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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 12:03

Encore un peu de plan-terrier  (c'est fini après, je vous jure, mais ça vaut le détour, sisisi) : 

 

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Il faut bien regarder : on voit les poiriers dessinés en cône, les pommiers plus ronds, chacun avec leur ombre étendue devant eux, dessinée à main levée, d'un trait si fin.... On voit bien aussi que le long des routes "anciennes" , vers Serqueux et Neufchâtel, ce ne sont que des alignements de haie, ici des tétards,  qui étaient soigneusement gérés : au 18è siècle, le bois devient une ressource indispensable pour des besoins toujours plus croissants. Le chemin de Forges à Gournay, en bas du plan, n'est pas encore planté : c'est qu'il vient tout juste d'être pavé, comme le plan en témoigne. Chaque parcelle, si minuscule et découpée soit-elle, est entourée de haies, différenciées sous la plume du feudataire. Nous sommes ici en plein coeur du Forges de l'époque, très dissemblable de celui de nos jours : l'église représentée est sur l'actuelle place Brévière, qui n'a rien gardé de l'édifice... Et un "arbre remarquable" est planté à peu près en face de l'actuel office de tourisme.

 

 

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Nous voici maintenant en plein coeur du plan : on voit nettement la rivière de l'Epte, avec ses arbres plus espacés, d'espèces différentes,  que les haies, son pont enjambant la mare, et le marécage du fond des terres du Plix ("les rosières", sûrement à cause des roseaux qui y poussaient) : remarquez que la zone marécageuse est elle aussi encerclée soignement de têtards ! Les longères (mon dieu, ce qu'elles ressemblent à la nôtre !) sont  ici habitées, car on y discerne nettement des cheminées : cela ne veut pourtant pas dire que ce sont des propriétaires qui y habitent, mais peut-être des fermiers, des ouvriers agricoles. Regardez comme la parcelle 200 est étroite : enclavée dans des champs de céréales. D'après Joseph, le zébrage plus foncé (parcelle 232) devait représenter les récoltes d'automne. Les zébrure claires, 198,199,181, celles de printemps. La grande parcelle sans numéro, (il est inscrit plus loin sur le plan), à droite de la route d'Amiens, est très certainement une bouverie.

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La "Source" indiquée sur le plan est celle de l'Epte. Là encore, on voit nettement la différence entre les poiriers triangulaires et les autres arbres, dans les clos, et l'alignement fantastique des haies du bocage. Vous remarquez aussi que la parcelle 97 contient trois bâtiments, dont deux non habités (pas de cheminées). Enfin, que dire de cette rose des vents, et de sa représentation du monde, cette Afrique rebondie et joufflue dessous une Méditterranée démesurée ? Nous sommes ici aux confins de trois paroisses : Serqueux, le Thil qui n'est pas encore le Thil Riberpré, et Compainville.

 

Plus brayon que ça, tu meurs !!! (et dire que maintenant, quand tu passes à Serqueux, la seule chose remarquable c'est le Super U et son parking de mort...) ; au 19è siècle, le bocage était encore là, mais les surfaces cultivées avaient laissé la place aux pommiers, toujours plus nombreux à cause du cidre ou de la piquette (la piquette, c'était la boisson obtenue avec des pommes et de l'eau des mares : la fermentation en faisait une boisson hygiénique, mais si !) ; on a pu décrire le pays de bray, à l'époque, comme une "mer de pommiers". Quand ils enfilaient, comme maintenant, leurs robes de mariées, ça devait être assez fantastique !!! 

 

Bon, encore un peu de Thierry Maillard ? Ma foi, ça ne se refuse pas...)

 

 

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commentaires

La Feuille 21/04/2014 13:33


Passionnante cette série de billets ! S'il doit y avoir une suite on la veut bien. Cest inimaginable tout ce qu'on peut découvrir quand on sait lire une carte ! Nos registres cadastraux ici, en
Nord-Isère, sont beaucoup plus mal dessinés et moins bien conservés. Difficile d'y retrouver des détails aussi passionnants.


Tout ça me rappelle, en passant, un passionnant musée des globes terrestres, mappemondes, visité à Vienne... La terre et les océans à l'extérieur de la sphère ; le ciel à l'intérieur ; car tout
ceci, grâce à un ingénieux dispositif s'ouvrait comme une orange...


Finalement, la seule chose qui manque sur ce terrier, c'est les gouttes de pluie, qui, me semble-t-il, font partie intégrante du paysage local !

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