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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 15:54

Ca y est : j'ai commencé à apprivoiser le fauve, je veux dire ma liseuse Kobo aura H2O (comme la flotte, dont elle est censée supporter le contact). Cela m'a coûté cependant pas moins de quatre coups de téléphone  à l'assistance FNAC, que j'ai donc testée aussi. Les employés sont d'une patience angélique, tentent de s'exprimer en français du mieux qu'ils le peuvent - malgré leurs accents à couper au couteau, et sont visiblement tenus aux courbettes du style "c'était un plaisir de vous assister", même quand l'échange s'est révélé rugueux....

 

Que pourrais-je conseiller à ceux et celles qui veulent tenter le coup ? Eh bien, de mesurer d'abord leur détermination, car il en faut ! 

 

La mienne était sans faille - car la liseuse est désormais ma seule garantie de poursuite de ma carrière de lectrice. Or, je n'imagine pas une seule seconde un monde sans livres, et je tremblais de devoir recourir aux "livres lus à voix haute" proposés aux mal-voyants.

 

La Kobo, en ce sens, répond parfaitement à mes besoins. Sa luminosité est telle, alliée à une réelle douceur, que les lettres ont enfin arrêté de trembler et de se dérober à mes yeux défaillants. Je me sens, sur ce point, comme une alpiniste tirée d'une crevasse, une nageuse en perdition repêchée in extremis ou une parachutiste dont le mécanisme consent enfin à s'ouvrir, à quelques mètres du sol... Je suis la Boudu sauvée des Mots, en quelque sorte.

 

Ceci dit, tout le reste est pénible. Je passe sur ce que n'importe quel internaute néophyte a dû déjà affronter : un monde inconnu qui ne s'ouvre qu'à l'aide d'un vocabulaire tout aussi inconnu. Malheur à qui les mots "plate-forme de téléchargement, applications, port USB, synchronisation, wi-fi ou code html" ne disent pas grand'chose... Malheur aussi à qui ne maîtrise pas le sabir franco-anglais qui qualifie, par exemple,  de "e-books" les livres numérisés et disponibles sur internet - tout ici sera hérissé de pièges pour lui.

 

Un exemple concret ? Eh bien, si vous voulez inclure dans la bibliothèque de votre liseuse un livre qui n'existe pas au catalogue Kobo  de la FNAC (comme la correspondance de Flaubert), vous pouvez y arriver, si si si.

 

Il vous suffit de télécharger une application (gratuite) qui convertira le livre trouvé sur internet au format accepté par Kobo. Deux logiciels  existent : l'officiel préconisé par la FNAC, lourd, malcommode,qui s'appelle "adobe digital editor" (eh oui, soupir, du sabir... Je vous avais prévenu.) L'autre, que tu trouves en farfouillant sur internet pour savoir si tu es la seule à merder, s'appelle "calibres"  : je ne l'ai pas encore installé, mais ça ne saurait tarder, parce qu'adobe machin, là....Pfff...

 

Ton guide d'utilisation t'explique bien, pas à pas, comment l'installer, MAIS ! Si tu choisis l'option "en français" du site "adobe digital editor", tu ne pourras pas télécharger l'application : l'onglet "téléchargement" n'apparaît que sur l'option "en anglais", celle justement que tes faibles connaissances de la langue de Shakespeare t'avaient fait rejeter. Rigolo, non ?

 

Un peu moins rigolo au bout d'un quart d'heure de recherche, certes...

 

Néanmoins, je tiens à rassurer tout le monde : grâce aux aimables esclaves assistants  aux forts accents étrangers, abondamment sous-payés   par la FNAC et qui n'ont pas le droit, les pauvres, de t'envoyer balader, tu arriveras à configurer ta liseuse et à comprendre comment télécharger les livres (gratuits et/ou payants) que tu souhaites inclure dans ta bibliothèque. Tu auras même un petit pincement de fierté quand, toute seule comme une grande (je déconseille formellement d'inclure le compagnon ou un proche quelconque  dans la configuration du nouveau joujou, c'est un truc à se faire la gueule pendant des jours), tu commenceras à lire "ton premier e-book".

