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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 10:25

J'ai retrouvé l'odeur, intacte après tout ce temps : celle des rivières de mon enfance.  Un arrière-fond de terre mouillée, presque de vase,  et l'odeur des plantes de l'eau, calitriches ou renoncules. Le Cosnier coulait au bas de notre jardin,   puis, pour oublier son vilain nom, se jetait dans la Charentonne :  quelle bien-nommée,  par contre, que cette Charentonne remplie de fraîcheur, d'herbes vertes qui se tordent dans l'eau claire, et qui s'en va chantant, murmurante et pressée...

 

Certains  noms de rivière sont magiques. Et ce n'est pas la Vivonne qui me contredira, pas vrai ?

 

Nous pêchions dans les rivières, des alevins emprisonnés dans des bocaux et qui finissaient par mourir. Notre mère nous appelait au bord de l'eau, pour admirer les poules d'eau entourées de leurs poussins. Mes frères fabriquaient des radeaux improbables, nous chavirions parfois. Et déjà, je remarquais la beauté  des libellules...

 

Notre nouveau bateau, ce kayak pneumatique effilé comme un exocet et solide comme une bouée, m'a redonné tout cela, hier : nous avons descendu la Varenne. Je précise tout de suite, pour les connaisseurs : de Muchedent à Saint Germain d'Etables. Soit un parcours en deux parties : la première, balisée, fréquentée par un club de kayakeurs, et qui comporte trois chutes d'eau amusantes à descendre, dans une gerbe d'écume et en serrant les fesses. La seconde... qui nous fut présentée comme "un peu plus compliquée" que la première,  était, elle, "à l'état brut". Entendez que nous n'étions plus que tous les deux sur l'eau, qu'il fallut descendre dans le courant de multiples fois pour contourner les obstacles, que nous avons failli perdre nos deux rames plus le chapeau de Clopin, que nous n'étions pas bien sûrs d'être sur le "bon" bras de la rivière et que j'avais hâte, vraiment, d'arriver. Malgré  la beauté des rives et  l'eau changeante à chaque ramée, malgré  les canards et les poules d'eau qui s'envolaient devant nous, le ragondin aperçu,  et malgré  cette profonde satisfaction qui vous vient du courant qui vous pousse, du bateau qui répond à vos mouvements : j'étais proprement "rincée" en arrivant, et Clopin trempé jusqu'au-dessus de la taille (et oui, courir dans une rivière à la poursuite d'une rame qui s'enfuit, ça vous mouille un kayakeur...)

 

 

clo-pagaie.jpg

 

(d'accord, mon gilet de sauvetage est incommode, pas à ma taille voire grotesque,  et passablement inutile en plus. Mais bon. Il faut, paraît-il. Alors, s'il faut...)

 

varenne.jpg

 


 

A la fin du parcours, nous avons eu la chance de tomber sur une auberge ouverte le dimanche ; nous mourions de faim et de soif. Si les sandwichs convoités n'ont pu nous être servis, nous avons cependant eu droit à de belles parts de tarte aux pommes, et des bières d'autant plus délicieuses qu'elles étaient méritées.

 

Je n'ai évidemment qu'une envie : c'est de recommencer... Mais avant d'aller ainsi au fil de l'eau, je vais relire le bateau ivre, de Rimbaud :  pour pouvoir divaguer tranquillement, en rêvant que ce bateau perdu n'ait été, finalement, qu'un humble canöe...

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