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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 09:04

Je suis la première convaincue : une vie quotidienne n'est pas (forcément) une vie sans intérêt. Cependant, les nuages  qui s'accumulent sur cette année 2012  sont d'une telle nature que la perspective de me lever et de faire face à une journée qui sera, peu ou prou, identique à  celle de la veille, m'enlève le peu de courage que j'ai encore. Les  heures s'égrènent, occupées à des futilités, des petits soucis, de menus travaux dont, d'habitude, je m'acquitte, bien sûr, mais le plus rapidement possible - pour ne plus avoir à y penser. Et ce sont ces mêmes tâches sans intérêt  qui, par la force des choses et par mon inoccupation actuelle, deviennent cependant, misère de moi, comme les seuls repères, les  pierres blanches de mes journées. Combien de temps cette vacuité monotone va-t-elle durer ?

 

Heureusement, il semble que mon quotidien suive la météo : hier, j'ai reçu une bonne nouvelle, qui éclaircit considérablement mon avenir. Et le soleil qui revient gaiement faire briller les boutons d'or, dans le pré, semble me dire qu'effectivement, et avec beaucoup de patience,  après la pluie, vient le beau temps...

 

D'autant que, comme d'habitude, j'exagère. Mon quotidien ne se borne pas aux quelques travaux domestiques et aux aller et retour entre la maison, le lycée, les commerces et les visites à mon beau-père sur son lit d'hôpital... Je trouve, pendant cette période comme toujours dans ma vie, du réconfort dans les livres. Même en écoutant la radio. Hier, j'ai été ainsi "saisie" par une phrase, fort bien dite par un comédien à la voix précise et nette : 

 

"Le besoin de se mêler à l'existence des autres le faisait descendre dans la ville."

 

J'ai  arrêté là mes vaines  occupations et j'ai écouté fort attentivement, car cette phrase faisait précisément écho au sentiment  que j'éprouve en ce moment... Je me suis assise, j'ai tendu l'oreille : je n'arrivais pas à retrouver l'origine du texte que j'entendais, un texte à la beauté précise, prophétique. Dostoïevski ? Non, ce n'était pas cela - il me semblait que le héros décrit là, qui semblait poigné d'une douleur quotidienne, était comme une vieille connaissance - comme ces amis qui vous croisent dans la rue, dont on sait qu'on les connaît fort bien, qu'on a partagé des bouts de chemin avec eux, mais dont, pendant quelques secondes, on ne sait plus le nom ! 

 

"Mais l'air bestial des figures, le tapage des métiers, l'indifférence des propos glaçaient son coeur. Les jours de fête, quand le bourdon des cathédrales mettait en joie dès l'aurore le peuple entier, il regardait les habitants sortir de leurs maisons, puis les danses sur les places, les fontaines de cervoise dans les carrefours, les tentures de damas devant le logis des princes, et le soir venu, par le vitrage des rez-de-chaussée, les longues tables de famille où des aïeux tenaient des petits enfants sur leurs genoux ; des. sanglots l'étouffaient, et il s'en retournait vers la campagne."

 

Quand j'ai enfin reconnu le passage, le texte et l'auteur, j'ai ressenti une vraie détente, et puis aussi un peu de gêne,  : ce texte correspond, c'est vrai, à pas mal de mes humeurs du moment  : quand je vais chez Assouline, par exemple, l'indifférence des propos, l'air bestial de certains visiteurs et le tapage des claviers glacent aussi mon coeur... Mais enfin, je n'en suis pas (encore ?) réduite aux extrémités qui ont accablé ce pauvre Saint Julien l'Hospitalier !

 

 

images.jpeg

 

 

 

 

 

 

 Allons, secouons donc le si confortable apitoiement qui tapisse la paresse... 

 

J'ai  décidé de profiter du jour qui passe. Tant pis pour Clopin, Clopinou, Clopinette dans son pré et tout le reste ! Veules les Roses n'est qu'à une heure de voiture. J'ai envie de gober le bleu-vert de la Manche,  de m'en rafraîchir, de m'en laver les yeux, quoi, avant de marcher sur l'esplanade, d'admirer les falaises et d'aller déjeuner (paraît-il fort bien) au restaurant des Galets. Ce week-end, la côte sera bondée : la journée d'aujourd'hui est  donc parfaite pour mon projet. Et  je n'oublierai pas de glisser un certain  livre dans ma poche. In fine, c'est encore la littérature qui est ma meilleure amie...


 

 

 


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commentaires

Jacques Chesnel 28/05/2012 09:05


eh oui, chère Clopine, Popol est suscptible (autant que Jacques-Pierre Amette et Paul Clément)... notre ami paniss a raison quand il écrit "qu'il se la pète"... d'ailleurs beaucoup de personnes
se détournent de son blog naphtalisé où s'affiche sa rétention permanente... je connais le bonhomme de puis longtemps, il n'a pas changé... continuez : on est à vos côtés et nous sommes nombreux

rose 27/05/2012 09:41


Moi aussi, dans l'ordre chronologique :


mes bêtes


mon jardin


la littérature* Puis, étant sorti du bois, il aperçut un loup...


 


*  http://www.delalitterature.com/auteurs/extraits_gustave-flaubert_2_auteurs_5.php

Jacques Chesnel 24/05/2012 10:19


très belle divagation... on attend le commentaire de PE

clopine 28/05/2012 08:55



Hélas, Jacques, je crois que j'ai choqué à un point tel le brave Paul qu'il ne me le pardonnera pas. Mais tant pis, ainsi va la vie des blogs, et je m'en remettrai parfaitement ! (mais je vais
faire un petit sujet là-dessus, tenez.)



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