 

Et puis tu découvriras le reste. Le commerce, quoi. Car les inventeurs des liseuses ont une particularité : ils se tamponnent le coquillard de la littérature, à un point rarement égalé. Si la liseuse servait à éplucher les carottes au lieu de permettre l'accès aux livres, ce serait la même. Il s'agit AVANT TOUT de vendre. La finalité de la liseuse ? On s'en fout, vous dis-je... Ainsi, si tu cliques sur une page "Kobo" un peu au hasard, tu seras automatiquement dirigée vers des sites "price-minister" ou autres officines commerciales. Et pour t'allécher, on te propose à tous les coins de rue de t'indiquer "les nouveautés Harlequin", censées être les plus alléchantes marchandises littéraires du moment, à côté de l'inévitable Zemmour (et je sens que ma liseuse ne me permettra pas d'échapper au marketing houellebecquien qui se prépare, soupir.) ou de la garce Valérie T.

 

Ce marketing infernal s'adapte d'ailleurs très rapidement à ta "personnalité de lectrice", via les "livres recommandés". En voilà une jolie trouvaille... Dont, perso, je n'ai que foutre, mais enfin... C'est encore un petit génie qui a bricolé ça. En fonction de tes premiers choix de livres,  "on" (enfin, le robot programmé pour) va t'en proposer d'autres, censés "te correspondre". Ainsi, mes premiers téléchargements de Flaubert ont incité ma liseuse à me proposer de "découvrir la recherche du temps perdu", au prix minime de 14 euros quatre-vingt dix...

 

C'est le prix à payer, semble-t-il, pour accéder à une lecture s'appuyant sur de forts ingénieuses technologies. On te demande d'abdiquer une certaine forme de liberté... Ainsi, les "assistants" insistent lourdement pour connecter ta liseuse à internet via la wi-fi. Les téléchargements seraient raccourcis, l'autonomie de l'appareil serait ainsi mieux mise en valeur,  la capacité de stockage serait plus mieux géniale, etc.

 

Certes. Mais tu aurais alors à affronter ce qui, pour quelqu'un comme moi, est l'horreur absolue : à savoir les claviers tactiles. Les mêmes que ceux des i-phones, i-pad, tablettes et portables que tout un chacun doit absolument posséder, pour être "connecté à son temps", et que tu as toujours refusés, pour la bonne et simple raison que tu as appris la dactylographie "à l'ancienne", sur un clavier azerty muni d'un cache . Ainsi, tu tapes sans regarder tes doigts, ce qu'il est impossible de faire sur les minuscules emplacements tactiles des minuscules écrans. Pour écrire "adobe digital editor" (je ne parle même pas des "oeuvres complètes de Victor Hugo"), je mets environ deux secondes sur mon azerty basique. Je dois par contre, m'y reprendre à dix reprises, tâtonner, me gourer d'emplacement, ne pas trouver les accents, ni les signes typographiques comme les guillemets, les astérisques, les virgules, qui n'existent qu'en "seconde page" , m'embrouiller  et refaire à chaque fois tout le chemin depuis la page d'accueil, sur le clavier "virtuel" et tactile... Résultat : je mets environ vingt à trente fois plus de temps en tactile qu'en dactylographie classique.

 

La solution est bien entendu de refuser (sauf cas d'extrême nécessité) la wi-fi. Ta tablette tactile t'emmènera d'un tapotement ou deux à tes livres,  mais ce sera sur ton ordi de base, à l'aide de ton bon vieux clavier, que tu chercheras , trouveras  et téléchargeras les livres désirés...

 

Clopin, résigné, me trouve bien entendu "inadaptée" (c'est le contraire qui l'eût étonné) : je suis, m'a-t-il expliqué, une sorte de dinosaure égaré au pays des types branchés, smartphonés, tweetés, facebookés, bref "connectés", les seuls qui intéressent la Fnac  en quelque sorte. Ceux qui tapent à toute berzingue, à l'aide de leurs deux seuls pouces préhensibles,  sur le clavier tactile de leur portable...  Si je crois que mon profil peut intéresser un seul fabricant de liseuse, je me fourre le doigt dans l'oeil pire que sur la case tactile d'à côté de la lettre désirée.

 

Moi, je trouve que je fais de la Résistance. Certes, les nouvelles technologies sont absolument fascinantes (ma liseuse va me permettre de transporter l'équivalent de milliers de livres, dans un objet au poids similaire à celui d'un étui à cigarettes), mais je ne plierai pas : je trouverai le moyen de les adapter à ce que je suis. Et non l'inverse, nom de Zeus !!!

 

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