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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 10:21

J'ai vu Sollers à la télé. Rien d'extraordinaire, si ce n'est que, pour une fois, il n'était question que de lui : c'était son portrait. (sur France 5, série "empreintes")

 

Il parlait de sa jeunesse finalement sage, de son apprentissage sexuel auprès d'une femme âgée, mode  éducatif qu'il recommande (ça c'est très bien mon petit, j'opine - si j'ose dire). Tout en têtant son fume-cigarette, il se permettait, carrément devant sa femme même, (qui ne lui rendait pas la pareille) d'évoquer ses liaisons sexuelles,  multiples, et puis il lançait, de ci de là, quelques formules brillantes, comme passées au mirror.

 

Oserais-je le dire ? Je l'ai trouvé cabotin. Faisant du Sollers, ce qui est bien normal, mais se regardant le faire, ce qui est moins supportable.

Mais il fut sauvé, dès qu'il aborda Venise. On le sentait sincère dans son admiration  D'auant que  les images venaient conforter  tout cela, et donnaient à voir cette sincérité :  bousculé par trois enfants courant dans la rue, il en était ravi. Je comprends tout à fait cela : un des  miracles de Venise, désormais, est que c'est la seule ville  d'occident  où les enfants courent dans les rues, et où le son des voix humaines monte de la rue vers les appartements, ricochant sur les murs des corte et calle aux noms si prosaïques,  sans être brouillé du brouhaha des moteurs. (évidemment, pour goûter cela, il faut s'y attarder un peu plus que les 24 heures règlementaires des circuits touristiques).  

 

Et puis Venise, sortie des eaux comme Vénus, avec qui elle partage tant de lettres, est bien plus littéraire que picturale, à mon avis. Je n'ai pas encore vraiment vu de tableaux qui m'auraient fait dire : "oui, c'est elle" (il faudrait que je demande à Alain Korkos). Mais des récits d'écrivains imprégnés de Venise, il y en a tant, à la pelle, qu'on finit par se douter d'une sorte de correspondance secrète entre la ville et ceux qui écrivent. 

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Je crois que c'est le balancement qui lie ainsi l'une aux autres. Venise est en pierre, certes, et lesquelles ! Mais sur des eaux mouvantes. Or, quand on écrit, à la plume ou à l'ordinateur, c'est votre main qui est mouvante, qui se déplace sans arrêt et vient buter sur les touches ou le papier, comme la pensée bute sur des mots, puis repart, erre d'une  proposition  à l'autre, relative, puis s'amarre enfin à son point final. Le déplacement sur les canaux de Venise suit la même errance, qui peut paraître gratuite mais est en fait organisée. La gondole flottera, viendra buter sur le débarcadère du vaporetto, rebondira sur le flot qui lèche le bas d'un palazzo, s'amarrera enfin à son "palo", et même là encore, continuera son balancement. Le pinceau lèche trop, lui. Il reste extérieur, contre les pierres, contrarié par la double exigence, maritime et terrestre, imposée par la Ville. 

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Au-delà de la beauté du reflet, de la mouvance, des couleurs, au-delà du luxe aussi et des fantômes d'écrivains (toute l'europe littéraire est allée à Venise, certains y sont morts, et Sollers y pense sans arrêt), c'est cette adéquation entre les mots et les eaux qui rend Venise si littéraire.

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Mais la photo peut également rendre compte, à sa manière, de la beauté de cette ville. Contrairement à la peinture,  la photo, plus immédiate, peut à mon sens en saisir le miroitement. Moins bien que la littérature, dirais-je, mais Clopin ne va pas être d'accord ! Bon, ne tranchons pas, voici quelques exemples sortis des yeux de ce dernier : 

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Et s'il faut cependant absolument  trancher, et  se mettre d'accord :  Venise est-elle  plus photogénique que littéraire ? Une seule solution, bon dl'à : y retourner !  Ce qu'à dieu ne plaise !  

 

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commentaires

JM 22/02/2011 13:45



Bonjour ! Ne pourrait-on pas, comme souvent sur le Net, cliquer sur les photos pour les agrandir ? J'apprécie beaucoup celles de votre blog, mais, si petites, c'est vraiment dommage et souvent
frustrant ! Particulièrement aujourd'hui !


Bonne continuation !



AC 22/02/2011 10:43



Votre choix de couleurs rend votre texte illisible, sans parler de la souffrance oculaire.


Et cela est valable aussi pour des yeux beaucoup plus jeunes que les miens.



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