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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 14:49

 

Je crois qu'un jour, Philippe Djian a dit à Stéphan Eicher, au moment de sortir l'album "déjeuner en paix",  "tu vois, avec ça, nous sommes condamnés à la réussite". Je pense qu'il l' a dit avec un grand sourire ...

 

Toute proportions gardées, évidemment, je crois qu'on aurait  pu dire exactement la même chose à Clopin, samedi dernier,  vers 2O heures. Et pas seulement parce que le cinéma de Gournay-en-Bray refusait du monde... Ni parce que la nervosité,  palpable  certes mais contrôlée, du réalisateur du film "La Bergère et l'Orchidée" l'empêchait de finir son assiette  et son verre d'amontillado, partagés avec le reste de l'équipe à la petite pizzeria qui jouxte la salle, tant il sautait de l'installation de l'antique cabane de berger (installée sur le trottoir devant le cinéma comme une preuve vivante de ce passé si proche encore, à portée de main) au comptoir du cinéma, à l'installation des micros pour le débat, tout le toutim quoi.

 

 

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Ca, pour contrôler, Clopin contrôlait ! Mais si l'on sentait que la soirée allait être profitable à tous, c'était  tout simplement parce qu'il faisait beau, que l'atmosphère était bon enfant, que le public était parsemé d'amis et que Jeanne, oui, Jeanne la Bergère est arrivée, simple et radieuse comme à son habitude. Tous les ingrédients du succès étaient donc réunis ...

 

 

 

 

Et le succès arriva.

 

Plus de quarante personnes restèrent dehors, et durent revenir le lendemain (en tout, plus de 400 personnes ont donc fait le déplacement, ce qui, pour Gournay-en-Bray, est quand même une sorte d'événement !. La salle était vraiment comble :

 

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Et, ce qui m'a le plus impressionnée, c'est l'attention extrême avec laquelle les spectateurs ont regardé le film. Ils ont souri, et un peu ri, exactement aux endroits prévus, mais à aucun moment donné leur attention ne s'est décrochée, et j'en étais vraiment baba Je m'étais "blindée", d'avance, contre les toux, les bruits divers, les entrées et les sorties, les conversations entre potes, l'indifférence ou l'incompréhension (écrire et se ramasser des avis désolants ou carrément méprisants   aide bien à se blinder d'ailleurs,  j'étais prête à puiser dans mon expérience en la matière, ahahah)...

 

Or, le film a été regardé avec une concentration  extrême, très étonnante. . Je crois que les spectateurs, sans êtres "émus" outre mesure  bien sur, ont cependant  ressenti cette beauté qui émanait  du  beau portrait tendre que Clopin a dressé de Jeanne,  et que c'était bien leur pays, et en arrière-plan, comme un  message d'espoir de changement de nos pratiques mortifères qui étaient exposes là, même à la lumière d'un projo pourri... 

 

Ce film n'est qu'un tout petit caillou, il prend sa place dans une vaste mosaïque: les films comme  ceux de Coline Serreau (solutions locales pour désordre global) ou de Laurent Chevallier (la pépinière du désert) et tant et tant d'autres tentent de montrer le chemin. Mais il est en parfaite cohérence avec ce qu'est Clopin, ce qu'il fait depuis des années, et son mode d'expression à lui. IL émane de lui. Cependant, si  ce  petit documentaire local est ainsi  lumineux (enfin moi je le trouve tel) c'est, non seulement  grâce à la beauté des images de Clopin, à  la cohérence de son propos et de sa vie,  et au  travail collectif (votre humble servante y a mis un petit peu la patte, voire même le menton, et deux autres copines ont sacrément porté le tout !...), mais surtout par la présence de Jeanne. 

 

Ah, Jeanne... La voici qui marche, comme elle le fait depuis toujours :

 

 

 

 

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Suivie par ses moutons, comme un seul homme :

 

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C'est que cette femme crève l'écran, tout simplement. Pensez à cette vie, que tant d'entre nous trouveraient si pénible qu'ils n'auraient de cesse de la fuir, et que pourtant elle a parcouru en en faisant son miel, en étant visiblement sereine, épanouie, (je n'ose dire 'heureuse", car ce sentiment-là est trop intime pour être partagé), mais disons que la générosité de Jeanne, et sa joie de vivre,  éclatent à chaque plan du film.

 

 

 

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Je crois que c'est surtout à elle qu'il faut dire "merci" (avant de foncer voir le film, of course !)

