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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 10:33

Je viens de découvrir le site : le fou de Proust, qui est très bien fait et fort enrichissant. Le maître des lieux, homme charmant,  est du genre collectionneur, ce qui ne me correspond pas vraiment mais qui a de vrais avantages : par exemple, il y a un onglet "oeuvres d'art dans la Recherche" où l'on peut voir tous les tableaux dont parle le Narrateur. Je ne m'étais pas rendue compte qu'il y en avait autant - je n'ai parcouru que ceux de la Fugitive et du côté de chez Swann, et cela m'a déjà pris une heure !

 

Du coup, j'ai voulu rouvrir  mes vieux pléïades, pour relire encore une fois l'ensemble de la Recherche. Je ne me souvenais plus que j'ai prêté le premier tome à mon petit voisin. Je dis "petit voisin" parce qu'il est bien jeune (18 ans), mais il me dépasse de plus de deux têtes ! Il veut suivre des études d'histoire de l'art, et est très attiré par tout ce qui est culturel. C'est bien volontiers que je lui ai prêté mon pléïade, mais voici qu'il me manque "du côté de chez Swann" et " à l'ombre des jeunes filles en fleurs". Et cela me manque vraiment, je ressens une impression de vide. Une seule solution : offrir les livres dans une autre édition au jeune homme, et récupérer mon vieux bouquin, où chaque page contient la trace de mes doigts, et qui a été tant malmené, lu, relu et traîné partout, qu'il a perdu depuis belle lurette sa double jaquette blanche et transparente, que sa tranche est cassée et ses deux liens à jamais mordillés et réunis. C'est justement tout cela qui me le rend irremplaçable et précieux.Tant pis : j'ai attaqué ma relecture par le "côté de Guermantes", voilà tout.

 

Même si désormais, la police des pléïades est un peu trop mince pour mes yeux usés. J'ai de plus en plus de mal à lire, il me faut une lumière de plus en plus forte et les corps flottants du vitré sont de plus en plus nombreux et gênants. Tant pis derechef : le plaisir de lire Proust est indissolublement lié à cette édition-là. Et seul Proust est capable de me faire oublier les angoissantes échéances professionnelles qui m'attendent. Mes yeux sont priés de suivre.

 

Ce matin, mon gros chat roux, pendant que je retrouvais, semblable et pourtant changée, la description de la baignoire de la Princesse de Guermantes à l'opéra -comme une grotte marine où des déesses nagent gracieusement, et que je me demandais si c'était le terme de "baignoire" qui avait entraîné, par juxtraposition, Proust dans ces humides métaphores, mon gros chat roux, disais-je, a commencé à jouer avec les liens du livre. Et j'orientais ma lecture pour jouer avec lui, penchant le tome et le redressant, tout en me demandant pourquoi Marcel Proust ne fait pas mention, à mon souvenir, de chats ou d'animaux familiers autour de lui -même si Tante Léonie connaît tous les chiens de Combray. Marcel aurait adoré Rouky, doux, patient et peureux, ou, pour parler comme Proust, doré, pelucheux et feulant...

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