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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 13:43

Je vais quitter la maison, cet après-midi, pour la Ville - mais je ne pourrais pas échapper au temps pourri, qui sévit là-bas comme ici -  et là, j'en ai ras la casquette de mon "pays sage". Aux chiottes, oui !  Je bute dans ce temps de merde  à chaque pas, quand je tape à grands coup de sabots de caoutchouc contre le rebord de la source, pour faire tomber la boue qui me colle aux pieds, ou que je m'encolère en levant le nez vers les arbres, secoués par un vent froid, désagréable, qui vient chercher  mon  cou jusque sous mon écharpe. Je m'irrite aussi de la lumière laiteuse ou grise, mais en tout cas poisseuse, qui  me colle aux yeux et réduit tout à une bande de terre mitée de petits pavillons mesquins,  arrosée de rus couleur marron tendance pisseuse. Le jardin aligne encore ses poireaux, seuls debout dans la désolation,  mais ils font triste mine - quant aux choux de Bruxelles, on dirait des quilles de guingois, porteuses de pustules peu appétissantes... 

 

Sortir par ce temps pourri (et je connais la chanson, hein. Ca peut durer jusqu'à mi-mai) est une sorte de sacerdoce, or je n'ai aucun goût pour le sacrifice. Bon, j'emmène quand même le chien, parce que lui il s'en fout,  le chien, du temps. Ce qui lui plaît, c'est de débusquer les lapins et de faire la course avec eux, décrivant de splendides trajectoires dans le champ, la queue horizontale, les oreilles rabattues pour améliorer l'aérodynamique... Il rentre les pattes crottées et la langue pendante, ravi et penaud à la foi (parce que les lapins, ça court vite quand même) et me regarde en trouvant tout cela charmant... 

  

Pendant que mois je renaude, et  rêvasse à des pays bleus et or, à des rivières paresseuses, à une goutte de sueur qui descend doucement le long d'un torse bronzé...

 

Bon, réagissons. 

 Vite, à l'intérieur, une bonne tasse de thé, comme Clopin n'est pas là je m'autorise à la poser près de l'ordinateur (de toute manière, il est trop loin de moi pour pouvoir l'empêcher, alors je me venge, fallait pas ah fallait pas, je ne fais que des bêtises, des bêtises quand tu n'es pas là, tralàlà), le chien à mes pieds, le chat  dans mon giron, et c'est parti pour la chanson la plus chaude que je connaisse. 

 

 

(encore heureux qu'on y va, vers l'été, quand même...)

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