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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 09:43

(pour paraphraser la chanson de Ferrat, Potemkine...)

 

Le printemps est là, bien là : j'ouvre grand la porte de la grange, pour l'arrivée des hirondelles, attendues ces jours-ci. Le beau serait qu'elles reviennent le jour où Quenotte va mettre bas (la naissance est imminente), mais l'important est que l'on puisse, cette année comme les autres, admirer les loopings et autre facéties de ces virtuoses des sports ailés.

 

Mais voilà : on ne peut toujours se réfugier dans sa demeure, et il faut bien regarder la réalité en face : ce lundi matin sent mauvais. L'abstention, la percée "historique" du FN, tout ce froid sur nos épaules,; qui contredit les couleurs chaudes des narcisses  ; certes, dans nos campagnes, les conseils municipaux ont peu bougé. Si souvent, une seule liste, péniblement montée, a été proposée !  Certes aussi, le F Haine a déjà réussi à se décribiliser, ignorant ici qu'un colistier était mort depuis... un mois et demi, inscrivant sur une liste une candidate de plus de 100 ans... Pourtant, si les électeurs "donnent de mauvaises réponses à de bonnes questions" en votant extrême-droite, du coup, je, tu, nous, vous, ils sommes également interrogés. Faudrait voir à donner de bonnes réponses à cette mauvaise question, quoi.

 

Chez Pierre Assouline, évidemment, le week-end a été encore pire que d'habitude. Jcé faisait le beau, pirouettait, comme le gros connard satisfait de lui-même qu'il est. Et Bouguereau...

 

Ah, Bouguereau.

 

Je crois que je me suis parfaitement trompée sur cet internaute. Parce que j'ai des copains qui utilisent parfois (Clopin en tête) le même vocabulaire cru, parfois égrillard, voire provocateur, qui appelle un chat une chatte, et qui est issu de la génération Coluche, Cavanna, Gotlib. A l'époque, une libération de la bienséance, une revendication d'un "parler franc" qui renvoyait les petits doigts en l'air de la bourgeoisie à ses tasses de porcelaine victorienne, une aspiration à une sexualité non occultée.

 

Je me souviens d'un reportage, il y a quelques années, dans Charlie Hebdo, sur la rédaction de l'hebdomadaire "Télérama". Les Charlie s'étaient étonnés du peu de mots crus, de vannes "de cul", de débridement verbal régnant dans l'ex-organe catholique, aujourd'hui surtout prescripteur d'une certaine culture "de gauche". Le rédacteur (était-ce Alain Rémond ?) avait répondu fermement aux Charlie que non, la grossiéreté (même jamais "vulgaire", suivant le mot habituel) n'était PAS indispensable pour exprimer une révolte ou un parti pris...

 

Je dois dire que je n'avais pas donné tort aux téléramiens. Même si, génération aidant, je ne me crois pas prude. En tout cas, je ne suis pas du genre à m'évanouir devant une vanne "de cul", si elle est drôle, et non basée sur le mépris ou l'antiféminisme.

 

J'ai cru que Bouguereau faisait partie de la même mouvance que mes potes, et que son vocabulaire n'était que le mode d'expression commun aux, pour dire vite, "soixante-huitards".


Je me trompais. Les obsessions sexuelles de Bouguereau sont fondées sur un bon vieux machisme primaire. La preuve, à chaque fois qu'une conversation, sur la République des Livres, porte sur un sujet d'ordre général, politique, intellectuel, il intervient pour "désigner" le sexe de celle qui poste un message. Parle-t-on de mes petites tentatives littéraires ? Bouguereau réclame à grands cris que j'écrive "un bouquin de cul". Il insinue à chaque fois que mes interventions sont le prélude à d'incessantes allusions sexuelles. Et il a carrément dépassé les bornes hier, mettant en ligne, à mon intention, une vidéo particulièrement ignoble (un anus rejetant un collier de perles).

 

Bien sûr, Bouguereau n'est ni le premier, ni le seul à agir ainsi. C'est un traitement fort courant, sur la RDL, et qui touche toutes les intervenautes passouliniennes. Elles ne peuvent prendre la parole sans qu'un, deux, trois trolls leur renvoient leur sexe à la figure, tentant de faire dériver les débats vers d'émoustillantes (pour eux) allusions, bref, une posture machiste bien connue, qui dénie tout autre intérêt aux filles que leur rôle d'objets sexuels. Seule une certainte "Daaphnée" rentre dans leur jeu, d'ailleurs ; les autres ont soit fui, soit se placent délibérément ailleurs, comme Bérénice, Rose, Béné ; mais du coup, leurs propos sont souvent abscons, voire (et l'on comprend qu'inconsciemment, cela soit une parade) "impénétrables (!).

 

En tout cas, je me suis bien trompée sur Bouguereau. Je le croyais commentateur lucide et désabusé, façon Cavanna, utilisant un vocabulaire d'une crudité salvatrice. Ce n'était, en fait, qu'un sale petit trou du cul.

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