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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 10:33

Paul Edel, à propos de Gérard Mordillat, fait coup double dans le dénigrement :

 

"mordillat, pathétique avec son populisme lutte  des clases années 50 et refilant se mauvais romans ppst zola épuisé..sans doute un gentil type mais nul en littérature et nul quand il dirigea les pages livres de Libé.il tait en voie de se téléramiser.."

 

Et je le trouve bien injuste. Certes, l'écrivain Mordillat n'est peut-être pas un styliste, mais il abat une besogne  dont, avant lui, un Roger Vaillant se chargeait, (peut-être avec plus de talent) mais en tout cas avec la même conviction. Et la série télévisée "des vivants et des morts", grand succès populaire, ne démérite en rien. De toute façon, la classe ouvrière, devenue si "invisible" dans notre société, mérite bien d'avoir des chantres : tout le monde ne peut pas ciseler des romans stendhaliens sur des liaisons romaines, et je trouve que décrire une lutte ouvrière est une sorte de combat pour la dignité, encore plus nécessaire de nos jours... 

 

Réduire Mordillat à un écrivain populiste est de plus parfaitement injuste. Son travail colossal avec Jérôme Prieur sur la bible était  remarquable : c'est là que je l'ai rencontré, car j'ai suivi avec passion "Corpus Christi". Non seulement j'ai appris plus en suivant cette série que dans toute mon enfance catholique, mais le respect avec lequel les différents chercheurs - rabbins, historiens, prêtres, laïcs - étaient interrogés imprégnait la série d'une atmosphère incomparable d'érudition. 

 

Et de plus, Mordillat, avec sa voix à casquette à carreaux, me fait rire souvent, ce dont je lui suis infiniment reconnaissante. C'est un des piliers des jeux oulipiens des Papous dans la tête, et il manie à merveille le présupposé paradoxal de l'émission : "de la contrainte jaillit la liberté d'imaginer", dans la joie et la bonne humeur. Encore une autre facette de cet homme multiple... 

 

Et si j'ignorais son rôle dans les "pages livres" de Libé, j'ignorais aussi le rôle de Paul Edel dans les "pages livres" du Point : n'y aurait-il pas, dans sa remarque, comme l'ombre d'une jalousie professionnelle, sans doute de bonne guerre dans ce milieu, mais qu'il serait de bon ton de replacer dans son contexte ?

 

Quant à Télérama... Oui, c'est un journal "grand public" qui a cependant la prétention d'être culturel. OUi, sans doute, son rôle de prescripteur le place parfois en position d'injustice vis-à-vis de certains écrivains qui n'ont pas eu la chance de recevoir, dans ses colonnes,  l'accueil qu'ils méritaient. OUi, je suis d'accord, le premier prix décerné par le duo France Cul-Télérama est allé au cuistre Bégaudeau-le-sinistre, ce qui n'était pas un choix heureux. Mais cependant, lui tailler des pointes à ce point méconnaît le rôle et les limites de cet honnête journal, et qui ne fait pas d'erreurs ? Télérama donne un avis, ce qui le place à cent coudées au-dessus des Télé Z et autres. Et il reste le seul à donner les programmes des radios, ce qui est un effort on ne peut plus méritoire... 

 

Je crains que derrière les critiques adressées à Télérama, ne se glisse encore le mécanisme qui fait détester tout succès, incompatible pour certains avec le mérite... Ou pire encore : le mépris Finkielkrautien du "grand public", dès que celui-ci prétend sortir par le haut de la place où la société le met. Ce qui m'étonnerait quand même de la part de Paul Edel, mais encore une fois, à trop dénigrer on en perd la crédibilité, pas vrai ? 

 

Il y a chez Paul Edel une écurie, où il abrite les grands chevaux qu'il adore monter régulièrement : la critique littéraire et le romantisme en sont les étalons - Paul n'admet pas qu 'un autre que lui s'en empare. Je reconnais là, bien sûr, l'exclusivisme de la passion, mais  j'avoue que, comme tout ce qui est entouré de barrières, les "chasses gardées" m'emmerdent copieusement. 

 

 


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commentaires

Paul Edel 17/07/2012 14:16


  inversion des valeurs avant-hier,


vous avez tout à fait led droit de trouver mes oeuvres sans interet, je ne sais pas moi même où me situer et aucun écrivain ne le sait.. ,en revanche clopine ne cesse d'être "déçue" , c'est un refrain chez
elle..quand on ne partage pas son opinion, fatiguant et usant comme exempolke de sectarisme souriant...quand elle parle de sa famille et tient sa chronique elle est souvent fort bonne.

rose 15/07/2012 22:22


Paul


je vous avais répondu chez Passou en argumentant légèrement sur Zweig, mais ma réponse a disparu puis réapparu et ce n'est pas grave ; sauf cas extrêmes, je ne suis pas dérangée par l'antagonisme
sur les auteurs ; le père d emes enfants ne lisait plus que de la S.F. Cela me sidérait, c'était son choix de vie, pour moi restrictif, mais qu'en ai-je su de ce qu'il vivait dans sa tête ? IRL,
les combats ne m'interressent pas. Ceux de coqs encore moins. De plus, je hais le syndrome tête de turc où il faut décaniller quelqu'un ; je n'aime pas plus l'obédience à qui que ce soit.


J'aime sincérité et rectitude. Je vous trouve simple, courtois et correct. Vu de loin.


Cordialement à vous,


 


rose

condom 15/07/2012 20:25


Clopine, est-ce-que vous croyez sérieusement que Corpus Christi soit une production honnête intellectuellement? Autrement dit une production qui laisse la parole à tous les points de vue et donne
une vision aussi objective que possible de questions religieuses qui méritent un débat de fond? Le parti pris des auteurs est si aveuglant que si vous répondez oui, je serai vraiment très
inquiet.

clopine 16/07/2012 09:38



Peut-on être "de parti pris" (ici, celui  de la recherche HISTORIQUE   sur la bible, non religieuse ou mystique) et "honnête intelllectuellement" ?  C'est une intéressante
question. Par exemple, les créationnistes, vous les classeriez comment ? 



paniss 15/07/2012 18:42


pour le dire un peu familièrement, mr Edel n'est pas "ma tasse de thé"; mais je partage son point de vue sur le sieur Mordillat: il suffit de l'écouter sévir sur France Culture pour être
fixé sur le bonhomme...

inversion des valeurs 15/07/2012 17:34


je ne vois pas pourquoi Clopine serait qualifiée de "mesquine" quand elle critique Edel et que Edel serait quant à lui élevé au rand de "passionné de haute littérature" quand il crachote sur
Mordillat. c'est à se demander qui est le plus hostile à toute remise en question


il est vrai que je considère Amette comme un auteur mineur et qu'il ne me paraît pas injuste de trouver son goncourt usurpé car son livre était très très moyen, comme d'autres. peut-on le dire et
même le penser sans s'attirer ses foudres?


je trouve plus de sève et de finesse dans l'écriture de Clopine par exemple

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