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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 16:09

 

 

 

Je n'arrive pas à me débarrasser d 'une, comment dire ? , "sale petite histoire", qui me poursuit depuis notre retour du Limousin, ou pourtant la fête où nous étions conviés était bien sympathique ; mais,après tout, il suffit souvent  d'une goutte d'amertume pour  gâcher un repas. On comprendra donc  que je ne veuille pas  garder "ça" sur l'estomac. Peut-être parce que c'est le genre de petite anecdote qui me décrit le mieux - je n'y tiens pas le beau rôle. Mais il me semble que je ne suis pas la seule...

 

  Les moyens auxquels j'ai recours habituellement dans ce cas, l'humour en premier, semblent inefficaces. Je m'en vais donc l'écrire, cette sale petite  histoire de deux sous, pour éteindre le feu sous la  marmite où barbotent mes vieux démons : le sentiment d'humiliation,  ingrédient  ici agrémenté de  l'arôme de la trahison. Brouet fort peu ragoûtant, et  qui m'abreuve, semble-t-il, plus souvent qu'à mon tour. Je n'ai pas à me plaindre : il paraît, d'après "eux", que  c'est mon manque de confiance en moi, ma difficulté à être à l'aise avec autrui, mon hypersensiblité voire ma paranoïa qui sont la cause de mes mésaventures. Portrait fort peu flatteur, en vérité. Mais il est vrai que je ne cherche pas à être flattée : je m'accorde au moins ce trait de caractère ! 

 

J'ai même voulu la déposer sur ce blog, cette déplaisante petite histoire d'humiliation et de "petite" trahison ;  pourquoi pas ? Mais c'est qu'elle implique des gens que j'aime, dont Clopin en premier lieu. Vous me direz qu' en plus, elle est minuscule... Mais une Anita Brookner vous tisse un solide roman avec moins que cela : un regard lui suffit. Ou une porte ouverte quand elle devrait être fermée. Ou un "non" prononcé à la place d'un "oui". Bref : un souffle, quoi.

 

Comme je ne lui accorde pas , ou plutôt que je lui refuse,  le pouvoir de me gâcher encore un peu plus la vie, je la réserve donc comme "matériau".  Certes,  parmi les mille et une manières de raconter une histoire, la plus factuelle semble sans doute la plus proche de la vérité, si cette dernière existe. Cependant, les trois lignes qui me serviraient, si j'optais pour une sèche relation de l'incident, ne diraient rien de la tempête sous mon crâne, que j'ai dû affronter pendant de trop longues minutes à mon gré. Et puis,  si je veux l'avaler et la digérer, je  dois  replonger d'abord dans cette soupe d'aigres émotions ; un jour, un psy m'a dit que "dire n'était pas revivre". Je pense exactement l'inverse... Tant pis : je m'en vais recourir à toute la subjectivité possible, au risque de la mauvaise foi. Après tout, la littérature peut être aussi thérapeutique.

 

Une fois cette résolution prise, descendons au jardin. Figurez-vous que les légumes viennent (enfin) à maturité : nous possédons des courgettes qui pèsent bien 3 kg chaque, des concombres à profusion, des haricots jaunes et verts, des fèves (délicieuses en salade froide, avec citron, huile d'olive, feuilles de menthe et crevettes roses) et de translucides côtes de bettes. Me voici de nouveau, vers les dix-neuf heures, en train de cuisiner en écoutant Michel Onfray. Même si j'émets désormais des réserves sur le travail philosophique de ce dernier, force est de constater que la clarté de son élocution, la simplicité du vocabulaire employé, la chaude tessiture de sa voix, aident à l'écoute. Et comme le sujet, cette année, porte sur les idéologies qui ont accompagné mai 68, vous pensez bien que mon oreille est aussi ouverte qu'une écoutille du Victory, le jour de Trafalgar.

 

La combinaison mois d'aoüt + grand beau temps + fruits et légumes + Onfray est toujours aussi gagnante, et m'apaise profondément. D'autant que petit à petit, l'horizon se dessine. Clopinou a son studio dans le 19è, ma plainte est en passe d'être déposée auprès du tribunal, j'ai fait en parallèle ma demande de réintégration au 15 novembre, je retourne voir ce bon vieux Docteur G. début septembre... Si le froid qui demeure dans le bleu des yeux de Clopin à mon endroit (et ce,  depuis la déplaisante petite aventure dont il fut le déclencheur, par orgueil, me semble-t-il,  enfin pour ne pas jouer le rôle de compagnon trop soumis) pouvait s'adoucir un peu, je crois bien qu'on pourrait (presque) parler de bonheur.

 

D'autant que le jardin, lui aussi, respire et baguenaude. Clopin y plante, au beau milieu, une ancienne girouette représentant un goëland sur une barque. Eh bien, un haricot, hardi et volubile, est grimpé lui faire la cour. Comment ne pas sourire, devant une pareille rencontre ?

 

 

 

bateau-haricot1.jpg

 

 

 

Mais que lui sussure-t-il donc à l 'oreille, mmmhh ?

 

 

 

bateau-haricot2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'oubliais les papillons, qui eux aussi fréquentent mon jardin. Allez, du coup, une petite vidéo :

 

 

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