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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 09:42

 

Petite promenade, ce matin, juste au moment où le soleil perçait l'épais brouillard matinal : il suffit alors d'un talus, de buisson, d'un pré encore tout  humide, pour marcher au pays des fées. Enfin, je veux parler de celles qui filent, en ce moment, les épilobes en fuseaux, dont les hampes d'un rose soutenu laissent la place, peu à peu, à un rêve de coton, une sorte de nuage plutôt. 

 

Ces fileuses travaillent surtout la nuit, mais ce n'est qu'au matin, jour après jour, qu'on s'aperçoit de l'avancée de leur travail. Ce petit matin, vaporeux et blanc, le soleil faisait ainsi briller les centaines, les milliers de toiles d'araignée, délicatement posées sur les graminées du bord du chemin, et qui tendaient leurs dentelles encore blanches, devenues ainsi visibles. 

 

J'ai un instant cru, très sincèrement, qu'il y avait un rapport direct entre les fées des épilobes et ces mousselines arachnéennes. Que c'était le nuage qui s'échappait des fleurs, par le haut, qui venait ainsi, dans uen grâce géométrique, se poser comme autant de pièges sur chaque brin d'herbe frémissant. 

 

C'est dans ces moments-là que je regrette de ne pas avoir, près de moi, une petite fille rieuse et rêveuse à la fois, à qui je pourrais raconter n'importe quelle jolie chose, et qui la croirait, n'est-ce pas. Une petite fille qui ne serait jamais allée à l'école.. Elle me demanderait, devant les rosaces blanchies d'un reste de gel humide, comment on devient une dentellière - je lui donnerais l'adresse de l'école : s'adresser à l'épilobe, fière maîtresse, et attendre la nuit, la brume, et enfin la rosée. 

 

Nous rentrerions contentes, ensemble, et dédaigneuses du travail des plus fines mains d'Alençon ou de Cholet. Et puis, parce qu'il ne faut pas trop parler des fées aux petites filles,  j'irais chercher mes deux gros tomes des mémoires entomologiques de Fabre, je trouverais le passage sur les araignées, et je lirais, à voix ténue, la vérité sur les toiles magiques. La petite fille, alors, posant des lunettes sur son nez, et le menton dans son poing, rêverait longuement - et son rêve, moussu, blanc, léger et symétrique, serait aussi rafraîchissant que la rosée de ce matin.

 

Oui, j'aimerais bien être l'amie d'une toute petite fille. 

 


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