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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 10:41

Prise par les préparatifs du film, j'en ai complètement oublié ma résolution de parler ici, "en toute objectivité", du dernier bouquin de Houellebecq, qui fait un véritable carton - sans doute à cause de l'odeur de soufre qui l'accompagne.

 

Eh bien, à la lecture, je vous le dis franchement : l'odeur de soufre s'évanouit, pour laisser place à une fragrance bien moins excitante et fort peu ragoûtante, telle qu'on pourrait la sentir,parfois, au fond du pantalon trop large d'un triste Auguste de cirque.

 

Auguste avec lequel Houellebec partage encore un autre trait : les pompes trop larges, qui   relèvent elles aussi du même registre - ne parle-t-on pas d'"écrase-merdes" ?

 

Soupir, parce qu'H. est si diablement doué ! Pourquoi ce don ne vient-il qu'aux doigts d'un bouffon qui se veut sinistre ? 

 

Voilà le point : Houellebecq part tout simplement d'une des plus sinistres rengaines du Front National, à savoir que la France est en train de s'islamiser à toute vitesse. Il brode, autour de ce prédicat, une sorte de "politique-fiction", où, dans un avenir proche, les partis traditionnels de droite et de gauche étant totalement décridibilisés (bon, là pas besoin d'être Houellebecq pour l'analyser !) , et la société à la dérive,  seul un nouveau parti, représenté par un chef charismatique, pourra sauver la France de la tentation du fascisme. Ce nouveau parti serait "musuman et modéré". Il tendrait vers une nouvelle définition de l'Europe, reconstituant peu ou prou, via des alliances avec les pays musulmans du pourtour méditerranéen, l'ancien empire romain...

 

C'est écrit à la ligne claire, les idées qui s'expriment là font référence aux débats d'aujourdhui, les références de H. sont sérieuses, documentées, les analyses économiques et politiques "se tiennent". Alors, pourquoi ai-je eu tant envie de hausser les épaules et comme la main qui me démangeait ?

 

Je sais que Bernard Maris, par exemple, admirait beaucoup Houellebecq, à cause de la liberté de parole de ce dernier, de son sens de la provocation, et de la pertinence de l'analyse issue du regard froid, sans compassion mais sans complaisance, que l'écrivain porte sur la société et ses contemporains.

 

Mais les balivernes de ce livre, bien qu'elles puissent paraître d'un cynisme candide - le même cynisme candidre qui qualifie le mieux leur auteur, sont grotesques. Elles ne seraient QUE grotesques, on pourrait s'en amuser franchement. Mais elles sont aussi pernicieuses. Je suis sûre de ce que je dis : des lecteurs de ce livre vont prendre pour argent comptant les élucubrations du pauvre pitre pirouettant. Il y a de l'auto-humiliation, sans arrêt, chez Houellebecq. Ses lecteurs ne vont pas le voir, ou bien, volontairement, pas s'y intéresser, ou encore affirmer le contraire... Tant il faut bien dire que Houellebecq a définitivement raison sur un point : ses contemporains sont bel et bien, pour l'écrasante majorité d'entre eux, des cons ! 

 

Or le héros Houellebecquien, qui partage tant avec son auteur, est si pitoyable qu'il faudrait en réalité, non pas ricaner avec lui, mais juste hausser les épaules. Songez qu'avec sa "ligne claire", Houellebecq parsème son bouquin de scènes de culs aussi précises que dérisoires - et suffisament pronographiques  pour qu'on puisse confondre, pour lui, les ardeurs des étreintes de celles des épreintes ! Tout est à l'avenant. Le héros, 45 ans aux fraises, est lâche, dénué des sens moraux les plus élémentaires (par exemple, s'arrêtant dans une station-service, il découvre des corps déchiquetés par un attentat, et plus rien autour. Il gagne la ville suivante. S'arrête-til dans un commissariat, un hôpital, tente-t-il de donner l'alerte ? Non, il cherche un hôtel...  Sa mère meurt-elle en province,  isolée ? Le héros non seulement ne se déplacera pas (il a pourtant, un moment, caressé l'idée de se faire héberger par elle, en cas de guerre civile !) mais la laissera être inhumée au carré des indigents. Etc.) 

 

Pitoyable, enfantin, cynique et dérisoire, Houellebcq décrit son milieu professionnel (l'enseignement supérieur) à l'avenant. Tout est ici aussi veule que le héros. Quant aux femmes - ce n'est pas que Houellebecq les "hait", ou bien qu'il cherche avant tout à les "dominer". Il se contente de les "chosifier", dans la plus pure traidtion machiste, et ne leur promet, sombrement, qu'un avenir guère éloigné à celui qu'Hitler avait assujetti aux "fraulein". Bouffe plus plumard, et soumission... pour que la pauvre petit quéquette houllebecquienne se redresse encore parfois, il lui faut du 15 ans d'âge, pas plus. Et dans son assiette, des ortolans cuisinés par une seconde épouse. Le tout mijotant dans une société tout aussi raciste, éllitiste, machiste qu'un émirat arabe...

 

Oh, on pourrait trouver bien sûr, à cette entreprise de démolition, quelque chose d'énergique et de nécessaire. Comme une peinture d'ENSOR, tenez, à qui elle fait constamment penser, bien plus qu'à ce "HUYSMANS" dont le héros est spécialiste...

 

Mais Ensor était animé au moins lui, par la colère. Houellebecq (et je frémis aux lectures "pieds de la lettre" que son livre va occasionner !) n'est animé que par le plaisir masturbatoire d'une sorte de "revanche" apocalyptique sur son propre destin. "Maman, pourquoi tu m'as fait j'suis pas beau". Ce n'est plus un stylo qu'il manie, mais les doigts qu'il vient tout juste de se sortir du cul, sans s'apercevoir que le monde excrémentiel qu'il décrit ne provient, finalement, que de son propre fondement.

 

ensor-l-intrigue.jpg

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