo, à nous flasher sans même nous demander la permission, tant il semblait sous-entendu que nous étions au septième ciel et donc tenus à la gratitude éperdue 

 


 

J'étais furieuse contre  ce sale petit démon, et j'avais envie de lui tirer la langue, pendant que le train du retour  prenait sa vitesse de croisière et que le bruit mécanique et strident des  moteurs augmentait d'autant. Mais je le connais bien, mon démon : il adore qu'on lui tire la langue. IL en rajoute dans ces cas-là, et va chercher sa famille - et elle est nombreuse ! Il convoque, pour me narguer, son petit cousin Marcel, l'infernal garnement qui se gausse des Verdurin. Il invite le cousin Oscar, au fort accent irlandais, qui excelle dans les imitations... Il irait même jusqu'à chercher le démon de VIrginia, si habile à farfouiller dans les pantalons des prudes victoriens, et qui me fait presque plus peur que rigoler : car celui-là a fini par remplir les poches de sa maîtresse de lourdes pierres, une par une...

 

J'ai donc tergiversé. Bien entendu, il était hors de question que je le remmène un jour  dans cet endroit, 50 noms prestigieux ou pas. En échange, peut-être pouvait-il me permettre d'envoyer une lettre d'excuses à E.P. ? Parce que, quand même, j'y allais fort, pas vrai  ? 

 

Pendant que mon démon débattait de cette question (il ne semblait pas d'accord), le bruit du train, si fort et incommodant soit-il, commençait à me bercer. Ma voisine avait sorti son ordinateur portable, et écrivait frénétiquement. J'ai pensé que j'avais oublié comment on peut dormir dans un train. J'ai pensé aussi que ma voisine tapait sans doute aussi vite que moi - et puis je me suis endormie dans les bras de mon petit Belzébuth, pendant que le train déchirait la nuit, et que je retournais ainsi, sans effort aucun,  à ma vraie place : chez moi.   

 

Ps : (*) "écrivant, écrivante", trouvaille poindronesque pour désigner, tout bonnement, les écrivains et écrivaines...


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commentaires

Eric Poindron 23/07/2011 11:48



A propos de la presentation de l'atelier d'écriture d'Eric Poindron où Madame Clopine Trouillefou s'est plu à semer la Zizanie puis à
raconter à sa vilaine manière (et dans le fond et dans la forme) et prendre en otage les participants :



Un démon à ma table et le lien : 



http://www.clopinetrouillefou.fr/article-un-demon-a-ma-table-recit-d-une-aventure-avortee-76375832-comments.html#anchorComment

Cette dame et son double - schizophrénique -  oublie de vous dire qu'elle n'a rien payé et qu'elle était invité à découvrir afin de décider si elle souhaitait participer ou non. Et oui,
que ça lui plaise ou non, quand on commence une activité, on s'engage et on s'y tient. Et je maintiens, toutes ses questions, à commencer par le prix de l'immobilier furent parfaitement
stupides et lamentables. 


Autre petite rectification, en passant, on ne me prête pas ce beau lieu, mais je le loue. 


Et puis votre amie oublie de vous dire qu'elle s'est sauvée comme une voleuse, alors qu'elle était chaleureusement accueilli. Vous m'amusez, les uns les autres à vous cacher derrière vos murs.
mais venez donc à l'atelier me dire en face tout ce que vous écrivez vilement. Lâcheté & compagnie... Soyez rassuré, je suis habitué aux donneurs de leçon de votre triste espèce. 


Je vous demanderai aussi de conserver les uns et les autres vos jugements péremptoires sur ma personne puisque vous ne me connaissez pas. Une première fois, ça ne m'amuse pas, la prochaine
fois, ça va m'énerver. Et j'en profite pour vous rappeler que je vis dans la campagne profonde, sans voisins, et bien loin du milieu littéraire qui vous fait tant parler. 


Aux bons soins de Zoé : si ce texte est un régal, arrêtez immédiatement d'écrire, car vous n'êtes pas faite pour ça, doux jésus !


