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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 10:44

Ma deuxième journée à Paris a été consacrée à l'exposition sur l'Orient-Express : luxe, piston et volupté, certes, mais aussi occasion d'une formidable leçon d'histoire contemporaine... J'ai fini  ce joli voyage  au restaurant libanais, qui proposait un assortiment de spécialités d'orient - purées de pois chiches, boulettes d'agneau, feuilles de vigne farcies. J'aurais voulu que Clopin soit là, car le plaisir augmente quand il est partagé - ce paradoxe d'une division qui additionne est une  fort aimable excentricité mathématique !

 

Mais en fait, Clopin ne m'a pas rejointe, comme il était prévu au départ. C'est moi qui suis rentrée à Beaubec, dès le vendredi soir. Il se passait en effet quelque chose dans notre village, et comme ce n'est pas souvent...

 

C'est notre voisine Marie-Jeanne qui avait organisé la chose, à partir d'une rencontre lors d'un salon écolo. Marie-Jeanne - oh, il y a des Marie-Jeanne dans tous nos  villages, et c'est heureux comme ça - est en effet présidente d'association, ancienne institutrice, mère (divorcée) de quatre enfants, et toujours en vadrouille. Entre randonnées, yoga, voyages en inde et jardin potager, elle s'occupe aussi de la paroisse et entretient des relations amicales avec ses voisins. Comme, en plus, elle est issue d'une famille nombreuse, tous gravitant autour de Forges-les-Eaux, autant vous dire, pour parler comme une directrice de personnel, qu'en matière  de lien social elle est une personne-ressource !

 

Il s'agissait donc, d'après elle, d'une soirée théâtrale proposée par des "petits jeunes", à l'occasion d'un voyage Paris-Dieppe en vélo, en passant par l'avenue verte. C'était gratuit, il nous suffisait d'apporter de quoi manger après le spectacle, qui était basé sur "une légende sumérienne" (?). Ce programme ne nous disait pas grand'chose, mais notre curiosité était éveillée, et puis, "pour une fois qu'il se passait quelque chose" : nous nous sentions presque obligés d'y assister...

 

Et nous voilà partis dans la minimaliste salle des Fêtes de Beaubec la Rosière : long quadrilatère, façon préfabriquée des années 60, une salle particulièrement laide ; pourvue d'une estrade cependant, et d'une acoustique qui porte les voix.

 

Le temps de déposer la salade de riz "avec plein de trucs dedans", le spectacle commençait. Et nous avons été rudement surpris.

 

Le peu d'indications de Marie-Jeanne nous avait fait croire à un spectacle d'amateurs, façon scouts quoi, et  nous nous attendions à un spectacle gentillet, avec maladresses et bonne volonté...

 

Nous avons assisté à du théâtre. Du vrai. Plus que ça, même : l'essence même du jeu d'acteur.

 

La petite troupe (8 comédiens) possédait en vrai une technique de professionnels. Le placement des voix, la gestuelle, la précision de la mise en scène, la maîtrise du texte : tout était là, et malgré les longueurs de la pièce (dûes d'ailleurs au poème des origines sur lequel le conte moral joué ce soir-là s'appuyait), l'attention des spectateurs ne faiblissait pas. C'était très étrange, de voir confronté le maigre public (une trentaine de personnes) à un spectacle si maîtrisé, et sur un sujet pareil : un récit des origines, comme il en existe dans toutes les religions, pris comme métaphore de notre monde moderne. Un plaidoyer pour une renaissance de l'humanité...

 

Franchement, j'étais dévorée de curiosité : comment se faisait-il que des comédiens si affirmés qu'ils tenaient à bout de bras un spectacle, sans aucun autre artifice que trois costumes et deux écharpes - car il n'y avait rien d'autre, ni éclairage, ni décor, ni micros, ni bande son -juste un des comédiens jouant du violon - pas une chaise, pas un seul projecteur, rien, vous dis-je - soient là, et proposent ainsi gratuitement leur spectacle dans de tous petits villages ?

 

Il faut avoir rudement le feu sacré pour ainsi monter une tournée, se déplacer en vélo, dormir sous la tente, se restaurer de pique-nique offerts par les spectateurs, et donner le tout GRATUITEMENT ! La metteuse en scène-comédienne-écrivain tenait absolument à ce concept de gratuité : il était le message même de sa pièce. Mais il était si "décalé" que nombre des communes contactées avaient décliné la proposition, qui pourtant ne requérait rien d'autre qu'une scène (et encore !), un bout de pelouse où planter les tentes et trois saladiers !!! Les brayons ne sont pas réputés pour leur ouverture d'esprit - et il avait fallu notre Marie-Jeanne pour que le petit miracle ait lieu.

 

Bon, vous aurez compris que l'article du jour est une tentative de soutien pour cette troupe, et ce spectacle. Le nom de la compagnie est DRISTI ; et si vous voulez faire vivre votre village, vous savez ce qui vous reste à faire : branchez donc votre Marie-Jeanne à vous sur ce projet !

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