 

D'ailleurs, à ce sujet, "voir le film", il va falloir que les vaillantes productrices et Beaubec Productions se mettent d'accord. Je veux dire que ça va être un peu compliqué de diffuser le DVD, à prix coûtant, sans faire de bénéfice, tout en contrôlant un peu ce qu'on en fait (pas question de le laisser entre n'importe quelles mains de professeur de lycée agricole, par exemple, car il sous-tend un message qui prend le contre-pied de l'enseignement de l'agriculture, dans ce qu'elle fait de pire depuis quarante ans...)

 

De plus, ce film est issu du monde associatif, il est SANS BUT LUCRATIF. (et là aussi, c'est un soulagement, de savoir qu'on peut faire quelque chose de pas trop mal, d'assez propre, de bien quoi, avec si peu. Trois francs, six sous, et de la gratuité, ce mot obscène pour tant de gens et qui dévalue instantanément n'importe quel travail : eh bien ici, c'est l'inverse. Encore un contre-pied !)

 

Donc, nous allons étudier sérieusement le problème, puisque d'ores et déjà des demande de diffusion fusent ici et là. Vous serez tenus au courant, vous les visiteurs de ce blog que j'espère bien avoir appâtés !!! 

 

(mais c'est quand même sympa, de travailler "gratis", avec juste le remboursement des frais essentiels, acquisition de matériel ou autres). Je crois que si j'étais un "vrai" producteur de cinéma, un "vrai' distribiteur, une "vraie" vedette (mais Jeanne en est une sans le savoir !), et un "vrai" critique de cinéma, j'aurais le même sentiment que celui de Joni Mitchell, écoutant un joueur de saxo s'éclatant à un coin de rue, "for free"... 

 

(bref, toute cette histoire est passablement planante....

 

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commentaires

Paul Edel 12/04/2011 17:23



chère Clopine,


excusez moi mais il ne faut pas confondre deux choses: les délicates rêvereis pastellisées qu'on peut tous se  faire sur le milieu littéraire quand on vit loin de lui,  et la réalité
brutale du  milieu parisien,où il y a davantage de loups que de moutons et de bergers.. étrange que vous ne fassiez pas la différence.  dommage.


 



clopine 12/04/2011 19:51



Mais si, Paul, je crois que je fais tellement la différence que je garde soigneusement une distance respectable entre le marigot et moi-même. Et, en toute amitié, je crois que si vous voulez
échapper à ce marigot-là, c'est que vous en avez souffert plus que quiconque, non ?



JC 12/04/2011 15:00



Clopine,


VOUS NE POURRIEZ PAS ABANDONNER LE DIFFERE DE MODERATION POUR LES COMMENTAIRES ?


C'est chillant, cette impossibilité de dialogue. Vous avez peur des trolls à ce point là
?!!!



Isabelle 12/04/2011 12:31



Après les extraits vus il ya quelques mois, l'objet fini ! Les premiers m'avaient vraiment donner envie d'en (sa)voir plus, et je vous l'avais écrit ; je suis maintenant partante pour acheter, et
donner à voi, le second !



JC 12/04/2011 06:53



Bravo pour ce succès espéré !


Le Kursaal est effectivement ...monumental mais qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse.


Dernier détail, la gratuité c'est bien, le don c'est parfait. Très religieux comme pensée ...Est ce que ce qui est fait, tous les jours, par tout le monde, dans un cadre d'échange économique
monétaire, ce serait mal ?!



clopine 12/04/2011 10:08



Vous savez, JC, dans le film de Coline Serreau que j'ai vu dans le cadre du festival, et qui s'appelle 'solutions locales pour désordre global", les paysans du monde entier luttent contre la main
mise mondiale des multinationales sur les semences (qui appauvrit la biodiversité) en... DISTRIBUANT GRATUITEMENT LES SEMENCES LOCALES. 


 


Je crois que j'en ai pour la journée, à divaguer sur l'"acte gratuit"...


 


(et je pense à Van Gogh en disant cela...)



lizagrèce 11/04/2011 21:57



En terme d'association on ne parle pas de gratuité mais de bénévolat. Ce qui est, dans une société où tout est marchandisé , encore plus obscène ... Mais, pour ceux  qui, comme Clopin et sa
bande, croient encore en quelque chose, il ne s'agit simplement  que de  création. Bravo à eux pour avoir ce courage-là.



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