Aux bons soins de La feuille charbinoise : vous êtes un cuistre doublé d'un hypocrite. Vous venez me lire pour mieux - et très mal - colporter. Vous apprendrez que cinquante personnes
satisfaites valent mieux qu'une grincheuse et artiste à demi. 


Pour les autres : je n'ai jamais fait croire que j'avais inventé le mot : écrivant et tiens à vous préciser que j'emmerde copieusement Barthes et ses thuriféraires. J'ai simplement utilisé ce
mot simple dans le sens d'un homme "écrivant", contracté en participe présent, comme on peut le faire avec "étudiant". 


Enfin, à tous, pas très joli, joli vos règlements de compte dans mon dos, ça rappelle un peu les exécutions publics, les dénonciations des "bons français" durant la seconde guère et une
mesquinerie propre aux écrivaillons raté.


Enfin, comme je sais que cette triste personne se fera un devoir de ne pas laisser le commentaire sur son mur, je l'adresse à chacun d'entre vous. Et demeure, MOI, à votre disposition pour
bavarder et m'explique. Enfin je vous demande de cesser tout quolibet à mon égard. 


Eric Poindron, « semi-mondain boursouflé »




Jean-ollivier 15/06/2011 15:07



Bonjour, Clopine


Faite de temps, je n'ai lu votre texte qu'en diagonale, mais j'ai vu en note qu' "écrivant" était inventé par E.P. peut-être ai-je mal lu.


Pour moi, écrivant s'inscrit dans la trilogie écrivain-écriveur-écrivant définie par Jacques Audiberti dans son Molière (L'Arche, années 60 ?)


de mémoire, l'écrivain, c'est l'amoureux de la belle langue, du texte en soi (Racine, Proust)


L'écrivant, c'est celui qui écrit par nécessité (Molière pour que les comédiens puissent apprendre leur texte, Descartes pour que son idée passe bien, Napoléon pour ses
ordres du jour à la Grande Armée, etc.)


L'écriveur, c'est bien sûr celui qui fait de la littérature que c'est pas la peine (comme disait Debussy, il y a la bonne musique, la mauvaise et celle que c'est pas la peine)


 


 



clopine 16/06/2011 12:07



Merci de vos précisions, érudites comme d'hab', Jean-O. Je crois que dans la bouche d'Eric Poindron, il ne s'agissait pas d'une quelconque "référence", mais d'une maladresse : il voulait
signifier que les participants de son atelier, la plupart amateurs, n'étaient pas de "vrais écrivains", et c'est le mot "écrivant" qui lui est venu sur le bout de la langue (qu'il a par ailleurs
fort bien pendue).


 


Bonne journée à vous et merci de votre visite



clo 14/06/2011 09:08



Zoé, merci pour vos remarques si gentilles, et oui, vous avez raison, ce n'est qu'un semi-mondian boursouflé, cet Eric... Bonne journée à vous !


 


Paul de la Feuille, en plus, je n'ai raconté que la moitié des hilarantes répliques de cet "atelier". Si c'est cela la vie intellectuelle parisienne, je préfère nettement celle des jardins, des
arbres exotiques et des repas sous les tilleuls !


 


"écrivant" : Barthes n'avait-il pas atteint le degré zéro de l'écriture ? (ahahah)


 


à tous, merci de votre passage et de votre lecture ! 



La Feuille 13/06/2011 21:37



C'est poilant, après avoir lu ton billet, de lire la version poindronesque sur son blog.


Je pense qu'il y a, dans tout cela, traitement nécessaire, quelque chose que l'on pourrait nommer chevillothérapie, indispensable pour les gens atteints d'enfluropathie.


Je vais voir dans les pages jaunes de mon annuaire des curieuses spécialités médicales, si je trouve un cabinet de consultants adaptés...


 



Myriam L. 12/06/2011 12:08



Revigorante et pertinente, cette volée de choux verts ! Et très bien mené ce récit qui met gaillardemment les pieds dans le plat. Par contre, le vocable "écrivant" n'est pas une trouvaille
poindronesque (non mais!). C'est du Roland Barthes.



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